Contexte

Sur ce qui s'apparentait être son lit de mort, le vieil homme scruta d'un oeil se voulant impassible l'immense fenêtre de sa maison, donnant sur un ciel azuré sans l'ombre d'un nuage. Le soleil, proche du zénith, voyait ses rayons réfléchis par un fin voile délimitant l'horizon de l'espace. Un jeune garçon, proche de l'adolescence, observait lourdement son aïeul s'éteindre à petit feu, mais le faible sourire de l'homme l'encouragea à patienter calmement. L'enfant baissa les yeux quelques instants puis, d'une voix claire et se voulant la plus distincte possible, il demanda à son grand-père une question qui lui trottait dans la tête depuis de nombreux mois maintenant, mais qu'il n'avait jamais eu le courage de poser jusqu'à présent :

– Comment était-ce, lorsque tu avais mon âge ?

Le vieil homme sourit et, après une grande inspiration, murmura :

– Tu veux dire, en mon temps ? Eh bien ... c'était la fin des Temps.

Il ne put s'empêcher d'émettre un petit rire, obstrué par ses poumons froissés. L'enfant ne comprit pas. Le vieil homme ferma les yeux quelques secondes et reprit d'une voix se voulant plus audible :

– Lorsque j'avais ton âge, cette planète n'était pas celle que tu connaissais. Lorsque j'étais jeune, le monde était ... une sphère; une immense sphère que l'on pouvait parcourir d'un bout à l'autre sans s'arrêter. Cette forme si particulière, si parfaite, permettait de rattacher des ensembles terrestres les uns aux autres par le biais d'immenses étendues d'eau que l'on nommait "Océans".

Il leva fébrilement son bras en directiond du plafond et il serra le poing, son sourire s'élargissant.

– A cette époque, il était possible d'aller si haut dans le ciel que l'on pouvait rejoindre les étoiles. En mon temps, les êtres humains luttaient contre de grandes menaces. Des entités ou des monstres si grands, et si puissants, que nous étions tous impuissants. Sur cette sphère d'apparence parfaite ... un mal qui nous rongeait tous gangrénait petit à petit. Il avait la capacité de prendre n'importe quelle forme ... celle d'une divinité vengeresse, d'un marionettiste banni, d'un effroyable chevalier ... tous avaient un point en commun; Le chaos.

Le vieil homme marqua un temps de silence.

– Sais-tu comment nous avons réussi à survivre aux cataclysmes du passé ? Il y avait parmi nous ... des êtres supérieurs. Des Héros, natifs de notre sphère, ou provenant de réalités que tu ne peux soupçonner. Tous ne luttaient pas pour le bien du peuple ... chaqu'un de ces modèles avaient leurs propres raisons de défaire le chaos ... vengeance, plaisir, ou encore justice ... il ne s'agit désormais que de légendes oubliées et oubliables. Je vois dans ton regard que tu es sceptique. C'est tout à fait normal ... tu te demandes, je suppose ... pourquoi ton monde n'est plus une sphère ?

Le garçon acquiesca. Il se leva et jeta un coup d'oeil curieux à travers la fenêtre de la maison. Son monde n'avait pas changé ... un gargantuesque ensemble d'îles, reliées non pas par des "Océans" mais par des si épais nuages qu'il semblait impossible de les traverser, où vivaient une infinité de petits garçons comme lui, à travers les grandes maisons empilées du royaume d'Horuna, l'île centrale d'un si vaste archipel qu'il semblait transcender l'horizon.

– Je sais que c'est dur à imaginer, murmura son aïeul, je sais que tu ne me crois pas. Mais ne t'es-tu jamais demandé pourquoi l'île la plus au nord de l'archipel est interdit d'accès ? Ne t'es-tu jamais demandé quel secret pouvait-elle bien renfermer ?

L'enfant se retourna vivement, plongeant son regard dans celui du vieillard.

– C'est parce que ... nous, qui avons connu cette sphère de chaos et de légende, venons de là-bas. Sur cette île se trouve une boîte, mon fils ... une boîte si grande qu'elle put contenir l'Humanité entière après l'explosion de la planète. Il s'agit d'un vaisseau qui nous a permis de survivre, de nous reformer, et qui nous a donné une seconde chance. Les îles que tu arpentes tous les jours sont le vestige d'un passé ... mon héritage, et celui de toute ma génération. Oui ... cette sphère instable s'est détruite d'elle-même, meurtrie par tous les maux qu'elle avait engendrée, et peut-être sommes-nous les premiers coupables de sa disparition...

– Et ... les héros ? Qu'ont-ils faits ? Pourquoi n'ont-ils pas à nouveau protégé cette planète ?

– Ils en furent incapables. Personne n'avait ce pouvoir; celui d'implorer son pardon au monde qui nous a porté. Comme nous tous, ces êtres supérieurs se sont réfugiés dans la boîte ... qu'ils ont nommé "Pandorica", car elle contenait à la manière d'une prison, mais aussi d'un abri, tous les maux de Nintendo World. Lorsque celle-ci s'est ouverte, l'Humanité s'est déployée sur cet archipel. Nous savions tous qu'il s'agissait de notre sphère, mais celle-ci avait pris une forme différente, flottant entre l'espace et la stratosphère, confinée dans une bulle d'oxygène qui permit à la vie de s'animer sans notre présence, et ... lorsque nous avons foulé pour la première fois les conséquences de nos actes, nous avons compris que nous n'aurions plus jamais de seconde chance. Alors, guidés par notre souveraine, Astrid, notre grande reine, qui règne sans partage sur l'archipel, nous avons bâtis un monde idéal pour que notre futur ... votre présent ... ne connaisse jamais les troubles engendrés par le Chaos ainsi que les Héros.

– Un monde de paix ? Demanda l'enfant en serrant son poing contre la couverture de son grand-père. Le vieil homme émit un petit rire.

– La paix induit la guerre. Ce monde ne peut plus connaître la guerre...

– Et les Héros ? Pourquoi ne sont-ils pas sortis ?

– C'est un mystère auquel personne ne peut répondre. Tout ce que je sais est que notre reine Astrid attend leur retour patiemment. Ils reviendront, c'est certain ... mais je ne serai plus là pour en témoigner. La Pandorica n'a pas fini de nous révéler ses secrets, et il est possible qu'un jour le Chaos soit libéré en même temps ... mais notre société est idéale, nous avons bâti, à l'abri du bien et du mal, non pas une sphère, mais une fresque que peint Astrid et son peuple, vous, en adéquation avec l'Espace et le Temps, la Vie et la Mort, la Nuit et le Jour. Les Héros ... peut-être apparaîtront-ils lorsqu'il faudra protéger cette nature d'une nouvelle gangrène insoupçonnable. Peut-être ne seront-ils plus de simples légendes à vos yeux. Peut-être...

La voix du vieil homme se fit plus faible, presque inaudible. L'enfant, paniqué, prit sa main et la serra avec force, criant, l'implorant de finir son histoire, mais, alors que la respiration de son aïeul s'interrompit pour toujours, le garçon se résigna. Il savait que cette histoire n'avait pas de fin.

Il savait que cette histoire n'était que l'introduction d'un futur mythe.

Le flux d'une nouvelle vague.

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~PNJ General~ a écrit:

~PNJ General~
PNJ
le Dim 10 Mar 2019 - 21:04


Quelques années étaient écoulés depuis l'éradiction du Parasite. Sur Nippon, la région semblait revenir à la normal. Certes, il y avait eu l'arrivée des Aliens qui dérouta les Nippons. Au final, contrairement à Horuna, ils avaient une philosophie d'intégration à leur monde qui leur entoure. Héros, Aliens et Natifs, ils partagèrent leur culture, leur instant de bonheur à vivre ensemble. Bref, tout allait pour le mieux.

Ceci dit, cela ne leur empêche pas de se préoccuper du sort des îles voisines. En effet, Nippon fut la seule région à ne pas exclure une partie de personnes. Peut-être que cela leur devrait arriver. Néanmoins, les Nippons étaient des habitants qui prônaient le respect, avant les idées ou visions. D'ailleurs, ceux qui avaient déménagés récemment furent des personnes vivants dans les îles en conflit pour fuir les persécutions qui pourraient y avoir. Ils avertirent d'une certaine rumeur que Nippon aurait des chances d'attiser la foudre aux autres îles. Ces derniers voyaient comme un gros gâteau rêvé par les gourmands qu'ils seraient prêts à tout pour avoir la plus grosse part.

Depuis, la région du Nippon avait durci les démarches pour vivre sur cette île. Du moins, c'était ce qui était dit. En pratique, les autorités restèrent bienveillants car ils comprenaient cette situation. Bien sûr, elles ne restaient pas dupes. Un système de garde fut instauré, en complément avec l'implémentation de caméras dans les villes. Cela embêtait fort les habitants. Ceci dit, ils se disaient que c'était un mal pour un bien. Et ils devraient estimer heureux de ce choix. Arrivés de manière soudaine, trois armées entoura Fourside : la capitale du Nippon. La capitale avait certes, quelques troupes locales et qui venaient d'ailleurs en renfort. Cependant, les habitants de Fourside furent assez pessimistes car c'était une région seule et altruiste contre plusieurs régions sectaires. Nippon finira peut-être par être aux bras du Royaume Champignon, Horuna ou Neo-Tellius. Peut-être que parmi les habitants du Nippon et visiteurs, il y en aurait qui viendrait aider les habitants, de la même manière qu'un ange qui serait tombé du ciel.
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Blanchet a écrit:

Blanchet
Joueur Novice
le Mar 19 Mar 2019 - 13:00
             
La guerre... La guerre ne meurt jamais.

Sur la planète de Blanchet, la guerre ne se faisait pas entre humain. Elle se faisait entre humains et monstres. La différence était distinct, et pourtant les rumeurs parlaient de Riders se liant d'amitié avec les monstres, chose qui montrait que la cohabitation était possible. La cohabitation entre le "normal" et le "différent" était possible. Le Nippon était pour accepter la différence, et la paix., même si cela était plus dur au quotidien. Blanchet l'avait cherchée, après s'être fait traité de "sorcier félidé" et "d'hérétique" sur Neo Tellius. Il avait erré avec son tonneau-maison sur les différentes iles, mais soit les iles n'étaient pas ou peu colonisées pour avoir une guilde de chasseur, soit repoussait Blanchet pour une raison ou une autre. Horuna, les Aliens exigeaient toujours plus, en maltraitant toujours les Natifs, qui formèrent des groupes anti-Aliens. Néo-Tellius l'avait chassé en le traitant de sorcier. Néo-Champignon ne montrait pas mieux avec la chasse aux héros... Restait le Nippon, ainsi qui l'accepta enfin.

Blanchet était méfiant au début, pour éviter le superlatif. Il n'y croyais pas. Sa peur de tout et les évènements récents avaient fusionné pour créer une véritable petite paranoïa qui le hanta les mois qui suivirent. Il planta son tonneau à l'écart de tout, dans une foret, près d'un ruisseau, ou il pourrait survivre, seul. Dumoins il le pensait. Au bout d'un moment, les autorité, même en comprenant que l'état mental du félin n'était pas à son meilleur statut, décidèrent de le forcer à aller en ville en usant le prétexte  de "se rendre utile à la société", ce qui voulait dire derrière "sociabilise et trouve une situation stable", même si Blanchet ne le compris pas. Trainant les pattes, il avait pourtant trouvé la guilde des chasseurs, chargé de réguler les monstres des environs. Du à son statut, il fut embauché pour d'abord repérer les différents territoires des monstres, puis comme éclaireur pour repérer les monstres eux-mêmes, et enfin chasser. Au fil des mois qui suivirent, il redevint peu à peu lui même, laissant la paranoïa derrière, devenant même ami avec la réceptionniste qui était fana de chat, et qui, en plus de la récompense de mission, le caressait sous le menton et entre les oreilles. C'était les plus beaux mois de sa vie sur Next Wave.

Puis les rumeurs sur les invasion commencèrent à arriver. Blanchet n'en tint pas compte au début, ce genre de canular n'était pas drôle, et il ne fallait pas se laisser abattre. Mais plus le temps passait, plus la haine grandissait dans les iles voisines, et voyais l'inquiétude sur le visage des gens, d'abord des plus pessimistes et croyants au théories du complot, puis au fur et à mesure que la rumeur se confirmait, ses camarades, et même le visage de la gentille réceptionniste. Elle ne souriait plus aussi franchement. La vigueur de la passion de ses caresse n'était plus là. Tout avait laissé place à de l'inquiétude et au doute les plus profond. Blanchet souriait, mais il ne pouvait mentir. A voir tout le monde aussi touché, cela l'avait affecté, lui aussi.

Et aujourd'hui, les rumeurs ont laissé place à la réalité, ce qui était juste la rumeur, mais avec plus de fatalité. L'inquiétude des gens, ainsi que le doute explosa. Tous se barricadèrent autant qu'ils purent,  sachant pertinemment qu'ils ne pourraient pas fuir. Blanchet le perçut, mais alla tout de même voir la réceptionniste, qui elle aussi avait cédé au désespoir. Le félyne entra dans la pièce sombre, vide, déserte, en parfaite contradiction avec la lumière et l'agitation quotidienne. Il n'y avait juste que des sanglots, dans l'arrière salle. Blanchet entra doucement, regardant son amie, assise devant un bureau rempli de feuilles de quêtes a effectuer en pagaille, la tête dans les bras, pleurer toutes les larmes de son corps. Le jeune palico hésita un long moment avant de finalement approcher lentement, posant sa tête avec douceur sur le flanc de son amie. Elle s’arrêta un moment, sa main tremblante répétant les mêmes gestes quotidiens pour le caresser. Et pourtant, ils étaient toujours aussi vide. Ils restèrent comme ça ce qui leurs parut être une éternité, puis une respiration légère se fit percevoir. La réceptionniste, épuisée après tous ces sanglots, s'était endormie sur un bureau aux côtés de Blanchet.

Ce dernier se retira sur les coussinets. Il savait quoi faire désormais. Le jeune félyne prit toutes ses affaires, des noisettes pour se restaurer, des potions de vie à donner aux combattants, ses cornes de chasses, l'armure de son père, et il regarda ses yeux dans la lame de son épée, avant de la rengainer et la prendre également. Il ignorait encore beaucoup de choses, mais il savait qu'aujourd'hui, sa place serait dans les rangs des soldats qui protégeraient la ville.

La guerre ne meurt jamais.
Mais il serait prêt.
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