Acte X11Sur ce qui s'apparentait être son lit de mort, le vieil homme scruta d'un oeil se voulant impassible l'immense fenêtre de sa maison, donnant sur un ciel azuré sans l'ombre d'un nuage. Le soleil, proche du zénith, voyait ses rayons réfléchis par un fin voile délimitant l'horizon de l'espace. Un jeune garçon, proche de l'adolescence, observait lourdement son aïeul s'éteindre à petit feu, mais le faible sourire de l'homme l'encouragea à patienter calmement. L'enfant baissa les yeux quelques instants puis, d'une voix claire et se voulant la plus distincte possible, il demanda à son grand-père une question qui lui trottait dans la tête depuis de nombreux mois maintenant, mais qu'il n'avait jamais eu le courage de poser jusqu'à présent :

– Comment était-ce, lorsque tu avais mon âge ?

Le vieil homme sourit et, après une grande inspiration, murmura :

– Tu veux dire, en mon temps ? Eh bien ... c'était la fin des Temps.

Il ne put s'empêcher d'émettre un petit rire, obstrué par ses poumons froissés. L'enfant ne comprit pas. Le vieil homme ferma les yeux quelques secondes et reprit d'une voix se voulant plus audible :

– Lorsque j'avais ton âge, cette planète n'était pas celle que tu connaissais. Lorsque j'étais jeune, le monde était ... une sphère; une immense sphère que l'on pouvait parcourir d'un bout à l'autre sans s'arrêter. Cette forme si particulière, si parfaite, permettait de rattacher des ensembles terrestres les uns aux autres par le biais d'immenses étendues d'eau que l'on nommait "Océans".

Il leva fébrilement son bras en directiond du plafond et il serra le poing, son sourire s'élargissant.

– A cette époque, il était possible d'aller si haut dans le ciel que l'on pouvait rejoindre les étoiles. En mon temps, les êtres humains luttaient contre de grandes menaces. Des entités ou des monstres si grands, et si puissants, que nous étions tous impuissants. Sur cette sphère d'apparence parfaite ... un mal qui nous rongeait tous gangrénait petit à petit. Il avait la capacité de prendre n'importe quelle forme ... celle d'une divinité vengeresse, d'un marionettiste banni, d'un effroyable chevalier ... tous avaient un point en commun; Le chaos.

Le vieil homme marqua un temps de silence.

– Sais-tu comment nous avons réussi à survivre aux cataclysmes du passé ? Il y avait parmi nous ... des êtres supérieurs. Des Héros, natifs de notre sphère, ou provenant de réalités que tu ne peux soupçonner. Tous ne luttaient pas pour le bien du peuple ... chaqu'un de ces modèles avaient leurs propres raisons de défaire le chaos ... vengeance, plaisir, ou encore justice ... il ne s'agit désormais que de légendes oubliées et oubliables. Je vois dans ton regard que tu es sceptique. C'est tout à fait normal ... tu te demandes, je suppose ... pourquoi ton monde n'est plus une sphère ?

Le garçon acquiesca. Il se leva et jeta un coup d'oeil curieux à travers la fenêtre de la maison. Son monde n'avait pas changé ... un gargantuesque ensemble d'îles, reliées non pas par des "Océans" mais par des si épais nuages qu'il semblait impossible de les traverser, où vivaient une infinité de petits garçons comme lui, à travers les grandes maisons empilées du royaume d'Horuna, l'île centrale d'un si vaste archipel qu'il semblait transcender l'horizon.

– Je sais que c'est dur à imaginer, murmura son aïeul, je sais que tu ne me crois pas. Mais ne t'es-tu jamais demandé pourquoi l'île la plus au nord de l'archipel est interdit d'accès ? Ne t'es-tu jamais demandé quel secret pouvait-elle bien renfermer ?

L'enfant se retourna vivement, plongeant son regard dans celui du vieillard.

– C'est parce que ... nous, qui avons connu cette sphère de chaos et de légende, venons de là-bas. Sur cette île se trouve une boîte, mon fils ... une boîte si grande qu'elle put contenir l'Humanité entière après l'explosion de la planète. Il s'agit d'un vaisseau qui nous a permis de survivre, de nous reformer, et qui nous a donné une seconde chance. Les îles que tu arpentes tous les jours sont le vestige d'un passé ... mon héritage, et celui de toute ma génération. Oui ... cette sphère instable s'est détruite d'elle-même, meurtrie par tous les maux qu'elle avait engendrée, et peut-être sommes-nous les premiers coupables de sa disparition ...

– Et ... les héros ? Qu'ont-ils faits ? Pourquoi n'ont-ils pas à nouveau protégé cette planète ?

– Ils en furent incapables. Personne n'avait ce pouvoir; celui d'implorer son pardon au monde qui nous a porté. Comme nous tous, ces êtres supérieurs se sont réfugiés dans la boîte ... qu'ils ont nommé "Pandorica", car elle contenait à la manière d'une prison, mais aussi d'un abri, tous les maux de Nintendo World. Lorsque celle-ci s'est ouverte, l'Humanité s'est déployée sur cet archipel. Nous savions tous qu'il s'agissait de notre sphère, mais celle-ci avait pris une forme différente, flottant entre l'espace et la stratosphère, confinée dans une bulle d'oxygène qui permit à la vie de s'animer sans notre présence, et ... lorsque nous avons foulé pour la première fois les conséquences de nos actes, nous avons compris que nous n'aurions plus jamais de seconde chance. Alors, guidés par notre souveraine, Astrid, notre grande reine, qui règne sans partage sur l'archipel, nous avons bâtis un monde idéal pour que notre futur ... votre présent ... ne connaisse jamais les troubles engendrés par le Chaos ainsi que les Héros.

– Un monde de paix ? Demanda l'enfant en serrant son poing contre la couverture de son grand-père. Le vieil homme émit un petit rire.

– La paix induit la guerre. Ce monde ne peut plus connaître la guerre ...

– Et les Héros ? Pourquoi ne sont-ils pas sortis ?

– C'est un mystère auquel personne ne peut répondre. Tout ce que je sais est que notre reine Astrid attend leur retour patiemment. Ils reviendront, c'est certain ... mais je ne serai plus là pour en témoigner. La Pandorica n'a pas fini de nous révéler ses secrets, et il est possible qu'un jour le Chaos soit libéré en même temps ... mais notre société est idéale, nous avons bâti, à l'abri du bien et du mal, non pas une sphère, mais une fresque que peint Astrid et son peuple, vous, en adéquation avec l'Espace et le Temps, la Vie et la Mort, la Nuit et le Jour. Les Héros ... peut-être apparaîtront-ils lorsqu'il faudra protéger cette nature d'une nouvelle gangrène insoupçonnable. Peut-être ne seront-ils plus de simples légendes à vos yeux. Peut-être ...

La voix du vieil homme se fit plus faible, presque inaudible. L'enfant, paniqué, prit sa main et la serra avec force, criant, l'implorant de finir son histoire, mais, alors que la respiration de son aïeul s'interrompit pour toujours, le garçon se résigna. Il savait que cette histoire n'avait pas de fin.

Il savait que cette histoire n'était que l'introduction d'un futur mythe.

Le flux d'une nouvelle vague.
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Cadeau de voyage [Solo]
Faust Arion a écrit :
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Geek
Dim 26 Aoû 2018 - 0:06
[Après discussion avec Ode (la personne qui joue Aura), nous nous sommes mis d'accords sur ce qu'elle souhaite que son personnage devient, histoire qu'il ne reste pas là comme un légume. D'ailleurs, Aura repartira avec un objet qui pourra l'utiliser si la personne compte faire son comeback dans le RP. Dans le texte, comme Ode a déjà arrêté le RP, je contrôle Aura juste pour ce RP/fic. Je l'ai écrit et reçu des retours de celle-ci, avant de poster.

Le contexte se situe un an après les évènements du Parasite.]



Faust et Aura furent installés dans une terrasse d'un restaurant. Mais, pas n'importe quel restaurant. Il s'agissait d'un vieux appartement qui avait été aménagé. Ceci dit, c'était l'après-midi. Le duo venait juste pour boire un verre ensemble. La native se contenta d'un cocktail sans alcool fruité, tandis que le bouc avait pris une pinte de bière. A part pour échanger quelques banalités, Faust et Aura se parlèrent très peu entre eux. A vrai dire, les deux amis ressortaient d'une querelle qui datait de quelques jours avant ce moment.

Pour remettre dans le contexte, la bourgeoise venait de perdre ses parents. Faust avait bien sûr assisté à leur enterrement. Ils ne verraient jamais leur fille grandir davantage voire fonder une famille où ils seraient des futurs grand-parents. Le cornérien savait comment réconforter Aura. Cependant, il ne s'attendait pas à ce que cette dernière prit la décision de vouloir faire un sorte de pèlerinage. Faust ne comprit pas cette décision subite. L'anthropomorphe avait beau tenté de la faire descendre sur terre. Seulement, cela n'avait fait qu'envenimer la situation. La colère des deux amis montait graduellement. Le bouc gardait son tempérament habituel. Cependant, son calme naturel se fit dépasser par les émotions de Faust. C'était une des rares occasions où le cornérien ne s'était pas dit d'arrêter cette conversation qui tournait en boucle infiniment. Résultat : Faust était devenu une bête totalement enragée. Bien sûr, cela avait apeuré Aura qui n'avait jamais vu son ami devenir brutal voire violent dans ses propos. Ne sachant pas comment régir à cette colère qui envahissait l'animal, elle finit par le gifler. Celle-ci avait de quoi mettre rapidement les pendules du bouc à l'heure. D'ailleurs, Faust regretta beaucoup de vouloir tirer trop sur la couverture. Pourquoi avait-il fait la même erreur que Fox quand il avait refusé que Krystal rejoignait l'armée de Corneria ? Pourquoi s'était-il obstiné alors que d'habitude, Faust aurait pu la dire de faire ce qu'elle voulait ? Dans tout les cas, le bouc finit par accepter la décision de la bourgeoise. Cette dernière aurait pu se réjouir. Seulement, elle fut complètement culpabilisée pour son ami. Depuis cet évènement, Aura n'arrêtait pas de se remettre en question. Elle se disait que son voyage permettrait d'être une grande fille et d'oublier tout le passé. D'un autre, la native avouait que c'était égoïste de sa part et que cela avait été réfléchi en dernière minute. Peut-être que si elle avait raconté son envie de partir loin avant le décès de ses parents, la pilule aurait mieux passé pour le bouc. Encore heureux pour Aura, elle n'avait pas dit ce souhait à une personne plus fermé d'esprit que le cornérien. Sinon, son choix aurait été vite fait.

De retour au présent, Aura observa Faust qui regardait le sol, les bras croisés. Elle sentait qu'il n'oserait pas faire le pas pour aborder ce sujet délicat. La native prit une inspiration et tenta de rompre la glace.


-Tu sais, Faust. La dispute est vite oubliée, pour moi. Je peux comprendre que ma décision t'avait pertubé. Désolé si je ne t'avais pas dit que c'était une décision qui avait été prise avant et mûrement réfléchi. Cela aurait évité toute confusion avec la mort de mes parents. Sinon, c'est quand même gentil de m'inviter à boire un verre. Je vois que tu n'as pas choisi ce lieu au hasard.

Elle esquissa un sourire de confiance. Le bouc fixa son amie, pendant quelques secondes, avant de dévier son regard. Même si celui-ci gardait son air distant, cela ne lui empêcha pas de sourire légèrement.

-En effet. C'est ici que nous nous sommes rencontrés la première fois, il y a longtemps.

Le cornérien ne continuait pas la discussion. Néanmoins, ressentir à nouveau cette serénité que dégageait Faust rassura Aura. Cependant, son ami restait dans ses pensées. Elle savait ce que troublait le bouc. Seulement, la bourgeoise avait une intuition que celui-ci ne savait pas par où commencer.


-Sois franc avec moi. Souhaites-tu que je reste pour toi ? Ne me dis pas non pour me faire plaisir.

La native lui abordait avec un air calme. Cependant, assez ferme, pour tenter de briser l'armure que forgeait Faust. Par la suite, elle se pinça ses lèvres. Aura savait que son ami était assez réservé que le seul moyen pour qu'il soit apte à parler était d'aller avec des pincettes. Elle craignait parfois sa nature directe qui estimait d'effrayer le cornérien.

Par chance, Faust changea de position. Il était face à elle. Ses bras finirent par se décroiser. Malgré le fait que l'anthropomorphe était disponible à la discussion, il devint de plus nerveux. Ses oreilles titillèrent. Il fermait longtemps ses yeux à cause des clignements qui devinrent fréquents. Enfin, il serrait ses poings. Aura sentait que son ami allait enfin parler. Cependant, le bouc sentit un gros blocage dans son esprit. Tant qu'il ne s'en serait pas débarassé, ses pensées resteraient troubles. Néanmoins, celui-ci impacta de plus en plus les émotions de Faust. Ce dernier avait beau les retenir. Mais, il finit par écrouler sa tête sur la table. Le bouc cacha son visage, à l'aide de ses bras, pour dissimuler ses pleurs. L'humaine prit rapidement la pinte de Faust, par peur de renverser.

-Je suis vraiment désolé ! J'ai vraiment honte pour cette colère de l'autre fois !

La bête renifla fortement. Quant à la belle, elle ne pensait pas qu'une tel tension pourrait fortement impacter Faust à long terme. Même si Aura pleurait légèrement, la native essaya de garder la tête dure. Elle s'approcha doucement de Faust pour lui caresser la tête. La scène avait de quoi surprendre les clients du restaurant qui étaient autour de la table du duo. Néanmoins, ils ne préféreraient pas mêler de leur affaire. Cela durait pendant quelques bonnes minutes. C'était le temps nécessaire pour Faust de se calmer. Ce dernier observa son amie agir comme si elle rassurait un animal de compagnie ou un enfant. La bourgeoise posa doucement la pinte qu'elle tenait entre une de ses mains depuis un bon bout de temps.

-Merci.

Une gorgée de breuvage et le moral de Faust était la hausse. Son esprit fut débarrassé des remords qu'il pouvait mieux réfléchir à ses mots. Une chance que le cornérien n'avait pas perdu le fil à cause de ses émotions.

-Pour être honnête, si tu tiens vraiment à ce voyage, fais-le. Je ne t'empêcherai plus, comme avant. D'ailleurs, si je t'ai invitée ici, c'est également pour t'offrir ceci.

L'anthropomorphe fouilla ses poches. Il sortit une petite boîte noire et la donna à Aura. La native ouvrit la boîte. Elle constata avec stupeur que la boîte contenait une bague en argent en forme de chimère. Elle interpréta cet objet comme une demande de mariage. Certes, Aura aimait beaucoup le bouc. Mais, en tant qu'amis ou proches. Quant à l'idée d'épouser, elle fut assez sceptique.


-C'est gentil, Faust. Mais, n'est-ce pas un tôt pour le mariage ? Enfin, je ne suis pas encore prête.

Le cornérien s'était attendu à cette remarque. Non pas parce qu'il voulait l'épouser; mais, pour donner quelque chose qui permettrait à la native de ne pas l'oublier durant son voyage. Ceci dit, trouver le cadeau parfait en très peu de temps, cela fut un challenge pour Faust. Et la bague fut le seul objet convenable.

-Je te rassure. Ce n'est pas une bague de mariage. Considère ceci comme un souvenir de ma part. Tu promets de ne pas m'oublier ?

Après avoir enfilé la bague au doigt, Aura étreignit fortement son ami. Même si ce n'était pas les fiançailles, la bourgeoise était heureuse pour ce cadeau.


-Bien sûr que je ne t'oublierai pas ! J'essaierai de revenir vers toi aussi vite. Au pire, j'ai ton numéro.

Ainsi, le duo discutèrent vivement de leur futur et d'autres choses. A la fin, la séparation fut assez dure pour le couple. Faust et Aura s'enlacèrent pendant quelques minutes. Ils voulaient que ce moment durait davantage plus longtemps. Cependant, le pèlerinage appelait la belle, tandis que la bête devrait retourner au travail. Ils s'en allèrent chacun de leur côté. Faust avait une seule hâte : qu'elle revenait de son voyage.

Aura : Tu obtiens la Bague Chimère. Elle te permettra de te téléporter à la personne à qui tu penseras fortement, durant ton sommeil. Pour l'instant, tu ignores ses véritables propriétés. Je te le dirai quand elle pourra le savoir.
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