Acte X1Sur ce qui s'apparentait être son lit de mort, le vieil homme scruta d'un oeil se voulant impassible l'immense fenêtre de sa maison, donnant sur un ciel azuré sans l'ombre d'un nuage. Le soleil, proche du zénith, voyait ses rayons réfléchis par un fin voile délimitant l'horizon de l'espace. Un jeune garçon, proche de l'adolescence, observait lourdement son aïeul s'éteindre à petit feu, mais le faible sourire de l'homme l'encouragea à patienter calmement. L'enfant baissa les yeux quelques instants puis, d'une voix claire et se voulant la plus distincte possible, il demanda à son grand-père une question qui lui trottait dans la tête depuis de nombreux mois maintenant, mais qu'il n'avait jamais eu le courage de poser jusqu'à présent :

– Comment était-ce, lorsque tu avais mon âge ?

Le vieil homme sourit et, après une grande inspiration, murmura :

– Tu veux dire, en mon temps ? Eh bien ... c'était la fin des Temps.

Il ne put s'empêcher d'émettre un petit rire, obstrué par ses poumons froissés. L'enfant ne comprit pas. Le vieil homme ferma les yeux quelques secondes et reprit d'une voix se voulant plus audible :

– Lorsque j'avais ton âge, cette planète n'était pas celle que tu connaissais. Lorsque j'étais jeune, le monde était ... une sphère; une immense sphère que l'on pouvait parcourir d'un bout à l'autre sans s'arrêter. Cette forme si particulière, si parfaite, permettait de rattacher des ensembles terrestres les uns aux autres par le biais d'immenses étendues d'eau que l'on nommait "Océans".

Il leva fébrilement son bras en directiond du plafond et il serra le poing, son sourire s'élargissant.

– A cette époque, il était possible d'aller si haut dans le ciel que l'on pouvait rejoindre les étoiles. En mon temps, les êtres humains luttaient contre de grandes menaces. Des entités ou des monstres si grands, et si puissants, que nous étions tous impuissants. Sur cette sphère d'apparence parfaite ... un mal qui nous rongeait tous gangrénait petit à petit. Il avait la capacité de prendre n'importe quelle forme ... celle d'une divinité vengeresse, d'un marionettiste banni, d'un effroyable chevalier ... tous avaient un point en commun; Le chaos.

Le vieil homme marqua un temps de silence.

– Sais-tu comment nous avons réussi à survivre aux cataclysmes du passé ? Il y avait parmi nous ... des êtres supérieurs. Des Héros, natifs de notre sphère, ou provenant de réalités que tu ne peux soupçonner. Tous ne luttaient pas pour le bien du peuple ... chaqu'un de ces modèles avaient leurs propres raisons de défaire le chaos ... vengeance, plaisir, ou encore justice ... il ne s'agit désormais que de légendes oubliées et oubliables. Je vois dans ton regard que tu es sceptique. C'est tout à fait normal ... tu te demandes, je suppose ... pourquoi ton monde n'est plus une sphère ?

Le garçon acquiesca. Il se leva et jeta un coup d'oeil curieux à travers la fenêtre de la maison. Son monde n'avait pas changé ... un gargantuesque ensemble d'îles, reliées non pas par des "Océans" mais par des si épais nuages qu'il semblait impossible de les traverser, où vivaient une infinité de petits garçons comme lui, à travers les grandes maisons empilées du royaume d'Horuna, l'île centrale d'un si vaste archipel qu'il semblait transcender l'horizon.

– Je sais que c'est dur à imaginer, murmura son aïeul, je sais que tu ne me crois pas. Mais ne t'es-tu jamais demandé pourquoi l'île la plus au nord de l'archipel est interdit d'accès ? Ne t'es-tu jamais demandé quel secret pouvait-elle bien renfermer ?

L'enfant se retourna vivement, plongeant son regard dans celui du vieillard.

– C'est parce que ... nous, qui avons connu cette sphère de chaos et de légende, venons de là-bas. Sur cette île se trouve une boîte, mon fils ... une boîte si grande qu'elle put contenir l'Humanité entière après l'explosion de la planète. Il s'agit d'un vaisseau qui nous a permis de survivre, de nous reformer, et qui nous a donné une seconde chance. Les îles que tu arpentes tous les jours sont le vestige d'un passé ... mon héritage, et celui de toute ma génération. Oui ... cette sphère instable s'est détruite d'elle-même, meurtrie par tous les maux qu'elle avait engendrée, et peut-être sommes-nous les premiers coupables de sa disparition ...

– Et ... les héros ? Qu'ont-ils faits ? Pourquoi n'ont-ils pas à nouveau protégé cette planète ?

– Ils en furent incapables. Personne n'avait ce pouvoir; celui d'implorer son pardon au monde qui nous a porté. Comme nous tous, ces êtres supérieurs se sont réfugiés dans la boîte ... qu'ils ont nommé "Pandorica", car elle contenait à la manière d'une prison, mais aussi d'un abri, tous les maux de Nintendo World. Lorsque celle-ci s'est ouverte, l'Humanité s'est déployée sur cet archipel. Nous savions tous qu'il s'agissait de notre sphère, mais celle-ci avait pris une forme différente, flottant entre l'espace et la stratosphère, confinée dans une bulle d'oxygène qui permit à la vie de s'animer sans notre présence, et ... lorsque nous avons foulé pour la première fois les conséquences de nos actes, nous avons compris que nous n'aurions plus jamais de seconde chance. Alors, guidés par notre souveraine, Astrid, notre grande reine, qui règne sans partage sur l'archipel, nous avons bâtis un monde idéal pour que notre futur ... votre présent ... ne connaisse jamais les troubles engendrés par le Chaos ainsi que les Héros.

– Un monde de paix ? Demanda l'enfant en serrant son poing contre la couverture de son grand-père. Le vieil homme émit un petit rire.

– La paix induit la guerre. Ce monde ne peut plus connaître la guerre ...

– Et les Héros ? Pourquoi ne sont-ils pas sortis ?

– C'est un mystère auquel personne ne peut répondre. Tout ce que je sais est que notre reine Astrid attend leur retour patiemment. Ils reviendront, c'est certain ... mais je ne serai plus là pour en témoigner. La Pandorica n'a pas fini de nous révéler ses secrets, et il est possible qu'un jour le Chaos soit libéré en même temps ... mais notre société est idéale, nous avons bâti, à l'abri du bien et du mal, non pas une sphère, mais une fresque que peint Astrid et son peuple, vous, en adéquation avec l'Espace et le Temps, la Vie et la Mort, la Nuit et le Jour. Les Héros ... peut-être apparaîtront-ils lorsqu'il faudra protéger cette nature d'une nouvelle gangrène insoupçonnable. Peut-être ne seront-ils plus de simples légendes à vos yeux. Peut-être ...

La voix du vieil homme se fit plus faible, presque inaudible. L'enfant, paniqué, prit sa main et la serra avec force, criant, l'implorant de finir son histoire, mais, alors que la respiration de son aïeul s'interrompit pour toujours, le garçon se résigna. Il savait que cette histoire n'avait pas de fin.

Il savait que cette histoire n'était que l'introduction d'un futur mythe.

Le flux d'une nouvelle vague.
C'est quoi NW ?Depuis 2007, NW est un forum de jeu de rôle dans lequel vous incarnez le personnage de votre choix ou de votre création.

Faîtes lui vivre une aventure inoubliable à travers de nombreux mondes, en participant aux quêtes crées par les membres ou aux divers events !
Une partie hors RP vous permettra de vous mêler à la communauté et de commencer en douceur.

La version XI vous propose un nouvel acte, un nouveau système de Boutiques, la Forge, le Parrainage et bien d'autres nouveautés !

Venez vous amusez !
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Les chroniques de l'A.R.K : Tome 1- Le temple d'Orion [terminé]
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Gozen Arkaÿlis a écrit :
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Quatuor Universel
Sam 28 Mai 2011 - 22:00
Rappel du premier message :

Bien le bonsoir '___'

Ça me stresse d'avance de faire ça, parce que malheureusement l'autocritique n'est pas mon point fort et j'ai tendance à vraiment me rabaisser à ce niveau u_u

Mais voilà le chapitre annexe (accessoirement chapitre "Zéro" mais essentiel) du roman que j'ai écrit, et qui subit une grosse correction en ce moment, avant de passer au copyright puis à l'éditeur.

C'est un peu mon enfant, mon projet, le rêve de ma vie. Ce n'est pas du grand art ... Voire de l'amateurisme. Mais voilà :

En espérant que la lecture ne soit pas trop désagréable ... n_n

petits edit : Les chapitres font environ 4 pages format A4, en moyenne. Il y a 38 chapitres, en raison de, a peu près, 240 pages. De plus; je viens de voir qu'au niveau des tirets ça a aussi déconné. Vous verrez de jolis petits carrés :hap:


Prologue :


1000 ans plus tôt.












CHAPITRE ANNEXE

La fête annuelle organisée en l’honneur des quatre dieux protecteurs battait son plein dans le petit village d’Askaär, encore recouvert des dernières neiges de l’hiver. Pour l’occasion : Mhort, l’imposant chef, fit ériger un nombre de statue équivalent à celui des divinités. Chacune était faite d’un métal précieux et tout le village déposa ses offrandes de fruits et de runes enchantées pour bénéficier une année de plus de la défense magique générée par Orion.
Lucio, adossé contre un arbre, derrière une des huttes, à quelques mètres de cette ambiance festive, regardait la scène du haut de ses 17 ans. Le jeune homme n’était pas un modèle de société et se refusait au maximum le contact avec les gens, jusqu'à même faire abstraction des traditionnelles fêtes de village, fréquentes à Askaär depuis des siècles, et ce soir-là n’échappait pas à cette dure règle de privation que le garçon s’imposait. Encore que cette fois-ci, la raison était d'autant plus spéciale que le jeune homme venait de subir une violente rupture.

Lucio leva la tête quand il entendit une branche se casser sous le pied imprudent d’une personne qui essayait de s’approcher sans son autorisation. Il se leva d’un bond mais relâcha complètement sa garde quand, dans un frêle soupir à peine audible, il vit la chevelure blonde étincelante de son frère jumeau Shin.

Lucio, si tu ne veux pas danser avec les autres, viens au moins t’éclater avec moi, dit-il dans un grand sourire. Et puis il y a notre invité, aussi.
Non. Je n'ai pas envie de vous rejoindre. Ni toi, ni cet étranger. Ne peux-tu pas comprendre que je vais mal ?
… Mais. Lucio, je le sais parfaitement. Vas au moins la voir, une dernière fois.
Non !! Je ne bougerai pas d'ici. Laisse moi, à présent … s'il te plait.
Hm… très bien, mais n’oublie pas les offrandes dans ce cas, répondit Shin d’un air plus que désolé, avant de tourner les talons et de partir en direction de la place centrale.


Le garçon courut au centre du village pour retourner danser avec les autres jeunes. Si Lucio était considéré par tous comme une personne dépressive et arrogante, son frère Shin était en revanche considéré comme un véritable modèle de bonté, de sagesse et de compassion Sa réputation fut bâtie sur les nombreux travaux manuels qu’il fit pour les habitants depuis sa plus jeune enfance, et sur son goût ardu pour l’effort et la réussite. Malgré leurs statuts de jumeaux, tout entre les deux jeunes hommes était opposé : leur caractère, leur physique, leurs goûts et même leur réputation. Cependant toutes ces divergences ne les empêchaient en rien d’être soudés, bien au contraire. Les gens pensaient que le fait même qu’ils soient si différents les rendait extrêmement complices et complémentaires, par les atouts que possédaient chacun d’eux.


Le banquet venait de s’achever, dans la traditionnelle joie et la bonne humeur, et tous, en rang, commencèrent à préparer leurs offrandes pour les disposer en quatre parts égales. Un coq zébré fut même égorgé pour l’occasion, car Askaär fêtait un nouveau centenaire. Shin, dans le rang, commençait à s’inquiéter de l’absence prolongée de son frère, qui d’ordinaire faisait l’effort d’être présent dix minutes pour le partage des runes et des fruits. Généralement, Lucio commençait par Kaärma, la déesse du destin. Ce soir-là, le jeune homme ne s’y trouvait pas.

Il demanda à un jeune homme blond, dans le rang voisin, s'il n'avait pas aperçu Lucio. Ce dernier répondit que non.
Avec une moue renfrognée, Shin sortit de la file de villageois et se dirigea à l’endroit même où il avait quitté son frère, quelques heures plus tôt. Or arrivé sur les lieux, celui-ci ne s’y trouvait pas.

Il va me faire avoir des ennuis, cet idiot. pensa l’adolescent en se frottant le crâne.

Il se retourna, regarda à droite, à gauche, et partit dans la forêt.

La voix de Shin résonna dans l’étendue neigeuse, et les divers sons de la nature, amplifiés par un écho assommant, rendirent la forêt bien plus inquiétante qu’à l’ordinaire. Le jeune homme cria le nom de son frère à répétition, tout en s’enfonçant dans les profondeurs de la forêt enneigée. Il courut à l’aveuglette, en esquivant les branches et les buissons presque instinctivement : preuve de son habileté et de sa connaissance du territoire. Sa course s’acheva dans une plaine recouverte par un léger voile blanc. La lune, à moitié pleine, éclairait l’endroit de ses rayons blanc nacrés. Shin s’arrêta cinq minutes et s’assit dans le froid.

Tss…à ce rythme-là on y est pour toute la nuit, je n’avais pas besoin de ça. Pensait le garçon.


L’adolescent dressa l’oreille; un cri se fit entendre non loin de là, dans la forêt. Shin reprit sa course sur quelques mètres et tomba sur une image effrayante : Un énorme Bamb-Ours sombre se dressait, sur deux pattes, devant Lucio qui tenait pour seule arme un bâton en feu à la main. L’ours s’abattit sur Lucio toutes griffes devant. Shin sauta et jeta son frère à terre, se prenant une légère griffure à l’épaule ; un « aïe » se fit entendre.
Tu vas bien, petit frère ? demanda Shin.
Abruti, bien sûr que je vais bien, mais ce n’était pas une raison pour échanger nos places, j’aurais pu m’en sortir seul ! Répondit Lucio qui, même s’il ne le montrait nullement, s’inquiétait pour la blessure de son jumeau.


L’ours repassa à l’attaque et Lucio sauta en arrière, puis, d’un élan, enfonça le bâton encore enflammé dans la gueule du monstre qui lança un râle de souffrance avant de s’écrouler complètement sur le sol.
Lucio releva Shin et commença à le porter. Les jumeaux, fatigués, repartirent en direction du village.

Je peux marcher tu sais…
On n’est jamais trop prudent, si ça s’infectait en touchant une branche ou quelque chose d’autre, il faudrait te couper le bras … et je n’ai pas envie de m’y coller.
 Hé, tu exagères, idiot…comme toujours. Répondit Shin en souriant.

Un sifflement aigu se fit entendre. Tellement perçant que Lucio fut obligé de jeter Shin à terre pour se protéger les oreilles, et son jumeau fit de même. Le sifflement s’arrêta et laissa place à un ricanement étrange. Cela venait de derrière eux.

Ksh ksh ksh. Voilà donc les divinités de la lumière et des ténèbres. Les informations de mon chef étaient donc exactes !
Qui êtes-vous ? demanda Lucio en se retournant.

La voix semblait provenir du ciel, et ce ne n’était pas sans raison, car la personne qui venait de parler flottait dans les airs, ce qui ne manqua pas de surprendre les deux frères. L’homme portait une veste vert foncé dont le grand col s’arrêtait au niveau du nez. Cette veste s’étendait jusqu'à ses bottes noires et il possédait un appareil étrange sur le bras gauche.

Je suis satisfait. Ksh ksh… à votre stade de puissance quasiment nul, d’après les radars bien entendu, quand je vous aurai tués : mon patron n’aura plus aucun problème, cria l’homme à la veste, avant de tirer un laser jaune de son appareil métallique.


Le laser fut évité sans soucis par les deux frères, qui se mirent à courir sans poser de questions, effrayés par cet étranger qui les pourchassait du ciel, et qui utilisait une technologie inconnue.

Merde ! Quoi, encore ? Demanda Lucio à Shin, en courant le plus vite possible. Encore l’ex copain d’une de tes conquêtes ?
J’ai une tête à sortir avec des femmes de son âge ? Répliqua son frère sèchement.
Désolé, c'est l'habitude.
Ksh ksh ksh…vos disputes me donnent encore plus d’ardeur au combat, lança l’inconnu. Je vais vous faire une démonstration d'avant-garde, retenez bien la leçon ! « Adrom Laser ! » Cria l'ennemi des jumeaux.

L’onde qui sortit de la machine de l’étranger frappa de plein fouet le dos de Lucio, mais celui-ci continua de courir en titubant légèrement.

Ça va !? Demanda Shin, qui ralentit très légèrement sa course.
T’occupe. Continuons, nous sommes proches du village ! Le bouclier défensif d’Orion stoppera ce type ! Répondit Lucio entre deux souffles.
Mh ? Cet idiot est plus résistant que je ne le pensais. Si je ne les finis pas rapidement, la récolte des clés ne se passera pas comme il faut. Et c’est ma seule chance, pensa l’inconnu.

Les jumeaux continuèrent à courir à en perdre littéralement le souffle, tandis que leur ennemi tirait encore et toujours, à un rythme effréné. Ils arrivèrent enfin à la porte du village, qui était étrangement ouverte. Certes le bouclier d'Orion n'agissait plus pendant deux heures, cependant Shin s'était assuré de refermer la porte principale. Ils rentrèrent sans se poser de questions … Seulement, la mort était au rendez-vous ... Quand bien même ils survécurent face à l’homme à la veste, c’est le souffle coupé qu’ils assistèrent à un spectacle assez sombre. Le village était en feu. Les statues et les offrandes étaient détruites ou gravement endommagées, de même pour les bâtiments, les huttes, et l’odeur de la cendre se mélangeait avec l’odeur de cadavre brûlé des villageois, laissant une senteur tellement putride que Shin en eut des étourdissements. Lucio s’approcha lentement des morts, le cœur vide et rempli de haine. Tout le monde avait été exécuté. Leurs amis, leur famille…
Le chef du village et sa fille n’avaient pas non plus été épargnés. Le tableau dramatique qui se tenait là n’était pas soutenable. Shin se mit à pleurer, quant à Lucio : une larme de colère coula, qu’il essuya rapidement. Il se mit à crier d'un seul coup. Son frère tenta de le calmer mais rien n'y fit.

Il restait un autre survivant : L'étranger. Ce dernier était assis par terre, visiblement choqué, et en pleurs. Il regarda les jumeaux et dit d'une voix faible :

… A l'aide …

Une ombre sortit d’un amas de fumée, derrière l'étranger. Un bruit robotique résonna et une machine d’apparence humaine, très imposante, avec un œil bleu, tira sur les deux frères. Lucio attrapa son frère par la main, puis l'étranger, et la troupe se mit à courir. Pendant la course, l'étranger pointa du doigt l'entrée d'une caverne lumineuse. Les trois personnes y sont rentrées, sans se poser de question.
Le robot, ne pouvant passer, tira des missiles au hasard qui provoquèrent, dans un grand fracas, un éboulement qui boucha l’entrée de la grotte. Shin fit remarquer qu’ils ne pouvaient qu’être en sécurité désormais. L'étranger n'en était pas certain. Une forêt aux aspects tropicaux s’étendait devant eux. Ils y pénétrèrent, le cœur lourd. Il n’y avait ici aucune trace de neige et il semblait faire jour. Bien que les deux frères se concentrent, ils n’entendirent aucun bruit d’animaux ou d’eau qui coule et leurs voix semblaient se perdre dans l’immense forêt. Ils n’étaient jamais venus ici auparavant et se promirent de ne plus jamais remettre les pieds dans un endroit aussi glauque. L'étranger le savait … seulement, les jumeaux ne se doutaient pas, à ce moment là, que le prochain millénaire dépendrait de leurs futures actions dans ce lieu sacré.



























ARC NUMERO 1 : Bazzer.


Chapitre 1 : J'entre en scène !





La sonnerie annonçant la fin des cours retentissait une fois de plus dans le lycée Nondôm. Je suis sorti en dernier, comme à mon habitude. Je ne sais pas pour vous, mais, moi, j'avais toujours l'esprit embrumé … voire lent … après neuf heures de cours. L'arithmétique était aussi intéressante qu'à l'accoutumée : ma moyenne scientifique approchait dangereusement les 2 sur 20, et les enseignants ne me donnaient aucune chance ou presque de passer en terminale littéraire. Tout le paradoxe était ici : Une terminale « Littéraire » où l'avis d'un professeur de mathématiques compte. D'ailleurs, les mathématiques ne devraient même pas exister.

« Plus que X années à tirer. » est une phrase qui revenait sans cesse dans mon esprit, et dont le nombre diminuait à chaque rentrée pour mon plus grand plaisir; et quand bien même j'aurais fini mes études lycéennes, la prochaine étape serait la faculté, pour m'assurer un bon travail.

Faculté : définition : Cher, et je n’ai pas vraiment les moyens …

Dans la ville où je vivais et étudiais, Bazzer, tout n'était que science, robotique et ingénieries en tout genre; Mais ne vous méprenez pas ! Savoir compter et programmer est loin d'être une preuve d'intelligence … Bien qu'il en faille un minimum. Je me permets d'être un peu sec, car depuis l'autodafé de Lotoff d'il y a cent cinquante ans, les gens ont décidés de renier les fondements même de la culture littéraire. (Je précise : Lotoff est ma région natale, couvrant un tiers du continent de la pointe.)

Bref, depuis cet autodafé, les enseignements « L » sont rares, voire quasi inexistants, et ne débouchent sur rien à part les études de droit qui coûtent très cher et l'écriture qui ne rapporte rien. Mais quelques élus dans mon genre tentent de préserver le goût de la littérature et des arts. Peut-être que c'est pour cela que tout le monde me rackette, aussi. C'est le jour où une brute m'a dit « Lire c'est pour les chochottes. » que je me suis rendu compte à quel point j'étais heureux d'aimer les livres.

Quoi qu'il en soit, Bazzer était une ville froide, grise et dénuée de tous sentiments humains. Si les gens n’étaient pas comparables à des robots, alors au moins pouvions nous nous permettre de penser qu’ils en avaient vaguement le profil. Et la nuit c’était la décadence qui prenait le dessus, mais ça c’est une autre histoire. Avec tout ça, quel miracle que l’enseignement L ne soit pas encore supprimé du programme … ! Je me demande bien pourquoi d'ailleurs, mais je ne vais pas m'en plaindre.

Cette folie des machines n’avait pas toujours été présente dans nos contrées. Moi, j'avais toujours connu Bazzer comme ça, mais ma mère nous répétait sans cesse, à moi, mon frère et ma sœur, que les gens ont toujours été bêtes, mais pas forcément illettrés. Le peu d'espoir qui restait, quand les bibliothèques se reconstruisaient, s'est prit un grand coup dans la figure, pour tomber dans le néant intersidéral des manuels d'histoires, car un beau jour d'il y a maintenant vingt ans : Bazzer et d’autres villes de Lotoff se retrouvèrent d’un seul coup dans cette folie des grandeurs que la loi des machines nous imposait, créées puis commandée par la même société : « A.R.K».

La compagnie « A.R.K » était apparue il y a à peu près 20 ans de cela. Depuis cette période, leurs usines et leurs immeubles ont proliférés partout dans la région et leur logo bien connu, une arche avec une étoile orange à l’intérieur, apparaissait sur tous les produits : de la simple boîte de cassoulet aux fusées, en passant par les voitures, le liquide vaisselle, les jeux vidéo et même les colliers antipuces … quand je dis « tout » …

Cette multinationale avait su imposer son style novateur et moderne dans l’ancienne campagne qui m’était si chère, et les gens se bousculaient au portillon pour travailler dans leurs usines. Ces pensées m’occupaient à chaque fin des cours, mais jamais longtemps car le même élément perturbateur venait sans cesse me déranger dans mon esprit, à tel point que ça en est devenu récurant. Un leitmotiv fait de coups de poings.

Je me suis retourné lentement, sachant à l’avance ce qui allait se produire, du début à la fin.
Alors minus, tu l’as ? M’a demandé une voix grossière, sans doute en pleine mue.
 Tu me gonfles, Ralph, va racketter quelqu’un d’autre, ai-je répondu sans même avoir l’espoir que ma phrase puisse aboutir à quelconque conclusion positive.
Ho, ho ! C'est la première fois que tu exprimes ta "mécontantation."
C'est « mécontentement », Ralph.

Les complices de Ralph se sont mis à rire aux éclats. J'étais vraiment entouré de crétins.
Peut être que si tu étais plus grand, tu n’en serais pas là~, a chantonné Ralph.
Mais où est le rapport ? Ai-je crié. Apprends à compter et on viendra parler de chiffres. Ai-je répondu sur le tas, parce que je n'aimais pas que l'on me rappelle que j'étais petit.

Cette phrase a eu pour effet de permettre à Ralph d’avoir une bonne excuse pour m’en coller une. Un coup de poing bien placé et je suis tombé à terre comme une mouche qui serait passé deux centimètres trop près de la bouche de mon agresseur (et je dis ça par expérience, beurk.).
Après un rire gras qui ressemblait à « Ho ho ho ho ho ! », mon cher ami Ralph a prit mon argent sans le moindre scrupule quant au fait que je ne pourrai pas me nourrir le soir même. Il a caché son visage avec sa capuche, pour faire plus caïd où je ne sais quoi, et m'a envoyé valser avec un second coup bien placé. Sachant bien que j'étais déjà à terre … pour le plaisir de montrer qu’il était belliqueux aux badauds qui passaient par là. Je venais de remarquer à cet instant que sa capuche marron clair lui donnait l'apparence d'un caramel géant parfumé au roquefort. Mais bon, ceci étant fait, il est parti avec les deux autres personnes qui riaient de leur mesquinerie, même s'ils n'avaient rien fait. Les gens qui voyaient la scène se sont moqués de moi, m'ont pris en pitié, et, il me semble, m'ont pointés du doigt … cela m'a juste fait bailler sur le moment, parce que c'est fatiguant de se faire maltraiter... Tout de même, c'est tous les soirs pareils, ils devraient être habitués. Pensais-je sans cesse.

La routine.

N’osant pas bouger malgré tout, ressentant une légère douleur, je suis resté à terre une bonne trentaine de minutes, le temps que les gens se lassent. Cette fois ci la bataille fut quand même plus épique… je lui ai répondu ! C’est une première, j’en conçois. La nuit est tombée sans prévenir, assombrissant le paysage Bazzerien, et, les cailloux dans le dos devenant plutôt douloureux, je me suis décidé à me lever. Le réconfort m’attendait chez moi, après tout.

Je n’avais eu que très peu de temps pour repenser à cette histoire de racket. Sitôt rentré chez moi, je devais faire les tâches ménagères, car ça n’attend pas. Sur le chemin, j'ai remarqué une affiche où était écrit :

« LA TROUPE DE CIRQUE THEATRAL DISTORSION D. SERA EN VISITE DU 15 AU 20 JANVIER SUR LA PLACE PRINCIPALE DE BAZZER. ENTREE : 120 LASK PAR PERSONNE. »

L'image était belle. On y voyait Mister Distorsion, le monsieur loyal à la barbe en pointe, avec Sniper, son Hippocampe terrestre tireur d'encre, ainsi que tous les autres artistes de la troupe. J'étais très intrigué par le spectacle de Distorsion D. Ma mère m'avait une fois emmenée là bas, quand nous étions enfants, mon frère et moi. Ma sœur ayant peur des clowns, elle n'a jamais voulu venir. Une fois, je me souviens même d'être monté sur le dos de Sniper ! C'était un des rares moments de joie de ma vie. Ces moments où il manque un père …

Mes pensées m'avaient ramené bien loin en arrière, et j'essayais de me souvenir du visage de mon cher papa. Ma mère disait qu'il reviendrait un jour, et qu'il serait fier de voir comme nous avions grandi et comme nous étions devenus beaux. Mon grand frère se souvenait vaguement du visage de mon père : Il était brun, ou peut-être blond. Ses yeux étaient vairons comme les miens et il était grand, de plus il portait le même type de bouc que mon frère. Il était beau, massif et surtout très gentil. Moi, je ne me souvenais que de sa voix... claire comme le cristal, belle comme la note LA (selon mon frère) et surtout capable de rassurer les esprits et de réchauffer les cœurs.


J’ai ouvert la porte un peu plus brutalement qu’à mon habitude, ce qui a eu pour effet de réveiller Bel’, notre plante gardienne. Bel’, ou plutôt Belphégor était une plante verte gardienne à dents empoisonnées. Une espèce de la forêt de Lindsey, au nord de la ville. Elle n’a pas coûté bien cher…vu son caractère, ça se comprenait parfaitement, en fait. Il existe 5 types de plantes gardiennes : Belphégor est de rang D, c'est-à-dire quatrième dans un ordre croissant de puissance. Pas de quoi arrêter un bison brume ou un ours d’argent, mais assez utile pour nous débarrasser des voleurs du dimanche à la mode Bazzer à coup de morsures empoisonnées. Notre plante était verte à pois rouges, avec une tige dépassant les un mètre vingt, dans un pot en terre spécial lui apportant les nutriments nécessaires à sa survie, et avec des dents dont la longueur dépassait sans doute le plus long de mes doigts, mais je n'ai jamais fait le test, car je tiens à mes doigts pour tenir un stylo. Son « Nyaah » strident et répétitif donnerait à lui seul une bonne raison à un voleur de partir rapidement, mais qui s’en soucie, puisqu’un criminel moyen ne dépasserait même pas la porte d’entrée dans de telles conditions?
Bel’, dépourvu du sens de la vue, me reniflait un peu, comme d'habitude et commença à sortir la langue en esquissant un ronronnement significatif : « fais moi des grattouilles, ton frère ne me donne pas assez d’affection. » ou quelque chose dans le genre, car il est vrai qu'une plante n'a pas beaucoup d'endroits où l’on peut la gratter.
Mon frère, Vlad, devait sûrement faire un peu de musique dans la chambre. Je ne reconnaissais ni le groove de son saxophone, ni la teinte blues de sa basse … En fait, il devait sûrement pioncer. Je suis monté par curiosité, avant de me mettre à la cuisine. Seulement, arrivé devant la porte de sa chambre, j'ai surpris, bien malgré moi (Au début.) une conversation qui ne me ravissait pas plus que ça. Vlad était au téléphone avec une personne qui me manquait énormément.

… Alors comme ça tu ne rentreras pas avant une semaine…Mais je croyais que tu étais guérie ! … Dois-je le dire à Zenzen ? … Repose-toi.



Je n’entendais que des bribes. Je marmonnais « Arrête de m'appeler Zenzen, je déteste ce surnom. » quand le silence total se fit. Si Bel’ ne mangeait pas les mouches de la maison, peut-être qu’on les aurait entendues voler. Vlad est sorti précipitamment de son antre mais s'est arrêté net. Il m'a regardé, l’air désolé.
Ah, Zenzen. M'a t-il dit sur le ton de la désolation et de l'étonnement (curieux mélange.), comme si je l'avais surpris en train de se droguer où je ne sais quoi d'absurde.
Que se passe-t-il ? Et arrête de m'appeler comme ça! Ai-je répondu.
C’est maman. Elle n’est pas totalement guérie. M'a t-il avoué d'un ton grave et bien trop sérieux pour lui.

J'ai lourdement regardé le sol, les yeux embrumés. S’il fallait être sérieux, c’était le meilleur moment. Délia, notre mère, était atteinte d’une sorte de tumeur au niveau de l’estomac, et son état empirait sans cesse depuis maintenant deux longues années. Nos visites régulières à l’hôpital l’encourageaient, mais la tumeur grossissait chaque jour et cette maladie commençait à devenir très gênante. Les médecins préféraient ne pas se prononcer sur le dénouement de cette histoire, eux-mêmes très peu convaincus de l’efficacité de la chimiothérapie ici utilisée, bien qu’elle fût à l’origine de deux miracles, jusqu'à présent. Vlad et moi avons prié chaque jour pour que l'expression « Jamais deux sans trois. » marche. Encourager ma mère du mieux que je pouvais était une des raisons qui faisaient que je n’avais même plus le temps de me morfondre sur mes propres soucis, qu’ils soient scolaires ou personnels. Pourquoi les personnes exceptionnelles étaient malheureuses tout le temps? Je veux dire, mince quoi : Ralph était le genre de naze qui n'aurait jamais rien de ce genre, lui … Pas que je lui souhaite réellement d'aller à l'hôpital. C'est plutôt pour la forme que je dis ça.

Tomoe est au courant ? Ai-je demandé.
Pas encore, m'a répondu Vlad, pourtant sceptique. Il vaudrait peut-être mieux garder ça pour nous.
Elle a le droit de savoir ! Ai-je rétorqué en serrant les poings, mais mon frère n'a pas flanché une seule fois.

Tomoe était notre petite sœur, la plus jeune de la famille par conséquent. J’avais 17 ans, elle en avait 15, et Vlad en avait 19. Mon grand frère, bien qu’étant l’aîné, n’était pas le plus responsable de la famille, et pourtant nous devions tout de même lui obéir. Blond et d’environ un mètre quatre-vingt cinq, il était bien bâti et, paraît-il, assez beau garçon; cependant sa fainéantise légendaire lui a fait arrêter les études : Il s'est ainsi uniquement consacré à ses instruments de musique, dans l’espoir de percer dans ce domaine un jour.

« Rêveur », c’était ce à quoi l'on différenciait Vlad de Tomoe ou moi-même.

Ma petite sœur était sage.

Trop sage.

En vérité, nous pensions tous cela à cause de sa timidité grandissante…et qui s’accentuait encore plus vite depuis l’hospitalisation de notre mère. Tomoe était considérée par la majorité du genre masculin comme une magnifique jeune fille. Je savais qu’elle faisait chavirer un bon nombre de cœur, dans son collège, mais encore fallait-il qu’elle y prête attention. Ma sœur était une fille responsable et toujours à l’écoute. Elle n’était pas fermée d’esprit, bien au contraire ! Seulement elle avait cette incapacité chronique à parler aux autres, ainsi ne s’adressait-elle qu’aux animaux, qui la comprenaient sans doute mieux que Vlad et moi réunis. Les filles sont compliquées.

Écoute, Gozen. Elle ne le saura pas, un point c’est tout.


Vlad est descendu dans le salon sur ces mots.

Je m’en suis allé à mon tour, dépité.

Une heure est passée. La cuisine était enfin propre. Le dîner était en voie de préparation, mais cela s’annonçait rude. Je cherchais dans le frigidaire de quoi nourrir toute la troupe. Ralph ayant fauché l’argent que je réservais pour les courses, la préparation de mon fameux « Scio-menthe à la mode Neolia » s’avérait légèrement plus compliquée : surtout sans le Gelyscieur esseulé, l’animal (Et de ce fait l’ingrédient principal.) nécessaire à la réalisation de ce plat signé Roël Joe-bûchon, dont les gens prétendaient qu’il était et cuisinier et bûcheron. Allez savoir. Les Gelyscieurs esseulés étaient la variante bien connue d’une espèce toute autant connue : le Gelyscieur. Un Gelyscieur est un animal bipède de la famille des Reptiles hybrides Gelées (Ils étaient gélatineux et transparents.) originaire des plaines de Neolia, à l'ouest de Bazzer et donc à l'extrême gauche du continent de la pointe, juste à côté de l'océan d'étoiles. Les plus anciens Gelyscieurs atteignaient dans les deux mètres facilement et leur odeur était différente selon leur couleur, ce qui permettait de les classer en diverses espèces. Le Gelyscieur possède soixante douze dents disposées sur trois rangées, et qui tournent à la manière des tronçonneuses sur elles-mêmes, permettant de déchiqueter les matériaux les plus solides. Un Gelyscieur digne de ce nom peut avaler un humain en seulement cinq secondes, et lui réserves trois secondes d’intenses souffrances entre les soixante-douze mini tronçonneuses et l’acide gastrique nécessaire à la digestion. Seules cinq espèces sont connues actuellement : Le Gelyscieur rouge qui sent la fraise mais qui reste le plus agressif, le Gelyscieur vert qui sent la pomme mais qui est le plus rapide, le Gelyscieur bleu qui sent la myrtille mais qui possède un corps quasi indestructible, le Gelyscieur rose qui sent la pêche et qui permet à la reproduction des mâles de son espèce, et enfin le Gelyscieur esseulé.

L’esseulé est un individu albinos, rejeté par sa famille, sans défense particulière et qui sent étrangement la noix de coco. Celui-ci est rare, ce qui en fait un ingrédient de qualité et plutôt cher.
Je me suis résigné et j'ai fermé le frigidaire. Adieu le repas de fête. Une fois de plus, mon anniversaire allait se fêter comme tous les autres jours.
J'ai regardé le calendrier … Dix-sept ans aujourd'hui.
En fouillant dans les placards, j'ai trouvé trois conserves de soupe à la tomate. Cela nous fera bien tenir pour la nuit. Ai-je pensé.

La soupe chauffait dans un récipient prévu à cet effet. Une casserole auto chauffante conçue par la section électroménagère de « l'A.R.K ». Elle ressemblait en tout point à une banale casserole, sauf que le manche était couvert de boutons, ainsi l’on pouvait régler la température, la durée de cuisson et bien d’autres choses sans avoir à dépenser de gaz ou d’électricité (Sauf pour les piles bien entendu.). Je me lavais les mains en prenant bien soin de passer sous les ongles. Une pensée idiote m'a fait lever la tête et mon regard a nonchalamment croisé celui d’une statuette au regard impénétrable accrochée au mur par un clou et un fil. Kaärma, la déesse des récompenses et des punitions mais surtout du destin :

Membre compris dans les premiers êtres légendaires. Enfin c’est ce que disait l’Almanak.

L’Almanak est un livre énorme où sont relatés tous les faits depuis maintenant dix mille ans sur les relations entre les dieux et les espèces inférieures (c'est-à-dire moi), et qui a été publié dans le monde entier. J'ai froncé les sourcils, gêné par la présence de la statue. J'ai aussitôt détaché mon regard de l'objet en question … Kaärma…mais bien sur. Ces légendes stupides n’étaient que les affabulations de quelques moines en manque de vin. Du moins c’est ce que je pensais, car mes exploits contre Ralph où les problèmes de santé de ma mère prouvaient chaque jour que les récompenses, les punitions…étaient des choses surfaites, et que seul un imbécile pouvait encore croire aux miracles de la sorte. Seulement ma mère était une croyante de cette religion et disait depuis toujours à qui voulait l'entendre : « Un jour mes efforts paieront, Kaärma sait récompenser les plus forts. ». Vlad adoptait cette politique lui aussi, mais dans un angle différent encore. Moi, si je devais croire en quelqu'un ce serait Orion, car le temps est la seule chose de réelle à mon sens. Repenser à tout ça m'a fait souffler … Je me suis souvenu de ces interminables discussions théologiques avec ma mère, pendant qu'elle repassait. Elle m'expliquait que mon père était le plus fervent disciple d'Orion, et qu'il y avait énormément de raisons à cela. Je n'ai jamais su lesquelles. Quand avais-je perdu mon innocence et ma naïveté ? Moi-même je l’ignorais.

Un bruit sourd en provenance des escaliers m'a tiré brusquement de mes questions existentielles. Vlad a couru si vite qu'il en a raté une marche : Titubant légèrement a l’atterrissage, mais a priori rien de grave. Il s’est brutalement assis sur une chaise et a levé son assiette en m’ordonnant « Sers moi la bouffe, eh, toi, l'esclave ! ». L’exemple de la famille, tu parles.
J'ai pris un verre d'eau et l'ai soigneusement jeté sur la tête de mon frère en m'écriant « Oups, ma main a glissé. », avec toute la non sincérité du monde. Vlad, trempé, a enlevé son Tee shirt puis à marmonné un juron, et enfin il s'est tut. Il m'a souri cependant, et j'ai vu dans ses yeux pétillants toute la malice qui faisait son charme, à ce grand dadet, mais qui disait aussi « Je vais me venger, tu sais ? »
Tomoe descendait les escaliers beaucoup plus calmement. Elle s’est assise sur une chaise sans dire un mot et a prit sa cuillère en baissant le regard; sa frange blonde a alors couvert ses yeux. Je lui ai demandé si elle avait faim, et tout ce que j’ai obtenu comme réponse a été quelque chose d’imperceptible et qui a sonné comme un « ~~~un peu~~~ ».

Je lui ai servi de la soupe en souriant. Elle m'a regardé puis a vivement baissé la tête, tout en rougissant énormément. Je lui ai tapé dans le dos en riant et en disant « Tu vas exploser si tu continues à rougir, comme ça! » Mais elle n'a pas réagi et s'est contenté de manger. Mon sourire s’est effacé – Vlad l'a d'ailleurs remarqué – et je me mis a me demander quelle était la réelle situation de Tomoe, quels étaient ses sentiments, ses peines, ses joies, ses frayeurs … jamais je n'ai réussi en quinze ans à savoir ce qu’il passait par la tête de ma chère sœur. Vlad non plus. Peut être pensait-elle à maman, comme nous tous.












Chapitre 2: Je roue de coup une lampe de chevet.





La troupe et moi-même, une fois le dîner terminé, avons retroussés nos manches pour nettoyer la maison, juste avant de partir nous coucher. Cette dernière n’était pas bien grande, ainsi à trois cela mettait une demi-heure au pire. Je baillais en passant le balai, il était déjà vingt-trois heures.

Demain je me lève à cinq heures pour distribuer le courrier dans Bazzer. Ai-je pensé.

Pour subvenir aux besoins de la famille ainsi qu’aux études de Tomoe (Les miennes aussi, accessoirement, mais pour ce que j'en fais.), Vlad et moi nous levions vers cinq heures du matin pour distribuer le courrier, pour une petite compagnie anonyme qui travaillait pour le compte de « A.R.K Times », la partie « quotidien » de la société bien connue à présent.

Le soleil n’était pas tout à fait levé sur la cité. Vlad est parti cinq minutes avant moi. Son secteur était celui des ports boyaux : Une des parties glauques de la ville, bien que portuaire. Le maire a donné ce nom à ce port depuis l’assassinat des touristes et de l’équipage d’un paquebot entier, amarré juste pour une nuit. L’assassin, toujours inconnu, n’aurait soi disant plus jamais mis les pieds à Bazzer, mais comment en être sur si l’on ne le connaissait pas ?
Vlad n’était pas du genre a craindre ces racontars de vieux sur les bancs du parc des chanteurs quand le soleil de midi cogne dur. Mon secteur était celui de Bazzer Centre, à quelques minutes de la maison (Nous habitions en périphérie.).


Préparation rapide, histoire d'être propre. Je portais sur moi l'uniforme du lycée Nondöm : Un ensemble tee shirt blanc, Pantalon et veste bleu foncé, avec les armoiries de la famille Nondöm : Un renard des neiges zigzaguant entre deux flocons dorés. Les habits étaient particulièrement seyants et faisaient partie des seules choses que j'appréciais réellement dans ce lycée. Et puis je devais bien l'avouer, je n'avais pas vraiment assez d'argent pour m'habiller de diverses façons, alors porter l'uniforme du lycée constituait quatre vingt pour cent de ma garde robe actuelle. La ceinture qu'il nous forcaient à porter possédait comme boucle de ceinturon ladite armoirie de la famille créatrice du lycée.
Je me suis observé quelques instants dans le miroir. J'ai soupiré, en remettant mon col et ma cravate, libre de ses mouvements, en place : J'étais toujours le même blond … J'avais toujours les mêmes yeux vairons. A savoir un œil vert et marron … et ma taille n'avait pas bougé depuis presque trois ans. Ce petit mètre soixante treize qui faisait que je regardais la plupart des gens que je côtoyais en levant la tête.

J’ai enfourché mon scooter et je suis rapidement parti dans la direction souhaitée. La distribution du courrier a bien duré une heure. Depuis le temps que je faisais le même parcours, je commençais à jeter les lettres comme des projectiles, sans même prendre le temps de viser, et suivant la force du vent, cela marchait plus ou moins bien (j’avoue que cela marchait une fois sur cinq, mais je m'en fichais un peu.). J’ai stoppé mon scooter, pour contempler le même spectacle chaque jour avec le même malaise : L’usine A.R.K se trouvait devant moi. Derrière le grillage sur lesquels des barbelés étaient juchés stratégiquement, de manière à dire « On ne dirait pas comme ça, mais je peux donner le tétanos. » se trouvait un chemin a demi rocailleux. De l’extérieur nous pouvions apercevoir la façade blanche, immense, de l’usine, faite de métal et de plastique. Le sigle « A.R.K » était écrit en noir et juste en dessous se trouvait la fameuse arche avec l’étoile orange. De chaque coté de la structure se trouvait d’immenses turbines qui frappaient le sol avec un violent fracas, comme pour aspirer l’essence même de la nature, et la fumée jaunâtre qui s’en dégageait par un assourdissant « Pshhhh » remontait pour se mélanger à la fumée noire déjà bien toxique qui s’échappait à grande vitesse des cheminées extérieures, comme un train immense que l’on alimenterait en charbon, mais qui n’avancerait jamais. La porte était fermée. L’usine ouvrait à sept heures, et il n’était que six heures quarante-sept. J'ai redémarré mon scooter pour partir en direction de la maison, ayant terminé ma livraison matinale.

J'ai pris une pause de deux minutes, vers mon quartier, pour admirer la même vitrine tous les jours depuis maintenant huit mois.
La boutique d’antiquités « Naomé » était aussi fermée. Je me suis collé à la vitrine et je me suis senti rempli du même sentiment de désir qui m’envahissait chaque matin. Elle était encore là : Une clé en or, pas plus grande qu’un pouce, délicatement posée sur un fil noir à l'air usé et ancien. Cette clé possédait deux petites cornes en or et était ornée en plus d’une pierre précieuse qui semblait être un rubis. J'ai ravalé ma salive et je suis rapidement parti. Je ne comprenais pas pourquoi, mais cet objet, plus que n'importe quel autre objet jusqu'à présent, m’attirait … Je connaissais bien le gérant, à force de venir pendant les heures creuses, et celui-ci m’avait un jour expliqué qu’un homme lui avait donné le bijou, il y a de cela deux ans, en précisant que ce collier trouverais de lui-même son porteur, car telle était son utilité. Comment un collier pouvait avoir une quelconque utilité ? C'est aussi cette part de mystère qui me donnait envie d'être le porteur du collier … Cependant, depuis le temps que je le regardais, il aurait dû se rendre compte de ma présence. J'ai alors abandonné tout espoir de l'avoir autour du cou.

Je suis rentré en hâte à la maison. Bel’ dormait à point fermé, une bulle de sève pendait de son bulbe, je l'ai éclaté rapidement et il se réveilla en sursaut :

Pas le temps de buller, Bel', tu as une maison à garder, je te signale.

J'ai gravi les marches de mon escalier deux à deux. Mon sac devait probablement être jeté au pied de mon lit. J'ai tout de même pris la peine de m'accorder une minute de silence, constatant avec plaisir le calme apaisant qui régnait. La maison n’était pas aussi bruyante que d’habitude, et a priori Tomoe était déjà partie. Cette quiétude m'a fait légèrement sourire. Ces instants de plénitude étaient rares, par les temps qui courent. J'ai tranquillement ouvert la porte, apaisé par le calme ambiant, et … c’est à ce moment là que ma vie a pris un tournant assez inattendu.

J’ai étouffé un cri de stupeur, mais il était trop tard pour ce genre de choses. Deux personnes, que je n’avais jamais vues en dix-sept ans d’existence, se reposaient dans ma chambre. L’un somnolait sur mon lit, et l’autre lisait une bande dessinée de ma bibliothèque. J'ai reculé d’un pas, pour examiner les deux individus qui, à priori, se fichaient totalement de ma présence. Celui qui se relaxait sans ma permission sur mon lit portait un tee shirt noir pile a la bonne taille mais déchiré au niveau du ventre et des manches, avec un énorme signe « Anarchie » en jaune, un pantalon noir rougeâtre tout autant déchiré et orné de chaînes en métal couleur fer. Sur son crâne se trouvaient deux cornes aux reflets d’ivoire, en partie cachées par ses cheveux mi-longs et noirs, ainsi qu’une queue encore plus foncée qui finissait en pointe de flèche. Une canine dépassait de sa bouche, comme un vampire, et il portait d’énormes bottes faites de cuir et de fer, décorées avec les mêmes motifs que son pantalon, et il dégueulassait bien entendu mon drap blanc en mettant les pieds dessus. L’autre personne était habillée beaucoup plus simplement. Cheveux légèrement plus courts mais en bataille, avec d’immenses yeux bleus ainsi qu’une étrange auréole sur la tête, il était habillé d’une veste, d’un tee shirt et d’un pantalon d’un blanc aussi immaculé que ses baskets. Il était tellement lumineux que cela donnait l’impression qu’il lui était impossible de se salir. Sur son Tee shirt il y avait pourtant le motif d’une énorme tête jaune qui souriait. Il n y avait ni un pli de travers ni une marque de vêtement froissé. Le garçon en noir était propre, certes, mais son compagnon était impeccable de presque tous les côtés. Seuls ses cheveux, d’un blond presque doré, étaient parsemés d’épis, brisant l'harmonie qui émanait de lui. Enfin ça lui allait bien de toute façon, et niveau épi j'étais gâté aussi. Tellement gâté que j'avais décidé il y a très longtemps de faire de mes épis ma coupe de cheveux.

Je suis allé en fonçant dans la chambre de Vlad sans demander mon reste et j'ai pris sa batte de Base-Ball. Je suis rentré dans la chambre en furie et j'ai menacé les intrus en agitant la batte un peu partout, ce qui a juste eu pour effet de briser une de mes lampes de chevet et de me faire baisser la tête. J’avais été ridicule, j’en conviens. Je n'étais pas très menaçant, il faut dire. Les deux adolescents se sont regardés et ont éclatés de rire. Charmant.
Ces mêmes personnes, d'un bond, se sont levées pour se mettre à ma hauteur. Le garçon aux cheveux blonds, qui avait visiblement le même âge que moi, a tendu sa main et m'a souri d’un air amical. Je lui ai serré la main, perplexe. A ce moment là j'ai senti une vague d’énergie qui a violemment parcouru l'intérieur de mon corps, comme une décharge électrique. J'en ai eu des frissons.


 Qui êtes-vous ? Ai-je demandé.
Tu ne te souviens pas de nous ? A dit le blond.
Comment pourrait-il ? A rétorqué le brun. N'oublie pas que c'est la première fois qu'il nous rencontre.
Oh … C'est vrai. Seulement, ça fait mille ans. Il a aussi l'air plus jeune.
Tu sais comment est Orion … Enfin. Gozen, est-ce que tu as la clé ?

« Gozen ? » … Comment connaissait-il mon nom ? J'ai été frappé d'un étrange malaise, qui m'a donné la migraine. La sensation de connaître quelque chose, sans l'avoir vécu. Comment ces personnes pouvaient-elles me connaître, alors que je ne savais pas moi-même qui elles étaient … ? Surtout que … Leurs visages m'étaient familiers.

Non mais … Qui vous êtes, sincèrement ?
As-tu la clé ? Demanda le blond avec un grand sourire qui, étrangement, inspirait confiance.
… Quelle clé ?

Les deux entités se sont d'un coup regardées. « Il n’a pas la clé. » « J’ai entendu figure toi. » « Que fait-on ? » « On dégage, ça sert à rien de traîner là si il n’a aucun moyen de nous aider. »
Ils sont partis dans un léger halo lumineux. La chambre était de nouveau silencieuse. J'ai regardé dans le vide, complètement perplexe. Que s'était-il passé, à l'instant ? Je suis resté dans la même position une bonne minute puis j'ai finalement décidé de ranger le cadavre de lampe qui traînait à côté de mon lit. Le sac sur le dos, j'ai foncé en direction du lycée. Être en retard signifiait ma mort, dans certains cas.










Chapitre 3 : Je lance des éclairs grâce à des cornes invisibles





La porte du lycée n’était pas encore fermée. J’avais arrêté de courir depuis cinq bonnes minutes, trop fatigué des récents évènements qui, je dois l’avouer, m’avaient un peu vidés. J'ai soufflé. Derrière le grillage principal du lycée se trouvait Ralph. Je n’avais pas été plus rapide que lui aujourd’hui, je voyais sa capuche dépasser du muret intérieur.

Je me suis raclé la gorge et je suis parti lentement dans sa direction, en espérant qu’il ne me remarque pas dans la masse de lycéens. Je me suis toujours demandé ce qui faisait de moi plutôt qu’un autre une cible de choix pour Ralph. Je veux bien admettre que je ne suis ni le plus fort ni le plus courageux des adolescents, cependant il me semblait que d’autres types étaient plus qualifiés que moi pour se faire tabasser quotidiennement. Ralph m'a quand même vu. On ne peut pas gagner à tous les coups. Il m'a pris par le col et son sourire n’annonçait rien de bon, bien entendu. Il m'a jeté par terre et a ri de bon cœur … « Bon cœur » et Ralph ça sonne tellement faux dans la même phrase que je préfère encore que vous oubliez ma dernière pensée.

Je me suis essuyé la bouche à cause de la poussière qui s’était posée sur mes lèvres et j'ai reculé d’un pas. Je ne pouvais rien faire dans ces cas là. Un « tss » a fait écho dans la cour du lycée. J'ai instinctivement levé la tête (Ne me demandez pas pourquoi.) Et j'ai vu ces deux types … Eux !
Les deux personnes d’il y a une heure étaient assises sur le muret et regardaient le spectacle. Cependant personne ne semblait prêter attention à eux.

Vous ? Ici ?
 T’étais plus balèze avant … a dit le brun.
Combien de fois vais-je devoir t'expliquer qu'il n'a pas encore vécu ces évènements ? Comment peut-il être plus fort, sans même avoir la clé du temps ? A expliqué son compagnon, l'air désolé.

Je n'ai pas répondu. Il était évident que ces deux dingues s'amusaient à mes dépends.

… Mais bon. Ça serait bête que ce tas de muscles te mette en morceaux maintenant, a avoué le brun.
Dites, si c'est pour vous foutre de moi, vous pouvez aussi rejoindre la foule, par là.

J'ai constaté que Ralph se demandait ce que je faisais. Comme s'il ne voyait pas les deux jumeaux, sur le mur.

Bah. Nous ne sommes pas ici pour nous moquer, mais pour t'aider. A expliqué le brun.
Vous … Allez vous battre avec moi ?
Pas avec toi. A dit le blond. A l'intérieur de toi.
Que … ?
Tu as cinq minutes, profites en bien ! A crié le brun avant de se jeter sur moi.

J'ai senti une aura particulière m’envahir. Je me suis lentement redressé. Sensation étrange. Comme si on squattait mon esprit. Tellement de puissance. J'ai eu envie de rire un bon coup, sans même en comprendre la raison. Les bras ballants, car je ne les contrôlais plus, je me suis avancé vers Ralph. Qu'est ce que mon corps avait prévu, comme coup tordu ? Je n’étais plus maître de moi-même, en tout cas.
Ralph a reculé d'un pas à son tour. Les experts pourraient croire à un miracle, moi j'ai juste pensé qu'il avait perçu le changement. J'ai dégagé une mèche de cheveux qui me gênait, et l'ai regardé droit dans les yeux. En tout et pour tout il me semble avoir marmonné « Tu as cinq secondes. »

J'ai senti en moi une vague de chaleur qui s'est inexplicablement transformée en désir accumulé de vengeance. C’était une sensation bien trop étrange pour être décrite avec des mots.

Je me suis jeté d'un bond sur Ralph et lui ai asséné le coup de poing de sa vie … Et de la mienne aussi. Ma frappe l'a fait reculer d’un bon mètre, à peu près. Je ne sais pas s’il a eu mal, mais pour le coup, il a été plutôt vexé de s'être fait avoir comme une racaille des bacs à sable. Il s’est essuyé le nez et a crié un truc incompréhensible, tellement c'était fort et sauvage. Et par sauvage j'entends bien « primitif ».
Aveuglé par la colère, celui que j’avais frappé m'a sauté dessus comme un fauve, pour me mettre finalement à terre. Sa vraie force s'était enfin révélée, après tout ce temps. Mais pour dire vrai, la mienne aussi a décidé d'apparaître.
Il m'a frappé au visage à une telle vitesse que le sol s'est rétracté au fil de ses coups. Il avait des poings en acier ?

Je souffrais mais je m’en fichais. A ce niveau là, plus rien ne comptais.

Je l’ai éjecté d’un coup de pied dans le ventre. Ma vitesse et ma force s’étaient décuplées, c’est un fait, en dépit de ça, le brun contrôlait parfaitement bien mon corps, alors c'était dur de lutter. Le garçon blond regardait la scène attentivement. Les deux compagnons de Ralph m'ont tenu les bras, et je me suis retrouvé immobilisé en un instant. Ralph m'a foncé dessus avec une vitesse prodigieuse et m’a cogné avec un coup de pied dans le ventre d’une telle force que j'ai cru que sa jambe m’avait traversé. Les gens autour de nous criaient « COMBAT ! COMBAT ! » Mais d’autres, silencieux, se contentaient simplement d’observer nos mouvements. Une voix a résonnée dans ma tête. Tout d’un coup l’atmosphère était devenue beaucoup plus calme. J’étais comme transporté. Une lumière m’a aveuglé pendant une seconde et j’ai eu la vague impression de flotter dans les airs. Celui qui me contrôlait se tenait devant moi, les bras croisés. Il était imposant.

Où suis-je… ? Ai-je demandé.
Ici ? Eh bien … c'est ton esprit. Mais … il est tellement blanc que c'est à se demander si tu as déjà fait une mauvaise action dans ta vie.
 Euh … tabasser Ralph, ça ne compte pas comme une mauvaise action ?
Bof … Ouais, mais non. C'est de la légitime défense après tout.
Appelle ça comme tu veux. Pourquoi je suis ici ? … Je ne suis pas mort, hein ?
Tu veux rire ? Si tu meurs à cause de lui, tu ne vaux pas grand-chose.
Pas faux. Mais pourquoi mon esprit est-il si blanc, dans ce cas ?
Ne t'inquiète pas. Après la correction que tu vas mettre à ce crétin, il y aura des changements, ici. Mais tu le verras bien assez tôt.
Je ne suis pas pressé.
 Je vais t’avouer quelque chose. – Il s’est assis. – Je ne suis là que pour te booster un peu. Il faut que tu saches que mon seul rôle dans ce combat est de stimuler ton énergie mentale pour te faire comprendre la situation dans laquelle tu te trouves. En outre peut-être consentirai-je à t'expliquer notre présence ici si jamais tu voulais bien en finir avec lui … ?
 C’est qu’il est fort…
 Tss, tu parles. Je ne vais pas rentrer dans les détails mais écoute moi bien : Dès que tu seras sorti d’ici, tu vas prononcer à voix haute les mots que je vais te citer, ils auront pour but d’activer un de mes pouvoirs à distance.

Mon interlocuteur m'a donné de simples instructions.

Non mais … y a aucun moyen que je crie ça en public, c'est vraiment …
T'as envie de mourir ?
Non, mais …
Alors on s'en fout. De toute façon les gens sont tellement fascinés par le spectacle qu'ils ne t'écouteront même pas.

Je suis sorti de mon esprit comme j’y étais rentré : Sans savoir comment.

L’ambiance brutale du combat, dont je m’étais éloigné quelques minutes, est retombée sur mon cœur comme un choc. Je me sentais toujours possédé. Cela serait sûrement ma dernière action. Il était temps d’en finir. J'ai crié à haute et intelligible voix les mots qu’il m’avait confiés :

« Thunder Spark ! »

Mon corps entier a tremblé. Une énergie considérable semblait s’être relâchée. Une queue similaire à celle du type brun était sortie de mon pantalon sans que je lui donne ma permission et s’était plantée d’elle-même dans le sol. Mes trois agresseurs ont été électrocutés avec une puissance capable d’alimenter le lycée entier. Lycée qui, au passage, a prit énormément de dégâts. Les éclairs ont valsé un peu partout, et l'un d'eux s'est dirigé sur la salle de sciences physiques, qui a explosé. L'explosion de la salle de chimie en a entrainé une autre, puis encore une …

J’ai offert un vrai feu d'artifice aux gens présents, et le proviseur allait sûrement me virer. Ralph et ses complices sont tombés et ne se sont plus relevés. La queue a disparue, et, fatigué, je me suis assis par terre. Il avait en tout cas quitté mon corps, le brun. J’étais blessé et mes habits étaient brûlés à certains endroits. Mes trois ennemis ne bougeaient plus. Ils étaient morts sur le coup. J'ai dégluti. Moi ? Un meurtrier ? Jamais ! … Et pourtant ...

J'ai regardé autour de moi, très peu confiant quant à la hausse de ma popularité. Personne n'est parti. Les lycéens me regardaient fixement, complètement choqués, voire apeurés. Personne n’osait faire un pas en avant ou en arrière. Il régnait un silence de mort … Bon, il faut dire qu'il y avait trois morts, aussi, mais ce n'était pas une raison. Je me suis levé d’un bond et, effrayé par mes propres actions, me suis enfui du lycée, qui n'était plus qu'un tas de … plastique fondu et de pierre ? Quelque chose comme ça.
Au bout de vingt minutes de courses je me suis retourné. Personne. J'étais complètement seul. Les deux entités n’avaient pas l’air d’être ici elles non plus. Je suis allé en direction de ma maison … Il me fallait du repos.

…Qu’en penses-tu, mon frère ? demanda le blond, assis sur un toit.
 J’ai vu la pureté de son esprit. Une aura rare. Bien plus rare que la nôtre … et plus puissante, répondit son frère, adossé contre un grillage, juste à côté.
Comment ça ? demanda le blond, curieux.
 Quand il a prononcé les mots. Il a réussi à m’extorquer de la puissance, à moi ! Ce que je veux dire, c’est que « Thunder Spark » n’était censé que paralyser ses adversaires. Il a réussi à tripler la puissance de mon attaque, juste par la seule puissance de sa colère. Ni toi ni moi n’aurions fait mieux à ce seuil d’entraînement quasiment nul, répondit le brun.
Lucio… Il lui faut la clé.
Je le sais ! Mais lui, il ne s'attend certainement pas à vivre autant d'aventures.
Tu sais ce qui me fait sourire ?
Quoi donc, Shin ?
Que son futur soit notre passé, et que notre futur sera son passé.
Orion est quelqu'un de mystérieux.
Oui, il faut croire. Mais le futur n'est pas forcément exact. Après tout nous ne savons pas ce qui l'attend. Nous savons juste que l'histoire ne sera pas établie tant qu'il ne sera pas allé là-bas …
Tu as raison Lucio, il pourrait bien…sauver le monde entier.
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Gozen Arkaÿlis a écrit :
Quatuor Universel
Sam 25 Juin 2011 - 20:42
4 a 5 pages plutot ^^' et je trouve que les chapitres par intervalles tres regulieres dans le genre sont tres utiles pour se reposer l'esprit et rendre l'action plus vivante !

Prochain chapitre !


Chapitre 8 : Shin pense que c’est dramatique





Quelques heures de route ont suffises à nous faire progresser sur Radical Highway, jusqu'à atteindre la moitié de cette dernière. La porte d’entrée de Pumpkin Hill était à quelques centaines de mètres de nous. A notre gauche se trouvait  Cherry Forest, et au bout de la ville, il y avait l’entrée de Donut mountain.
Radical Highway coupait Pumpkin Hill en deux et passait en plein milieu de Donut mountain. Cependant : Une route de terre se dégageait de Radical Highway et montait en direction de la montagne. Et un tunnel géant permettait la continuation linéaire de la route. La ville était donc au pied de la montagne, et Radical Highway portait vraiment bien son nom. Aucun détour possible, il fallait toujours avancer en ligne droite … Et derrière ce tunnel se trouvait Askaär. J'ai frémis d’excitation et de curiosité à cette idée.

En attendant, le camion s’est arrêté au milieu de la voie, vide d’automobiles. Je suis descendu du véhicule, ankylosé, et j'ai remercié la femme après un bref étirement.
Elle m'a fait un signe indiquant une fontaine à ma gauche et s'en est suivie une explication brève sur notre future rencontre, dans trois jours.

Elle est partie sur ces mots en direction de la montagne. Shin et Lucio sont sortis de la clé et ont baillé. Avaient-ils dormi ? Je me suis alors demandé à quoi ressemblait l'intérieur de la clé du temps. J'ai fait un rapide tour sur moi-même pour explorer les alentours : La grande majorité des bâtiments étaient en bois et pas mal de citrouilles et de potirons étaient plantés ça et là. Cela donnait une allure automnale à la petite bourgade. Radical Highway scindait Pumpkin Hill en deux et de chaque côté se trouvait un panneau indiquant à droite « East Pumpkin » et à gauche « West Pumpkin ». A vrai dire, je ne l’ai pas remarqué tout de suite, cependant Je me suis rendu compte avec étonnement qu’il y avait deux places du marché, deux écoles, deux auberges et mêmes deux mairies. Étrange. Il y avait quelques personnes présentes à chaque place de chaque côté respectif et tout le monde avait l’air de vivre ça bien. Je me suis aventuré du côté de West Pumpkin pour me diriger vers l'auberge.

Il y avait un avis de recherche collé à la porte, et pas n’importe lequel puisque c’était le mien. Comment était il arrivé ici aussi vite ? Je me suis surpris d’avoir sous estimé une fois de trop les services postaux de l'A.R.K. Une personne est sortie de l'auberge : J'ai eu tellement peur sur le coup que j'ai mis mon avis de recherche dans ma bouche. Chacun son effet de panique. J'ai cru que j'allais m'étouffer, mais au moins j'étais toujours là incognito.

Si même ici j’étais recherché, passer trois jours dans cette ville ne serait pas une partie de plaisir.

J’ai entrepris de partir en direction de l’autre Pumpkin, mais une personne m'a violemment cogné. Le choc m'a fait tomber par terre. Je me suis relevé en toussotant, à cause de la poussière, et je n'ai eu que le temps d'apercevoir une ombre noire partir je ne sais où, à vive allure.

Une fille de mon âge, du moins je le supposais, est sortie en vitesse du bâtiment derrière moi, en criant « Il est encore venu ! Police ! Arrêtez le ! Je l'ai vu ! ! ».

Elle était visiblement paniquée, pas de quoi fouetter un chat pourtant. Je l'ai observée en me dépoussiérant : Elle était brune, plutôt fine et avait le teint pâle, accentué par une certaine appréhension inscrite sur son visage. Elle a commencé à sangloter, j'ai alors voulu la réconforter, sans trop savoir comment m’y prendre. J'ai doucement tapoté son épaule en lui demandant si ça allait, mais elle n'a même pas prêté attention à ma présence, ni même à ma voix. C'est fou le charisme que je peux avoir, tout de même. J'ai recommencé encore une fois, et la fille a levé la tête dans ma direction : Je lui ai brièvement demandé les détails, quand un policier est arrivé au même moment.

J’ai rapidement inspecté mes affaires, parce que je me sentais étrangement léger. Et là … Horreur, enfer, damnation et même stupéfaction :
Ma clé ! Il m’avait prit ma clé ! Shin et Lucio l'ont remarqué en même temps et ont étouffés un cri. L’aubergiste m'a regardé à cet instant précis et, en portant la main sur sa bouche, a étouffée :

Mais… Vous êtes… Goz… Police ! !

Euh … T'es gentille, j'ai pas le temps. Content de t'avoir connu, mais …

Ouais … Ou pas quand même. A marmonné Lucio.

Oui, voilà, ou pas. Sa-lut !


J'ai filé plus vite que le vent, laissant cette … Cette fille, ainsi que le policier, alarmé par ma présence, en courant dans la direction présumée de la personne qui m’avait arraché la relique du cou … C'était quand même vraiment habile de sa part, car je ne l'ai même pas remarqué. Lucio s'est décidé à partir en éclaireur. Il a déplié ses ailes pour foncer en direction du nord. Je ne savais pas où donner de la tête et me suis perdu dans des petites rues à deux reprises; mais le plus paniqué restait Shin, qui courait en criant « C'est dramatique … Dramatique, Dramatique, Dramatique !! »

… Bon. Je crois m'avancer sans trop de risque en affirmant qu'il y a une infime possibilité pour que la situation soit dramatique, mais je ne suis pas très sûr.

Shin s’est arrêté net : Lucio avait repéré le voleur. Le démon a donné sa position par télépathie. Je ne savais pas qu’ils pouvaient faire ça, c’était plutôt fort, mais l’on ne dit pas que les jumeaux peuvent communiquer par télépathie, selon la légende ? Shin m'a regardé et a montré l'est. A l'est … Il y avait …

L'ange a agrippé mon bras et s'est envolé d'un coup d'aile à la vitesse d'un bombardier. Il m'a jeté haut dans les airs, ne mesurant pas sa force : J'ai fait une pirouette magnifique type soleil retourné en salto arrière involontaire (Cri et larmes en option.) pour finalement retomber sur son dos, n'altérant en rien son vol. Si mon coxys avait une bouche, il aurait hurlé à la mort; mais ne critiquons pas la délicatesse d'un type qui peut soulever une voiture a bout de bras.
Je me suis accroché à sa chemise, confiant, et nous avons foncé en direction de Cherry forest.

Lucio nous attendait devant le chemin de terre, à côté du panneau « Vous entrez dans Cherry Forest, attention aux vers de cerises. ».
Shin s'est mis a plonger en piqué et Lucio, lui, a repris son envol. L’affolement des jumeaux paraissait fondé, mais je ne me suis rendu compte de l’importance de cette relique qu’après m’être pris une branche dans la tête. Il faut dire que si Lucio et Shin allaient à cette vitesse sans même prendre le temps de voir si je suivais le rythme ou non, c’est que c’était vital. Et pour être vital, ça l’était. Pendant notre course dans l’immense forêt, Ils m’ont expliqué que si la clé restait éloignée de son possesseur d’origine trop longtemps, les deux perdraient lentement leur énergie. Donc : Si je me sépare de la clé et que je la laisse loin de moi pendant disons … Une semaine ? Alors Shin, Lucio et le cours du temps cesseraient d’exister.

Whoaw. C'était extrême, quand même. Niveau pression sur les épaules, on avait atteint des records, là.

J'ai réfléchi à cette dernière phrase … « Et le temps cessera d’exister … »

Mais ! Mais c'est vraiment dramatique ! Ai-je crié.

Non, tu crois !? Ont répondu les jumeaux en cœur.


La forêt, sinon, était plutôt jolie. C’était une forêt remplie de cerisier. Ils n’étaient malheureusement pas en fleur, en revanche leurs fruits étaient vraiment gros. J’en ai pris un au passage et je l’ai estimé à cinq ou six fois plus gros qu’une cerise normale … Comme une espèce de cerise transgénique rouge vif. La taille des arbres variait et des bruits d’insectes faisaient écho en se répercutant sur les troncs massifs des cerisiers. Shin s’est arrêté au milieu de la forêt. Lucio en a fait de même, et moi je suis tombé sur un lit de feuille pour éviter de penser à vomir. Shin, dans sa panique, n'avait pas jugé utile de me demander si j'étais quelqu'un de surhumain comme lui. Ce dernier a commencé a crapahuter, puis est revenu quelques minutes plus tard. Il s'est mis a dire, quand il a juger bon de le faire : « Eh ben… On est perdus. ».

L'ange s'est pris un fou rire puis a commencé a pleurer à chaudes larmes; et il changeait d’humeur de façon rapide et déconcertante. Lucio et moi nous sommes regardés, et avec la même amplitude et la même rapidité, nous lui avons collé une monstrueuse gifle.

Shin s'est calmé net. Au moins, l'impact avait eu l'effet escompté.

Lucio a proposé de capter « les ondes Krystoïdales de la clé ». La tactique était évidente pour les jumeaux : Il fallait qu’ils se concentrent et, logiquement, une aura violette sortirait à ce moment là de la clé et cette dernière tracerait une ligne jusqu'à eux. Ils l'ont fait et se sont exclamé :

Je la vois !

Vous avez vu ce gros ver, dans cette cerise ? Ai-je demandé en pointant un fruit du doigt.

On a pas le temps ! Vite, suivons cette ligne !

C'est gentil, mais moi je ne la vois pas.

Ah … Attends, laisse moi faire !
M'a proposé Shin.

Ce dernier a agrippé mon bras et s'est remis a foncer entre les arbres, à toute vitesse :

C'est gentil mais je peux … ! – Je n'ai pas eu le temps de finir ma phrase. –


Et ma complainte a raisonné dans tout Cherry Forest, tandis que nous nous enfoncions dans les sous bois.
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Dim 26 Juin 2011 - 9:56
4 a 5 pages ? Je pensais pas autant ^^".

Bon alors pour ce chapitre...

Citation :
Il m'a jeté haut dans les airs, ne mesurant pas sa force : J'ai fait une pirouette magnifique type soleil retourné en salto arrière involontaire (Cri et larmes en option.) pour finalement retomber sur son dos, n'altérant en rien son vol. Si mon coxys avait une bouche, il aurait hurlé à la mort; mais ne critiquons pas la délicatesse d'un type qui peut soulever une voiture a bout de bras.

J'ai vraiment bien aimé ce passage :rire: . D'autant plus que la scène du vol est bien faite mais je n'ai pas compris pourquoi à la fin, Gozen parle d'un ver au lieu de se préoccuper de la clé xD.

Toujours très bon, c'est passionnant !
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Gozen Arkaÿlis a écrit :
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Quatuor Universel
Jeu 30 Juin 2011 - 9:20
Bah ... Disons que ne pouvant pas voir la trace Krystoïdale, il les laisse dans leur trip ^^"

Bouh ! J'ai un peu accès à un ordi ! RP et Hors RP sont à jour, je pense que j'ai bien géré mon oral de bac ... Et mon dieu, ma clé USB est dans mon sac ? Un petit coup de chapitre 9 va être le bienvenu alors !

... Pour me pardonner de cette irrégularité, je poste aussi le chapitre 10 dans la foulée. Car de plus le chapter 9 est un peu plus court que les autres.



Chapitre 9 : J’apprends à esquiver des balles de Gatling gun.





Cela faisait une heure que nous tournions en rond depuis notre entrée dans la forêt, avant que les jumeaux n’aient l’idée d’utiliser les ondes Krystoïdales de la clé du temps. Je ne savais rien du voleur mais je le supposais particulièrement vieux, sans trop savoir pourquoi, ou bien la quarantaine avec une vieille capuche noire et des vêtements de sports ? Et pourtant, je dois admettre que le physique de cet homme était loin de ce que je pensais avant de le rencontrer.

Nous avons atteint un petit cabanon en bois logé entre deux arbres. Cette maison était aménagée et en bon état. La partie de la forêt où nous nous trouvions était plutôt claire et remplie de cerises. quant au soleil : il se contentait de passer entre les trous que les arbres ouvraient pour lui, entre les branches. Un hamac était installé entre deux arbres, aussi. C'était dingue l'installation qu'il y avait.

Shin nous a alerté. L'ange pointait un arbre du doigt, d'où émanait une lueur pâle. Nous sommes allé au niveau de l'arbre.

Il était devant nous : Le voleur était accroupi, de dos, et une étrange lumière mauve émanait devant lui et brisait la quiétude des lieux. De dos je n’apercevais que de petits réacteurs juchés sur son dos, torse nu.

Le présumé voleur s'est retourné. Il avait des yeux rouges comme des feux de signalisation, ma clé en main et une tête hargneuse. Je n'ai pas bien compris ce qu’il venait de se passer, mais Shin, plus vif que moi, m’avait poussé vers le bas, ce qui m'a permis d'esquiver une rafale de balles puissance Gatling gun qui venaient de fuser des doigts du voleur pour aller se loger dans un des troncs derrière moi. Je n'ai pas pu m'empêcher de m'exclamer « Dieu du ciel. »
Mon agresseur avait tout l’air d’un enfant normal, mis à part les rafales qui sortaient de ses doigts, les réacteurs à son dos et les yeux rouges brillants. Notre adversaire a ouvert un compartiment situé sur son estomac et y a caché la clé, avant de crier :

Cette clé est la propriété de l'usine A.R.K. N'opposez aucune résistance !

Malgré son avertissement, le robot a quand même décidé de passer à l'attaque, en me décochant un coup de poing fulgurant ! J'ai valsé en arrière. Lucio a sorti ses katars pour embrocher l’androïde, mais celui a esquivé le coup avec aisance, avant de riposter en infligeant au démon une douloureuse tape au niveau des cervicales. Lucio est tombé à terre facilement mais Shin en avait décidé autrement. Il a foncé sur l’ennemi et son coup de poing a été tel que le robot est allé s'incruster dans le rocher.

Ses yeux ont clignoté, une fois, deux fois, trois fois … et dans un râle, notre adversaire s'est éteint et s'est tut. Je me suis relevé et j'ai essuyé mon peu de sang avec ma manche. Lucio s'est relevé plus difficilement encore. Il avait prit un sacré coup.
Titubant, j'ai repris la clé au robot et l'ai remise à sa place d'origine : Autour de mon cou. Je me suis éloigné pour regarder de haut en bas mon agresseur. Qui était-il ? Un simple robot traceur ? Il n’était pas bien fort en tout cas, mais ce n’était pas grâce à moi s’il avait été vaincu. J'ai regardé Shin. Ce dernier courait après une libellule … Quelle force… En revanche, quel enfant.

Je l'ai laissé à son insecte pour rejoindre le démon, qui avait rassis l'androïde. Après avoir cogné sur son torse, on voyait qu’il était fait en métal mais avec une peau humaine, très bien faite par ailleurs. Ses yeux étaient aussi en métal mais ses cheveux poussaient tout de même sur son crâne. Il semblait avoir une batterie dans son dos, probablement reliée à son cœur. Ce n'était donc pas des réacteurs. Cette batterie semblait rétractable : L'androïde devait sûrement utiliser le pouvoir de la clé du temps pour se recharger d'une quelconque façon. Et sur son dos, puisqu'on en parle, était écrit « Narura S.A.K.U.R.O. » ainsi que « A.R.K ».

Le temps semblait s’être arrêté. Le Vlad du futur m'avait prévenu, pour A.R.K, mais je ne pensais pas que cela arriverait si vite. Mais pourquoi donc ? Je ne savais pas quoi penser. Lucio voulait achever le robot, mais Shin ne voulait pas le tuer, quant à moi, j’étais perplexe mais je rejoignais l’avis de l’ange. L’androïde a commencé à bouger un peu, puis il s'est doucement relevé. Il nous a intensivement regardé puis il est allé se cacher derrière un arbre, avec une vitesse étonnante. Il semblait apeuré, comme si sa défaite lui avait fait comprendre qu’il n’était pas de taille. En outre, ses yeux étaient passés de rouge ampoule à jaune fauve, sa peau était légèrement tigrée de rayures marron claires sur les bras et une partie du visage, et son bandeau rouge faisait du plus bel effet avec sa tunique vert foncée, surmontée d’une ceinture métallique. Ah … D'ailleurs il ne portait presque pas de vêtements, il y a une seconde. J'ai supposé qu'il avait un moyen de se changer très rapidement. Je n'ai pas cherché plus loin. L'androïde s'est mis a nous parler :

Ne … N'approchez pas ! Je suis très puissant, et ! Et je …

Chut. Ai-je répondu. On ne te veut pas de mal.

Que … C’est vrai ? Répondait-il, tremblant.

Oui. Depuis quelques temps je me suis étonné à penser que de toute façon le monde entier voulait ma peau, alors un de plus …

Tu es un humain, tu ne peux pas dire vrai.

Ah si ! Je t'assure, d'abord il y a eu cette brute, au lycée, puis ce robot, en ensuite …

Ce n'est pas ce que je voulais dire ! Les humains sont des menteurs.

… Pourquoi ?

Car les humains sont imparfaits.

… Imparfaits ?

C’est statistiquement prouvé.

Tu es donc du genre à te baser sur de simples statistiques…


B- Bien entendu ! Seules les statistiques priment !

C’est ce que tu penses ? Enfin … On va faire simple : quel est ton nom ?

Je n’ai pas de nom. Seuls les humains en ont un.

Mh. Alors … Quel est ton matricule ?

Ceci est une donnée confidentielle.

Quel est ton matricule ?

Ceci est une donnée confidentielle. Code de sécurité de classe deux activé. 

Un code de sécurité ? Holà. Soit. Je t’appellerai alors … Sakuro !

Sa … Saku …

Ouais, Sakuro. C'est ce qu'il y a écrit dans ton dos, après tout … Sakuro Narura. Pourquoi pas ? Pourquoi n’aurais tu pas le droit à une identité ?

Une …


Sakuro n'a pas semblé réagir normalement à l’entente du mot « identité ». Shin, qui s’était approché, a pris l’androïde amicalement par le cou et s'est écrié « Sakuro ! C'est un chouette prénom ! », et a ri de bon cœur. L'androïde, qui ne comprenait pas la situation, s'est dégagé des bras de l’ange et a reculé de quelques pas. Je me suis approché et lui ai demandé : « … Tu vas bien ? » mais le robot a déplié des petits réacteurs à l’arrière de son dos (Il en avait aussi, au final.) et sur ses talons, a changé de sens et est parti à toute vitesse dans un vacarme assourdissant. Il y a eu un soulèvement de poussière assez conséquent et un vol d’oiseau est passé au dessus de nos têtes, effrayés par le bruit des engins de Sakuro; puis Cherry Forest est redevenu silencieuse. Shin n'a pas pu cacher sa tristesse. Lucio a décrété que si Shin s’était montré plus prudent, « l’androïde ne serait pas parti et nous aurions eu des informations utiles sur A.R.K. » … Sa mauvaise foi ne lui a pas fait se souvenir qu’il était le premier a vouloir achever le robot, mais bon. 

J’étais cependant certain d’une chose … J'ai pris les jumeaux par les épaules et leur ai dit, enjoué :

On le reverra, celui là !

Les jumeaux ont déplié leurs ailes et nous sommes de la forêt : La clé de retour sur mon cou, il fallait désormais trouver un hôtel acceptant mes maigres revenus.
… Le seul problème étant cet homme, caché derrière un cerisier, qui avait vu toute la scène. 



____________________________________________________________________________



Chapitre 10 : Je casse des tables d’auberge avec mon dos.






Sorti de Cherry Forest, Je suis allé me renseigner à l'auberge qui se trouvait du côté que je n'avais pas encore exploré. Il n’y avait aucun avis de recherche me concernant, ici. J'ai soufflé et, suivi de Shin et Lucio, je suis dans l’auberge.

L’auberge du « Poti-rond » devait sûrement son nom au fait que le bâtiment entier était complètement circulaire. Toutes les tables étaient elles aussi circulaires. Les murs ainsi que le plafond étaient de couleur bois naturel, et des lustres, pendus au plafond, étaient disséminés un peu partout dans la pièce, la rendant agréable et lumineuse malgré le brouhaha qui s’était installé. Le comptoir, au loin, suivait la forme des murs et était lui-même coupé en deux. Derrière ce dernier, des escaliers partaient en colimaçon pour rejoindre l’étage supérieur. La salle était remplie de monde. La plupart des clients étaient des gros bras qui buvaient sans modération des pichets de « Vansce ».

La Vansce est une bière plutôt alcoolisée à l’extrait de houblon, produite vers Bazzer. Personne n’avait semblé faire cas à ma personne. Je suis passé discrètement au milieu des tables quand d’un coup, avec un geste d’une maladresse sans nom, je me suis surpris a renverser le verre d’un des types qui buvait à proximité. Ça m'apprendra a laisser mes lacets défaits.

L’homme : deux mètres, probablement une centaine de kilos, 90% de muscles, 9% d’eau et 1% de bon sens, m’a attrapé par le col puis m'a soulevé dans les airs. J’en ai profité pour regarder autour de moi : Vu d’ici, l’auberge était un peu plus petite que ce que je pensais. Fichu effet d’optique. L’homme, soit saoul soit énervé, a craché (et il a réellement craché.) une série de mots complètement incompréhensibles, mais dans le lot il y avait quelques bribes qui ressortaient telles que « Renversé mon verre !! » ou « Te cogner fort !! ». Enfin, quoi qu’il en soit, c’était clairement une menace. J'ai tourné la tête pour chercher Shin et Lucio, qui étaient (trop) gentiment assis au comptoir en train de boire un verre de « Vansce light», une Vansce moins alcoolisée. Le barman, effaré, se demandait surement comment les verres faisaient pour descendre tout seul, et il se frottait vivement les yeux.

La brute ici présente a voulu de me mettre un coup de poing en pleine figure. Je l’ai esquivé comme j'ai pu et j'ai fais la part des choses pour sauver ma peau : En sacrifice de ma belle chemise bleu marine par laquelle il me tenait, je suis lentement tombé au sol et j'ai tenté de m'enfuir. Raté. Il m’a attrapé au vol par le col et je n'ai plus senti le sol. Combien de fois allait-il me déshabiller ? J'ai sorti la clé de son fil d’un geste vif et j'ai prié de toutes mes forces pour lancer n’importe quoi de lumineux qui pourrait le mettre K.O.

J'ai forcé et rien ne s'est produit. Ma dernière heure aurait pu arriver mais quelqu’un a interrompu le combat. Un homme avec un chapeau feutre clair avec des cheveux blonds légèrement courts s’est avancé et nous a séparé d'un geste. L'interception a été telle que je suis tombé sur une des tables de l'auberge, qui s'est brisée à mon contact. Pas très solide tout ça. Shin s'est levé et m'a rendu ma veste. J'ai observé l’homme plus intensément : Il avait des yeux d’un bleu azur presque brillant et son sourire en coin laissait présager qu’il était parfaitement maître de la situation. D’un geste vif, il a assené un coup dans la nuque de mon agresseur et ce dernier n'a pas pu répliquer, tombant par terre dans un fracas assourdissant.

Pour le coup, l'auberge était vraiment silencieuse, cela m'a gêné. Je n'ai pas pu m'empêcher de reculer en arrière … Quelle force impressionnante, j’en ai été bouche bée sur l’instant. Dans l’action, deux tables avaient été brisées, mine de rien. Les gens n’étaient pas très tendres envers le mobilier, ici. L’homme au chapeau a prit le rustre par les pieds et lui a indiqué gentiment le chemin de la sortie. Cet étrange personnage est venu me voir, par la suite. Il me dépassait bien d’une tête. Il portait une chemise beige assortie avec une cravate marron, de la même couleur que ses mocassins. Son pantalon, beige lui aussi, était couplé avec une ceinture noire dont le symbole du ceinturon me rappelait très vaguement quelque chose … Il m'a demandé si j’allais bien : J’ai vivement acquiescé, d’un mouvement de tête, totalement gêné. Je n'avais pas l'habitude de me faire aider de la sorte, surtout quand quelqu’un de plus balèze que moi me cherchait des noises. Pour ce qui est de la clé : J'ai été un peu déçu. Le truc du laser lumineux ne semblait pas vouloir revenir. J'ai rapidement replacé la relique autour de mon cou. Je me suis approché du comptoir pour demander une chambre pour une personne sur une durée de trois jours. Shin a exprimé son mécontentement avec un gros toussotement bien évident, et, parce qu’il le fallait bien, j'ai rectifié ma phrase en balbutiant. A la grande surprise du patron j'ai demandé une chambre pour trois.

Une chambre pour trois ?

Oui … J’attends du … monde. Ai-je répondu en soupirant. Shin m'a regardé en levant le pouce. Je vous ai expliqué que je le détestais ?

Très bien… Cela vous fera 500 Lask.

500? Mais je n’ai que 230 Lask …


Ces cent trente Lask représentaient les économies de toute une vie de maigre salaire de simple postier. Le Lask est une monnaie très simple à comprendre : Il y a les pièces de bois, de fer, de bronze, d’argent, d’or et de platine, ainsi que des billets. La pièce de bois vaut 1 Lask, celle de fer veut 10 Lask, celle de bronze en vaut 25, celle d’argent en vaut 50, celle d’or en vaut 100 et celle de platine en vaut 150. Les billets font 200, 300, 400, 500 et 1000 Lask. L’avantage était qu’en plus de la facilité à pouvoir compter son argent, la somme de chaque pièce était incrustée sur ses dernières, et dessinée sur les billets.

Il me manquait une partie importante de la somme pour dormir trois jours. L’homme au chapeau s’est lui aussi avancé vers le comptoir et a jeté quelques pièces. Après un rapide calcul je me suis rendu compte que c’était justement la différence en question. Il a rapproché son argent de mon petit tas de pièces et est parti.

J'ai littéralement balbutié.

J'ai tenté de le remercier, mais sans succès.

  Il y a vraiment des gens bien dans le monde, au final. Ai-je pensé.

Souriant, j'ai donné les pièces au gérant de l'auberge : Et bien que je me sois retrouvé sans le sou, j'ai eu le privilège de dormir trois jours dans un lit vraiment convenable.
J’ai emprunté les escaliers en colimaçon derrière le comptoir pour arriver à l'étage supérieur. C’était le même genre de salle circulaire qu'au rez de chaussée, mais plus petite, avec une peinture vert algue reposante et divers tableaux. La salle était vide : C’était comme un énorme couloir circulaire où l'on pouvait voir toutes les chambres en tournant complètement sur soi-même. En outre ma chambre était la numéro sept. Elle était sur ma gauche et je m’y suis rendu de ce pas. J’ai inséré la clé dans la serrure : Je suis rentré dans la chambre, couleur bois naturel.

Il y avait une tête d’animal accrochée au mur … C’était de trop mauvais gout pour moi. En la voyant, Shin a étouffé un cri et l'a jetée par la fenêtre, ce qui a eu pour effet de faire rire Lucio.

Il y avait trois lits mis côte à côte et la fenêtre donnait sur de la garrigue à l’extérieur de la ville. Il y avait aussi une douche et un mini frigidaire où il était écrit : « 15 Lask par collation, la maison du « Poti-rond » vérifie toujours après passage des clients. »

Je me suis jeté sur le lit. Les jumeaux ont fait pareil, à une seconde d'intervalle. De gauche à droite cela a donné : Shin, moi, Lucio. Ce dernier s'est tourné vers moi et, en s’étirant, m'a demandé :

C’était qui le gars au chapeau ?

Alors là, aucune idée. Ai-je répondu.

Moi je trouve ça louche qu’il t’ait payé la chambre, comme ça. A enchaîné Shin.

C’est vrai qu’après tout, c’est moi qui lui dois quelque chose.

Si ça se trouve c’est un de ces types qui te rendent service et qui demandent un truc plus important en retour. A expliqué Lucio.

Mais j'ai rejeté cette hypothèse.

A vrai dire, quelque chose dans ses yeux me faisait douter dans mes propos. Je ne pouvais pas réellement dire s’il était bon ou mauvais, bien que pour moi la première théorie ait encore été la plus exacte.

Quelqu’un est rentré dans notre chambre, après avoir frappé vigoureusement à la porte.

Service de chambre : Gunther pour vous servir. Je serai pour ces trois jours à venir votre dévoué serviteur car vous êtes des clients, et les clients doivent être satisfaits !

Gunther était un « groom ». Mais pas n’importe quel groom. C’était probablement le plus à cheval sur les principes dans lesquels il s’est engagé en mettant cet horrible chapeau. Il était vêtu d'un uniforme orange uni. Tout son set montrait clairement qu’il travaillait dans le domaine hôtelier (bien que ce ne fût pas une surprise.). Il portait trois plateaux. C’était un homme brun/roux avec quelques taches de rousseurs et dont les yeux verts feraient pâlir un buisson en pleine photosynthèse.

Au menu : Salade composée et civet de Lapin aux potirons, et glace à la citrouille en dessert. – Il posa les plateaux sur chaque commode en bon professionnel. – Bon appétit !


Il a claqué la porte sur ces mots. De la glace à la citrouille … ? Drôle de spécialité. Lucio n'en a pas fait tout un plat, en tout cas. Shin s'est régalé du civet de lapin et moi je me suis adonné au plaisir de la nourriture bien cuisinée en général, bien que je n’aime pas réellement les cucurbitacées. Je n’avais pas pour habitude de manger aussi tard. En effet les habitants de Pumpkin Hill mangeaient deux heures après les habitants de Bazzer.

Askaär est encore loin ? A demandé Lucio entre deux mâchonnements.

Je ne sais pas. Lui ai-je répondu. Dans tous les cas nous sommes coincés ici pendant près de trois jours.

Qu’est ce qui nous empêche de reprendre la route maintenant ? A demandé Shin à son tour.

J’ai payé pour trois jours, et plein pot. De plus, selon cette femme, c’est dangereux la nuit, ici.

Dangereux ? Mais on s’en fout ! A protesté Lucio qui avait fini son plateau.

Moi je ne m’en fous pas.

Et la discussion a continué de bon train, et nous avons fini par clarifier les choses : Nous resterions ici pendant trois jours, mais pour satisfaire la curiosité de Lucio nous irions voir ce qui était dangereux dans la ville des potirons. A vrai dire, j'étais tout aussi intrigué que lui.
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L’homme : deux mètres, probablement une centaine de kilos, 90% de muscles, 9% d’eau et 1% de bon sens, m’a attrapé par le col puis m'a soulevé dans les airs.

Je me suis bien marré à ce passage :XD: . Les titres de tes chapitres sont vraiment bien choisis, et j'adore à nouveau, tout simplement.

Etrange l'homme caché derrière un arbre, et celui qui leur a payé la chambre...Je sens qu'il va s'en passer des choses durant ces 3 jours. On est déjà a 1/3 des Chroniques, et j'adore vraiment vraiment beaucoup, vivement la suite ! ^^
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Gozen Arkaÿlis a écrit :
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Jeu 30 Juin 2011 - 10:09
Merci beaucoup pour ton (votre !) soutien ^^ C'est grâce à des lecteurs comme vous que je prends plaisir à tapoter mon clavier !
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Lun 4 Juil 2011 - 9:43
Héhé mais je t'en prie, bonne chance pour le boulot d'ailleurs !

A quand le prochain chapitre ?
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Gozen Arkaÿlis a écrit :
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Lun 4 Juil 2011 - 16:51
Ce soir, je pense :) ! Le temps de RP et puis voilà ^p^
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Mar 5 Juil 2011 - 9:38
Menteur tricheur, ô combien je suis déçu par toi. T_T
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Gozen Arkaÿlis a écrit :
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Mar 5 Juil 2011 - 16:54
MDR AAAH MAIS NON DÉSOLÉ O_O ! Avec le boulot je suis très fatigué. Comme je rattrape des trucs j'ai pas le temps pour tout. XD La par contre c'est clair je le fais tout à l'heure o_o, vraiment désolé !
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Gozen Arkaÿlis a écrit :
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Mar 5 Juil 2011 - 17:30
Chapitre 11 : Je me fais arrêter pour une raison inconnue.





Le fort soleil de l’après midi cognait dur sur nos crânes. Nous avions décidés de nous balader. En vérité je voulais comprendre pourquoi la ville était séparée en deux. Quand nous sommes arrivés à Pumpkin Hill, j’avais clairement vu deux panneaux, et chaque bâtiment important était dédoublé. On aurait du appeler cette ville « Mirror Hill », mais passons. Par où commencer … ? Gunther nous a rattrapé. Tenace, le groom. Il a insisté pour nous faire visiter sa moitié de la ville. J'ai accepté, dans la mesure où l'avis des jumeaux ne pouvait pas être pris en compte.

Nous sommes en plein milieu d’East Pumpkin. La particularité de cette auberge est qu’elle est le lieu de convergence de tout les transpods, qui se servent de la place d’en face comme d’une gare routière. A déclaré Gunther. Et nous, nous allons prendre la Nav-Pod. A t-il rajouté.



Selon ses dires : Les transpods sont des véhicules orange pouvant approximativement contenir une trentaine de personnes. Ils sont séparés en cinq bus faisant cinq trajets différents (pour un côté de la ville seulement.) et ne touchent pas radical Highway, comme si la route principale était un mur infranchissable. Une ligne similaire existe à l’ouest. La Nav-pod, quant a elle, était une navette permettant de faire le tour complet du côté Est en trente cinq minutes et des poussières. Le trajet était plus général mais c’était le top pour visiter.

Notre forfait hôtelier comprenait des trajets en bus gratuits pendant la durée de notre séjour. Il était évident que c’était une arnaque puisqu’on avait payé – Même si à moindre frais – l’équivalent de plusieurs aller-retour d’un seul coup, en même temps que la chambre. Nous sommes malgré tout rentrés dans la Nav-pod.

La Nav-pod ressemblait aux bus de Bazzer mais de couleur verte avec de la végétation autour du véhicule. Ça lui donnait un air écolo. L’intérieur sentait le cuir usagé et la citrouille. C’était un mélange exécrable a mon goût, j’ai ouvert une fenêtre et y ai penché vivement la tête, J’avais besoin d’air. Nous n’étions pas seuls dans le bus mais je n’avais pas fait cas aux autres. Shin et Lucio étaient assis à côté de moi, cependant, un gros monsieur qui avait probablement la cinquantaine s'est assis à son tour, prenant les deux sièges en même temps. Pour faire clair il s’est assis, entre guillemets, sur les genoux des jumeaux. Heureusement qu’ils ne ressentaient pas ce genre de douleur. Ils ont changé de place en grommelant et cela m'a fait sourire, bien malgré moi… Bon, j’avoue, je me foutais bien d’eux. Gunther s'est penché sur la fenêtre a côté de moi. Étrangement je l'ai senti … euh … Moins a cheval sur ses principes. Il n’avait plus cette posture droite et ressemblait moins à un tube de colle, penché comme ça à la fenêtre. Nous n’avions pas de ceinture de sécurité mais il y avait des barres pour se tenir, en cas de freinage violent.

Nous avons entamé la discussion assez facilement. Notre dévoué groom était du genre à avoir la causette facile, et sa petite ville le passionnait. Nous avancions dans les quartiers Est et Gunther nous expliquait l’origine de tel bâtiment, de telle statue, ou l’événement sans précédent qu’il y avait eu dans telle maison abandonnée. En outre la statue du « maire Est » était comme fusionnée avec la fontaine de la place du marché est. Si la statue du maire Est était grandeur nature, il faisait alors au moins trois mètres. La figurine de pierre regardait la place d’un air imposant, en croisant les bras. Nous avons pris le sud de la place et avons vu la mairie, faite en bois. A quelques centaines de mètres d’elle se trouvait le « pénitencier Est », où les voleurs interceptés sur Pumpkin Est étaient jugés puis arrêtés.

Et si quelqu’un est arrêté sur radical Highway ? Ai-je demandé.

Alors il est expulsé de la ville. Radical Highway est neutre et notre justice ne fonctionne pas sur cette voie.

Pourquoi ? Ai-je dit. Mais je ne reçus aucune réponse.

Au nord du pénitencier se trouvait la gare routière d’où nous sommes partis. Le chauffeur a fait un détour et Gunther m'a montré le collège «Halloween ». Il était assurément bien plus petit que « Nondöm ». D’ailleurs, je me souviens que deux personnes dans ma classe étaient originaires de Pumpkin Hill et se détestaient particulièrement. Elles devaient habiter chacune de leur côté. Derrière celui-ci se trouvait une bibliothèque, et Gunther nous a appris qu’elle regorgeait d’informations très utiles, et je n'ai même pas étonné … J’adorais les bibliothèques, parce que je n’y étais tout simplement jamais allé. Bon, je veux bien admettre que je ne peux pas savoir si j’aime vu que je n’ai jamais vu l’intérieur de ces « biblio machins », mais ça m’intriguait.

Celle de Bazzer avait été détruite et n’a jamais été reconstruite. Vlad avait quand même réussi à me ramener des ouvrages d’auteurs connus. Ce souvenir m'a donné envie de faire un tour dans le bâtiment. Je m’étais évadé dans mes rêves et voilà que nous étions déjà arrivés devant l’auberge. L’après midi était déjà bien avancée, Shin a décidé de partir dans son coin pour voir le côté ouest. Lucio s’est intéressé au pénitencier. Il est parti à son tour. Ma direction était la bibliothèque d’East Pumpkin. Il y aurait sans doute des informations sur Askaär, par ailleurs. J'ai décidé de partir à pied. Ce n’était qu’a dix minutes de marche.

Il n’y avait pas énormément de circulation dans les rues de Pumpkin Hill, le cadre de vie n’en était que plus agréable. Chaque personne avait l’air de connaître son voisin et tout le monde vivait en paix. Je constatais qu’il n’y avait en revanche que peu de jeunes. La moyenne d’âge se situait autour de trente-cinq ans à peu près. Assis devant un bâtiment, un sans abri demandait de l’argent mais personne ne faisait cas de lui. Étrange dans une si petite ville. Je me suis assis à côté de lui, j’étais sans le sou après tout, moi aussi. Il m'a regardé, curieux, se demandant sans doute pourquoi un gamin prenait une place aussi peu commune. Sincèrement, vu son âge que j’estimais à peu près à soixante ans, j'ai pensé qu’il serait un bon élément pour commencer mon enquête. Il avait une barbe blanche et un bonnet grisâtre, Sali par la crasse comme le reste de ses habits. Il faisait pourtant assez chaud, quel était l'intérêt de porter des vêtements pareils ? Il m'a demandé une pièce, dans le doute. J'ai ri.

Laissez tomber, moi non plus je n'ai pas d'argent.

Pourtant tu as un magnifique collier en or. .

Oh, ça. C’est juste un euh… bibelot.

Tu es nouveau ici, ça se voit. Cache-toi dans les égouts cette nuit, sinon tu n’y échapperas pas.

Me cacher … ?

Tu ne voudrais pas te retrouver changé en statue à ton âge, hein ?


Il s'est mis à rire, d’un rire qu’il n’avait probablement pas eu depuis longtemps … Il se foutait de moi ? Je me suis levé et je suis parti, offusqué. J’ai eu tort, il n’y a décidément que les livres pour donner des informations fiables …

Changé en statue ? Quelle idiotie ! Pourtant, c’est vrai qu’il sentait les égouts. J'ai secoué la tête pour chasser ces pensées débiles et me suis mis à courir.

Malgré le fait que je me sois perdu trois ou quatre fois dans les labyrinthiques petites rues de village, j'ai tout de même réussi a me trouver en face du bâtiment, monté sur un livre géant fait en pierre. Une très belle œuvre d'art, s'il en est. C’était un genre de chef d’œuvre architectural rustique ou allez savoir. Je suis rentré à l’intérieur. Décidément, tout dans cette ville était fait en bois. Le premier qui ferait tomber sa cigarette sur de la paille mettrait le feu au village. Par contre, elle était plutôt grande, cette biblio machin. Il n’y avait pas grand monde, cependant. Ce n'était pas étonnant depuis la tragique folie des machines Bazzerienne …
Je suis tout de même allé voir la dame qui était derrière le comptoir, en bois massif, mais alors quel bois ? Aucune idée. Mes pas résonnaient dans la bibliothèque, j’avais l’impression d’être en double exemplaire. J'ai commencé à m’exprimer pour expliquer la raison de ma venue à la femme, mais celle-ci a préféré coller sa main contre ma bouche en pointant du doigt un panneau avec écrit :

« Parlez comme vous respirez ! C'est-à-dire silencieusement. »

Pourquoi pas. J'ai donc chuchoté à mon interlocutrice ridée (Rien de personnel.) :

Bonjour, je voudrais lire des livres concernant le village, c’est possible ?

Les archives concernant Pumpkin Hill sont interdites au public.

Charmant. Je vais euh… flâner un peu dans ce cas.


Elle n'a point prononcé mot et a replongé dans son ordinateur. Eh bien ! Quelle amabilité, on aurait cru voir la sœur de ma prof de mathématiques, la verrue sur le menton en moins. Ceci étant mis au clair, j'ai donc flâné à travers les couloirs littéraires, ou des œuvres en tout genre étaient disposées ça et là. Un livre argenté a tout de même attiré mon attention. Je l'ai sorti. Comme on pouvait s'y attendre d'un livre clé pour la continuité de cette histoire, il était plein de poussière :

« Almanak. Philosophies mythologiques d'une époque reculée. »

L’auteur était inconnu. L’Almanak, je sais bien ce que c’est, sans pour autant l’avoir parcouru. C’est le recueil racontant l’histoire des dieux qui ont soi disant crée le monde. Avant de rencontrer les jumeaux, j’aurais probablement jeté ce livre à la poubelle … mais cette fois, un picotement de curiosité a eu raison de moi. J’ai ouvert le livre un peu après les premières pages (Vers la trentaine.) et l'ai lu, silencieusement :


« […] Et ainsi les hommes purent profiter d’une agriculture prospère tandis que les Norvaks partirent vers… »

« Holà, c’est quoi ce délire ? » Ai-je lancé.

J'ai finalement pris le livre à la première page.

« Wagös naquit de la bonté infinie des quatre dieux protecteurs. Cette planète reculée du système solaire n’aurait jamais vu le jour sans l’alliance des pouvoirs temporels d’Orion, la puissance dimensionnelle de Septime, La grande sagesse de Kaärma et les dons naturels de Levios. Chacun de ces êtres surnaturels façonna le monde à son image, comme la prophétie sacrée le voulut. Les quatre entités ancestrales créèrent les océans, les montagnes, les déserts, les marais. Chaque parcelle, même infime, de ce monde fut alors une petite essence de tous les dieux. […] »

« […] Les premiers hommes naquirent de l’alliance de Kaärma et Levios. Les animaux et les plantes apparurent progressivement, et les deux dieux bâtirent les civilisations, en parfaite harmonie avec leurs dons respectifs. Orion et Septime, quant à eux, donnèrent lieu aux lois de la physique qui nous sont aujourd’hui propres. Aussi le temps et l’espace eurent convergé de façon à ne former qu’un ensemble unique. »

De la physique ? Le livre était plus récent que ce que je pensais. J'ai continué à lire, morceau par morceau.

« Les hommes, pervertis par le trop plein de pouvoir accordé, déclenchèrent guerres et catastrophes. En l’espace de cinq siècles, l'humanité sombra dans un chaos perpétuel. Les dieux furent sceptiques quant à l’avenir d’une race aussi faible d’esprit. Kaärma la première trouva impensable la façon dont était utilisé son pouvoir. Cependant, un homme, dont la bénédiction de la déesse n’avait pas été entachée, vit le jour en ces temps de crise. Les années passèrent et sa sagesse, ainsi que sa bonté, augmentèrent progressivement, allant de pair avec les nombreuses victimes de la guerre. Cet homme se rendit, un jour, au sommet du plus grand pic d’Askaärn dans le seul but de voir renaître l’espoir en ce terres. Les dieux, soucieux, apparurent devant lui. L’homme, prophète du peuple déchu, hurla son désespoir. Sa complainte résonna dans le monde entier, tel un glas de souffrance, et à cette sonorité particulière, les guerres cessèrent aussitôt. Les hommes, frappés d’un remord immense, renoncèrent au pouvoir des dieux. […] »

« […] Renoncer au pouvoir des créateurs n’arrangea point la situation. Les humains, décomposés et amorphes, furent partagés entre la balance sacrée de Kaärma … Penchant entre l’utopie et la dystopie. La naissance, la mort, le progrès… Tout fut figé. Le monde fut gelé. […] »

« […] Jonathan Staÿlis. Tel fut le nom de l’homme qui arrêta les guerres. Jonathan vit que le monde sombrait d’une autre manière dans un profond chaos. L’homme, érudit de nature, réfléchit aux hypothèses viables pour une renaissance bénéfique du monde, cependant, privé de sa bénédiction, rien ne se produisit. Kaärma, soucieuse, accorda une ultime bénédiction à Jonathan. Cette magie pure eu l’effet d’un coup de foudre. Jonathan proposa, par la suite, un compromis aux dieux. En effet : En échange des pouvoirs divins, les hommes se limiteraient à une restriction. Pour faire simple, les hommes retrouveraient sagesse et joie de vivre, seulement ils n’auraient plus plein usage de leurs pouvoirs. Seulement de quoi progresser. Le trop plein de pouvoir accordé avant serait condensé dans des clés puis vénérées, en l’honneur des dieux créateurs. Orion, grave, se leva, et dit alors : Accordé. Mais tu seras, en contrepartie, la victime d’une malédiction que je t’impose. Moi, Orion, grand dieu du temps, sais ce qu’il adviendra du monde … […] »


Je me suis arrêté ici. Marrant, ça ! C'était mon homonyme. Je savais désormais d'où venait mon prénom. Mon père se nommait « Staÿlis », également, mais je n'en savais pas plus. J’ai emporté le livre avec moi. Plus un autre intitulé « Géographie et positions détaillées du monde connu. » Un bouquin rempli de cartes et de descriptions sur la faune et la flore du monde qui m'entourait.

La bibliothécaire a regardé l'horloge et m'a demandé de partir. Il était déjà cinq heures de l’après midi. Le temps passe vite quand on s'amuse. Sur le chemin de l'hôtel, j'ai décidé de faire un tour sur Radical Highway, pour mesurer l'ampleur de la différence entre le côté Ouest et le côté Est. A ce moment là j'ai vu une scène tantôt comique, tantôt effrayante : Tout les villageois du côté Est et tout ceux du côté Ouest étaient réunis, en ligne, devant Radical Highway, et chaque côté s’insultait en se balançant des projectiles divers. Ma chemise n'a pas survécu à un sournois lancer de tomate. J'ai grommelé en tentant d'essuyer la tâche, sans résultat. J'ai voulu percer la file, quand j'ai vu Shin et Lucio, reproduisant la même chose que les villageois, mais chacun de leur côté. Est-ce que ces deux imbéciles se souvenaient qu’ils étaient invisibles ? J'ai voulu sortir de cette masse mais une personne m'a poussé. Je suis tombé à genou sur Radical Highway. La réaction a été imminente, de la part d’une grande majorité de gens. Un « Oooh ! » a surgi de la foule, de manière générale. J'ai tenté de me dépoussiérer. Une femme s'est mise a crier, comme une hystérique « C’est Gozen ! L’homme recherché ! » Une autre s'est empressée d'ajouter « Oh là là … Si jeune et si mauvais. Il faudrait l’enfermer. »

A cela, des chuchotements et des commérages semblables au bruit d’une nuée de criquets ont vibré dans l’atmosphère orangée de Pumpkin Hill. Un petit homme au crâne dégarni et aux lunettes tombantes s'est approché de moi. De sa voix fluette, après un toussotement rauque, il a déclaré :

Hum ! Je suis le maire de Pumpkin Hill. Et vous êtes en état d’arrestation.

Une autre personne, plus imposante et habillée en blanc, est venue à son tour.

Non ! JE suis le maire de Pumpkin Hill, et vous êtes en état d’arrestation, mais chez moi !

Qu’est ce que tu fais là, maire de pacotille ?

Mais je fais régner la justice dans ma ville, voyons !

Ta ville ? Depuis quand ?

Mais depuis toujours, vieux grigou !

Tu vas voir si je suis vieux !


Maire numéro un s'est jeté d’un bond sur son confrère, a pris ses lunettes et les a fracassé au sol. Le plus grand a emmené son agresseur et l'a violemment jeté par terre. Ce qui s’en suivit fut d'un tragique légendaire : Un combat de vieux.

Ce à quoi j'ai bien entendu rajouté mon grain de sel :

Euh … On m'attend quelque part.

Erreur de ma part.

« Attrapez-le ! » est sorti de Radical Highway en stéréo de la part des deux maires et quatre policiers me sont tombés dessus, rien que ça. Cela va vous paraître étrange, mais voir des policiers humains m'a fait comme un coup au cœur. J'ai eu l'impression l'espace d'une seconde de ne plus être entouré par A.R.K. En revanche, je persiste a penser que deux policiers c'est largement suffisant pour une crevette dans mon genre. J'ai tenté de me débattre, mais en vain. Une clé de bras, et ma relique s'est retrouvée inaccessible. J’étais immobilisé. J’ai appelé à l'aide mais personne n'est venu. Shin et Lucio, au loin, n'ont même pas remarqué la scène. J'ai baissé la tête et j'ai arrêté de me débattre, ça ne servait a rien. Les maires ont joué à pile ou face, et la pièce a décidé que je serai enfermé au pénitencier de Pumpkin Ouest. La justice aurait voulu qu’ayant été capturé sur Radical Highway, je sois éjecté du village … Mais non. J’étais « une trop belle prise », d’après eux.
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Invité a écrit :
Mar 5 Juil 2011 - 19:08
J'ai pas encore lut le chapitre 11, mais le chapitre 10 m'a bien fait marré quand mème, Je cherche quelques faute mais j'en trouve pas.
Ah si a un moment Gozen dit qu'il n'a que 230 laskass et la phrase narré en dessous dit qu'il en a 130, C'est tout.

Continue c'est toujours aussi bien ecrit ^^ je lirais la suite apres mangé .
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Gozen Arkaÿlis a écrit :
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Quatuor Universel
Mar 5 Juil 2011 - 21:04
Merci beaucoup ^^ Oui effectivement j'ai fait une erreur de frappe ! Je vais la changer ^o^
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Mer 6 Juil 2011 - 10:11
C'est vraiment, vraiment très bon. Tu as crée un monde entier, comme je te l'ai dis, et tout est logique, et je m'attendais pas à ce que...« l'ancêtre » (?) de Gozen, soit impliqué dans l'Histoire de ce Monde avec un rôle si important. Mais ça explique bien le rôle de ton personnage du coup ^^.

Je te jure que cette fic me fascine, j'attends avec impatience la suite...Eh oui, c'est désormais l'une de mes fics préférés, depuis la création de NW.
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Gozen Arkaÿlis a écrit :
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Quatuor Universel
Mer 6 Juil 2011 - 17:17
Merci énormément *o* ! Ça me fait vraiment plaisir, crois moi !
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Invité a écrit :
Mer 6 Juil 2011 - 19:01
Moi ma fic preféré est celle de Kokiri, mais la tienne est vraiment super aussi. ^^

Sors nous vite la suite :D
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Jeu 7 Juil 2011 - 9:54
Rhaa mais tu as re-triché é_è t'as pas tépo le chapitre.
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Gozen Arkaÿlis a écrit :
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Quatuor Universel
Jeu 7 Juil 2011 - 18:43
Bah now que j'ai démissionné, y a plus de problème XD
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Invité a écrit :
Jeu 7 Juil 2011 - 18:51
Pourquoi t'as demissioné ?
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Gozen Arkaÿlis a écrit :
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Quatuor Universel
Jeu 7 Juil 2011 - 18:52
Trop de problèmes x_x. Bref j’éditerai ce message pour le chapitre.


Chapitre 12 : Un archéologue me raconte sa vie.





Le pénitencier s’étendait sous la terre. Les policiers m'ont fait descendre trois sous-sols avant de me jeter dans une cellule sale et sombre. Je me suis assis sur le banc. Je ne l’avais pas remarqué tout de suite avec l’obscurité, mais je n’étais pas seul. Un jeune homme d’à peu près trente ans, avec sur lui une tunique et un pantalon de sport rapiécé qui n’allaient pas du tout ensemble m'a souri … Enfin j’en ai eu l’impression. Il m’a inspecté avec un regard mal assuré et m'a demandé :

Pourquoi t’es là ?

Je ne sais pas. Et toi ?

Une erreur qui m’a valu la perpétuité. Mais bon, d’un côté : Mieux vaut que je sois enfermé ici plutôt qu’a Bazzer. Les maires sont tellement occupés à faire en sorte que leur côté soit le meilleur possible qu’ils vont jusqu'à rendre la vie des prisonniers agréable, mais nous ne sommes pas beaucoup au fond. Le soleil me manque en tout cas.
Bah … Au moins nous ne serons pas transformés en statue … Ha … Ha ha.

Tu ne crois pas si bien dire, gamin.

Ah, euh
.

Lui aussi croyait à cette histoire de statue ? J'étais tombé sur un village de dingue.

J'ai réfléchi. En fait, la solution était toute bête. Un bon coup de clé dans les barreaux les ferait se briser. J'ai décroché celle-ci et j'ai promis à mon compagnon de cellule qu’il verrait bientôt l'astre solaire. Cette fois ci, la clé a opéré sans sourciller et j’avais l’épée dans la paume de ma main gauche. Elle était lourde. Je l'ai prise à deux mains et j'ai donné un énorme coup dans les barreaux. Ceux-ci n'ont pas bougé d'un pouce. Étonné, j'ai recommencé. Rien du tout. Comment cette épée pouvait elle briser une armée de robot et se faire maîtriser par de simple barreaux ? La réponse a été servie sur un plateau d’argent :

Bien essayé, mais ce n’est pas avec un objet magique que tu briseras des barreaux en Tricite.

En quoi ?

Les barreaux de cette cellule sont en Tricite, c’est un minerai étrange dont les propriétés bloquent les ondes mystiques. Ce sous sol est réservé aux Alchemists.

Oh. Je vois… Et euh, c’est quoi un Alchemist au juste ?

Un Alchemist c’est quelqu’un comme toi, qui peux utiliser un artefact élémentaire et le transformer en l’arme qui le caractérise le plus. Mais je dois avouer que ta pièce est particulièrement remarquable. Je n’avais rien vu de tel, et je m’y connais !
Comment ça ?

Je m’appelle Hamed. Je suis antiquaire, spécialisé dans les artefacts.


Ma vue s’étant adapté a l’obscurité, j'ai vu comme dans une pénombre légèrement sombre. Hamed, dont je ne percevais que les vêtements il y a dix minutes, avait sur le crâne une touffe légèrement frisée de cheveux noirs. Ses yeux allaient de pair avec sa peau mate. Ses vêtements étaient donc rapiécés, et il possédait un bracelet en bronze.

Et donc ?

Et donc je sais moi-même manier les artefacts magiques, et j’en connais long sur leur histoire. Mais mon bracelet n’est pas aussi puissant que ton collier.

Ah, je vois. Bon, sinon, comment on sort de là ?

Tu ne veux pas savoir des choses plus précises au sujet des artefacts ?

Pas intéressé.

T’es un drôle de gamin, toi, dis donc. Il n’y a pas excessivement d’Alchemist dans le monde. La magie disparait peu à peu, tu sais ? La technologie supplante désormais les croyances et l’art ancestral de nos aïeux s’évapore au fil des ans. Et dans tout les cas, je pensais qu’un gosse de ton âge serait excité à l’idée de manier des pierres magiques.

Tu parles. Ce collier ne m’a attiré que des ennuis jusque là.

Quel genre d’ennui ?

Le genre d’ennui qui fait que je me retrouve en prison avec un dingue passionné d’antiquités.

Quelle amabilité. Ta vie doit être mouvementée pour te renfermer sur toi-même, comme ça …


J'ai sorti la tête du coussin.

Ah, ça ! Ai-je dis. C’est la vie. Ça vient, comme ça, sans prévenir, et ça vous gâche tout un train-train. Enfin … Désolé, je ne suis pas aussi sec généralement, mais les récents évènements que j'ai traversé me fatiguent l'esprit. Rien de personnel.

Alors toi, tu n’es pas banal ! Tu possèdes une clé encore plus rare qu’un Hypomante doré aux griffes de diamant, et tu trouves le moyen de dire que cette relique gâche ton train-train. – Il se tut et reprit – … Et au final, tu penses comme moi. La vie est cruelle, tu sais…


Je me suis tout de même demandé pourquoi il se permettait ce genre de réflexion, cet énergumène là :

Qu’est ce qu’il vous est arrivé ?

Il a souri et s'est levé, les mains dans les poches. Et regardant le plafond comme s'il regardait un ciel couvert d’étoiles, il m'a raconté son histoire. J'ai mis ma tête dans le coussin et me suis adonné au plaisir du flashback. C’est parti :

Je suis originaire d’Innocent. La capitale du royaume du même nom, au sud du continent de la pointe inférieure, c'est-à-dire celui-ci. Mon enfance n’a pas été des plus spéciales. Je suis né d’une famille assez aisée, et mon père était un archéologue de renom. Je voulais poursuivre sur sa lancée car le désir de l’exploration m’étreignait le cœur à chaque fois que mon cher papa narrait ses exploits et ses découvertes dans telles ou telles régions. Il m’emmena, à mes treize ans, sur un de ses sites. J'ai trouvé à ce moment là mon bracelet. Il avait une valeur sentimentale pour moi, mais rien de plus. J’étais trop jeune pour juger de la valeur d’une antiquité. C’est lorsqu’il s'est transformé en masse d’arme, un jour où des brutes ont voulues m’agresser, que j'ai pris conscience de la valeur réelle de ce bijou. J'ai instantanément fait des recherches et, passionné, j’ai appris a parfaire la maîtrise de mon arme. J’ai entrepris des études supérieures d’archéologie, dans la même faculté que celle de mon père des années plus tôt. J’étais bon, mais les années passaient et le métier me fascinait de moins en moins. Mes expéditions ne me rapportaient pas les trésors que je convoitais … A vrai dire elles ne rapportaient rien du tout, mais passons. Ce que je désirais, moi, c’était ouvrir un magasin d’antiquités ! J’étais – plus – jeune, le monde était à ma portée ! Soit. J’ai stoppé mes études en plein milieu et j’ai ouvert ma première boutique vers Innocent : Un magasin d’antiquités spécialisé dans les artefacts. J’ai appris pendant ma dernière expédition que mon bracelet pouvait détecter les autres pierres magiques, et je me suis servi de ce pouvoir pour collecter bon nombre de pierres à travers le continent. C’était déjà plus simple. Les affaires allaient bon train jusqu'au jour où une femme est apparue au pas de la porte de mon magasin. Elle m'a proposé une association. En effet, elle connaissait certaines choses au sujet des artefacts. Nous avions passé quelques temps à collaborer mais ce que je ne savais pas, c’est qu’elle cherchait une pierre précise. Un topaze. Nous l’avions trouvé ici, Dans Donut Mountain. Nos chemins se sont séparés peu après cette découverte car la pierre avait changé mon associée. Elle s’appelait Miliana, et était une magicienne … Chose rare de nos jours, tu sais. – Il m'a regardé. – Son rêve était de devenir une artiste dans la sculpture, mais elle n’avait pas le talent nécessaire, et au cours de notre collaboration, elle a perdu deux concours de sculpture. Le topaze, incarnant le rêve et la destinée, a pris possession d’elle : Sa haine s'est transformé en une sorte de rage puis elle s’est enfermée dans un château au dessus de Donut Mountain, elle s'est par la suite mise a changer les gens innocents en statue de pierre : D’abord les gagnants des précédents concours, originaires de Pumpkin Hill, puis des gens au hasard, par le biais d’une malédiction nocturne. Les gens me connaissaient comme son associé et m'ont jeté en prison car j’ai refusé de les mener a Miliana. Ce n’est pas réellement sa faute, après tout. Elle désirait la pierre de topaze pour accroître son pouvoir et obtenir le talent nécessaire à la réalisation de son rêve. « Cela pourrait paraître immoral, mais si c’est possible, autant le faire ! » m’avait elle dit après l’avoir trouvé.

Je vois. Tout ça pour dire que tu resteras ici le temps qu’il faudra.

Exactement. Mais toi, je ne te retiens pas, tu peux partir si tu veux.

Bah. Je n’ai pas besoin de ton autorisation … Foutus barreaux spéciaux !

Je pense que la nuit a dû tomber … Nous devrions nous reposer.


Oui. Bonne nuit.

Aussitôt dit, je me suis allongé sur mon propre banc. Il n’y avait pas de couverture et mes habits de rechange étaient a l’hôtel. Les heures sont passées, enfin il m'a semblé que les heures sont passées, et je me suis endormi, le sommeil totalement agité. La dernière fois que j’avais vu Shin et Lucio, ils se disputaient au bord de
Radical Highway.

Oh, tiens, je ne sais toujours pas pourquoi, d’ailleurs … A-je pensé en fermant les yeux.
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Ven 8 Juil 2011 - 10:36
Citation :
Et euh, c’est quoi un Alchemist au juste ?

Eh va-y que je te fasse de la pub en pleine fic pour mon groupe noel *s'enfuit*

En tout cas superbe histoire très bien écrite au sujet des alchimistes et de l'antiquaire mais ce chapitre aurait mérité d'être bien plus long ^^. Je me répète, je sais, mais j'ai vraiment hâte de lire la suite ♫.
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Gozen Arkaÿlis a écrit :
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Ven 8 Juil 2011 - 11:41
C'est vrai qu'il aurait pu être plus long ... ^^' La suite bientot !
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Lun 11 Juil 2011 - 9:50
Allez Gozy publie la suite é_è je pars mercredi soir je veux lire encore quelques chapitres.
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Lun 18 Juil 2011 - 10:54
Désolé du double post mais tu es définitivement un tricheur de première. T_T
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Gozen Arkaÿlis a écrit :
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Quatuor Universel
Lun 18 Juil 2011 - 12:09
Il parait =)

Non c'est parce que j'ai pris le temps en 4 jours de bien m'avancer pour pouvoir poster régulièrement. Ta patience a aboutie, je suis fier de toi mon blond <3

Et donc ! Voici le chapitre suivant ~


Chapitre 13 : Je comprends les sentiments d’un androïde





Un policier m'a brusquement réveillé et m'a empoigné le bras. Encore ensuqué, je suis violemment tombé du banc. J'ai baillé et me suis étiré un grand coup. Je ne me rappelais plus que j'étais dans une cellule, et une torche, sur le mur d'en face, m'a ramené sur terre. Mes vêtements étaient froissés au possible et en plus d’être décoiffé, je ne sentais pas bon. Le policier m'a dit, comme s’il avait lu dans mes pensées :

Tu ne peux décemment pas – En insistant sur le « pas », il m'a postillonné dessus – aller à l’audience, habillé de cette façon.

Pourquoi, il faut un smoking ?

Le policier n'a pas ri.

Nous savons que tu as pris un forfait hôtelier chez le « Poti-rond », aussi nous allons nous y rendre de ce pas et tu vas te laver et porter des habits propres.


J'ai voulu riposter, mais l'idée de prendre une bonne douche était tellement alléchante que je n'ai absolument rien dit, aussi seul mon index était levé. Aucun son n'est sorti de ma bouche. J'ai vivement baissé mon doigt et ai consenti a suivre l'homme. Hamed, à moitié réveillé, m'a dit dans son coussin :

Bonne chance.

J'ai souri, puis je suis sorti de la cellule. Il y avait des gens à l’extérieur du pénitencier. Tout le monde m'a regardé comme une bête de cirque et certains ont même tenté de me jeter des graviers. Un autre policier avait rejoint le cortège, puis deux autres, et ils paraient tous les tirs, de peur de s’en prendre eux aussi. Nous sommes arrivé au « Poti-rond ». Plusieurs policiers étaient autour du bâtiment. Quand même, je n’étais pas si dangereux … Si ?

Nous sommes rentrés dans un vacarme tonitruant que j’aurais préféré éviter et la salle entière a semblé nous dévisager dans un silence mortuaire. J'ai lentement monté l'escalier en colimaçon. Le regard des gens pesait sur moi, c'était affreux. Bien plus désagréable qu’au lycée. Ma chambre était vide de jumeaux. Mes affaires ainsi que celles de mes compagnons n’avaient pas bougées. J'ai pris mon baluchon et me suis déshabillé : Direction la salle de bain, et je me suis enfermé. L’eau chaude ne m’avait jamais paru plus agréable que cette fois là. Quelques minutes plus tard, je suis sorti, lavé des orteils aux cheveux. Le policier, assis sur mon lit, m’a indiqué que l’audience était dans une heure trente. Je me suis séché puis me suis habillé. L'homme s'est empressé de me mettre des menottes en tricite pour que je ne puisse rien tenter de faire … J’étais piégé ! Piégé comme un lapereau dans son terrier qui attendrait patiemment que le chien de chasse ait fini de creuser pour le rejoindre.

L’histoire de Pumpkin Hill ne m’intéressait plus du tout, je voulais juste partir. Pourtant, j’avais encore quelque chose d'important a faire dans le village, selon moi. L’heure et demie fut assez silencieuse, sauf éternuement de ma part dû au froid.

Une heure et des poussières plus tard, je me suis retrouvé devant la mairie de Pumpkin Ouest. Des gens attendaient devant, silencieux. L’intérieur était marron bois mais semblait en métal. La salle était en fait remplie des villageois séparés en deux côtés distincts, et qui semblaient en parfait désaccords les uns envers les autres.

La salle d’audience en général était plutôt grande et joliment décorée : Il y avait des têtes d’animaux empaillées, comme à l’hôtel, ainsi que deux estrades, une par maire, puis une sculpture en pierre d’un marteau qui atteignait presque le plafond. Je me suis avancé vers le devant de la pièce, menotté et silencieux. Le policier m'a violemment poussé et je suis tombé à genoux. Je ne m'étais pas senti aussi faible depuis longtemps … En outre, certaines personnes riaient, mais d'autres n'ont dit mot. Je me suis tant bien que mal relevé, montrant aux gens que ce n'était pas si facile de me faire plier, sans pouvoir m’appuyer sur mes mains pour autant, emprisonnées, et je me suis assis à la place qu'un autre policier, encore hilare, m'avait indiqué. Les deux maires, répondant aux doux noms de Michel (pour le plus gros) et Paul (pour le plus petit) se sont installés sur leurs estrades à leur propre rythme : Michel marchait à pas grands et lourds, alors que Paul marchait à pas petits et pressés. Chacun d’entre eux ont pris un marteau et ont frappé leur bureau avec une force équivalente, et les ondes dégagées par l’impact se sont repercutées dans toute la salle, fermée à présent.


La séance est désormais … Ouverte !

Nous sommes tous réunis ici non pas pour directement juger ce garçon de coupable, mais pour tenter de comprendre ce qui l’a poussé a commettre son crime. A déclaré Paul.


La salle a fait un vacarme de protestation. Michel les a donné un énième coup de marteau et s'est mis a parlé à son tour :

Connais tu la justice de cette ville, petit ?

Je fis un signe de tête indiquant que « non ». 

Nous ne cherchons généralement pas à juger les criminels que nous retrouvons sur Radical Highway, du fait des différents qui accablent les deux côtés de ma ville.

Ma ville.
A protesté Paul.


Les maires recommencèrent à se battre et la salle recommença son brouhaha chronique. Un policier a calmé le jeu et Paul a repris :

Seulement tu es ce que nous appelons « un futur ». En effet tu as commis des crimes d’une certaine importance dans Bazzer mais tu n’as rien fait dans l’enceinte de Pumpkin Hill, quel que soit le côté. Cependant, un homme t’as remarqué et a vu tes actes dans Cherry Forest, et a décidé de te dénoncer.


J'ai levé la tête, étonné de ce que je venais d'entendre, quant une porte intérieure à ma droite s’est ouverte, montrant l’homme qui avait parlé. Surtout que je ne savais pas ce qu'il avait bien pu dire, dans la mesure où je n'avais rien fait de spécial. J'ai tout de suite reconnu son allure ainsi que ses habits, et je n'ai pu m’empêcher de crier :

L’homme au chapeau !

Il m'a souri et a sorti mon affiche avant de déclarer :

Jonathan Gozen Staÿlis, tu es en état d’arrestation. Moi, Timothy Alghor, membre de la guilde des chasseurs de primes « Empyr of dragoons », te prie de te rendre dès à présent.


Timothy Alghor, qui avait au passage un nom super cool, s'est approché de ma personne et m'a tendu la main. Je suis sorti avec fracas de la chaise pour m’enfuir, mais toutes les portes se sont verrouillées en même temps. J’étais menotté, piégé, et probablement terminé. J'ai tapé la porte principale du pied, tandis que les spectateurs de mon arrestation demeuraient silencieux et impassibles. Je me suis vivement tourné et suis revenu au milieu de la salle. Il était là, souriant, et son badge, que j’avais déjà aperçu au « Poti-rond », rayonnait de mille feux.

Espèce de… Ai-je commencé a dire. Mais mon corps montrait clairement que j'étais prêt à l'abandon.

Il m’a agrippé par le bras et a sorti un téléphone. Après avoir composé le numéro, Timothy a déclaré d'une voix claire et presque angélique :

J’ai le détenteur de clé, patron. Vous ne voulez que la marchandise ou le voleur aussi ? Je peux vous l’emballer si vous le souhaitez.

L'homme a patienté cinq secondes, a approuvé dans le vide, a éteint le téléphone et m'a doucement dit :

Tu n’as pas été trop dur a capturer, finalement, mais tu comprends, je ne pouvais pas éveiller les soupçons au Poti-Rond. Le « Narura S.A.K.U.R.O » du patron m’a bien aidé, je dois dire … Il est le seul sur le marché capable de détecter les ondes krystoïdales. Je tirerai une belle somme de ta tête, cela rattrapera ce que tu m’as couté à l’hôtel !

Il s'est mis a rire.

Sakuro n’était qu’un leurre destiné à me piéger ? Quelque part, c’était parfaitement logique, seulement j'ai été déçu. Un grand fracas m'a ramené à la réalité. Je me suis retourné et j'ai senti que ma déception était totalement vaine. Les yeux rouges vifs, Sakuro avait démonté la porte principale et pointait ses doigts, écartés, sur l’ensemble de la pièce. Des gerbes de lasers sortaient de ses yeux telles des flammèches qui s’échapperaient d’un feu intense. L'androïde a craché d’une voix énervée :

Relâchez le, c'est un ordre !

Sa … kuro … Ai-je répondu, totalement perplexe.

L’androïde s’est élancé d’un coup de réacteurs et nous a écartés, Timothy et moi, puis d’un coup de main digne d’un karatéka l'enfant a brisé les chaînes qui obstruaient mes mains. Timothy, en parallèle, s'est cogné contre l’estrade et s'est retrouvé dans les pommes. Je me massais les mains, mais Sakuro a crié « Allez, il faut y aller ! » et est allé dehors, en courant, et surtout en tête. Les jumeaux sont apparus deux secondes plus tard, chacun d'un côté de la porte, déclarant :

On est réconciliés !

Et vous n'auriez pas pu me venir en aide ? Ai-je craché, exaspéré.

On est invisibles, a dit Shin en levant les épaules.

Et puis je t’avais dit que ce type était mauvais. A rajouté Lucio en haussant lui aussi les épaules.

Oh.

Les habitants de Pumpkin Hill, toujours là, étaient complètement stupéfaits par la situation. Je suis sorti par la suite. Les deux maires, sans trop comprendre la situation,
ont crié en écho « Attrapez les ! »

Huit policiers sont sortis de la foule. Sakuro s'est placé devant moi, a ouvert ses doigts avec une rotation de la main, et a foncé dans le tas. Dans la même seconde, L'enfant a crié « Rafale -Sleep- Gatling gun ! ». Les policiers sont tombés un à un. Les jumeaux se sont exclamés en cœur : « Trop cool ! ».

Allons libérer Hamed. Il parait qu’une malédiction pèse sur le village et je ne survivrai pas trois jours entre la cavale et les multiples tentatives de Miliana pour nous transformer en statue.

Une malédiction ? A répété Shin. Et qu’est ce que ce Hamed pourra bien faire de plus ?

Je ne veux pas être transformé en statue ! A affirmé Lucio a son tour.

Je ne suis pas affecté, moi, a déclaré Sakuro, mais je peux comprendre que cela vous gêne.

Nous nous sommes donc dirigés tout les quatre vers le pénitencier de la veille, qui se trouvait à dix ou vingts minutes de là, car Hamed semblait être le seul a pouvoir nous conduire à Miliana. Malgré tout, la journée ne faisait que commencer.

Sakuro m'a pris par la manche. Je me suis retourné :

Gozen …

Merci, mon ami. Ai-je répondu.


L'androïde a souri et est passé en tête. La journée promettait d'être longue.
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Je pensais pas que l'androïde allait aider Gozen mais c'est vraiment un très bon chapitre à nouveau. Je suis sûr aussi que Hamed a d'autres choses à révéler ^^.

Attention, petite faute de frappe ici :
Citation :
Jonathan Gozen Staÿlis, tu es en état d’arrestation. Moi, Timothy Alghor, membre de la guilde des chasseurs de primes « Empyr of dragoons », te prie de te rendre dès à présent.


Tomothy Alghor

Mais c'est très bon purée, je need la suite *o*.
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Gozen Arkaÿlis a écrit :
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Lun 18 Juil 2011 - 12:20
Waaaw, la faute de frappe ultra sournoise XD Merci beaucoup !


Content que ça t'ait plus ! Je posterai la suite ce soir car tu as patienté quelques temps quand même. Ou cet aprem même.

Hamed ... Si tu savais. XD
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