Acte X1Sur ce qui s'apparentait être son lit de mort, le vieil homme scruta d'un oeil se voulant impassible l'immense fenêtre de sa maison, donnant sur un ciel azuré sans l'ombre d'un nuage. Le soleil, proche du zénith, voyait ses rayons réfléchis par un fin voile délimitant l'horizon de l'espace. Un jeune garçon, proche de l'adolescence, observait lourdement son aïeul s'éteindre à petit feu, mais le faible sourire de l'homme l'encouragea à patienter calmement. L'enfant baissa les yeux quelques instants puis, d'une voix claire et se voulant la plus distincte possible, il demanda à son grand-père une question qui lui trottait dans la tête depuis de nombreux mois maintenant, mais qu'il n'avait jamais eu le courage de poser jusqu'à présent :

– Comment était-ce, lorsque tu avais mon âge ?

Le vieil homme sourit et, après une grande inspiration, murmura :

– Tu veux dire, en mon temps ? Eh bien ... c'était la fin des Temps.

Il ne put s'empêcher d'émettre un petit rire, obstrué par ses poumons froissés. L'enfant ne comprit pas. Le vieil homme ferma les yeux quelques secondes et reprit d'une voix se voulant plus audible :

– Lorsque j'avais ton âge, cette planète n'était pas celle que tu connaissais. Lorsque j'étais jeune, le monde était ... une sphère; une immense sphère que l'on pouvait parcourir d'un bout à l'autre sans s'arrêter. Cette forme si particulière, si parfaite, permettait de rattacher des ensembles terrestres les uns aux autres par le biais d'immenses étendues d'eau que l'on nommait "Océans".

Il leva fébrilement son bras en directiond du plafond et il serra le poing, son sourire s'élargissant.

– A cette époque, il était possible d'aller si haut dans le ciel que l'on pouvait rejoindre les étoiles. En mon temps, les êtres humains luttaient contre de grandes menaces. Des entités ou des monstres si grands, et si puissants, que nous étions tous impuissants. Sur cette sphère d'apparence parfaite ... un mal qui nous rongeait tous gangrénait petit à petit. Il avait la capacité de prendre n'importe quelle forme ... celle d'une divinité vengeresse, d'un marionettiste banni, d'un effroyable chevalier ... tous avaient un point en commun; Le chaos.

Le vieil homme marqua un temps de silence.

– Sais-tu comment nous avons réussi à survivre aux cataclysmes du passé ? Il y avait parmi nous ... des êtres supérieurs. Des Héros, natifs de notre sphère, ou provenant de réalités que tu ne peux soupçonner. Tous ne luttaient pas pour le bien du peuple ... chaqu'un de ces modèles avaient leurs propres raisons de défaire le chaos ... vengeance, plaisir, ou encore justice ... il ne s'agit désormais que de légendes oubliées et oubliables. Je vois dans ton regard que tu es sceptique. C'est tout à fait normal ... tu te demandes, je suppose ... pourquoi ton monde n'est plus une sphère ?

Le garçon acquiesca. Il se leva et jeta un coup d'oeil curieux à travers la fenêtre de la maison. Son monde n'avait pas changé ... un gargantuesque ensemble d'îles, reliées non pas par des "Océans" mais par des si épais nuages qu'il semblait impossible de les traverser, où vivaient une infinité de petits garçons comme lui, à travers les grandes maisons empilées du royaume d'Horuna, l'île centrale d'un si vaste archipel qu'il semblait transcender l'horizon.

– Je sais que c'est dur à imaginer, murmura son aïeul, je sais que tu ne me crois pas. Mais ne t'es-tu jamais demandé pourquoi l'île la plus au nord de l'archipel est interdit d'accès ? Ne t'es-tu jamais demandé quel secret pouvait-elle bien renfermer ?

L'enfant se retourna vivement, plongeant son regard dans celui du vieillard.

– C'est parce que ... nous, qui avons connu cette sphère de chaos et de légende, venons de là-bas. Sur cette île se trouve une boîte, mon fils ... une boîte si grande qu'elle put contenir l'Humanité entière après l'explosion de la planète. Il s'agit d'un vaisseau qui nous a permis de survivre, de nous reformer, et qui nous a donné une seconde chance. Les îles que tu arpentes tous les jours sont le vestige d'un passé ... mon héritage, et celui de toute ma génération. Oui ... cette sphère instable s'est détruite d'elle-même, meurtrie par tous les maux qu'elle avait engendrée, et peut-être sommes-nous les premiers coupables de sa disparition ...

– Et ... les héros ? Qu'ont-ils faits ? Pourquoi n'ont-ils pas à nouveau protégé cette planète ?

– Ils en furent incapables. Personne n'avait ce pouvoir; celui d'implorer son pardon au monde qui nous a porté. Comme nous tous, ces êtres supérieurs se sont réfugiés dans la boîte ... qu'ils ont nommé "Pandorica", car elle contenait à la manière d'une prison, mais aussi d'un abri, tous les maux de Nintendo World. Lorsque celle-ci s'est ouverte, l'Humanité s'est déployée sur cet archipel. Nous savions tous qu'il s'agissait de notre sphère, mais celle-ci avait pris une forme différente, flottant entre l'espace et la stratosphère, confinée dans une bulle d'oxygène qui permit à la vie de s'animer sans notre présence, et ... lorsque nous avons foulé pour la première fois les conséquences de nos actes, nous avons compris que nous n'aurions plus jamais de seconde chance. Alors, guidés par notre souveraine, Astrid, notre grande reine, qui règne sans partage sur l'archipel, nous avons bâtis un monde idéal pour que notre futur ... votre présent ... ne connaisse jamais les troubles engendrés par le Chaos ainsi que les Héros.

– Un monde de paix ? Demanda l'enfant en serrant son poing contre la couverture de son grand-père. Le vieil homme émit un petit rire.

– La paix induit la guerre. Ce monde ne peut plus connaître la guerre ...

– Et les Héros ? Pourquoi ne sont-ils pas sortis ?

– C'est un mystère auquel personne ne peut répondre. Tout ce que je sais est que notre reine Astrid attend leur retour patiemment. Ils reviendront, c'est certain ... mais je ne serai plus là pour en témoigner. La Pandorica n'a pas fini de nous révéler ses secrets, et il est possible qu'un jour le Chaos soit libéré en même temps ... mais notre société est idéale, nous avons bâti, à l'abri du bien et du mal, non pas une sphère, mais une fresque que peint Astrid et son peuple, vous, en adéquation avec l'Espace et le Temps, la Vie et la Mort, la Nuit et le Jour. Les Héros ... peut-être apparaîtront-ils lorsqu'il faudra protéger cette nature d'une nouvelle gangrène insoupçonnable. Peut-être ne seront-ils plus de simples légendes à vos yeux. Peut-être ...

La voix du vieil homme se fit plus faible, presque inaudible. L'enfant, paniqué, prit sa main et la serra avec force, criant, l'implorant de finir son histoire, mais, alors que la respiration de son aïeul s'interrompit pour toujours, le garçon se résigna. Il savait que cette histoire n'avait pas de fin.

Il savait que cette histoire n'était que l'introduction d'un futur mythe.

Le flux d'une nouvelle vague.
C'est quoi NW ?Depuis 2007, NW est un forum de jeu de rôle dans lequel vous incarnez le personnage de votre choix ou de votre création.

Faîtes lui vivre une aventure inoubliable à travers de nombreux mondes, en participant aux quêtes crées par les membres ou aux divers events !
Une partie hors RP vous permettra de vous mêler à la communauté et de commencer en douceur.

La version XI vous propose un nouvel acte, un nouveau système de Boutiques, la Forge, le Parrainage et bien d'autres nouveautés !

Venez vous amusez !
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Les chroniques de l'A.R.K : Tome 1- Le temple d'Orion [terminé]
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Gozen Arkaÿlis a écrit :
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Quatuor Universel
Sam 28 Mai 2011 - 22:00
Rappel du premier message :

Bien le bonsoir '___'

Ça me stresse d'avance de faire ça, parce que malheureusement l'autocritique n'est pas mon point fort et j'ai tendance à vraiment me rabaisser à ce niveau u_u

Mais voilà le chapitre annexe (accessoirement chapitre "Zéro" mais essentiel) du roman que j'ai écrit, et qui subit une grosse correction en ce moment, avant de passer au copyright puis à l'éditeur.

C'est un peu mon enfant, mon projet, le rêve de ma vie. Ce n'est pas du grand art ... Voire de l'amateurisme. Mais voilà :

En espérant que la lecture ne soit pas trop désagréable ... n_n

petits edit : Les chapitres font environ 4 pages format A4, en moyenne. Il y a 38 chapitres, en raison de, a peu près, 240 pages. De plus; je viens de voir qu'au niveau des tirets ça a aussi déconné. Vous verrez de jolis petits carrés :hap:


Prologue :


1000 ans plus tôt.












CHAPITRE ANNEXE

La fête annuelle organisée en l’honneur des quatre dieux protecteurs battait son plein dans le petit village d’Askaär, encore recouvert des dernières neiges de l’hiver. Pour l’occasion : Mhort, l’imposant chef, fit ériger un nombre de statue équivalent à celui des divinités. Chacune était faite d’un métal précieux et tout le village déposa ses offrandes de fruits et de runes enchantées pour bénéficier une année de plus de la défense magique générée par Orion.
Lucio, adossé contre un arbre, derrière une des huttes, à quelques mètres de cette ambiance festive, regardait la scène du haut de ses 17 ans. Le jeune homme n’était pas un modèle de société et se refusait au maximum le contact avec les gens, jusqu'à même faire abstraction des traditionnelles fêtes de village, fréquentes à Askaär depuis des siècles, et ce soir-là n’échappait pas à cette dure règle de privation que le garçon s’imposait. Encore que cette fois-ci, la raison était d'autant plus spéciale que le jeune homme venait de subir une violente rupture.

Lucio leva la tête quand il entendit une branche se casser sous le pied imprudent d’une personne qui essayait de s’approcher sans son autorisation. Il se leva d’un bond mais relâcha complètement sa garde quand, dans un frêle soupir à peine audible, il vit la chevelure blonde étincelante de son frère jumeau Shin.

Lucio, si tu ne veux pas danser avec les autres, viens au moins t’éclater avec moi, dit-il dans un grand sourire. Et puis il y a notre invité, aussi.
Non. Je n'ai pas envie de vous rejoindre. Ni toi, ni cet étranger. Ne peux-tu pas comprendre que je vais mal ?
… Mais. Lucio, je le sais parfaitement. Vas au moins la voir, une dernière fois.
Non !! Je ne bougerai pas d'ici. Laisse moi, à présent … s'il te plait.
Hm… très bien, mais n’oublie pas les offrandes dans ce cas, répondit Shin d’un air plus que désolé, avant de tourner les talons et de partir en direction de la place centrale.


Le garçon courut au centre du village pour retourner danser avec les autres jeunes. Si Lucio était considéré par tous comme une personne dépressive et arrogante, son frère Shin était en revanche considéré comme un véritable modèle de bonté, de sagesse et de compassion Sa réputation fut bâtie sur les nombreux travaux manuels qu’il fit pour les habitants depuis sa plus jeune enfance, et sur son goût ardu pour l’effort et la réussite. Malgré leurs statuts de jumeaux, tout entre les deux jeunes hommes était opposé : leur caractère, leur physique, leurs goûts et même leur réputation. Cependant toutes ces divergences ne les empêchaient en rien d’être soudés, bien au contraire. Les gens pensaient que le fait même qu’ils soient si différents les rendait extrêmement complices et complémentaires, par les atouts que possédaient chacun d’eux.


Le banquet venait de s’achever, dans la traditionnelle joie et la bonne humeur, et tous, en rang, commencèrent à préparer leurs offrandes pour les disposer en quatre parts égales. Un coq zébré fut même égorgé pour l’occasion, car Askaär fêtait un nouveau centenaire. Shin, dans le rang, commençait à s’inquiéter de l’absence prolongée de son frère, qui d’ordinaire faisait l’effort d’être présent dix minutes pour le partage des runes et des fruits. Généralement, Lucio commençait par Kaärma, la déesse du destin. Ce soir-là, le jeune homme ne s’y trouvait pas.

Il demanda à un jeune homme blond, dans le rang voisin, s'il n'avait pas aperçu Lucio. Ce dernier répondit que non.
Avec une moue renfrognée, Shin sortit de la file de villageois et se dirigea à l’endroit même où il avait quitté son frère, quelques heures plus tôt. Or arrivé sur les lieux, celui-ci ne s’y trouvait pas.

Il va me faire avoir des ennuis, cet idiot. pensa l’adolescent en se frottant le crâne.

Il se retourna, regarda à droite, à gauche, et partit dans la forêt.

La voix de Shin résonna dans l’étendue neigeuse, et les divers sons de la nature, amplifiés par un écho assommant, rendirent la forêt bien plus inquiétante qu’à l’ordinaire. Le jeune homme cria le nom de son frère à répétition, tout en s’enfonçant dans les profondeurs de la forêt enneigée. Il courut à l’aveuglette, en esquivant les branches et les buissons presque instinctivement : preuve de son habileté et de sa connaissance du territoire. Sa course s’acheva dans une plaine recouverte par un léger voile blanc. La lune, à moitié pleine, éclairait l’endroit de ses rayons blanc nacrés. Shin s’arrêta cinq minutes et s’assit dans le froid.

Tss…à ce rythme-là on y est pour toute la nuit, je n’avais pas besoin de ça. Pensait le garçon.


L’adolescent dressa l’oreille; un cri se fit entendre non loin de là, dans la forêt. Shin reprit sa course sur quelques mètres et tomba sur une image effrayante : Un énorme Bamb-Ours sombre se dressait, sur deux pattes, devant Lucio qui tenait pour seule arme un bâton en feu à la main. L’ours s’abattit sur Lucio toutes griffes devant. Shin sauta et jeta son frère à terre, se prenant une légère griffure à l’épaule ; un « aïe » se fit entendre.
Tu vas bien, petit frère ? demanda Shin.
Abruti, bien sûr que je vais bien, mais ce n’était pas une raison pour échanger nos places, j’aurais pu m’en sortir seul ! Répondit Lucio qui, même s’il ne le montrait nullement, s’inquiétait pour la blessure de son jumeau.


L’ours repassa à l’attaque et Lucio sauta en arrière, puis, d’un élan, enfonça le bâton encore enflammé dans la gueule du monstre qui lança un râle de souffrance avant de s’écrouler complètement sur le sol.
Lucio releva Shin et commença à le porter. Les jumeaux, fatigués, repartirent en direction du village.

Je peux marcher tu sais…
On n’est jamais trop prudent, si ça s’infectait en touchant une branche ou quelque chose d’autre, il faudrait te couper le bras … et je n’ai pas envie de m’y coller.
 Hé, tu exagères, idiot…comme toujours. Répondit Shin en souriant.

Un sifflement aigu se fit entendre. Tellement perçant que Lucio fut obligé de jeter Shin à terre pour se protéger les oreilles, et son jumeau fit de même. Le sifflement s’arrêta et laissa place à un ricanement étrange. Cela venait de derrière eux.

Ksh ksh ksh. Voilà donc les divinités de la lumière et des ténèbres. Les informations de mon chef étaient donc exactes !
Qui êtes-vous ? demanda Lucio en se retournant.

La voix semblait provenir du ciel, et ce ne n’était pas sans raison, car la personne qui venait de parler flottait dans les airs, ce qui ne manqua pas de surprendre les deux frères. L’homme portait une veste vert foncé dont le grand col s’arrêtait au niveau du nez. Cette veste s’étendait jusqu'à ses bottes noires et il possédait un appareil étrange sur le bras gauche.

Je suis satisfait. Ksh ksh… à votre stade de puissance quasiment nul, d’après les radars bien entendu, quand je vous aurai tués : mon patron n’aura plus aucun problème, cria l’homme à la veste, avant de tirer un laser jaune de son appareil métallique.


Le laser fut évité sans soucis par les deux frères, qui se mirent à courir sans poser de questions, effrayés par cet étranger qui les pourchassait du ciel, et qui utilisait une technologie inconnue.

Merde ! Quoi, encore ? Demanda Lucio à Shin, en courant le plus vite possible. Encore l’ex copain d’une de tes conquêtes ?
J’ai une tête à sortir avec des femmes de son âge ? Répliqua son frère sèchement.
Désolé, c'est l'habitude.
Ksh ksh ksh…vos disputes me donnent encore plus d’ardeur au combat, lança l’inconnu. Je vais vous faire une démonstration d'avant-garde, retenez bien la leçon ! « Adrom Laser ! » Cria l'ennemi des jumeaux.

L’onde qui sortit de la machine de l’étranger frappa de plein fouet le dos de Lucio, mais celui-ci continua de courir en titubant légèrement.

Ça va !? Demanda Shin, qui ralentit très légèrement sa course.
T’occupe. Continuons, nous sommes proches du village ! Le bouclier défensif d’Orion stoppera ce type ! Répondit Lucio entre deux souffles.
Mh ? Cet idiot est plus résistant que je ne le pensais. Si je ne les finis pas rapidement, la récolte des clés ne se passera pas comme il faut. Et c’est ma seule chance, pensa l’inconnu.

Les jumeaux continuèrent à courir à en perdre littéralement le souffle, tandis que leur ennemi tirait encore et toujours, à un rythme effréné. Ils arrivèrent enfin à la porte du village, qui était étrangement ouverte. Certes le bouclier d'Orion n'agissait plus pendant deux heures, cependant Shin s'était assuré de refermer la porte principale. Ils rentrèrent sans se poser de questions … Seulement, la mort était au rendez-vous ... Quand bien même ils survécurent face à l’homme à la veste, c’est le souffle coupé qu’ils assistèrent à un spectacle assez sombre. Le village était en feu. Les statues et les offrandes étaient détruites ou gravement endommagées, de même pour les bâtiments, les huttes, et l’odeur de la cendre se mélangeait avec l’odeur de cadavre brûlé des villageois, laissant une senteur tellement putride que Shin en eut des étourdissements. Lucio s’approcha lentement des morts, le cœur vide et rempli de haine. Tout le monde avait été exécuté. Leurs amis, leur famille…
Le chef du village et sa fille n’avaient pas non plus été épargnés. Le tableau dramatique qui se tenait là n’était pas soutenable. Shin se mit à pleurer, quant à Lucio : une larme de colère coula, qu’il essuya rapidement. Il se mit à crier d'un seul coup. Son frère tenta de le calmer mais rien n'y fit.

Il restait un autre survivant : L'étranger. Ce dernier était assis par terre, visiblement choqué, et en pleurs. Il regarda les jumeaux et dit d'une voix faible :

… A l'aide …

Une ombre sortit d’un amas de fumée, derrière l'étranger. Un bruit robotique résonna et une machine d’apparence humaine, très imposante, avec un œil bleu, tira sur les deux frères. Lucio attrapa son frère par la main, puis l'étranger, et la troupe se mit à courir. Pendant la course, l'étranger pointa du doigt l'entrée d'une caverne lumineuse. Les trois personnes y sont rentrées, sans se poser de question.
Le robot, ne pouvant passer, tira des missiles au hasard qui provoquèrent, dans un grand fracas, un éboulement qui boucha l’entrée de la grotte. Shin fit remarquer qu’ils ne pouvaient qu’être en sécurité désormais. L'étranger n'en était pas certain. Une forêt aux aspects tropicaux s’étendait devant eux. Ils y pénétrèrent, le cœur lourd. Il n’y avait ici aucune trace de neige et il semblait faire jour. Bien que les deux frères se concentrent, ils n’entendirent aucun bruit d’animaux ou d’eau qui coule et leurs voix semblaient se perdre dans l’immense forêt. Ils n’étaient jamais venus ici auparavant et se promirent de ne plus jamais remettre les pieds dans un endroit aussi glauque. L'étranger le savait … seulement, les jumeaux ne se doutaient pas, à ce moment là, que le prochain millénaire dépendrait de leurs futures actions dans ce lieu sacré.



























ARC NUMERO 1 : Bazzer.


Chapitre 1 : J'entre en scène !





La sonnerie annonçant la fin des cours retentissait une fois de plus dans le lycée Nondôm. Je suis sorti en dernier, comme à mon habitude. Je ne sais pas pour vous, mais, moi, j'avais toujours l'esprit embrumé … voire lent … après neuf heures de cours. L'arithmétique était aussi intéressante qu'à l'accoutumée : ma moyenne scientifique approchait dangereusement les 2 sur 20, et les enseignants ne me donnaient aucune chance ou presque de passer en terminale littéraire. Tout le paradoxe était ici : Une terminale « Littéraire » où l'avis d'un professeur de mathématiques compte. D'ailleurs, les mathématiques ne devraient même pas exister.

« Plus que X années à tirer. » est une phrase qui revenait sans cesse dans mon esprit, et dont le nombre diminuait à chaque rentrée pour mon plus grand plaisir; et quand bien même j'aurais fini mes études lycéennes, la prochaine étape serait la faculté, pour m'assurer un bon travail.

Faculté : définition : Cher, et je n’ai pas vraiment les moyens …

Dans la ville où je vivais et étudiais, Bazzer, tout n'était que science, robotique et ingénieries en tout genre; Mais ne vous méprenez pas ! Savoir compter et programmer est loin d'être une preuve d'intelligence … Bien qu'il en faille un minimum. Je me permets d'être un peu sec, car depuis l'autodafé de Lotoff d'il y a cent cinquante ans, les gens ont décidés de renier les fondements même de la culture littéraire. (Je précise : Lotoff est ma région natale, couvrant un tiers du continent de la pointe.)

Bref, depuis cet autodafé, les enseignements « L » sont rares, voire quasi inexistants, et ne débouchent sur rien à part les études de droit qui coûtent très cher et l'écriture qui ne rapporte rien. Mais quelques élus dans mon genre tentent de préserver le goût de la littérature et des arts. Peut-être que c'est pour cela que tout le monde me rackette, aussi. C'est le jour où une brute m'a dit « Lire c'est pour les chochottes. » que je me suis rendu compte à quel point j'étais heureux d'aimer les livres.

Quoi qu'il en soit, Bazzer était une ville froide, grise et dénuée de tous sentiments humains. Si les gens n’étaient pas comparables à des robots, alors au moins pouvions nous nous permettre de penser qu’ils en avaient vaguement le profil. Et la nuit c’était la décadence qui prenait le dessus, mais ça c’est une autre histoire. Avec tout ça, quel miracle que l’enseignement L ne soit pas encore supprimé du programme … ! Je me demande bien pourquoi d'ailleurs, mais je ne vais pas m'en plaindre.

Cette folie des machines n’avait pas toujours été présente dans nos contrées. Moi, j'avais toujours connu Bazzer comme ça, mais ma mère nous répétait sans cesse, à moi, mon frère et ma sœur, que les gens ont toujours été bêtes, mais pas forcément illettrés. Le peu d'espoir qui restait, quand les bibliothèques se reconstruisaient, s'est prit un grand coup dans la figure, pour tomber dans le néant intersidéral des manuels d'histoires, car un beau jour d'il y a maintenant vingt ans : Bazzer et d’autres villes de Lotoff se retrouvèrent d’un seul coup dans cette folie des grandeurs que la loi des machines nous imposait, créées puis commandée par la même société : « A.R.K».

La compagnie « A.R.K » était apparue il y a à peu près 20 ans de cela. Depuis cette période, leurs usines et leurs immeubles ont proliférés partout dans la région et leur logo bien connu, une arche avec une étoile orange à l’intérieur, apparaissait sur tous les produits : de la simple boîte de cassoulet aux fusées, en passant par les voitures, le liquide vaisselle, les jeux vidéo et même les colliers antipuces … quand je dis « tout » …

Cette multinationale avait su imposer son style novateur et moderne dans l’ancienne campagne qui m’était si chère, et les gens se bousculaient au portillon pour travailler dans leurs usines. Ces pensées m’occupaient à chaque fin des cours, mais jamais longtemps car le même élément perturbateur venait sans cesse me déranger dans mon esprit, à tel point que ça en est devenu récurant. Un leitmotiv fait de coups de poings.

Je me suis retourné lentement, sachant à l’avance ce qui allait se produire, du début à la fin.
Alors minus, tu l’as ? M’a demandé une voix grossière, sans doute en pleine mue.
 Tu me gonfles, Ralph, va racketter quelqu’un d’autre, ai-je répondu sans même avoir l’espoir que ma phrase puisse aboutir à quelconque conclusion positive.
Ho, ho ! C'est la première fois que tu exprimes ta "mécontantation."
C'est « mécontentement », Ralph.

Les complices de Ralph se sont mis à rire aux éclats. J'étais vraiment entouré de crétins.
Peut être que si tu étais plus grand, tu n’en serais pas là~, a chantonné Ralph.
Mais où est le rapport ? Ai-je crié. Apprends à compter et on viendra parler de chiffres. Ai-je répondu sur le tas, parce que je n'aimais pas que l'on me rappelle que j'étais petit.

Cette phrase a eu pour effet de permettre à Ralph d’avoir une bonne excuse pour m’en coller une. Un coup de poing bien placé et je suis tombé à terre comme une mouche qui serait passé deux centimètres trop près de la bouche de mon agresseur (et je dis ça par expérience, beurk.).
Après un rire gras qui ressemblait à « Ho ho ho ho ho ! », mon cher ami Ralph a prit mon argent sans le moindre scrupule quant au fait que je ne pourrai pas me nourrir le soir même. Il a caché son visage avec sa capuche, pour faire plus caïd où je ne sais quoi, et m'a envoyé valser avec un second coup bien placé. Sachant bien que j'étais déjà à terre … pour le plaisir de montrer qu’il était belliqueux aux badauds qui passaient par là. Je venais de remarquer à cet instant que sa capuche marron clair lui donnait l'apparence d'un caramel géant parfumé au roquefort. Mais bon, ceci étant fait, il est parti avec les deux autres personnes qui riaient de leur mesquinerie, même s'ils n'avaient rien fait. Les gens qui voyaient la scène se sont moqués de moi, m'ont pris en pitié, et, il me semble, m'ont pointés du doigt … cela m'a juste fait bailler sur le moment, parce que c'est fatiguant de se faire maltraiter... Tout de même, c'est tous les soirs pareils, ils devraient être habitués. Pensais-je sans cesse.

La routine.

N’osant pas bouger malgré tout, ressentant une légère douleur, je suis resté à terre une bonne trentaine de minutes, le temps que les gens se lassent. Cette fois ci la bataille fut quand même plus épique… je lui ai répondu ! C’est une première, j’en conçois. La nuit est tombée sans prévenir, assombrissant le paysage Bazzerien, et, les cailloux dans le dos devenant plutôt douloureux, je me suis décidé à me lever. Le réconfort m’attendait chez moi, après tout.

Je n’avais eu que très peu de temps pour repenser à cette histoire de racket. Sitôt rentré chez moi, je devais faire les tâches ménagères, car ça n’attend pas. Sur le chemin, j'ai remarqué une affiche où était écrit :

« LA TROUPE DE CIRQUE THEATRAL DISTORSION D. SERA EN VISITE DU 15 AU 20 JANVIER SUR LA PLACE PRINCIPALE DE BAZZER. ENTREE : 120 LASK PAR PERSONNE. »

L'image était belle. On y voyait Mister Distorsion, le monsieur loyal à la barbe en pointe, avec Sniper, son Hippocampe terrestre tireur d'encre, ainsi que tous les autres artistes de la troupe. J'étais très intrigué par le spectacle de Distorsion D. Ma mère m'avait une fois emmenée là bas, quand nous étions enfants, mon frère et moi. Ma sœur ayant peur des clowns, elle n'a jamais voulu venir. Une fois, je me souviens même d'être monté sur le dos de Sniper ! C'était un des rares moments de joie de ma vie. Ces moments où il manque un père …

Mes pensées m'avaient ramené bien loin en arrière, et j'essayais de me souvenir du visage de mon cher papa. Ma mère disait qu'il reviendrait un jour, et qu'il serait fier de voir comme nous avions grandi et comme nous étions devenus beaux. Mon grand frère se souvenait vaguement du visage de mon père : Il était brun, ou peut-être blond. Ses yeux étaient vairons comme les miens et il était grand, de plus il portait le même type de bouc que mon frère. Il était beau, massif et surtout très gentil. Moi, je ne me souvenais que de sa voix... claire comme le cristal, belle comme la note LA (selon mon frère) et surtout capable de rassurer les esprits et de réchauffer les cœurs.


J’ai ouvert la porte un peu plus brutalement qu’à mon habitude, ce qui a eu pour effet de réveiller Bel’, notre plante gardienne. Bel’, ou plutôt Belphégor était une plante verte gardienne à dents empoisonnées. Une espèce de la forêt de Lindsey, au nord de la ville. Elle n’a pas coûté bien cher…vu son caractère, ça se comprenait parfaitement, en fait. Il existe 5 types de plantes gardiennes : Belphégor est de rang D, c'est-à-dire quatrième dans un ordre croissant de puissance. Pas de quoi arrêter un bison brume ou un ours d’argent, mais assez utile pour nous débarrasser des voleurs du dimanche à la mode Bazzer à coup de morsures empoisonnées. Notre plante était verte à pois rouges, avec une tige dépassant les un mètre vingt, dans un pot en terre spécial lui apportant les nutriments nécessaires à sa survie, et avec des dents dont la longueur dépassait sans doute le plus long de mes doigts, mais je n'ai jamais fait le test, car je tiens à mes doigts pour tenir un stylo. Son « Nyaah » strident et répétitif donnerait à lui seul une bonne raison à un voleur de partir rapidement, mais qui s’en soucie, puisqu’un criminel moyen ne dépasserait même pas la porte d’entrée dans de telles conditions?
Bel’, dépourvu du sens de la vue, me reniflait un peu, comme d'habitude et commença à sortir la langue en esquissant un ronronnement significatif : « fais moi des grattouilles, ton frère ne me donne pas assez d’affection. » ou quelque chose dans le genre, car il est vrai qu'une plante n'a pas beaucoup d'endroits où l’on peut la gratter.
Mon frère, Vlad, devait sûrement faire un peu de musique dans la chambre. Je ne reconnaissais ni le groove de son saxophone, ni la teinte blues de sa basse … En fait, il devait sûrement pioncer. Je suis monté par curiosité, avant de me mettre à la cuisine. Seulement, arrivé devant la porte de sa chambre, j'ai surpris, bien malgré moi (Au début.) une conversation qui ne me ravissait pas plus que ça. Vlad était au téléphone avec une personne qui me manquait énormément.

… Alors comme ça tu ne rentreras pas avant une semaine…Mais je croyais que tu étais guérie ! … Dois-je le dire à Zenzen ? … Repose-toi.



Je n’entendais que des bribes. Je marmonnais « Arrête de m'appeler Zenzen, je déteste ce surnom. » quand le silence total se fit. Si Bel’ ne mangeait pas les mouches de la maison, peut-être qu’on les aurait entendues voler. Vlad est sorti précipitamment de son antre mais s'est arrêté net. Il m'a regardé, l’air désolé.
Ah, Zenzen. M'a t-il dit sur le ton de la désolation et de l'étonnement (curieux mélange.), comme si je l'avais surpris en train de se droguer où je ne sais quoi d'absurde.
Que se passe-t-il ? Et arrête de m'appeler comme ça! Ai-je répondu.
C’est maman. Elle n’est pas totalement guérie. M'a t-il avoué d'un ton grave et bien trop sérieux pour lui.

J'ai lourdement regardé le sol, les yeux embrumés. S’il fallait être sérieux, c’était le meilleur moment. Délia, notre mère, était atteinte d’une sorte de tumeur au niveau de l’estomac, et son état empirait sans cesse depuis maintenant deux longues années. Nos visites régulières à l’hôpital l’encourageaient, mais la tumeur grossissait chaque jour et cette maladie commençait à devenir très gênante. Les médecins préféraient ne pas se prononcer sur le dénouement de cette histoire, eux-mêmes très peu convaincus de l’efficacité de la chimiothérapie ici utilisée, bien qu’elle fût à l’origine de deux miracles, jusqu'à présent. Vlad et moi avons prié chaque jour pour que l'expression « Jamais deux sans trois. » marche. Encourager ma mère du mieux que je pouvais était une des raisons qui faisaient que je n’avais même plus le temps de me morfondre sur mes propres soucis, qu’ils soient scolaires ou personnels. Pourquoi les personnes exceptionnelles étaient malheureuses tout le temps? Je veux dire, mince quoi : Ralph était le genre de naze qui n'aurait jamais rien de ce genre, lui … Pas que je lui souhaite réellement d'aller à l'hôpital. C'est plutôt pour la forme que je dis ça.

Tomoe est au courant ? Ai-je demandé.
Pas encore, m'a répondu Vlad, pourtant sceptique. Il vaudrait peut-être mieux garder ça pour nous.
Elle a le droit de savoir ! Ai-je rétorqué en serrant les poings, mais mon frère n'a pas flanché une seule fois.

Tomoe était notre petite sœur, la plus jeune de la famille par conséquent. J’avais 17 ans, elle en avait 15, et Vlad en avait 19. Mon grand frère, bien qu’étant l’aîné, n’était pas le plus responsable de la famille, et pourtant nous devions tout de même lui obéir. Blond et d’environ un mètre quatre-vingt cinq, il était bien bâti et, paraît-il, assez beau garçon; cependant sa fainéantise légendaire lui a fait arrêter les études : Il s'est ainsi uniquement consacré à ses instruments de musique, dans l’espoir de percer dans ce domaine un jour.

« Rêveur », c’était ce à quoi l'on différenciait Vlad de Tomoe ou moi-même.

Ma petite sœur était sage.

Trop sage.

En vérité, nous pensions tous cela à cause de sa timidité grandissante…et qui s’accentuait encore plus vite depuis l’hospitalisation de notre mère. Tomoe était considérée par la majorité du genre masculin comme une magnifique jeune fille. Je savais qu’elle faisait chavirer un bon nombre de cœur, dans son collège, mais encore fallait-il qu’elle y prête attention. Ma sœur était une fille responsable et toujours à l’écoute. Elle n’était pas fermée d’esprit, bien au contraire ! Seulement elle avait cette incapacité chronique à parler aux autres, ainsi ne s’adressait-elle qu’aux animaux, qui la comprenaient sans doute mieux que Vlad et moi réunis. Les filles sont compliquées.

Écoute, Gozen. Elle ne le saura pas, un point c’est tout.


Vlad est descendu dans le salon sur ces mots.

Je m’en suis allé à mon tour, dépité.

Une heure est passée. La cuisine était enfin propre. Le dîner était en voie de préparation, mais cela s’annonçait rude. Je cherchais dans le frigidaire de quoi nourrir toute la troupe. Ralph ayant fauché l’argent que je réservais pour les courses, la préparation de mon fameux « Scio-menthe à la mode Neolia » s’avérait légèrement plus compliquée : surtout sans le Gelyscieur esseulé, l’animal (Et de ce fait l’ingrédient principal.) nécessaire à la réalisation de ce plat signé Roël Joe-bûchon, dont les gens prétendaient qu’il était et cuisinier et bûcheron. Allez savoir. Les Gelyscieurs esseulés étaient la variante bien connue d’une espèce toute autant connue : le Gelyscieur. Un Gelyscieur est un animal bipède de la famille des Reptiles hybrides Gelées (Ils étaient gélatineux et transparents.) originaire des plaines de Neolia, à l'ouest de Bazzer et donc à l'extrême gauche du continent de la pointe, juste à côté de l'océan d'étoiles. Les plus anciens Gelyscieurs atteignaient dans les deux mètres facilement et leur odeur était différente selon leur couleur, ce qui permettait de les classer en diverses espèces. Le Gelyscieur possède soixante douze dents disposées sur trois rangées, et qui tournent à la manière des tronçonneuses sur elles-mêmes, permettant de déchiqueter les matériaux les plus solides. Un Gelyscieur digne de ce nom peut avaler un humain en seulement cinq secondes, et lui réserves trois secondes d’intenses souffrances entre les soixante-douze mini tronçonneuses et l’acide gastrique nécessaire à la digestion. Seules cinq espèces sont connues actuellement : Le Gelyscieur rouge qui sent la fraise mais qui reste le plus agressif, le Gelyscieur vert qui sent la pomme mais qui est le plus rapide, le Gelyscieur bleu qui sent la myrtille mais qui possède un corps quasi indestructible, le Gelyscieur rose qui sent la pêche et qui permet à la reproduction des mâles de son espèce, et enfin le Gelyscieur esseulé.

L’esseulé est un individu albinos, rejeté par sa famille, sans défense particulière et qui sent étrangement la noix de coco. Celui-ci est rare, ce qui en fait un ingrédient de qualité et plutôt cher.
Je me suis résigné et j'ai fermé le frigidaire. Adieu le repas de fête. Une fois de plus, mon anniversaire allait se fêter comme tous les autres jours.
J'ai regardé le calendrier … Dix-sept ans aujourd'hui.
En fouillant dans les placards, j'ai trouvé trois conserves de soupe à la tomate. Cela nous fera bien tenir pour la nuit. Ai-je pensé.

La soupe chauffait dans un récipient prévu à cet effet. Une casserole auto chauffante conçue par la section électroménagère de « l'A.R.K ». Elle ressemblait en tout point à une banale casserole, sauf que le manche était couvert de boutons, ainsi l’on pouvait régler la température, la durée de cuisson et bien d’autres choses sans avoir à dépenser de gaz ou d’électricité (Sauf pour les piles bien entendu.). Je me lavais les mains en prenant bien soin de passer sous les ongles. Une pensée idiote m'a fait lever la tête et mon regard a nonchalamment croisé celui d’une statuette au regard impénétrable accrochée au mur par un clou et un fil. Kaärma, la déesse des récompenses et des punitions mais surtout du destin :

Membre compris dans les premiers êtres légendaires. Enfin c’est ce que disait l’Almanak.

L’Almanak est un livre énorme où sont relatés tous les faits depuis maintenant dix mille ans sur les relations entre les dieux et les espèces inférieures (c'est-à-dire moi), et qui a été publié dans le monde entier. J'ai froncé les sourcils, gêné par la présence de la statue. J'ai aussitôt détaché mon regard de l'objet en question … Kaärma…mais bien sur. Ces légendes stupides n’étaient que les affabulations de quelques moines en manque de vin. Du moins c’est ce que je pensais, car mes exploits contre Ralph où les problèmes de santé de ma mère prouvaient chaque jour que les récompenses, les punitions…étaient des choses surfaites, et que seul un imbécile pouvait encore croire aux miracles de la sorte. Seulement ma mère était une croyante de cette religion et disait depuis toujours à qui voulait l'entendre : « Un jour mes efforts paieront, Kaärma sait récompenser les plus forts. ». Vlad adoptait cette politique lui aussi, mais dans un angle différent encore. Moi, si je devais croire en quelqu'un ce serait Orion, car le temps est la seule chose de réelle à mon sens. Repenser à tout ça m'a fait souffler … Je me suis souvenu de ces interminables discussions théologiques avec ma mère, pendant qu'elle repassait. Elle m'expliquait que mon père était le plus fervent disciple d'Orion, et qu'il y avait énormément de raisons à cela. Je n'ai jamais su lesquelles. Quand avais-je perdu mon innocence et ma naïveté ? Moi-même je l’ignorais.

Un bruit sourd en provenance des escaliers m'a tiré brusquement de mes questions existentielles. Vlad a couru si vite qu'il en a raté une marche : Titubant légèrement a l’atterrissage, mais a priori rien de grave. Il s’est brutalement assis sur une chaise et a levé son assiette en m’ordonnant « Sers moi la bouffe, eh, toi, l'esclave ! ». L’exemple de la famille, tu parles.
J'ai pris un verre d'eau et l'ai soigneusement jeté sur la tête de mon frère en m'écriant « Oups, ma main a glissé. », avec toute la non sincérité du monde. Vlad, trempé, a enlevé son Tee shirt puis à marmonné un juron, et enfin il s'est tut. Il m'a souri cependant, et j'ai vu dans ses yeux pétillants toute la malice qui faisait son charme, à ce grand dadet, mais qui disait aussi « Je vais me venger, tu sais ? »
Tomoe descendait les escaliers beaucoup plus calmement. Elle s’est assise sur une chaise sans dire un mot et a prit sa cuillère en baissant le regard; sa frange blonde a alors couvert ses yeux. Je lui ai demandé si elle avait faim, et tout ce que j’ai obtenu comme réponse a été quelque chose d’imperceptible et qui a sonné comme un « ~~~un peu~~~ ».

Je lui ai servi de la soupe en souriant. Elle m'a regardé puis a vivement baissé la tête, tout en rougissant énormément. Je lui ai tapé dans le dos en riant et en disant « Tu vas exploser si tu continues à rougir, comme ça! » Mais elle n'a pas réagi et s'est contenté de manger. Mon sourire s’est effacé – Vlad l'a d'ailleurs remarqué – et je me mis a me demander quelle était la réelle situation de Tomoe, quels étaient ses sentiments, ses peines, ses joies, ses frayeurs … jamais je n'ai réussi en quinze ans à savoir ce qu’il passait par la tête de ma chère sœur. Vlad non plus. Peut être pensait-elle à maman, comme nous tous.












Chapitre 2: Je roue de coup une lampe de chevet.





La troupe et moi-même, une fois le dîner terminé, avons retroussés nos manches pour nettoyer la maison, juste avant de partir nous coucher. Cette dernière n’était pas bien grande, ainsi à trois cela mettait une demi-heure au pire. Je baillais en passant le balai, il était déjà vingt-trois heures.

Demain je me lève à cinq heures pour distribuer le courrier dans Bazzer. Ai-je pensé.

Pour subvenir aux besoins de la famille ainsi qu’aux études de Tomoe (Les miennes aussi, accessoirement, mais pour ce que j'en fais.), Vlad et moi nous levions vers cinq heures du matin pour distribuer le courrier, pour une petite compagnie anonyme qui travaillait pour le compte de « A.R.K Times », la partie « quotidien » de la société bien connue à présent.

Le soleil n’était pas tout à fait levé sur la cité. Vlad est parti cinq minutes avant moi. Son secteur était celui des ports boyaux : Une des parties glauques de la ville, bien que portuaire. Le maire a donné ce nom à ce port depuis l’assassinat des touristes et de l’équipage d’un paquebot entier, amarré juste pour une nuit. L’assassin, toujours inconnu, n’aurait soi disant plus jamais mis les pieds à Bazzer, mais comment en être sur si l’on ne le connaissait pas ?
Vlad n’était pas du genre a craindre ces racontars de vieux sur les bancs du parc des chanteurs quand le soleil de midi cogne dur. Mon secteur était celui de Bazzer Centre, à quelques minutes de la maison (Nous habitions en périphérie.).


Préparation rapide, histoire d'être propre. Je portais sur moi l'uniforme du lycée Nondöm : Un ensemble tee shirt blanc, Pantalon et veste bleu foncé, avec les armoiries de la famille Nondöm : Un renard des neiges zigzaguant entre deux flocons dorés. Les habits étaient particulièrement seyants et faisaient partie des seules choses que j'appréciais réellement dans ce lycée. Et puis je devais bien l'avouer, je n'avais pas vraiment assez d'argent pour m'habiller de diverses façons, alors porter l'uniforme du lycée constituait quatre vingt pour cent de ma garde robe actuelle. La ceinture qu'il nous forcaient à porter possédait comme boucle de ceinturon ladite armoirie de la famille créatrice du lycée.
Je me suis observé quelques instants dans le miroir. J'ai soupiré, en remettant mon col et ma cravate, libre de ses mouvements, en place : J'étais toujours le même blond … J'avais toujours les mêmes yeux vairons. A savoir un œil vert et marron … et ma taille n'avait pas bougé depuis presque trois ans. Ce petit mètre soixante treize qui faisait que je regardais la plupart des gens que je côtoyais en levant la tête.

J’ai enfourché mon scooter et je suis rapidement parti dans la direction souhaitée. La distribution du courrier a bien duré une heure. Depuis le temps que je faisais le même parcours, je commençais à jeter les lettres comme des projectiles, sans même prendre le temps de viser, et suivant la force du vent, cela marchait plus ou moins bien (j’avoue que cela marchait une fois sur cinq, mais je m'en fichais un peu.). J’ai stoppé mon scooter, pour contempler le même spectacle chaque jour avec le même malaise : L’usine A.R.K se trouvait devant moi. Derrière le grillage sur lesquels des barbelés étaient juchés stratégiquement, de manière à dire « On ne dirait pas comme ça, mais je peux donner le tétanos. » se trouvait un chemin a demi rocailleux. De l’extérieur nous pouvions apercevoir la façade blanche, immense, de l’usine, faite de métal et de plastique. Le sigle « A.R.K » était écrit en noir et juste en dessous se trouvait la fameuse arche avec l’étoile orange. De chaque coté de la structure se trouvait d’immenses turbines qui frappaient le sol avec un violent fracas, comme pour aspirer l’essence même de la nature, et la fumée jaunâtre qui s’en dégageait par un assourdissant « Pshhhh » remontait pour se mélanger à la fumée noire déjà bien toxique qui s’échappait à grande vitesse des cheminées extérieures, comme un train immense que l’on alimenterait en charbon, mais qui n’avancerait jamais. La porte était fermée. L’usine ouvrait à sept heures, et il n’était que six heures quarante-sept. J'ai redémarré mon scooter pour partir en direction de la maison, ayant terminé ma livraison matinale.

J'ai pris une pause de deux minutes, vers mon quartier, pour admirer la même vitrine tous les jours depuis maintenant huit mois.
La boutique d’antiquités « Naomé » était aussi fermée. Je me suis collé à la vitrine et je me suis senti rempli du même sentiment de désir qui m’envahissait chaque matin. Elle était encore là : Une clé en or, pas plus grande qu’un pouce, délicatement posée sur un fil noir à l'air usé et ancien. Cette clé possédait deux petites cornes en or et était ornée en plus d’une pierre précieuse qui semblait être un rubis. J'ai ravalé ma salive et je suis rapidement parti. Je ne comprenais pas pourquoi, mais cet objet, plus que n'importe quel autre objet jusqu'à présent, m’attirait … Je connaissais bien le gérant, à force de venir pendant les heures creuses, et celui-ci m’avait un jour expliqué qu’un homme lui avait donné le bijou, il y a de cela deux ans, en précisant que ce collier trouverais de lui-même son porteur, car telle était son utilité. Comment un collier pouvait avoir une quelconque utilité ? C'est aussi cette part de mystère qui me donnait envie d'être le porteur du collier … Cependant, depuis le temps que je le regardais, il aurait dû se rendre compte de ma présence. J'ai alors abandonné tout espoir de l'avoir autour du cou.

Je suis rentré en hâte à la maison. Bel’ dormait à point fermé, une bulle de sève pendait de son bulbe, je l'ai éclaté rapidement et il se réveilla en sursaut :

Pas le temps de buller, Bel', tu as une maison à garder, je te signale.

J'ai gravi les marches de mon escalier deux à deux. Mon sac devait probablement être jeté au pied de mon lit. J'ai tout de même pris la peine de m'accorder une minute de silence, constatant avec plaisir le calme apaisant qui régnait. La maison n’était pas aussi bruyante que d’habitude, et a priori Tomoe était déjà partie. Cette quiétude m'a fait légèrement sourire. Ces instants de plénitude étaient rares, par les temps qui courent. J'ai tranquillement ouvert la porte, apaisé par le calme ambiant, et … c’est à ce moment là que ma vie a pris un tournant assez inattendu.

J’ai étouffé un cri de stupeur, mais il était trop tard pour ce genre de choses. Deux personnes, que je n’avais jamais vues en dix-sept ans d’existence, se reposaient dans ma chambre. L’un somnolait sur mon lit, et l’autre lisait une bande dessinée de ma bibliothèque. J'ai reculé d’un pas, pour examiner les deux individus qui, à priori, se fichaient totalement de ma présence. Celui qui se relaxait sans ma permission sur mon lit portait un tee shirt noir pile a la bonne taille mais déchiré au niveau du ventre et des manches, avec un énorme signe « Anarchie » en jaune, un pantalon noir rougeâtre tout autant déchiré et orné de chaînes en métal couleur fer. Sur son crâne se trouvaient deux cornes aux reflets d’ivoire, en partie cachées par ses cheveux mi-longs et noirs, ainsi qu’une queue encore plus foncée qui finissait en pointe de flèche. Une canine dépassait de sa bouche, comme un vampire, et il portait d’énormes bottes faites de cuir et de fer, décorées avec les mêmes motifs que son pantalon, et il dégueulassait bien entendu mon drap blanc en mettant les pieds dessus. L’autre personne était habillée beaucoup plus simplement. Cheveux légèrement plus courts mais en bataille, avec d’immenses yeux bleus ainsi qu’une étrange auréole sur la tête, il était habillé d’une veste, d’un tee shirt et d’un pantalon d’un blanc aussi immaculé que ses baskets. Il était tellement lumineux que cela donnait l’impression qu’il lui était impossible de se salir. Sur son Tee shirt il y avait pourtant le motif d’une énorme tête jaune qui souriait. Il n y avait ni un pli de travers ni une marque de vêtement froissé. Le garçon en noir était propre, certes, mais son compagnon était impeccable de presque tous les côtés. Seuls ses cheveux, d’un blond presque doré, étaient parsemés d’épis, brisant l'harmonie qui émanait de lui. Enfin ça lui allait bien de toute façon, et niveau épi j'étais gâté aussi. Tellement gâté que j'avais décidé il y a très longtemps de faire de mes épis ma coupe de cheveux.

Je suis allé en fonçant dans la chambre de Vlad sans demander mon reste et j'ai pris sa batte de Base-Ball. Je suis rentré dans la chambre en furie et j'ai menacé les intrus en agitant la batte un peu partout, ce qui a juste eu pour effet de briser une de mes lampes de chevet et de me faire baisser la tête. J’avais été ridicule, j’en conviens. Je n'étais pas très menaçant, il faut dire. Les deux adolescents se sont regardés et ont éclatés de rire. Charmant.
Ces mêmes personnes, d'un bond, se sont levées pour se mettre à ma hauteur. Le garçon aux cheveux blonds, qui avait visiblement le même âge que moi, a tendu sa main et m'a souri d’un air amical. Je lui ai serré la main, perplexe. A ce moment là j'ai senti une vague d’énergie qui a violemment parcouru l'intérieur de mon corps, comme une décharge électrique. J'en ai eu des frissons.


 Qui êtes-vous ? Ai-je demandé.
Tu ne te souviens pas de nous ? A dit le blond.
Comment pourrait-il ? A rétorqué le brun. N'oublie pas que c'est la première fois qu'il nous rencontre.
Oh … C'est vrai. Seulement, ça fait mille ans. Il a aussi l'air plus jeune.
Tu sais comment est Orion … Enfin. Gozen, est-ce que tu as la clé ?

« Gozen ? » … Comment connaissait-il mon nom ? J'ai été frappé d'un étrange malaise, qui m'a donné la migraine. La sensation de connaître quelque chose, sans l'avoir vécu. Comment ces personnes pouvaient-elles me connaître, alors que je ne savais pas moi-même qui elles étaient … ? Surtout que … Leurs visages m'étaient familiers.

Non mais … Qui vous êtes, sincèrement ?
As-tu la clé ? Demanda le blond avec un grand sourire qui, étrangement, inspirait confiance.
… Quelle clé ?

Les deux entités se sont d'un coup regardées. « Il n’a pas la clé. » « J’ai entendu figure toi. » « Que fait-on ? » « On dégage, ça sert à rien de traîner là si il n’a aucun moyen de nous aider. »
Ils sont partis dans un léger halo lumineux. La chambre était de nouveau silencieuse. J'ai regardé dans le vide, complètement perplexe. Que s'était-il passé, à l'instant ? Je suis resté dans la même position une bonne minute puis j'ai finalement décidé de ranger le cadavre de lampe qui traînait à côté de mon lit. Le sac sur le dos, j'ai foncé en direction du lycée. Être en retard signifiait ma mort, dans certains cas.










Chapitre 3 : Je lance des éclairs grâce à des cornes invisibles





La porte du lycée n’était pas encore fermée. J’avais arrêté de courir depuis cinq bonnes minutes, trop fatigué des récents évènements qui, je dois l’avouer, m’avaient un peu vidés. J'ai soufflé. Derrière le grillage principal du lycée se trouvait Ralph. Je n’avais pas été plus rapide que lui aujourd’hui, je voyais sa capuche dépasser du muret intérieur.

Je me suis raclé la gorge et je suis parti lentement dans sa direction, en espérant qu’il ne me remarque pas dans la masse de lycéens. Je me suis toujours demandé ce qui faisait de moi plutôt qu’un autre une cible de choix pour Ralph. Je veux bien admettre que je ne suis ni le plus fort ni le plus courageux des adolescents, cependant il me semblait que d’autres types étaient plus qualifiés que moi pour se faire tabasser quotidiennement. Ralph m'a quand même vu. On ne peut pas gagner à tous les coups. Il m'a pris par le col et son sourire n’annonçait rien de bon, bien entendu. Il m'a jeté par terre et a ri de bon cœur … « Bon cœur » et Ralph ça sonne tellement faux dans la même phrase que je préfère encore que vous oubliez ma dernière pensée.

Je me suis essuyé la bouche à cause de la poussière qui s’était posée sur mes lèvres et j'ai reculé d’un pas. Je ne pouvais rien faire dans ces cas là. Un « tss » a fait écho dans la cour du lycée. J'ai instinctivement levé la tête (Ne me demandez pas pourquoi.) Et j'ai vu ces deux types … Eux !
Les deux personnes d’il y a une heure étaient assises sur le muret et regardaient le spectacle. Cependant personne ne semblait prêter attention à eux.

Vous ? Ici ?
 T’étais plus balèze avant … a dit le brun.
Combien de fois vais-je devoir t'expliquer qu'il n'a pas encore vécu ces évènements ? Comment peut-il être plus fort, sans même avoir la clé du temps ? A expliqué son compagnon, l'air désolé.

Je n'ai pas répondu. Il était évident que ces deux dingues s'amusaient à mes dépends.

… Mais bon. Ça serait bête que ce tas de muscles te mette en morceaux maintenant, a avoué le brun.
Dites, si c'est pour vous foutre de moi, vous pouvez aussi rejoindre la foule, par là.

J'ai constaté que Ralph se demandait ce que je faisais. Comme s'il ne voyait pas les deux jumeaux, sur le mur.

Bah. Nous ne sommes pas ici pour nous moquer, mais pour t'aider. A expliqué le brun.
Vous … Allez vous battre avec moi ?
Pas avec toi. A dit le blond. A l'intérieur de toi.
Que … ?
Tu as cinq minutes, profites en bien ! A crié le brun avant de se jeter sur moi.

J'ai senti une aura particulière m’envahir. Je me suis lentement redressé. Sensation étrange. Comme si on squattait mon esprit. Tellement de puissance. J'ai eu envie de rire un bon coup, sans même en comprendre la raison. Les bras ballants, car je ne les contrôlais plus, je me suis avancé vers Ralph. Qu'est ce que mon corps avait prévu, comme coup tordu ? Je n’étais plus maître de moi-même, en tout cas.
Ralph a reculé d'un pas à son tour. Les experts pourraient croire à un miracle, moi j'ai juste pensé qu'il avait perçu le changement. J'ai dégagé une mèche de cheveux qui me gênait, et l'ai regardé droit dans les yeux. En tout et pour tout il me semble avoir marmonné « Tu as cinq secondes. »

J'ai senti en moi une vague de chaleur qui s'est inexplicablement transformée en désir accumulé de vengeance. C’était une sensation bien trop étrange pour être décrite avec des mots.

Je me suis jeté d'un bond sur Ralph et lui ai asséné le coup de poing de sa vie … Et de la mienne aussi. Ma frappe l'a fait reculer d’un bon mètre, à peu près. Je ne sais pas s’il a eu mal, mais pour le coup, il a été plutôt vexé de s'être fait avoir comme une racaille des bacs à sable. Il s’est essuyé le nez et a crié un truc incompréhensible, tellement c'était fort et sauvage. Et par sauvage j'entends bien « primitif ».
Aveuglé par la colère, celui que j’avais frappé m'a sauté dessus comme un fauve, pour me mettre finalement à terre. Sa vraie force s'était enfin révélée, après tout ce temps. Mais pour dire vrai, la mienne aussi a décidé d'apparaître.
Il m'a frappé au visage à une telle vitesse que le sol s'est rétracté au fil de ses coups. Il avait des poings en acier ?

Je souffrais mais je m’en fichais. A ce niveau là, plus rien ne comptais.

Je l’ai éjecté d’un coup de pied dans le ventre. Ma vitesse et ma force s’étaient décuplées, c’est un fait, en dépit de ça, le brun contrôlait parfaitement bien mon corps, alors c'était dur de lutter. Le garçon blond regardait la scène attentivement. Les deux compagnons de Ralph m'ont tenu les bras, et je me suis retrouvé immobilisé en un instant. Ralph m'a foncé dessus avec une vitesse prodigieuse et m’a cogné avec un coup de pied dans le ventre d’une telle force que j'ai cru que sa jambe m’avait traversé. Les gens autour de nous criaient « COMBAT ! COMBAT ! » Mais d’autres, silencieux, se contentaient simplement d’observer nos mouvements. Une voix a résonnée dans ma tête. Tout d’un coup l’atmosphère était devenue beaucoup plus calme. J’étais comme transporté. Une lumière m’a aveuglé pendant une seconde et j’ai eu la vague impression de flotter dans les airs. Celui qui me contrôlait se tenait devant moi, les bras croisés. Il était imposant.

Où suis-je… ? Ai-je demandé.
Ici ? Eh bien … c'est ton esprit. Mais … il est tellement blanc que c'est à se demander si tu as déjà fait une mauvaise action dans ta vie.
 Euh … tabasser Ralph, ça ne compte pas comme une mauvaise action ?
Bof … Ouais, mais non. C'est de la légitime défense après tout.
Appelle ça comme tu veux. Pourquoi je suis ici ? … Je ne suis pas mort, hein ?
Tu veux rire ? Si tu meurs à cause de lui, tu ne vaux pas grand-chose.
Pas faux. Mais pourquoi mon esprit est-il si blanc, dans ce cas ?
Ne t'inquiète pas. Après la correction que tu vas mettre à ce crétin, il y aura des changements, ici. Mais tu le verras bien assez tôt.
Je ne suis pas pressé.
 Je vais t’avouer quelque chose. – Il s’est assis. – Je ne suis là que pour te booster un peu. Il faut que tu saches que mon seul rôle dans ce combat est de stimuler ton énergie mentale pour te faire comprendre la situation dans laquelle tu te trouves. En outre peut-être consentirai-je à t'expliquer notre présence ici si jamais tu voulais bien en finir avec lui … ?
 C’est qu’il est fort…
 Tss, tu parles. Je ne vais pas rentrer dans les détails mais écoute moi bien : Dès que tu seras sorti d’ici, tu vas prononcer à voix haute les mots que je vais te citer, ils auront pour but d’activer un de mes pouvoirs à distance.

Mon interlocuteur m'a donné de simples instructions.

Non mais … y a aucun moyen que je crie ça en public, c'est vraiment …
T'as envie de mourir ?
Non, mais …
Alors on s'en fout. De toute façon les gens sont tellement fascinés par le spectacle qu'ils ne t'écouteront même pas.

Je suis sorti de mon esprit comme j’y étais rentré : Sans savoir comment.

L’ambiance brutale du combat, dont je m’étais éloigné quelques minutes, est retombée sur mon cœur comme un choc. Je me sentais toujours possédé. Cela serait sûrement ma dernière action. Il était temps d’en finir. J'ai crié à haute et intelligible voix les mots qu’il m’avait confiés :

« Thunder Spark ! »

Mon corps entier a tremblé. Une énergie considérable semblait s’être relâchée. Une queue similaire à celle du type brun était sortie de mon pantalon sans que je lui donne ma permission et s’était plantée d’elle-même dans le sol. Mes trois agresseurs ont été électrocutés avec une puissance capable d’alimenter le lycée entier. Lycée qui, au passage, a prit énormément de dégâts. Les éclairs ont valsé un peu partout, et l'un d'eux s'est dirigé sur la salle de sciences physiques, qui a explosé. L'explosion de la salle de chimie en a entrainé une autre, puis encore une …

J’ai offert un vrai feu d'artifice aux gens présents, et le proviseur allait sûrement me virer. Ralph et ses complices sont tombés et ne se sont plus relevés. La queue a disparue, et, fatigué, je me suis assis par terre. Il avait en tout cas quitté mon corps, le brun. J’étais blessé et mes habits étaient brûlés à certains endroits. Mes trois ennemis ne bougeaient plus. Ils étaient morts sur le coup. J'ai dégluti. Moi ? Un meurtrier ? Jamais ! … Et pourtant ...

J'ai regardé autour de moi, très peu confiant quant à la hausse de ma popularité. Personne n'est parti. Les lycéens me regardaient fixement, complètement choqués, voire apeurés. Personne n’osait faire un pas en avant ou en arrière. Il régnait un silence de mort … Bon, il faut dire qu'il y avait trois morts, aussi, mais ce n'était pas une raison. Je me suis levé d’un bond et, effrayé par mes propres actions, me suis enfui du lycée, qui n'était plus qu'un tas de … plastique fondu et de pierre ? Quelque chose comme ça.
Au bout de vingt minutes de courses je me suis retourné. Personne. J'étais complètement seul. Les deux entités n’avaient pas l’air d’être ici elles non plus. Je suis allé en direction de ma maison … Il me fallait du repos.

…Qu’en penses-tu, mon frère ? demanda le blond, assis sur un toit.
 J’ai vu la pureté de son esprit. Une aura rare. Bien plus rare que la nôtre … et plus puissante, répondit son frère, adossé contre un grillage, juste à côté.
Comment ça ? demanda le blond, curieux.
 Quand il a prononcé les mots. Il a réussi à m’extorquer de la puissance, à moi ! Ce que je veux dire, c’est que « Thunder Spark » n’était censé que paralyser ses adversaires. Il a réussi à tripler la puissance de mon attaque, juste par la seule puissance de sa colère. Ni toi ni moi n’aurions fait mieux à ce seuil d’entraînement quasiment nul, répondit le brun.
Lucio… Il lui faut la clé.
Je le sais ! Mais lui, il ne s'attend certainement pas à vivre autant d'aventures.
Tu sais ce qui me fait sourire ?
Quoi donc, Shin ?
Que son futur soit notre passé, et que notre futur sera son passé.
Orion est quelqu'un de mystérieux.
Oui, il faut croire. Mais le futur n'est pas forcément exact. Après tout nous ne savons pas ce qui l'attend. Nous savons juste que l'histoire ne sera pas établie tant qu'il ne sera pas allé là-bas …
Tu as raison Lucio, il pourrait bien…sauver le monde entier.
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Invité a écrit :
Ven 23 Déc 2011 - 23:43
Oui Oui c'est un projet ... Pour plus tard, bien plus tard 8D je t'en parlerai par MP si ça t'intrigue =3

Je posterai un chapitre ou deux tout a l'heure.
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Invité a écrit :
Sam 24 Déc 2011 - 0:22
OWI ça m’intéresse, autant les deux chapitres que les mechadragons ^^
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Invité a écrit :
Sam 24 Déc 2011 - 0:34
En ce qui concerne les méchadragons j'ai tout simplement eu l'idée d'un rallye sur des androïdes reptiliens à travers tout le continent sud. C'est une idée que je met de côté pour plus tard et qui introduira le dernier personnage principal ("Héros") du groupe. Pour les détails, MP moi, je t'en prie =D


Oh et ... J'ai constaté avec plaisir le nombre de posts et de vues sur A.R.K, je ne peux m'empêcher de vous remercier de suivre avec intensité la nonchalance de Gozen <3

Mais restons dans l'actuel :


CHAPITRE 29 : Je rencontre mon véritable ennemi.





Nous avons suivi Mister D. sans rien dire. Nous sommes allés dans son bureau (une petite caravane encore plus reculée.) et avons attendu. Monsieur Loyal fermait toutes les fenêtres (au nombre de trois.) et baissait les rideaux, comme si il allait nous montrer une chose d'une telle importance que personne ne devait être au courant.

Je ne croyais pas si bien penser, d'ailleurs.

Le bureau de Mister D. était beige et mauve : curieux mélange. Son bureau était en bois, raffiné, et il y avait une belle plante dans un pot, au coin d'un meuble rempli de paperasses. En face de Mister Distorsion il y avait une télé, d'une marque que je ne connaissais pas. Achetée à l'étranger, sans doute. Mister D. a poussé son bureau et en a sorti un coffre-fort blindé, muni d'un code. Après l'avoir décodé, Monsieur Loyal en a sorti le contenu. Une petite boîte en bois muni d'un cadenas magnétique. Il a sorti de sa poche une carte et l'a passée sur la protection, qui s'est automatiquement ouverte. Il a ensuite posé son pouce gauche sur le bouton, et la boîte a dit « Permission d'ouvrir accordée. ». J'étais bouche bée, un vrai travail d'espion ! Mais ma surprise n'avait pas finie de croître. Mister D. a sorti du coffre en bois un petit bout de tissu, et l'a lentement découvert. Tour à tour, chacun de nous a plaqué sa main contre sa bouche. Littéralement. Mister Distorsion avait sorti de son coffre une clé semblable à la mienne, mais argentée, munies de quatre cornes. A la place du rubis trônait un saphir. Il dégageait une aura bleutée particulièrement apaisante, et carrément instable en même temps. Le regarder équivalait à contempler une pluie de météores. Quoi que ce fût, il est clair qu'entre de mauvaise main cela provoquerait la fin du monde. Mister D. regardait intensément ma propre clé, comme pour me faire comprendre quelque chose. Je ne l'avais que trop compris, son message, mais j'étais trop étonné pour sortir le moindre mot de ma bouche. Shin a fixé la clé, sans s'arrêter. Son cœur s'accélérait et sa respiration devenait saccadée. Il est tombé à genoux.

Lucio a reculé, avec une expression de terreur sur son visage. Je ne comprenais plus rien. Lucio répétait :

- La clé … la clé des … la clé … les …
- Ksh … ksh … ksh. La clé des dimensions, exactement, petit démon, a, murmuré une voix inconnue.

La porte a volé en éclat, puis la moitié de la caravane. D'un seul coup, nous étions presque dehors. Un homme portant une blouse vert sombre, qui lui remontait jusqu'au nez, légèrement bronzé, avec des cheveux blonds qui partaient en arrière et des yeux verts, pointait un canon sur nous. Il semblait voler dans le ciel. Sur son canon était écrit « A.R.K ». L'homme a regardé ma clé, puis la clé de Mister Distorsion, puis a dévisagé Sakuro. Le col de sa veste est légèrement descendu, et nous avons vu un effroyable sourire, à vous glacer le sang. En conservant ce rictus presque maléfique, l'homme a demandé au robot :

- Alors, Narura S.A.K.U.R.O … On ne dit plus bonjour à son père … ?
- … Pourquoi es-tu là ? Papa …
- Dis moi Sakuro, t'as encore de la famille nocive à nous présenter ? Ai-je demandé.
- Lucio, c'est lui ! A crié Shin.
- Je l'ai reconnu, figure toi, a répondu le démon à l'adresse de son frère.
- Qui est-ce ? A demandé Vlad.
- Un ennemi du passé, a répondu Shin.
- Oh, je vois. Vlad n'a pas semblé comprendre. Moi non plus, d'ailleurs.

Sakuro s'est jeté sur l'homme, en criant « Je suis un androïde libre, ne reviens plus jamais me voir ! » mais l'homme a esquivé.

- Qui te dit que je suis venu pour toi, espèce de traître ?
- Pourquoi es tu là ??
- Pour … ça !!

L'homme a foncé droit sur Mister Distorsion. Celui-ci a esquivé et l'ennemi a détruit en un coup de réacteur le reste de la caravane de Monsieur Loyal. Les autres membres de Distorsion D. sont venus nous rejoindre. Chacun a regardé la clé des dimensions avec une peur marquée sur leur visage. Ce n'était pas bon. Notre ennemi a regardé un moniteur, puis s'est jeté sur moi.

- Deux clés pour le prix d'un, je vais avoir une promotion, on dirait.
- Compte là-dessus, et bois de l'eau, ai-je répondu en transformant ma clé en épée.
- Je viens t'aider, a dit Lucio.

Le démon a sorti ses katars et a foncé sur l'homme. Notre ennemi a paré le coup de katars de Lucio avec son canon et a balancé un laser jaune sur ce dernier, qui est tombé à terre. Shin a cassé les réacteurs de l'homme d'un coup de flèche. Mya a balancé des Kunai enflammés par Gyorg sur l'homme, qui s'est tout prit dans la tête en même temps; de quoi le faire tomber de haut. Trash est venu sur son Bamb'Ours, qui a abattu une de ses tiges sur l'homme. Ce dernier s'est relevé sans aucune blessure, grâce à un bouclier érigé en champ de force autour de lui. Il a avancé vers Mister D. et a pris la clé des dimensions d'un geste rapide. Cette dernière a clignoté un instant et a semblé s'éteindre. Notre agresseur s’est avancé vers moi pour prendre ma clé, mais celle-ci s'est défendue sans que je fasse quoi que ce soit, en dégageant une onde électrique violette qui a parcouru le corps de l'homme, malgré ses protections. Il est tombé à genoux et s'est envolé, avec des réacteurs de secours.

- Ksh, ksh, ksh. Au moins j'ai la clé des dimensions. Ton tour viendra, Jonathan Gozen Staÿlis. Nous nous reverrons …

L’ennemi s'est envolé, à toute vitesse. Sakuro s'est levé d'un bond et a foncé dans sa direction en criant. L'homme s'est retourné à l'approche de l'androïde qui fonçait comme un bolide. Je ne savais pas ce qu'il s'était passé là-haut. Nous avons juste entendu « Adrom Laser ! » et j'ai vu Sakuro tomber du ciel comme une météorite, proche de nous.

Nous avons accouru pour le récupérer. Il était mal en point. Shin m'a regardé, l'air désolé.

- Tu le connais, il va se soigner seul.
- Ouais, c'est un dur, lui, a reconnu Lucio, en souriant.
- Que doit-on faire ? A demandé Vlad.
- Nous devons partir à Askaär, tout de suite, ai-je dit.
- … Pas ce soir, a répondu Mister D. Nous partirons demain matin.
- … « Nous » ? Ai-je demandé.
- Tu es un détenteur de clé, je suis un gardien de clé. Nos destins sont liés, et moi j'ai failli à ma mission. Je … nous en parlerons demain sur la route. Il nous faudra bien la journée pour atteindre Askaär. Rentrez chez vous, je passerai vous prendre demain à huit heures … bonne nuit.

La voix de Mister Distorsion, qui n'exprimait plus aucune joie, s'éloignait dans la nuit. Cette dernière demi-heure avait été particulièrement éprouvante. Sakuro était blessé, les jumeaux traumatisés, Vlad déconcerté au possible, et moi, je venais de comprendre que ce qui semblait terminé ne faisait que commencer. J'ai soupiré


- Vous savez quoi ? Je crois qu'on court au-devant d'une aventure immense.
Tout le monde a acquiescé. Dommage, j'espérais vraiment me tromper.

Je n'ai pas beaucoup dormi, cette nuit-là, pour changer. Je comptais me reposer sur la route, qui promettait d'être longue. J'ai sorti de mon sac le dossier « Narura secret » trouvé dans les sous-sols de Nondöm. Plus j'y réfléchissais, et plus l'histoire de Sakuro m'intriguait. J'ai commencé à lire les premières lignes.

« PROJET NARURA SECRET. Thèse : Par Axel D. Nosfrat, Anadora Miliana Lambert, Marvick Delaconte.

Il est important de satisfaire les désirs de son patron. Harano Staÿlis a demandé un robot ultra perfectionné auprès de ses trois chercheurs les plus qualifiés pour réceptionner et tracer les ondes krystoïdales. Après des années de recherches intensives à Askaär, ainsi que d'autres sanctuaires susceptibles d'abriter des ondes krystoïdales de manière massive, nous avons finalement créé un prototype de machine pouvant capter et classer les ondes réceptionnées sur le vif. […]

[…] Deux ans après la création du Narura N°1, le programme n'est toujours pas terminé. Les ondes krystoïdales se mélangeant avec l'énergie magique de pierres anciennes cause des soucis à nos détecteurs, humains ou non. Pour l'instant, seule une onde a été entièrement traduite : L'onde krystoïdale de la clé du temps. Nous connaissons sa marque mais nous sommes dans l'impossibilité de la localiser. Notre technologie ne nous le permet pas encore. Nous avons l'intime conviction qu'en retrouver un nous emmènerait aux autres. […]

[…] Les mois passent et nous en sommes déjà au Narura N°13. Les mises à jour avancent convenablement, mais les autres clés sont toujours introuvables. Le patron commence à s'impatienter, aussi nous tentons d'accélérer le rythme. Marvick a en tête le projet fou de remonter le temps pour capter l'onde des clés directement à leur source. Seulement l'origine et l'époque de reliques sacrées sont clairement contestées. Il est donc très difficile d'estimer une date et un lieu précis, et de créer une déchirure temporelle qui ne détruirait pas le monde. Certains projets ne peuvent pas aboutir. […]

[…] La version finale du Narura est enfin achevée ! Le Narura N°58. Il fallait maintenant l'introduire dans un androïde capable d'y résister. Tandis que nombre de nos historiens menaient des fouilles archéologiques poussées dans la région d'Askaär, nous nous concentrions sur la création du squelette robotique. L'A.D.N humain du robot serait celle de Thomas D. Nosfrat, le fils d'Axel, récemment décédé. Le code ami serait respecté selon le protocole et renforcé pour que l'amour paternel ne puisse pas le briser. Ainsi était créé le Narura N°58 S.A.K.U.R.O (Système Anti Krystoïdal Utilisant les Ressources Oniriques.). En effet le narura, à 40% constitué de bronze (L’alliage symbolisant le rêve et les souvenirs.), se nourrissait peu à peu des souvenirs de l’ancien Thomas, afin d’alimenter le robot, ce qui permettait un contrôle d’annexion approchant les 100%, sur la continuité. Le Narura implanté ici était avant tout un prototype, un test servant à créer une technologie supérieure encore. Nous avions équipé le robot avec une multitude d'armes précises : La liste des module d'activation est la suivante : […]



J'ai refermé le dossier, l'ai remis dans mon sac et me suis endormi … Je ne savais pas si Sakuro devait lire ça. Et je ne comprenais toujours pas cette histoire de code ami. Peut-être était-ce expliqué plus loin …










ARC NUMERO 5 : Mille ans plus tôt.



CHAPITRE 30: Je prends la route pour Askaär. (1) : Pumpkin Hill, le retour.




Le réveil a sonné à 7h 45 précisément. Réveil difficile, préparation du sac désordonnée, « petit » déjeuner, et surtout rendez-vous avec le destin. C'était un mardi un peu moins banal que les autres. Remarquez : Mardi dernier j'étais condamné
à mort à Pumpkin Hill, donc au final …

Mister D. et sa troupe nous attendait devant la maison, avec toute leur installation, dans une série de caravanes et de camions plus ou moins grands. On faisait moins discret comme départ, mais qu'importe. Maurice, dans le garage, s'est proposé pour garder la maison. Sakuro l'a remercié en battant des paupières en morse. Un dernier coup de klaxon et nous sommes partis, reposés. Malgré cela, j'avais rêvé toute la nuit d'un homme en veste vert sombre, aux côtés de Harano Staÿlis, les deux possédant une clé. Une argenté, celle d'hier, et une autre, beaucoup plus sombre. J'ai frissonné à cette idée. Il nous faudrait trois heures pour atteindre Pumpkin Hill et quatre heures pour atteindre les montagnes d'Askaär. Ensuite le reste se ferait à pied. Cela prendrait bien trois jours. Shin et Lucio m'affirmaient qu'ils savaient exactement se repérer dans ces montagnes, et qu'une différence de mille ans, dans un tel endroit, se caractérisait seulement par des arbres plus massifs. Nous étions tous dans le même compartiment, en compagnie d'East, de Gyorg et de Mister D.

Je n'y suis pas allé par quatre chemins. Shin non plus. Notre première question concernait l'apparition de la clé des dimensions dans nos vies. Mister D. a soupiré. Et voici ce qu'il nous a raconté :

- Savez-vous pourquoi notre troupe de cirque se nomme Distorsion « D. »?
- Aucune idée, a répondu Vlad.
- Eh bien … « D. » est l'initiale du mot «Dimension ». Cette lettre permet de dissimuler notre véritable identité, à mes compagnons et moi. Des fois, il suffit d'une évidence pour cacher la vérité.
- Mais quelle vérité ? Ai-je demandé, rongé par le suspense.
- Vous l'avez bien vu. La clé des dimensions …
- Ouais, à ce propos, comment ça se fait que ce soit vous qui l'ayez ? A demandé Lucio.
- C'est une histoire tellement vieille que je ne saurais te dire avec précision pourquoi nous l'avons, mais je peux t'expliquer avec certitude qu'elle se transmet de génération en génération dans la famille Distorsion. Chacun de mes ancêtres s'est juré de la protéger. Seulement, j'ai failli à ma tâche …
- Allons, allons, ai-je dit. Ne baissez pas les bras aussi facilement. Vous la récupèrerez, j'en suis certain.
- … Et toi, ne sais-tu pas non plus pourquoi tu possèdes une clé ? M'a demandé Mister Distorsion.
- Euh … c'est à dire que tout ce que je sais, c'est que je dois la reposer à Askaär.
- Plus maintenant, a dit Shin.
- Pourquoi !? Ai-je crié.
- Car la clé des dimensions n'y est plus. Alors il est inutile de reposer la clé du temps tout de suite.
- Réfléchis, un peu, a rétorqué Lucio.
- Alors pourquoi va-t-on à Askaär, crétins ? Ai-je craché.
- Nous allons là-bas parce que tout espoir n'est pas perdu, a répondu Sakuro.
- Tu vois, même lui a compris, a souligné Vlad en riant.
- … Vous m'ennuyez, je vais aller lire ailleurs, moi. Prévenez-moi quand nous serons arrivés à Pumpkin Hill.


Je me suis installé entre deux caisses : L'endroit était confortable, à l'ombre et éclairé comme il fallait. Je n'aimais pas que l'on se moque de moi, et j'avais seulement hâte de reposer ce maudit artefact pour ne plus entendre parler de ces histoires d'A.R.K, de jumeaux et d'androïde … En fait, je ne savais que penser au juste de tout ça. C'était arrivé tellement vite. …

Un bruit m’a distrait de mes pensées. Trash s’était assis à côté de moi. Nous nous sommes regardés : J'ai vu comme une lueur de nostalgie dans ses yeux. Bizarre.

- Gamin … ne te met pas en colère, comme ça. Je sais que c'est difficile.
- Mais je ne comprends rien ! Qu'est ce qu'il se passe ?
- Jake aurait-il eut tort de placer ses espoirs en toi … ?
- J … Jake ?
- C'est le prénom de notre cher Monsieur Loyal.
- Jake Distorsion …
- Petit … c'est quoi ton nom … Gazan, Gazon … ?
- Gozen. G-o-z-e-n. Zen.
- Oui, voilà … tu sais, c'est difficile pour nous tous, quelque part. Garder un objet si précieux, sans trop savoir pourquoi nous le faisons, bien que l'on y prenne du plaisir sans en connaître la raison. Ne trouves-tu pas cela grisant, toi ?
- Honnêtement … des fois, oui. Je crois.
- Gozen. Il y a quelque chose que je pense devoir te raconter. C'est écrit dans les légendes, mais tu ne sembles pas les connaître.
- Jusque-là, j'étais athée.
- Tu peux toujours l'être. Vois-tu, les dieux que nous nous servons ne sont « Dieux » que parce que nos ancêtres l'ont décidé. N'importe qui peut devenir « dieu » si le monde le reconnaît comme tel. C'est une notion qui s'apparente plus à un titre qu'à une vérité absolue. Il n'est donc pas nécessaire d'être religieux pour servir un dieu. Les dieux ont aussi des amis, comme nous tous. Sinon ils se sentiraient bien seuls … tu ne crois pas ?
- Euh … s- sans doute.
-Enfin … je ne sais pas grand-chose au niveau des clés, mais j'ai lu assez de livres pour t'apprendre deux ou trois trucs … Comme par exemple qu'il existe quatre clés. Tu as celle du temps, Jake avait celle des dimensions. Deux sont probablement égarées dans la nature. Une rumeur, bien connue des nomades dans notre « genre » dit que la clé de la sagesse se trouve sur le royaume Elégant. Je ne peux pas t'en dire plus parce que je ne sais rien de plus. Si ta mission est de les réunir, alors fais-le. Les dieux qui, malgré tout, nous surveillent avec bonté ont un autre rôle : Celui de nous guider pour qu'on ne s'éloigne pas du chemin de la destinée. Mon père me répétait souvent cette phrase. La clé de la sagesse étant à l'effigie de Kaärma, la déesse du destin, tu ne tarderas pas à te rendre compte de ce que j'avance.
- Tu sais beaucoup de choses pour quelqu'un qui ne sait rien.
- Allons … un dernier détail cependant : tu es un détenteur de clé. Jake et nous-mêmes sommes des gardiens. Bien que la différence ne se résume qu’à un seul mot, les rôles sont relativement différents. Il est nécessaire que tu comprennes où est la différence.

Trash s'est levé, en s'étirant. Il était souple mais probablement pas assez pour se caler entre deux caisses, comme ça. Il m'a fait un signe de la main et est parti dans la direction opposée à laquelle il était venu. J'ai soupiré. Le voyage m'a semblé déjà plus long. Et extrêmement ennuyeux.

Nous sommes arrivés à Pumpkin Hill sans problème. Le village était animé, mais toujours séparé. A cette différence près que tout le monde semblait joyeux. Mon grand étonnement a été de voir un pont en construction qui reliait les deux villes. Pas possible … pensais-je. Je me suis approché du pont. Les ouvriers m'ont regardé de bas en haut et m'ont salué avec un sourire chaleureux, m'ayant reconnu. Je leur ai renvoyé leur salut et leur ai demandé le pourquoi du comment de ce pont.

- C't'un pont pour relier l'est et l'ouest, ouais ! Nos deux côtés ont trouvé un arrang'ment, ouais ! C'est parce qu'ils n'sont plus sous la pression d'la malédiction, ouais !
- Oh. Ai-je répondu. C'est génial ! Et euh … Les deux maires ?
- Pour sûr, réconciliés, hein ! A tonné l'autre ouvrier. C'était dur mais ils l'ont fait, hein ! Les villages ne seront plus qu'un, enfin, hein !

J'ai acquiescé, heureux d'entendre cela. Je me suis dirigé vers le « Poti-rond » et sans rien ne demander à personne, je suis retourné dans ma chambre. Shin et Lucio m'ont rejoint. Nous avons repris nos vêtements sales et j'ai récupéré mes deux livres :

- Yes ! Ai-je crié. Avec ces livres nous pourrons en savoir plus sur l'actuel Askaär et autres animaux que nous sommes susceptibles de rencontrer. Quant à l'autre …
- Nous verrons bien, a répondu Shin. Nos affaires sont sales … il y a une rivière pas loin ?
- Une rivière ? Ai-je rétorqué. Oui, oui … elle s'appelle « Lavomatic. »

Nous sommes allés laver notre linge sale, et j'ai mis mes nouvelles affaires dans mon sac. J'avais la chance d'avoir un sac extensible. Le sac plus grand, vous savez ! C'est l'outil de base de l'aventurier, ça. Un grand sac fait en matière Gomme (Élastique) pouvant grandir de manière exponentielle. Je ne savais pas s’il y avait une limite à sa contenance mais pour l'instant cela m'aidait bien. J'avais à l'intérieur de légers vivres, deux semaines d'habits de rechange, de l'eau du robinet dans une grande bouteille, un peu d'argent, puis mes livres. Le sac commençait à devenir un peu lourd, mais qu'importe. Vlad en avait un, aussi. Dedans était rangés ses instruments et ses habits. Rien de plus. Ce qui donnait à son « Gomme-bag » une forme vraiment étrange. Je suis allé faire un saut à la « mairie-tribunal-salle des fêtes »pour discuter avec les deux maires. Je voulais simplement connaître la suite des évènements.

Les deux maires jouaient aux cartes dans le bureau et semblaient rire en chœur. C'était déjà une chose de bien. Ils m'ont vu et se sont arrêtés de jouer, venant l'un et l'autre serrer ma main.

- Notre héros revient parmi nous, à ce que je vois ! A crié Paul, le premier maire.
- Que deviens-tu, petit ? A demandé Michel, son frère.
- Rien depuis ces trois derniers jours, ai-je répondu. … je voulais savoir quel arrangement vous aviez trouvé pour la ville, et aussi je me demandais si une personne dans Pumpkin Hill était susceptible de connaître les montagnes d'Askaär ?
- Désolé, cher ami, personne ne va dans Askaär, chez nous. Trop dangereux. Enfin il y a bien les ruines d'Askaär, mais je ne connais aucun guide, a répondu Paul.
- Paul, peut-être que Hamed pourrait les aider …
- Hamed ! Mais c'est bien sûr ! Ai-je crié. Il saura sûrement quelque chose. Où se trouve-t-il ?
- Il s'est installé dans une petite bâtisse près du marché de Pumpkin Ea … je veux dire, près du marché.
- J'irai le voir après. Donc, cet arrangement ?
- Eh bien c'est tout simple ! Nous avons décidé au « Shifumi » qui obtiendrait la ville.
- Au shi … fu …
- Tu ne peux pas comprendre, gamin. C'est une décision entre hommes.
- C'est une décision totalement puérile ! Ai-je tonné, exaspéré. Enfin … au moins la ville ne fait plus qu'une, il était temps !
- Tu peux le dire !

Je les ai salués puis je suis parti à la rencontre de Hamed. Il semblait aller bien depuis notre combat dans la forteresse.
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Invité a écrit :
Sam 24 Déc 2011 - 22:47
Ça sent l'aventure à plein nez, j'attend la suite !!
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Gozen Arkaÿlis a écrit :
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Quatuor Universel
Dim 25 Déc 2011 - 1:40
La suite demain alors *o*
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Gozen Arkaÿlis a écrit :
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Quatuor Universel
Mar 3 Jan 2012 - 19:03
"la suite demain" *BRIQUE ENORME*


Voici les deux prochains chapitres ! On approche de la fin~ !



CHAPITRE 31 : Je prends la route pour Askaär. (2) : La traversée des chaînes neigeuses.


Le bureau de Hamed était encore en aménagement. L'extérieur semblait en bon état, mais quand j'ai passé la porte d'entrée, j'ai découvert un vrai capharnaüm de dossiers et de divers objets couvrant le sol. Comme si la pièce avait connu une guerre civile entre les papiers et les objets d'intérieur. Les seules choses ordonnées étaient des pierres, belles, étranges … fascinantes, qui trônaient chacune sur son socle. Hamed est ensuite apparu, sortant d’une salle à l’arrière de la pièce.

- Salut Hamed, tu vas bien ? Ai-je demandé, en souriant.
- Gozen … eh bien ça peut aller, comme tu le vois. J'ai déménagé ma société !
- Je vois ça. Où étais tu, avant, déjà ?
- Le royaume Innocent … mais celui-ci étant en guerre contre le royaume Elégant, j'ai préféré me poser dans ce village, que je connais bien, après tout.
- Nos deux continents sont donc en guerre …
- Pff…. plus ou moins. Le continent de la pointe supérieure, donc Elégant, est en guerre contre nous, et contre une soi-disant confrérie qui sèmerait le trouble, là-bas. Notre continent, la pointe inférieure, est à moitié en guerre.
- Il est tellement vaste, il faut dire.
- Oui … c'est d'ailleurs assez marrant qu'on dise qu'Askaär soit le centre du monde, alors qu'il est juste le centre de notre continent. Nous sommes narcissiques.
- … A moitié en guerre, donc ?
- Regarde bien. Avons-nous l'air d'être en guerre ? La région de Lotoff … Tout le pays, d'ailleurs, jusqu'à Askaär dirons nous, est en zone pacifique … Enfin, neutre, tout du moins. Seul le royaume Innocent est en guerre. D'où mon intérêt d'archéologue de déménager en ces terres.
- Logique. Et pourquoi se battent-ils ?
- Ça je ne peux pas te le dire, car je n'en sais rien. Des histoires politiques, sans doute. Cela dure depuis des années mais l'ampleur à grandement augmenté depuis quelques temps. Deux semaines, à peu près. Je suis parti bien avant, mais je me tiens au courant de l'actualité.
- Soit. Mais je ne suis pas venu pour parler de royaume. J'ai besoin de toi.
- De moi ? C'est à dire ?
- Eh bien … tu es archéologue, n'est-ce pas ? Ai-je demandé.
- Oui.
- Et … je crois bien que tu es historien, aussi ?
- … Oui ?
- Tu saurais donc nous guider jusqu'au temple légendaire où seraient soi-disant enfermées toutes les clés, comme celle que j'ai autour du cou … ?
- … Noooon ?
- Oh.
- Enfin, je veux bien t'aider. Je ne connais pas sa position exacte, mais étudier les ruines d'Askaär pourrait m'en dire plus. Et puis de toute façon ça fait longtemps que je voulais les voir.
- Alors tu veux bien nous aider !?
- Bien entendu. Avec mon expérience et la technologie de ton ami Sakuro, plus nos deux pouvoirs, nous n'avons aucune chance d'échouer, n'est-ce pas ?
- Je suis bien d'accord ! Ai-je répondu.
- Par contre … j'ai dit « milieu du continent », mais tu n'es pas sans savoir que les pics d'Askaär s'étendent jusqu'à la limite du continent de fer ?
- Je le sais … ça sera comme retrouver une aiguille dans une botte de foin.
- Exactement. Au mieux cela nous prendra une semaine, au pire nous passerons notre vie là-bas.
- Je n'ai des vivres que pour deux jours, en fait.
- Alors il faudra chasser. Levios nous protègera.
- Si tu le dis …

Hamed et moi sommes retournés aux véhicules de la troupe Distorsion D. en moins de temps qu'il n'en a fallu pour le dire. J'hésitais à penser que nous étions pressés par le temps, car maintenant que la priorité n'était plus de reposer les clés sur leur socle, je n'avais plus envie de me dépêcher. Je n'aimais pas ça. « Nous allons là-bas parce que tout espoir n'est pas perdu, et gnagnagna … » soupirais-je tandis que nous approchions du char principal. Hamed est rentré le premier :

- Salut tout le monde !
- Hamed ! Ont crié Sakuro et les jumeaux en chœur.
- Salut, a dit Vlad, qui ne le connaissait pas. Je m'appelle Vlad, je suis le petit frère de Zenzen. Enchanté.
- Je m'appelle Hamed. Je suis archéologue. Ton frère est venu me trouver pour que je vous aide à localiser précisément le temple d'Askaär.
- Oh, c'est cool, ça, a répondu mon frère.
- Hahahaha ! Nous repartons ! Hahahahaha !! A dit East, en riant, au volant du char.
- Beuheuheuh … oui … Beuuuheuuuheuuuh … c'est parti-iiii … Beuuuh, a enchainé West en pleurant.
- … C'est quoi leurs problèmes, à eux ? A demandé Hamed à Lucio.
- Ne cherche pas, a murmuré le démon à l'adresse de l'historien.

Je suis entré le dernier dans le char. Je me suis assis avec tout le monde. Il y a eu un grand silence, je me sentais de trop. Vlad m'a souri, m'a pris dans ses bras et m'a dit « Bon, Zenzen ! Il est temps que tu connaisses le plan ! ».

Mes yeux se sont illuminés.

Nous nous sommes réunis autour de mon livre, qui affichait une carte détaillée des montagnes d'Askaär. Sakuro a désigné un point à l'ouest et a expliqué que notre aventure commencerait « Ici ». Shin a renchéri en disant qu'il pensait que le village d'Askaär se trouvait « Là » (En plein milieu, mais un peu vers le nord.). Alors Lucio a proclamé que nous devrions aller « là ». Hamed, après un bref calcul avec Sakuro, a décrété :

- Bien. En tenant compte de la superficie des montagnes, de la probabilité de se faire attaquer par des bêtes sauvages et de l'environnement … Je pense que nous mettrions beaucoup moins de temps à pied qu'en char. Aussi je pense à une fourchette de quatre jours à pieds et de vingt jours en char.
- Bon, eh bien, il va falloir se délester alors, a suggéré Lucio.
- Je vois ça, a répondu Mister Distorsion, qui observait la scène attentivement. Je ne pourrai donc plus vous suivre, dès que nous aurons atteint les montagnes.
- Voilà, a dit Hamed. Désolé.
- … Ce n'est pas grave. Enfin … nous arriverons dans deux heures, au mieux. Les montagnes sont déjà visibles, venez voir.

Nous avons mis la tête dehors :

De gigantesques montagnes s'étendaient à perte de vue, blanches comme neige, imposantes et surtout majestueuses. Je n'arrivais pas à croire que nous allions les explorer. Je savais qu'une petite partie était habitée, mais rien de plus. J'ai ouvert le livre de géographie de Pumpkin Hill et j'ai recherché le chapitre sur les montagnes d'Askaär. Après l'avoir trouvé, j'ai lu à voix haute le passage qui m'intéressait :

- Eh, écoutez ça : « Les montagnes d'Askaär : Un lieu de nature sauvage et intemporelle. 372,82 miles de roche, de glace et de mystère. La faune et la flore de ces montagnes est à l'échelle C (semi dangereuse.), il est donc conseillé de l'explorer avec des équipements, pour ne pas se retrouver en situation périlleuse. Il n’y à actuellement qu'un seul village habité, au flanc ouest de ces montagnes. [...] »

- Et donc ? A demandé Vlad.
- Et donc nous allons pouvoir nous ravitailler au village qui se trouve au bout de la route, pardi. Et nous équiper pour cette expédition, ai-je expliqué.
- Nous équiper en quoi ? A rétorqué Shin.
- Ben … en harnais, en cordes, ce genre de choses. Vous ne croyez pas ?
- Tu sais, nous savons presque tous voler. Ce genre de chose ne sera pas utile à mon avis … a répondu Sakuro, qui regardait la carte. D'ailleurs, à vol d'oiseau, nous réduirions le temps de parcours de 45%.
- N'oublie pas que nous ne pouvons pas voler à l'infini, comme toi, a repris Shin.
- Oui. Porter Vlad et Gozen sera compliqué sur la durée, a conclu Lucio.
- Ne vous en faites pas, ma transformation me permet de porter des gens sur de très longues distances, a rétorqué Hamed en souriant.
- J'ai lu sur le livre que le village se nommait « Aval », bien qu'il soit en amont.
-Encore un maire givré, j'en suis sûr, a rétorqué Lucio.
- Radical Highway est une spécialiste des villages aux maires dérangés, tu sais, a répondu Hamed en regardant l'horizon par la fenêtre.
- Tant que je ne suis pas jeté en prison, ça ne me dérange pas. Pas deux fois de suite, ai-je marmonné.

Les chars se sont arrêtés, quelques heures plus tard, au pied du panonceau qui indiquait que nous entrions dans le village d'Aval. Ce n'était pas vraiment un village à proprement parler. C'était une montée géante bordée de maisons qui longeaient radical Highway jusqu'à son extrémité (Un tunnel.). Les chars sont montés jusqu'au tunnel. Le sol commençait à être parsemé de neige. L'air s'était rafraîchi. Vlad et Hamed sont allés acheter des provisions dans le magasin que l'on avait vu en traversant le village. Shin et Lucio se sont assis sur un rocher, tandis que Sakuro bidouillait une machine.

- Qu'est-ce que c'est ? Lui ai-je demandé.
- C'est la machine qui va nous permettre de localiser les clés.
- Le traceur krystoïdal ?
- Voilà. Je vous en ai parlé. C'est un Plugin que j'ai trouvé à l'usine.
- T'es vraiment un kleptomane en fait, ai-je répondu tranquillement.
- Eh. C'est mieux que nous l'ayons plutôt qu'il l'ait lui.
- Certes … enfin : à quoi cela va bien nous servir, finalement ?
- Ah, c'est vrai, tu es parti lire. Bon, laisse-moi t'expliquer notre plan d'action en détail alors.
- Vas-y, je suis tout ouïe.
- Très bien. Alors voilà : comme tu le sais, nous supposons que les clés sont éparpillées un peu partout dans le monde. Moi, je n'ai été conçu que pour tracer la clé du temps, donc je suis inutile.
- Ne te sous-estime pas. Ta force de frappe est très intéressante !
- Merci ! Mais … au niveau krystoïdal, seules mes connaissances servent. J'ai émis l'hypothèse, dans le char, que le temple d'Askaär, même vide, doit encore être imprégné de la puissance magique des reliques. Ce qu'il faudrait donc, c'est remonter dans le temps pour capter, grâce à cet appareil, les ondes krystoïdales des clés du passé puis revenir dans le présent pour les chercher avec ce que l'appareil a enregistré dans le passé.
- … Ce n'est vraiment pas clair.
- Ah, euh … pour résumer : tu vas dans le passé, tu cherches les clés, tu reviens dans le présent quand l'appareil dit « Ondes krystoïdales enregistrées. » et voilà !
- Ah ! Tu vois, quand tu veux. Mais combien de temps cela va me prendre ? Ai-je demandé.
- Ça, je ne peux pas le savoir. Nous allons essayer de te faire remonter le temps en espérant que tu atterrisses dans le temple ou à proximité. Dans le passé, tu seras seul.
- Mais pourquoi je dois y aller moi ?
- Parce que tu es le détenteur de la clé du temps, pardi, a déclaré Sakuro.
- Ta logique m'énerve.
- Merci.
- Ce n'est pas un compliment ! Ai-je craché.

Hamed et Vlad sont revenus. Le Gomme-bag de mon frère avait l'air un peu plus rempli.

Nous nous sommes tous regardés et avons longuement scrutés le tunnel.

- C'est parti, a dit Mister Distorsion.
- Vous venez avec nous ? A demandé Hamed.
- B … bien entendu ! A répondu l'homme.
- Euh … très bien mais sans véhicules, dans ce cas, a expliqué l'antiquaire.
- Pourquoi !? A répliqué Mister Distorsion, qui a paru outré.
- Parce que nous y allons en volant, a répondu Lucio. Et aux dernières nouvelles, vous ne savez pas voler. Ni vos engins, d'ailleurs. Nous en avons déjà parlé.
- … Soit. Alors je ne viendrai pas. C'est bien dommage.
- On est vraiment désolés … ai-je dit. Mais vous pouvez quand même venir … Je ne sais pas voler non plus, Hamed vous transportera !
- Non, petit. La troupe a besoin de moi. Et puis je pense que je vais chercher la clé des dimensions de mon côté.
- … Très bien … à bientôt, alors ? Ai-je demandé, avec une pointe de regret dans la voix.
- Bien entendu ! Je te recontacterai si j'ai du nouveau !

Mister Distorsion m'a tapé le dos fermement, avec un grand sourire d'enfant et a dit dans mon oreille : « Un détenteur, ce n'est pas comme un gardien. Tu as en toi quelque chose d'exceptionnel, exploite-le à fond. »

J'ai acquiescé sans trop comprendre. La troupe de Distorsion D. a fait, non sans mal, demi-tour et est partie, nous laissant là. Nous nous sommes regardés et avons foncés dans le tunnel.



























CHAPITRE 32 : Faire un détour de deux jours en quelques leçons.






Les montagnes d'Askaär sont surtout faites de gris, de blanc et de vert, disséminés ça et là sur environ six cents kilomètres carré de superficie. Nous avons marché deux bonnes heures. L'air devenait de plus en plus glacial, et le vent tentait de nous mordre. Nous avons décidé, avant de nous envoler, de mettre des vêtements plus chauds, en prévision du cœur de la chaine montagneuse. Seul Lucio est resté en Tee shirt, car ses cornes, produisant des étincelles électriques, faisaient office d'auto-radiateur. C'est une façon comme une autre d'utiliser ses pouvoirs, en somme. Hamed a utilisé son bracelet en bronze pour se transformer en cet oiseau géant que nous avions vu, dans la forteresse de Miliana. Sakuro a activé les réacteurs qui se situaient sur ses talons, et les jumeaux sont passés en mode pilotes ailés. Seuls Vlad et moi, complètement largués, nous sommes fait tracter par Hamed version oiseau de la mort .


Vus du ciel, les pics rocheux s'étendaient à perte de vue. Jusqu'à l'horizon, et sûrement plus loin encore. Hamed nous a fait un cours d'une heure, tout en volant, sur les particularités magnétiques des roches d'Askaär, que les gens prélevaient pour créer des boussoles improvisées à partir de pierre de saphir encore à l'état brut. C'était intéressant, mais j'avais surtout envie de trouver ce fameux temple d'Askaär. La clé du temps semblait réagir aux particules Krystoïdales contenues dans l'air. A mon avis, le centre synergique de la magie présente dans ces lieux était bien moins loin que ce que l'on ne s'était imaginé. Quelques heures de vol à pleine vitesse passent plus vite que ce que la moyenne des gens pensent. La seule sensation désagréable … pour moi en tout cas … était de recevoir de l'air froid sur le visage sans que cela ne cesse.

Sakuro, qui regardait la position du soleil, a indiqué qu'il allait bientôt faire nuit. Nous nous sommes posés sur une plaine rocheuse et enneigée, pas du tout à l'abri du vent, mais celui-ci semblait se calmer d'heure en heure. J'ai lu sur mon livre de géographie que la pression de l'air de cette zone était spéciale car malgré la neige, elle agissait à l'inverse d'un désert : C'est à dire froid le jour, tiède, voire chaud la nuit. De ce fait, nous avons fait un feu pour la forme mais nous n'avions nul besoin de nous réchauffer. Mister Distorsion avait donné à Vlad quelques tentes, qu'il avait rangées dans le Gomme-bag. Invention utile, ce sac, avec ses propriétés de contenance exponentielle. Nous dirons ce que nous voudrons, A.R.K ne faisait pas les choses à moitié.

La nuit est passée sans encombre : Sakuro, dans ses propriétés d'androïde, comptait une insomnie chronique. Nous allons plutôt dire qu'il n'avait pas besoin de dormir, ce qui lui permettait de monter la garde.


Je me suis réveillé assez tard dans la matinée. Tout le monde était déjà levé. Shin préparait le déjeuner avec des fruits qu'il avait récolté, Sakuro bidouillait le traceur krystoïdal qu'il m'avait montré la veille, et Hamed est venu vers moi, fier de me montrer un objet circulaire, fait de roche :

- C'est une boussole de saphir, je vous en ai parlé hier, tu te souviens ?
- Bien entendu. D'où tu sors un saphir, comme ça, au fait ? Ai-je demandé, perplexe.
- Sakuro me l'a ramené, dans la matinée. Je lui avais demandé de m'en chercher un.

La pointe, faite en roche, dont la partie supérieure semblait peinte en rouge, indiquait, d'après Hamed, le nord. Soit... Lucio est revenu avec la carcasse d'un animal qui ressemblait à une espèce de cerf sans cornes.

- Ça sera pour tout à l'heure.
- Je vais le préparer ! A répondu Shin, enthousiaste.

Vlad, au coin du feu, emmitouflé dans son manteau, jouait un air de Jazz, avec son Saxophone. L'instrument devait être glacé, je plaignais ses lèvres.

Tout allait bon train, on aurait presque dit que l'on pique-niquait, plutôt que de s’apprêter à sauver le monde. Sakuro a poussé un petit cri victorieux, genre « Yosh ! ». Nous nous sommes tous retournés.

Sakuro a fièrement levé le traceur krystoïdal et a annoncé :

- Grâce au Saphir que j'ai récolté pour Hamed, ce matin, j'ai réussi à tracer l'hypothétique chemin qui pourrait nous emmener au centre d'Askaär. En prenant en compte de la position du soleil et la façon dont réagit la clé du temps, il est possible, en suivant les indications du traceur, de pister les ondes krystoïdales. Dès que la machine dira « Vous êtes arrivés ! », nous serons dans la zone où se trouve le temple.
- Oh ! C'est comme un GPS mais version temple ancien ? Ai-je demandé.
- Exactement, a répondu Sakuro, d'un air enjoué.
- Alors nous repartons quand vous voulez ! A dit Hamed, heureux.
- Après le repas, pitié, ai-je imploré.

Repas sans problèmes, si ce n'est les oiseaux qui essayaient de nous piquer notre nourriture … Nous avons volé pendant deux heures, quand Sakuro, boussole en main, s'est exclamé :

- Le temple d'Askaär ne devrait plus être loin, à présent.
- On a vachement réduit notre temps de parcours ! Ai-je répondu, heureux.
- C'est logique, a répondu Hamed. La boussole c'est surtout un gadget pour nous repérer … Le traceur krystoïdal de Sakuro est vraiment très utile ! Cela nous évite au moins une semaine à tourner en rond comme des idiots.
- Croyez-moi, on n’a pas fini de tourner en rond, a rétorqué Lucio. En admettant que nous ne trouvions pas le village rapidement, le temple d'Orion n'en sera que plus difficile à trouver, puisque les deux sont reliés.
- Les … les deux sont reliés ? A crié Hamed.
- Oui, tu l'as bien entendu, a répondu Sakuro.
- Ça alors … a dit Hamed … je ne pensais pas qu'il serait dans ce piège a touriste …euh je veux dire, un endroit si évident !
- Tu sais où il est ? Ai-je demandé.
- Ben … pas exactement, a répondu Hamed, mais je sais que ce village est une attraction touristique, maintenant. Pourtant le temple n'a jamais été découvert.
- Espérons-le, dit Vlad, avec une voix faible.
- De toute manière, a expliqué Hamed, personne n'allait visiter ce village, alors le propriétaire a sûrement dû déserter les lieux.

Nous avons débarqué sur une grande plaine rocheuse. Elle n'était étrangement pas couverte de neige. La boussole qu’ Hamed avait prêtée à Sakuro indiquait toujours le nord. Le traceur, lui, pointait une autre direction. L'androïde a fait remarquer que nous étions proches. Trois heures à pied, vers l'est, et nous y serions.

Nous avons marché pendant ce laps de temps, plus ou moins, car les jumeaux et Hamed commençaient à fatiguer. Je pouvais les comprendre. Seul Sakuro voletait encore à côté de nous. Il semblait avoir pris goût à ses réacteurs. Je vous fais une coupure sur le passage de la marche, car il ne s'est absolument rien passé. Hamed en a été le premier étonné, à ce propos. Il répétait sans cesse qu'il trouvait cela improbable qu'une telle région ne soit pas habitée par des bêtes féroces. Ceci dit : nous approchions du village d'Askaär, qui était à priori un lieu touristique. Peut-être que les propriétaires avaient ratissés la zone ?

Quelle ne fut pas notre surprise quand nous avons, au détour d'un bosquet, rejoins la route initiale ? Nous nous sommes tous regardés et avons compris une chose essentielle : si le village d'Askaär était un lieu touristique, alors il était normal qu'on y accède rapidement en suivant la route. Hamed a tapé son poing au creux de sa main et s'est exclamé : « Oh ! Mais c'est logique ! ».


Nous avions donc perdu presque deux jours à errer, alors que nous aurions pu y aller en deux heures. Enfin … au moins nous avions pu terminer le traceur et nous connaissions exactement notre route, ce n'est pas comme si nous nous étions baladés …

Une pensée m'est soudain venue au moment où l'on parlait des propriétaires de l'attraction :

- Dites … Et si jamais le propriétaire du village d'Askaär était A.R.K ?
- Ah, tiens, je n'avais pas pensé à ça, a dit Vlad.
- A vrai dire, cela tomberait sous le sens, a rajouté Sakuro. Après tout, le temple semble être à proximité du village.
- Il l'est, a répondu Shin. Mais aux dernières nouvelles, l'entrée est scellée. Alors pour retrouver la grotte, ça va être coton.
- Bah … moi j'espère juste qu'on ne va pas retourner dans cette stupide forêt trop vite. Je ne l'aime pas, a rétorqué Lucio.
- … Moi non plus. Mais il faut ce qu'il faut ! A répondu Shin, en souriant.

Inutile de vous préciser qu'aucun de nous n'a compris de quoi ils parlaient.

A force de longer le chemin sinueux, fait de roche et de neige, nous nous sommes retrouvés devant une énorme porte en bois massif. Un peu fragilisée par le temps, pleine de lierre. Au dessus de la porte trônait un panneau « Ruines d'Askaär, forfait adulte : 30 lask. Enfants 15 Lask, Famille : 45 Lask. »

- C'est ici, avons-nous dit en cœur, avant de rentrer.

Shin et Lucio ont été les premiers (et les seuls.) à avoir un choc. Ils regardaient les vieux stands de souvenirs érigés ça et là, les déchets de type fast food et cigarette, ainsi que l'énorme roue qui était en plein milieu de la place du village. Les maisons semblaient avoir été reproduites mais sans plus. Shin a regardé l'endroit et a dit :

- Soit on s'est trompés de village, soit j'ai raté un épisode.
- Eh … mille ans passés dans une clé, tu pensais que les choses n'évolueraient pas sans nous ?
- Mais … mais c'est catastrophique ! Je préférais encore le village en flamme ! Il avait sa dignité, au moins.
- Les gars, calmez vous … Ai-je dit. Ce qui est fait est fait, maintenant, cherchons ce foutu temple et finissons en.

Nous avons cherché une éventuelle grotte pendant trente bonnes minutes, scrutant toutes les parois. Shin nous a appelé, de loin. Il avait retrouvé l'endroit en refaisant le tracé, par rapport à « un événement passé », qu'il disait. Soit. L'entrée semblait être bouchée par un éboulement. Nous nous sommes retroussé les manches et avons enlevé les pierres une par une … Aucune de nos armes n'étaient efficaces contre de si grosses pierres. Sakuro, Hamed et Shin portaient les pierres facilement. Vlad et moi, on prenait les petites. Chacun sa force. Et Lucio, il ne faisait rien.

L'entrée a rapidement été débouchée. Elle donnait accès à une grotte teintée de vert et d'azur. C'était des pierres. Des pierres luminescentes, de partout ! Hamed a foncé dans le tunnel et a examiné toute les pierres :

- … Lapis-lazuli … Émeraude … Opale ! Mon dieu, mais cette grotte est faramineuse ! Resplendissante ! Je veux vivre ici et étudier toute ces pierres !
- Tu ne peux pas, ai-je dit, il faut se dépêcher avant que les propriétaires des ruines ne reviennent.
- … L'endroit à l'air fermé depuis longtemps, a répondu Vlad. Il semble abandonné, ou alors fermé pour la saison, je ne sais pas. Mais nous ne risquons pas de voir grand monde, si tu veux mon avis.
- C'est possible, ai-je répondu. Enfin … il est où, ce temple alors ?
- Le temple d'Orion se trouve derrière cette grotte, au fin fond de la forêt intemporelle, a expliqué Lucio.
- … Forêt intemporelle ? Ai-je demandé, sceptique.
- Oui, a répondu Lucio. C'est une forêt qui n'est pas soumise aux lois du temps. Enfin, qui ne l'est plus en tout cas. Je pense que c'est parce que le temple d'Askaär a été crée par Orion.
- Oh … je ne m'étonne même plus, ai-je répondu.
- Ce sera une expérience intéressante ! A dit Sakuro, enjoué. Gozen, tu sais ce que tu as à faire, n'est ce pas ?
- … Remonter dans le temps et retourner ici pour enregistrer des données sur les clés, c'est ça ?
- Exactement, a approuvé Shin. D'ailleurs tu n'auras pas la clé du temps, dans le passé. Il te faudra compter sur tes propres ressources pour survivre.
- Oh. On va s'amuser. Et si jamais je meurs ?
- Nous disparaissons tous, a répondu Lucio.
- … Comment ça ?
- Eh bien … si tu meurs dans le passé, Orion considèrera que ta naissance n'aura pas eu lieu, et toute notre dimension actuelle sera chamboulée et complètement déformée, a expliqué Shin
- En bref : si tu ne veux pas provoquer la fin du monde, survis dans l'ancien Askaär, a conclu Lucio.
- … Charmant, ai-je répondu, avec une pression d'enfer sur les épaules.

Vous savez … depuis deux semaines je baignais carrément dans ces histoires de paradoxes temporels, de fin du monde et de patron d'usine destructeur. Je devrais être habitué à ces situations là, maintenant; et pourtant je désirais, quelque part, être encore surpris. Je vous explique mon point de vue :

Alors que nous entrions dans le tunnel, suivant de près les jumeaux, qui nous avaient conseillé de ne pas nous éloigner, je me rendais compte plus précisément de cette pression démesurée qui me sciait les épaules. En fait, je désirais en voir plus, en savoir plus. Mon instinct s'était réveillé ? Ou alors j'avais enfin la sensation de vivre pleinement ma vie ? Je ne savais pas. J'avais aussi envie de me faire croire que c'était mon côté littéraire qui cherchait l'inspiration pour un éventuel livre. Tout cela me dépassait mais j'avais décidé de ne plus me plaindre, et de prendre tout cela au sérieux. C'est en voyant les efforts des jumeaux pour retrouver le temple, de Sakuro pour résister à son maître, et c'est aussi en observant mon frère qui tenait à me protéger, en connaissant les conséquences de nos actes, que je me suis rendu compte que moi non plus je ne devais pas les décevoir.

J'ai ouvert les yeux sur une forêt … gigantesque. Il n’y avait aucun son, aucune couleur vive … Tout était fait de gris et de blanc, comme si nous étions entré dans une vieille photographie.

- Le temple d'Orion devrait se trouver non loin, a dit Shin, en pointant une direction, du doigt. Nous ne serons pas dérangés, logiquement.
- … C'est vraiment difficile, a râlé Sakuro.
- Qu'est ce qui est difficile ? A demandé mon frère.
- … La pression Krystoïdale temporelle … elle est vraiment … j'ai l'impression que je vais exploser !
- C … calme toi, Sakuro ! Ai-je crié. Reprends-toi ! Pour ton bien … et le nôtre.
- Je …oui … je vais essayer.
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Mar 3 Jan 2012 - 19:14
Ce chapitre est plutot déroutant ça change un peu du héros-GPS qui se dirige toujours au bon endroit. Bon certes il fait pas beaucoup progresser l'histoire mais je trouve que le dernier apporte un p'tit côté humain au personnage qu'est Gozen ^^.
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Gozen Arkaÿlis a écrit :
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Mar 3 Jan 2012 - 19:21
J'aime quand les gens comprennent le but de mon chapitre =/


Link, je te décerne la médaille du No shit sherlock, j'avais peur que personne capte l'interêt. XD
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Invité a écrit :
Mar 3 Jan 2012 - 19:46
J'ai l'impression d’être depuis 4 chapitre dans la partie calme du récit. Un peu comme les quêtes annexes que tu fais dans un rpg avant de POWNED le boss finale, c'est plutôt sympa :)

J'ai hâte de voir ce voyage dans le temps, histoire que les chose redeviennent un peu épique!
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Gozen Arkaÿlis a écrit :
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Quatuor Universel
Mar 3 Jan 2012 - 19:48
C'est normal qu'il y ait des parties calmes, c'est ce qui fait un bon récit je pense =D
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Invité a écrit :
Mar 3 Jan 2012 - 19:52
Un peu de calme avant ou après une grosse tempête ça fait toujours du bien ^^
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Gozen Arkaÿlis a écrit :
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Quatuor Universel
Mar 3 Jan 2012 - 20:00
Ouaip ^o^

Et puis comme l'a souligné Link, les héros-GPS je déteste ça. XD
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Gozen Arkaÿlis a écrit :
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Quatuor Universel
Mer 4 Jan 2012 - 17:33
Voici la suite ~ !


CHAPITRE 33 : Je voyage dans le temps, et ça ne fait pas du bien à mon estomac.





La forêt d'Orion, comme l'a appelé Lucio, est une forêt gigantesque où la relativité temporelle est encore plus nulle que je peux l'être en mathématiques. Dans ce lieu où l'on ne vieillit pas, j'ai été surpris de ne rien entendre. Et pourtant, bien que très silencieuse, la forêt où nous nous trouvions n'en restait pas moins … oppressante, et un parfum de mystère planait ici … ou alors c'était ma transpiration, je n'ai franchement pas cherché à savoir. Car il est vrai qu'ici, il faisait relativement tiède, par rapport à l'autre côté de la grotte où on frisait les -10 degrés C°.

Après quelques temps de marche, nous nous sommes arrêtés devant d'immenses escaliers. Ils semblaient neufs, de même que le bâtiment auquel ils aboutissaient. Le temple d'Orion était devant nous. C'était une immense bâtisse triangulaire, faite de milliers et de milliers de pierres orangées, taillées en rectangles. Comme une pyramide en lego grandeur nature, et encore. Shin et Lucio se sont raclés la gorge. Hamed en à fait de même, mais il n'était visiblement pas effrayé. Bien au contraire, il semblait en pleine forme, voire surexcité par la vision qu'il avait devant lui. En même temps j'ai dû reconnaître que c'était logique pour un archéologue de s'émerveiller devant un bâtiment ayant des millénaires d'ancienneté, mais qui a réussi à rester intact, relativité temporelle oblige. Vlad a donné un coup de pied puissant, sur la première marche de l'escalier. Il est venu vers moi en boitant et s'est exclamé, fier :

- Je confirme que c'est de la pierre ! On peut monter sans crainte.

Je l'ai dévisagé. Il était évident que Vlad tentait de m'enlever un peu de pression avec une blague débile, mais c'était inutile, quelque part. Vous allez me trouver étrange, mais … vous aurez sans doute remarqué que mon avis quant à cette histoire varie au cours des jours … ? C'est normal. Je ne savais pas moi-même si je devais me réjouir ou pleurer devant la mission qui m’incombait. Bien que, comme précisé plus tôt, je me sentais enfin vivre normalement.

Nous avons monté les marches une à une, jusqu'à atteindre une entrée qui faisait quatre fois ma taille. Il n’y avait pas à dire, le temple d'Orion était vraiment grand … mais tout en longueur. La salle où l'on se trouvait semblait petite, face à l'immense monument que nous avions escaladé. Bon, je dis « plus petite » mais elle faisait quand même la surface de ma maison à elle toute seule, cette salle. Le tour de la pièce carrée, était parsemé de torches qui brûlaient depuis des centaines d'années. Les lumières, vives, montraient des pictogrammes et des écritures anciennes. Sakuro et Hamed s'en sont approchés :

- … Je ne comprends rien du tout, a dit Hamed, désolé.
- Même pour moi, cette écriture est trop ancienne, a avoué Sakuro. Ma banque de données ne va pas jusqu'à cette époque.
- Moi je peux lire, si vous le voulez, a proposé Lucio.
- Tu peux !? A demandé Hamed, déconcerté.
- Bien entendu. Cette écriture date seulement de nos grands parents, à Shin et moi. Rappelez-vous que, mine de rien, nous avons plus de mille ans.
- Euh, les gars. J'ai un problème, ai-je dit à mi voix.
- Qu'est ce qu'il y a, a demandé Vlad ?
- Oh … Ben … y a juste une espèce d'ombre qui essaie de me voler ma clé. Ai-je avoué, tandis qu'une créature obscure essayait d'arracher la clé de mon collier.
- … ! Oh ! C'est un gardien de matière. Orion en a posté dans cette pièce puisqu'elle abrite, à la base, les clés. Prononce « Moi, Orion, créateur de l'axe temporel, vous ordonne de vous retirer dans les limbes. » dit Shin, en regardant la créature.
- Ah. Très bien. « Moi, Orion, créateur de l'axe temporel, vous ordonne de vous retirer dans les limbes. » ai-je prononcé.

La clé s'est mise à s'illuminer et la créature d'ombre, dans un rugissement strident, s'est effectivement retirée en fondant et en coulant dans le sol, comme de l'eau qui s’infiltrerait dans un creux.
- … Je suis vraiment le seul effrayé par ce genre de choses ? A demandé Vlad, collé au mur.
- Ouais, a dit Lucio en le tirant par le bras. Viens par là, plutôt.

Nous nous sommes réunis autour de quatre socles de couleurs différentes. Ma clé a vibré devant le socle en or. C'était évident, elle voulait le rejoindre.

- Pas tout de suite. Ai-je dit.
- Mais pourquoi ? A tonné la voix de Min'Orion. Je veux retrouver ma place !
- Moi aussi je veux me débarrasser de toi mais a priori il va falloir attendre un peu.
- … Pourquoi ?
- Parce que nous allons faire un saut dans le passé.

Les jumeaux ont pris ma clé et l'ont posée au sol. Une incantation de Shin l'a faite léviter. Après un bref temps de parole, et une incantation de ma part qui disait «Moi, Orion, décide de revenir en l'an 1053, ici-même. », la relique s'est mise à briller, puis a créé une sorte de boule lumineuse, qui semblait absorber l'air autour d'elle, comme un mini trou noir. Je trouvais les couleurs tout simplement parfaites. Shin m'a donné la marche à suivre : Aller à l'intérieur de la faille pour accéder à l'arbre de mon subconscient, et entrer la clé du temps dans la serrure qui s'est formée sur l'écorce. Ceci fait, je devrai choisir la bonne date et passer la porte temporelle … quelque chose comme ça. Bah … je verrai. J'allais rentrer dans la faille, quand Hamed m'a retenu. Il a fouillé dans son Gomme-bag en vitesse, avant de sortir un objet que j'avais déjà vu. C'était un long bâton en bois, où une pierre variant entre le jaune et le vert très clair tournoyait paisiblement.

- Le … Bâton de Miliana ? Mais, nous n'avions pas détruit la topaze ?
- Je l'ai conservé, m’a avoué Hamed. Et la topaze … eh bien … Je l'ai reconstitué !
- Quel est l'intérêt ?
- Pour l'étudier. Enfin … il te sera plus utile à toi qu'a moi. Et tu n'as rien à craindre pour ce qui est de la possession. J'ai réglé ce petit … détail, a précisé l'historien.
- Il ne garantira pas ma survie à mon avis, ai-je murmuré.
- C'est déjà mieux que rien, et puis c'est tout ce que j'ai, a répondu Hamed, en me tendant le bâton orné.
- Merci.

J'ai serré la main de Hamed, et j'ai dit « Au revoir » à tout le monde … j'étais un peu triste de les laisser, comme ça … mais bon. Je suppose qu'ils allaient me revoir vite.

- A tout de suite … je crois, ai-je dit.
- Ne t'inquiète pas, a répondu Sakuro. Si dans cinq secondes nous sommes tous morts, nous saurons que tu as échoué.
- Ça va être les cinq secondes les plus horribles de ma vie, a déclaré Vlad à mi-voix.
- Je fais confiance à Gozen. Bonne chance ! A dit Shin.
- … Ouais. Bonne chance à moi, ai-je répondu avant de rentrer dans la faille.

Quand on rentre dans ce genre de faille, qui nous mène droit à notre subconscient, on s'attend généralement à une lumière aveuglante, suivie d'une brise fraîche mais reposante, ainsi qu'une odeur familière. J'avais bien appris ma leçon en tout cas. Cela faisait la troisième fois que je venais ici. Mon arbre, un immense chêne, avait encore grandi, il me semblait. Le tronc, un peu plus brun qu'auparavant, dégageait une aura bienfaisante, qui me donnait de bons frissons; comme quand on saute dans une piscine fraîche une après-midi d'été particulièrement chaude. Dans ce genre de lieu, tout tes sens sont en éveil : La vue, l'odorat, le toucher, et je vous passe le reste. En bref : C'est une sensation que l'on ne peut avoir nulle part ailleurs.

Le tronc du chêne possédait une serrure que je voyais pour la première fois. Elle était plus grosse qu'une serrure normale, lumineuse au possible et surtout attirante. La clé du temps était posée juste à côté, appuyée à une racine. Elle avait la même taille que sous sa forme d'épée mais ressemblait en tout point au collier. Ce devait être une transformation spéciale. Je l'ai prise à deux mains, et sans hésiter j’ai enclenché la relique dans la serrure faite en écorce. La clé s'est d'elle même tournée une fois vers la droite. La lumière a été aveuglante, puis l'écorce s'est transformée en une multitude de failles de toutes sortes et de toutes tailles : Des petites, des grandes, des carrées, des rondes, des violettes ou des noires … des époques de ma vie passée que je pouvais voir comme si je regardais un film. Les multiples failles ont commencé à vibrer puis se condenser, avant de se réunir en une grande faille, bleu marine et noire.

La faille donnait sur une forêt enneigée, une nuit, quelque part. L'an 1053 ? A quoi cela pouvait-il ressembler ?

Hésitant, j'ai mis un doigt dans la faille Il s’est produit une onde troublante, comme si j'avais mis le doigt dans de l'eau. D'un coup j'ai ressenti une sensation étrange. C’était comme si j'étais happé par quelqu'un ou quelque chose. J'ai vu trouble quelques instants, la douce musique qui résonnait à mes oreilles s'est accélérée d'un coup et est devenue dissonante, je ne pouvais plus respirer, et mes intestins faisaient du macramé.


Sans que je ne comprenne pourquoi, je me suis retrouvé allongé sur une vaste étendue neigeuse. Il faisait nuit noire et des arbres massifs m'entouraient. Pris d'une étrange fatigue, je crois bien m'être endormi …





















CHAPITRE 34 : Il faut respecter les panneaux d'interdiction.





Un bruit sourd m'a réveillé en sursaut. Ma veste était mouillée, chose désagréable au possible. L'endroit où j'étais assis était rugueux et froid, et par dessus-tout, les arbres autour de moi bougeaient … Où alors, c'était moi qui bougeais.
J'étais sur une sorte de charrette en bois, à l'air solide, tirée par une espèce de Gnou gris, sans corne. J'entendais la voix de deux personnes près de moi. Ces voix me semblaient familières, mais je n'ai pourtant pas réussi à les distinguer, avant de tourner la tête à droite et à gauche … Est-ce que je rêvais ?

- Bien dormi, étranger ? M'a demandé une voix claire et enjouée.
- Pff … encore heureux que nous t'ayons trouvé, tu serais mort de froid à l'heure qu'il est, a rétorqué une voix plus rauque, et bien moins joyeuse.
- … Shin ? Lucio ? Ai-je marmonné.
- Mh ? Tu as dit quelque chose ? A demandé Shin.
- Euh … non, non ! Ai-je répondu en paniquant.

Que faisaient Shin et Lucio ici, habillés comme des paysans, avec leurs grands manteaux à poils gris et leurs ceintures faites de cordes ? Je ne comprenais pas.

J'avais, à côté de moi, le Gomme-bag, qui n'avait pas bougé, mais ma clé n'était plus autour de mon cou. La sensation était désagréable. J'avais l'impression d'être nu. C'est en les regardant de plus près que j'ai compris la situation : J'avais bien fait un bon de mille ans en arrière ! Donc j'avais en face de moi les Shin et Lucio d'autrefois. Ceux qui ne savaient rien de mon existence. Je me suis redressé, légèrement paniqué. Comment atteindre le temple d'Orion, désormais ? Il n y avait aucune chance à présent.

- Sinon … Comment cela se fait-il que nous t'ayons retrouvés dans la neige, comme ça ? A demandé le Shin d'antan, perplexe.
- Euh … Eh bien … Je me suis … perdu ?
- Perdu ? A rétorqué le Lucio d'autrefois. Qui ne le serait pas, dans ces montagnes.
- Nous ! A répondu son frère. Mais nous sommes de fiers guerriers d'Askaär, aussi.
- … Pas moi, a lancé Lucio.
- Le village d'Askaär … ah, oui ! Conduisez-moi là-bas, s'il vous plait !
- Mais t'es qui, d'abord ? A demandé Shin.
- Moi ? Je viens du fut- Euh. Je m'appelle Gozen. Enchanté.
- De même, a répondu Lucio. En revanche, je ne sais pas vraiment si nous avons le droit de te conduire au village, comme ça.
- Bah … Mhort sera clément, non ? A demandé Shin.


J'étais tranquille, dans la petite charrette. Elle était pleine de paille et de cailloux, ce qui faisait une sensation étrange entre position agréable et désagréable. Le chemin était de moins en moins enneigé, seulement le vent se refroidissait, devenait vraiment mordant. Shin m'a passé un manteau : il était chaud et duveteux.

Le village a été rapidement en vue : l'immense porte, auparavant couverte de lierre, semblait étincelante aujourd'hui. Bon, en même temps nous étions dans le passé, quoi de plus logique que de voir le paysage neuf ? Je me suis surpris à constater que le périmètre en question semblait protégé par une espèce de champ magnétique qui penchait entre le rose et le mauve :

- Le bouclier d'Orion décidera de ton passage … a commencé Shin.
- Ou non, a terminé Lucio.
- Je préfèrerais que ce soit oui, ai-je dit en baillant. Le voyage temporel m'avait quelque peu anesthésié le cerveau.

Nous avons lentement passé le bouclier d'Orion. A mon grand soulagement, ce dernier ne m'a rien fait. J'irais même plus loin en affirmant que je me suis senti beaucoup mieux après l'avoir traversé. Je suis sorti de la charrette et j'ai aidé les deux frères à pousser l'immense porte en bois du village. J'ai été surpris de voir le village d'Askaär « neuf », habité, voire animé. Nous avons traversé le village d'une traite, pour arriver à la place principale, où il y avait un puits. Un homme imposant, torse nu, malgré le froid, y était adossé, les bras croisés. Il avait sur sa tête une couronne faite de feuille et un long pagne qui descendait plus bas que ses genoux. Ses yeux bleus perçants m'ont traversé comme la foudre, j'en ai eu des frissons. Son ventre était protubérant et il possédait une longue moustache blanche, aux extrémités gelées, ainsi qu'un semblant de barbe.

- Bonjour, Mhort ! A commencé Shin. Nous avons apporté un invité.
- Disons « importé un invité » plutôt … il n'est pas d'ici, lui, a conclu Mhort en m'observant.
- C'est possible, a répondu Lucio. Mais j'ai du mal à croire qu'un être extérieur aux montagnes ait pu survivre seul, si facilement.
- Crois moi, Lucio, les peuples extérieurs ne sont pas à prendre à la légère … si nous n'avions pas les montagnes d'Askaär comme rempart naturel, ainsi que le bouclier d'Orion, qui sait ce qu'il serait advenu de nous ? A expliqué l'homme, qui n'avait pas détaché son regard de moi.

Je n'ai rien dit. C'était plutôt dur de tenir une conversation avec ces gens. Je n'avais de toute façon rien à dire … je me voyais mal débarquer comme une fleur et demander au chef du village « Dites-moi, mon brave. La forêt d'Orion, c'est par là ? »

Dans tous les cas, j'ai été étonné de constater que l'entrée de la grotte qui menait au temple d'Askaär n'existait pas. J'avais pourtant bien scruté la montagne, mais n’avais rien vu.

- N'oubliez pas que la fête en l'honneur des quatre dieux est dans sept jours. Vos offrandes sont elles prêtes ?
- … Je ne pense pas que ce genre de chose se prépare sept jours à l'avance, Mhort, a rétorqué Lucio.
- Faites comme vous le sentez. Shin, j'ai des problèmes au niveau du toit de ma maison, j'aimerais que tu ailles voir et que tu me dises de quoi il retourne, a demandé le chef du village à l'adresse du blond.
- C'est comme si c'était fait ! Ah, Gozen … fais comme chez toi, surtout.
- Ne dis pas ça à un étranger, Shin. Qui sait ce qu'ils font, chez eux … a rétorqué Lucio en me toisant.
- Ah, ah, ah. Excuse mon frère, il est plutôt vigilant.
- Pas de problème, je suis … habitué. Enfin. Je te suis.

Nous sommes partis vers l'est : Le village d'Askaär était plus grand que ce que j'imaginais. Il faut tout de même dire que je n'ai pas eu le temps de l'inspecter, dans mon présent. Aussi ai-je été étonné de voir un immense lac gelé, derrière la maison du chef du village. La maison de Mhort était faite de bois et de paille, mais rien à voir avec les huttes que j'avais aperçu jusqu'à présent : C'était la hutte de luxe modèle familial, croyez moi. Shin a sorti une échelle faite en bambou puis il est monté sur le toit. Il m'a demandé de tenir l'échelle puis de me lancer divers matériaux qu'il me citerait. Soit, j'ai obtempéré.

Lucio, lui, est rentré dans la maison du chef. Quelques minutes plus tard, je l'ai vu sortir avec une ravissante fille : une blonde aux yeux verts. Elle avait quelques traits de Mhort, mais en vraiment … mieux. Lucio paraissait un homme nouveau : Il souriait ! De plus, il riait joyeusement ! Là, on frisait la science fiction. Tous deux sont partis en direction du lac. J'ai interpellé Shin :

- Dis moi, c'est qui la fille, là ?
- Elle ? C'est Marion, la fille de Mhort. Ravissante, n'est ce pas ?
- Oui, plutôt. Pour que même Lucio ait succombé, c'est qu'elle n'est pas de ce monde.
- Ah ah ! Si, crois-moi. Lucio est fou amoureux. Même pour une carapace comme lui, cela peut arriver. C'est la preuve que tout est possible.
- Et elle ?
- Je crois qu'elle a un semblant de sentiment qui se forme, mais ils sont bien trop timides l'un et l'autre pour se l'avouer.
- … J'aimerais bien faire quelque chose pour lui.
- Moi aussi, Gozen, mais Lucio est têtu. Jamais il ne te laissera faire. Tu peux me passer un peu de paille et une planche de bois s'il te plait ?
- Ah, oui, tiens. Et … pour cette fête en l'honneur des dieux, qu'est ce que c'est ?
- C'est une fête annuelle qui permet de régénérer le bouclier d'Orion. C'est aussi à ce moment là que s'ouvre le chemin pour accéder au temple d'Orion.
- Ah ? Alors il faudra que j'y aille à ce moment là.
- Y aller ? Tu es fou ? Personne ne te laissera y aller ! Orion lui-même t'en empêchera. C'est strictement interdit. Bien trop dangereux. Pour nous et pour l'équilibre du monde.
- Tu as l'air d'en savoir beaucoup, ai-je fait remarquer.
- C'est normal. J'habite ici après tout. Passe-moi quelques rochers et les clous s'il te plait. Le toit de Mhort est sacrément amoché. En temps de pluie ça doit être la galère.
- Il pleut, ici ?
- Par pluie j'entends neige qui peut éventuellement fondre de temps en temps. Quand il fait très chaud … Genre 3 degrés.
- … Chaud ? Vous n'allez pas tenir, à Bazzer. Ai-je marmonné.
- Quoi ?
- Non, rien du tout !

La fête était dans sept jours. Cela m’obligerait à patienter une semaine pour accomplir ma mission. Moi qui désirais en finir vite, c'était raté. Je suis allé flâner à côté du lac. Il était immensément grand. C'était la première fois que je voyais quelque chose de tel. Il semblait cristallin, de par le fait qu'il était gelé. La neige l'entourait, et il y avait au loin une grande forêt de sapins. Pris d’une envie subite de m’amuser, j'ai décidé de glisser sur la surface gelée du lac. Mon but était simple : le traverser d'une traite, pour le fun. Après, j'irai lire le livre sur le projet Narura, pour voir si je pouvais trouver d'autres indices sur le code Ami.

J'ai foncé comme un dingue sur l'immensité glacée. Cela a été amusant, vingt secondes. Puis, la glace a craqué et je suis tombé dans de l'eau tellement froide que mes doigts ont semblé se détacher de mon corps en m'insultant. C'est fou la vitesse à laquelle je pouvais me retrouver dans une situation périlleuse. Bien que je souffre le martyr entre le froid et la noyade, je me suis étonné que cela ne me soit pas arrivé plus tôt.

Le temps de perdre connaissance, et j'étais allongé dans un lit. Lucio et Marion étaient à mon chevet. Le brun, désespéré, m'a dit pour première et unique chose :

- … Quand il y a un panneau « Interdiction de traverser ! », ce n'est pas pour rien.
- Désolé … je ne l'ai pas vu.
- Allons, Lucio. Ne soit pas si dur avec lui. C'est vrai que c'est tentant de glisser sur le lac, tout de même ! A dit Marion.
- Peut-être, cependant les règles sont les règles … enfin … repose toi bien. Il y a du chocolat, ici. Ça te réchauffera. J'ai mis tes affaires dans le meuble, là. Ce sera ta maison, pour l'instant. Mais je te préviens que tu ne vas pas dormir à l'œil bien longtemps, étranger.
- Sympa, ai-je répondu.
- Lucio … ! Viens, plutôt, allons continuer notre promenade ! A murmuré Marion.
- Je … j'arrive, Marion. Et toi, interdiction de te lever tant que tu es engourdi.
- Euh … promis. Tu peux juste me passer mon sac, s'il te plait ?
- Ce truc, là ? Tiens, voilà.

Il m'a lancé le sac, qui est tombé avec un bruit sourd sur le lit. Je l'ai remercié et j'ai sorti le dossier « Projet Narura », au hasard. La double page montrait la découpe de Sakuro. Son intérieur était composé d'un cœur étrange. Surement le Narura. Il y avait aussi plusieurs armes, et surtout, des prototypes polymorphiques. Enfin c'est ce qu'il y avait d'écrit : moi je n'y comprenais rien. Sakuro ne devait pas être au courant qu'il pouvait booster ses capacités grâce à ces dispositifs … bon, en même temps il n'aurait jamais pu savoir tout cela seul.

Les heures sont passées rapidement, et silencieusement. Plus je lisais, et plus j'en apprenais sur Sakuro … et plus le personnage d'Axel D- Nosfrat m'intriguait. Quelle sorte d'homme pouvait délibérément transformer son fils défunt en androïde hyper développé, et ce, sans lui dire la vérité ?

Je n'ai rien trouvé sur le code ami, si ce n'est que c'était un dispositif banal servant à enfermer la mémoire humaine des androïdes pour les soumettre. L'intérêt était d'éviter que des humains fondamentalement mauvais puissent à nouveau faire le mal, mais avec des aptitudes supplémentaires car sous forme d'androïde … franchement, cela sonnait faux. De plus, je ne pense pas que le Sakuro humain soit méchant non plus. Enfin … j'ai rangé le dossier dans le sac et j'ai commencé à fermer les yeux … Sept jours coincés dans le passé. Cela promettait d'être long.
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Invité a écrit :
Mer 4 Jan 2012 - 18:27
En lisant le dernier chapitre, j'en suis venue à me demander si Gozen était aussi apparus dans le passé de Shin et Lucio avant le prologue ?
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Gozen Arkaÿlis a écrit :
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Mer 4 Jan 2012 - 18:35
Je vois que tu te poses les bonnes questions ^o^ ... !
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Invité a écrit :
Mer 4 Jan 2012 - 19:08
Et j'attend impatiemment les réponses :)
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Gozen Arkaÿlis a écrit :
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Quatuor Universel
Mer 4 Jan 2012 - 19:09
Soit le prochain chapitre demain, soit tu es gourmand et j'en met encore deux \o/
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Invité a écrit :
Mer 4 Jan 2012 - 19:15
Gourmandise !!

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Invité a écrit :
Mer 4 Jan 2012 - 19:19
Au passage, je viens de relire le prologue et il parle d'un certain "invité" :)
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Invité a écrit :
Mer 4 Jan 2012 - 21:18
L'histoire est accrochant, je me demande toujours ce qui va se passé! J'adore ton style d'écriture, tu as une magnifique imagination. :3

Bon, je vais continuer ma lecture. u_u ♥
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Gozen Arkaÿlis a écrit :
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Quatuor Universel
Mer 4 Jan 2012 - 21:44
Bon, puisque je dois répondre à la gourmandise de ce cher Junior =D !


Je profite de ce post pour vous faire part de mes sincères remerciement, mes amis *o* Sans vous, A.R.K n'aurait jamais évolué de la sorte. Merci, merci mille fois !


CHAPITRE 35 : Je fais de l'High Ball.





Finalement, j’ai dormi toute la nuit. Je ne savais pas quel jour nous étions … Tout ce que je pouvais affirmer, c'est que nous étions bel et bien le lendemain. J'ai tenté de me lever, difficilement, mais le résultat a été plutôt positif. J'ai tenté divers étirements, qui m'ont fait plus mal qu'autre chose … bon, on ne peut pas réussir à tout les coups.

Shin est rentré dans la chambre, une scie dans la main. Il l'a posé dans un meuble et m'a fait signe. Mes articulations étaient engourdies, mais j'ai tout de même réussi à m'avancer vers lui. Shin m'a demandé si j'allais bien, si j'avais tout ce qu'il fallait …

J'ai nonchalamment répondu « Ouaip. » et mon interlocuteur m’a gratifié d'un sourire radieux. Lucio est sorti d'une autre pièce, en pagne, encore endormi. Cela voulait-il dire que c'était la maison des jumeaux ? Je n’en aurais pas été étonné. Par contre, ce qui m'a le plus intrigué, fut encore que je ne connaissais pas les parents des jumeaux. Comment étaient-ils ? Blonds, ou bruns ?

Je n'ai pas eu le temps de poser ma question. Lucio, habillé rapidement était parti en trombe, je ne sais où. Shin s'est assis sur le lit et a vérifié le contenu de la tasse que Lucio m'avait laissé la veille. Après inspection, il l'a prise et l'a posé dans un bac.

- Où est parti Lucio ? Ai-je demandé.
- Va savoir. Il est sûrement allé retrouver Marion. En ce moment, il ne fait que ça ! Mais cela me fait plaisir de constater que mon frère n'est pas si …
- Si ?
- Non, rien. Dans tout les cas de figure, les gens commencent à avoir une meilleure opinion de lui. Tout se sait, ici. D'ailleurs tu es le principal centre de discussion, je dois dire !
- Sérieusement ? … Mais pourquoi ?
- Tu sais, tu es un oiseau rare … entre ta façon de t'habiller, et ta survie en pleine montagne, toi qui ne viens pas d'ici …
- Ah … je vois. Enfin, j'ai envie de sortir, moi. Tu viens ?
- Oui, je vais prendre une pause dans les chantiers aujourd'hui.
- Des chantiers ?
- Oui. Je suis comme qui dirait … charpentier bénévole … j'aide les gens à réparer leurs maisons ou leurs meubles, et en échange, Lucio et moi pouvons nous nourrir sans forcément aller chasser. Je dois dire que c'est une belle vie.
- Vraiment différente de la mienne, ai-je murmuré.
- Mais … dis-moi, Gozen. D'où est-ce que tu viens ?
- Euh … je viens de Bazzer. C'est loin d'ici.
- … Je ne connais pas. En tout cas, je te le redis une fois : bienvenue au village d'Askaär !
- Ha ha ! Merci beaucoup. Dis moi, Shin … peux-tu m'en dire plus, au niveau du temple d'Orion ?
- Euh … Si ça peut te faire plaisir … !

Nous sommes sortis de la maison des jumeaux. Il faisait un soleil resplendissant, mais toujours ce même froid mordant. Heureusement pour moi, aujourd'hui, il n y avait pas de vent. C'était la première fois de ma vie que le soleil me cognait sur la tête par moins trois degrés. Les gens du coin, amicaux, m'ont salué. Un attroupement de filles et de garçons, entre neuf et approximativement seize ans, s’est approché de nous. Shin les as tous salués, j'ai ai fais de même, mais difficilement. Je ne connaissais personne, cela me mettait mal à l'aise … et puis en regardant le village, je ne pouvais pas m'empêcher de penser à la vision de mon présent où Askaär n'était qu'un vulgaire piège à touriste. Les gens nous ont entrainés sur un terrain de jeu et nous avons joué à une sorte de rugby étrange, avec une balle ronde. Ce sport avait les mêmes règles que le rugby, enfin plus ou moins, mais les joueurs devaient mettre la balle dans un panier en tirant au pied sur une cible. La cible activait un mécanisme du même style qu'un flipper, tandis que les joueurs adverses tentaient de la rattraper avec la tête. Les équipes étaient composées de treize joueurs : cinq défenseurs, trois attaquants dont un central, un pilier chef d'équipe, un goal et trois crocheteurs (ceux qui taclent.). Shin, le pilier de son équipe, m'a proposé de les rejoindre … pour faire une partie de ce jeu étrange, qu'ils nommaient « High ball ». J'ai accepté, bien malgré moi. Croyez moi, vous n'aurez jamais envie de jouer au High Ball, si vous n'êtes pas sportif. Jamais.

Se faire crocheter facilement par des gamins de huit ans, c'est pas le pied non plus.

Après la partie, nous nous sommes assis sur un rocher, pour nous reposer. Shin allait plutôt bien, moi je me suis rendu compte que mes semelles commençaient à fondre, tellement j'avais chaud. C'est au sens figuré, hein. Des semelles qui fondent sous moins trois … enfin. Shin s'est désaltéré avec sa gourde et m'a souri. Sourire bien évidemment renvoyé. Sur ce, il m'a regardé intensément puis m'a demandé :

- Que voulais-tu savoir, déjà ?
- Le temple d'Orion.
- Ah ! Oui ! C'est vrai ! … Malheureusement je ne connais pas grand chose non plus, à son sujet. Je sais que seulement que l'on n’ a accès au temple qu'une fois par an, et que ce dernier ne s'ouvre qu'une fois par siècle … justement dans six jours.
- Pourtant nous sommes en 1053 ?
- Tu sais, « un siècle » ne signifie pas forcément un chiffre rond. Si le temple a été crée aux environs de l'an - 653, alors seize siècles plus tard, nous serions en 1053. Cela paraît logique.
- C'est dingue … même mille ans plus tôt, vous avez une avance monumentale sur les crétins de ma ville. Comme quoi, l'homme n'a pas forcément évolué.
- … Je te trouve étrange, Gozen. Tu agis comme si …
- M … moi ? Allons ! Tu veux rire ? Je n'agis que normalement ! Ce n'est pas comme si je venais du futur ou quelque chose dans le genre, ha ha. Ha ha ha ha ha …
- … Oui ! Tu as raison ! Ha ha ha ! Je suis bête, quelquefois. Bref ! Le temple d'Orion a pour but de protéger les quatre reliques qui maintiennent le monde en équilibre. C'est notre devoir à nous, les Askaäriens, d'obéir à la volonté des dieux protecteurs, de maintenir un bouclier assez puissant pour interdire à quiconque d'entrer dans le temple et de voler le pouvoir sacré. Je ne sais pas à quoi il ressemble, ce pouvoir. Seul notre chef le sait, car son grand-père, avant lui, l'a vu, et le lui a expliqué. Dessiné, même ! Mais il n'a jamais voulu nous en parler. Même à sa propre fille. « Ce n'est pas le moment », qu'il répète sans cesse. Ce doit être frustrant pour cette pauvre Marion. Elle n'attend que ça.
- Tu sais quoi ? Je trouve que Marion ressemble beaucoup à ma petite sœur, Tomoe ! C'est dingue, quand même.
- Oh ! Tu as une petite sœur ?
- Oui, et un grand frère. Il s'appelle Vlad …c'est un idiot au grand cœur. Et puis … J'ai un autre … grand frère, ai-je dit en frissonnant.
- Ça n'a pas l'air de te ravir.
- Disons que … ce n'est pas un modèle.
- Allons ! Si c'est ton frère, tu dois quand même l'aimer un tout petit peu, non ?
- … Dis-moi, Shin, combien de fois Lucio a essayé de te tuer, jusqu'à présent ?
- Euh …
- Oublie-ça, ai-je déclaré.
- D'accord. Parlons d'autre chose, plutôt ! Cela te dirait d'agir au nom de l'amour ?
- Tu me prends pour Cupidon ?
- Qui ça ?
- Un crétin, ai-je affirmé.
- Non, pas du tout, alors. Je voudrais juste que l'histoire entre Marion et Lucio se concrétise. Ta venue n'est pas un hasard ! Ce doit-être le destin !
- Tu ne crois pas si bien dire.
- Alors voilà mon plan …

Une voix tonitruante a crié au même moment :

- Étranger !
- Ah … ! Je crois que l'on m'appelle, nous verrons cela plus tard, si tu veux bien.
- Oh. Très bien, dit Shin, en me souriant.

J'ai salué tout le monde et je me suis éloigné de Shin pour rejoindre Mhort, qui m'a demandé de venir chez lui. Le chef du village n'habitait pas très loin de chez les jumeaux. Je commençais à prendre mes repères dans Askaär, j'étais plutôt heureux. Nous sommes rentrés dans sa hutte modèle jumbo et nous nous sommes assis. Lui, sur son trône, moi sur une espèce de tabouret flasque. Confortable mais à demi entre le bois et le caoutchouc. Mhort s'est raclé la gorge et m'a demandé :

- Dis-moi, étranger …
- Gozen.
- Gozen, oui. Pourquoi es-tu ici ?
- Eh bien … je me suis évanoui en forêt, et puis …
- Ne me mens pas ! Pourquoi es-tu réellement ici ?
- Euh …
- … Je peux lire dans l'émotion des gens. Tu n'es pas quelqu'un de net, gamin.
- Écoutez, monsieur Mhort … chef … Ce n'est vraiment pas contre vous, mais je ne peux rien vous dire.
- Je sais que tu es quelqu'un de bien, malgré tout. Aussi vais-je te laisser le bénéfice du doute. Peu importe ta mission ici, tu n'as pas intérêt à mettre la vie des villageois en danger … Orion t'as permis d'entrer dans le village, c'est une preuve suffisante, pour moi.
- Merci chef, je ne vous décevrai pas !
- Soit. En attendant, gamin, j'ai une mission toute autre pour toi.
- Laquelle ?
- Derrière la montagne nord d'Askaär, dans « Le pic étoilé », habite un ermite. Cet ermite, eh bien … c'est mon grand père.
- Votre grand père ? Mais … il doit au moins avoir … huit mille ans !
- Dis donc ! Petit insolent ! Je ne suis pas si vieux. Bref. Bien qu'ermite, mon grand-père, AnMhort, est un habitant du village à part entière : il doit donc faire ses offrandes, comme tout le monde. Je veux que tu ailles le voir et que tu me rapportes son offrande, pour que j'aille la déposer lors de la fête, dans six jours. Cela devrait te prendre deux jours, aller et retour. Tu t'en sens capable ?
- Euh … oui, bien entendu ! Shin et Lucio pourraient m'accompagner ?
- C'est une évidence. Si tu n'étais pas arrivé, ils y seraient allés eux, de toute manière.
- Je vais aller les prévenir.
- Bien. Tu partiras demain matin à l'aube. Tu arriveras demain soir et tu seras de retour ici après demain soir. Il restera quatre jours avant la fête. Il va sans dire que tu devras toi aussi préparer une offrande.
- Aucun problème, de toute façon je n'ai rien d'autre à faire.
- N'oublie pas que je t'ai à l'œil.
- Ça va, ça va …

Je suis sorti de la maison de Mhort.

Shin et Lucio m'attendaient, curieux de savoir de quoi j'avais bien pu parler :

- Alors ? Alors ? A demandé Shin.
- Eh bien … j'ai une mission. Je suis censé parler à AnMhort, qui se trouverait au Pic étoilé.
- AnMhort ? Ce vieux hibou ? Ha ha ha ! Pas de bol, vieux ! A scandé Lucio, amusé.
- généralement c'est nous qui nous y collons.
- Non mais vous venez avec moi, ai-je déclaré.
- … Mais t'es sérieux là ? A craché Lucio. Je ne veux pas le voir.
- Oui … AnMhort est gentil mais un peu … A commencé Shin.
- Cinglé ? Dérangé ? A terminé Lucio.
- Ouais, voilà. Cela fait des années qu'il nous dit qu'il a vu dans les étoiles que nous serions un jour destiné a sauver le monde du futur millénaire, et que « le jour où apparaîtra le héros du temps, la prophétie s'accomplira et l'équilibre du monde sera à jamais rompu. »
- … C'est à dire que … ai-je hésité.
- Complètement barré, a dit Lucio en me coupant. A quelle heure on part, demain ?
- A l'aube ! Ai-je dit.
- J'aurais du m'en douter, a conclu Lucio en se grattant le nez.

Le reste de la journée s’est déroulé sans encombre. Je me suis endormi vite, j'étais heureux. La nuit est passée tranquillement, et le doux soleil matinal m'a réveillé, bien qu'un peu trop brusquement.
















CHAPITRE 36 : J'apprends la vérité sur le déséquilibre du monde.





Je me suis levé le premier. J'ai fouillé partout, jusqu'à trouver quelque chose à manger … Une sorte de pain aux céréales, pas mauvais d'ailleurs, et je me suis habillé. Shin et Lucio m'ont rapidement rejoint. Le temps de nous préparer, et nous étions partis alors que le soleil n'était pas très haut dans le ciel. J'avais mis le Gomme-bag sur mon dos. Il était un peu lourd, certes, mais il constituait à lui seul les éléments nécessaires à notre survie. Les jumeaux regardaient mon sac avec curiosité … C'est sûr qu'ils n'avaient jamais vu ça, après tout. Le voyage a bien commencé. Lucio taillait un morceau de bois, sur la route, et Shin montait régulièrement aux arbres pour inspecter les environs. Le « Pic étoilé » était à un jour complet de marche, et le chemin dangereux. En effet, l'Askaär du passé était bourré de créatures sauvages. A plusieurs reprises nous nous sommes cachés derrière un rocher ou dans un bosquet pour éviter un reptile ou un mammifère qu'il valait mieux ne pas affronter. Si j'avais ma clé du temps, ça irait beaucoup mieux. Mais ici, j'étais comme nu. J'avais bien le bâton de Miliana, en y réfléchissant ! Seulement … l'utiliser me faisait un peu peur … après tout, je ne savais pas le manier, et vu ce qu'il avait fait de la magicienne, quelque temps plus tôt, je faisais aussi bien de me cacher et d'attendre.

Malheureusement, cette partie de cache-cache avec la faune a tout de même duré longtemps, et nous ne sommes arrivés au Pic étoilé qu'à la tombée de la nuit. Soit deux heures plus tard que l'horaire prévu.

- AnMhort se trouve quelque part dans la montagne, dit Lucio, en regardant l'immensité de roche.
- Heureusement que les grottes ne se déplacent pas ! Ai-je souligné avec un trait d'humour.
- Tu l'as dit, a répondu Shin. Bon ! Il faut escalader tout ça, maintenant. La grotte d'AnMhort est à une petite heure de marche. Nous n'aurons qu'à suivre le sentier.
- Ce n'est pas plus mal, ai-je affirmé.

Nous avons commencé à crapahuter, dans la nuit. Shin et Lucio avaient allumé des torches, pour éloigner les bêtes et les ténèbres. Je voulais utiliser ma lampe torche, qui éclairait surement trois fois mieux, mais je n'ai pas osé la sortir. Nous avons marché sans trop de difficulté, car le sentier était un minimum aménagé. Sur le chemin, je me suis permis de demander aux jumeaux :

- Dites-moi … il y a quelque chose que je ne comprends pas. Pourquoi le grand-père de Mhort se cache dans une grotte ?
- Parce qu'il doit subir ça jusqu'à la fin de sa vie, c'est comme ça, a répondu Lucio, en haussant les épaules.
- … Certes, mais dites m'en un peu plus !
- Si tu veux … alors vois-tu, toutes les quatre générations, la lignée de Mhort, de chef de village en chef de village, subit un traitement spécial de la part des dieux, a commencé Shin.
- Un traitement spécial ? Ai-je demandé, curieux.
- Oui. Toutes les quatre générations, le membre de la lignée choisi devient « ermite ». Un ermite est un être, ici, qui a une espérance de vie de deux cent cinquante ans, et qui doit vivre reclus …
- … Car son rôle est de concentrer son énergie pour alimenter le bouclier d'Orion. A ce jour, AnMhort est considéré comme l'émissaire, la passerelle humaine entre les dieux et nous. Il est donc très important pour lui de vivre seul, car il est privilégié, a terminé Lucio en coupant son frère.
- … Oh, je comprends. D'où l'intérêt pour lui de faire une offrande, sûrement plus conséquente.
- Exactement ! A conclu Shin. Tu as vite compris, c'est bien !
- J'espère qu'il a la télé, parce que moi je m'ennuierais ferme.
- Quoi ? Ont demandé les jumeaux, en chœur.
- Non, rien. Je ne m'y ferai jamais, à ces jumeaux du passé, moi, ai-je pensé.

Nous sommes arrivés, au bout d'environ une heure, devant l'entrée d'une grande caverne. Shin et Lucio se sont regardés et sont entrés en même temps. Je les ai suivis.

La grotte semblait s'engouffrer de plus en plus profondément dans la montagne. A ce rythme là elle n'était pas prête de finir. Personne n'aurait pu deviner ce qu'il y avait au bout de cette caverne, s’il n'avait pas été mis au courant plus tôt :

Nous avons marché un grand moment. La caverne s'est terminée sur un immense plateau souterrain, avec une maison faite en bois. Une grande maison, qui plus est ! C'était vraiment étrange. Comme si nous étions dans un autre monde, d'un seul coup. Il me semblait être à l'extérieur, mais avec un ciel fait en pierre. Bah. Honnêtement, je n'ai plus cherché à comprendre.

Nous sommes entrés dans la maison. Elle était bien faite. Bien construite. Presque … moderne. J'en ai été le premier étonné. Un homme, chétif, avec une longue barbe blanche, nous a accueillis : il était juste en pagne et avait un ventre rebondi malgré son extrême maigreur. Il était vieux et avait quelques verrues, taches de vieillesses et autre marques significatives d'un âge plus qu'avancé. Malgré ce, il marchait sur ses deux pieds, bien comme il faut. Certaines personnes de soixante dix ans n'en faisaient pas autant. Il a ouvert ses bras, montrant de longs poils blancs qui étaient accrochés à ses aisselles, comme si ses dessous de bras avaient des perruques. Paradoxe total avec son crâne chauve. Je l'ai d'ailleurs fait remarquer, discrètement, et Lucio a bien rigolé :

- Bienvenue chez moi ! Shin, Lucio, et … ?
- Gozen. Jonathan Gozen. Monsieur, j'ai retrouvé vos cheveux, ils sont sous vos bras. ai-je dit en pensant fortement à Sakuro. Ce genre de réplique lui convenait mieux.
- Eh !? Ont crié les jumeaux.
- Un peu de respect ! A pesté Shin.
- Trop fort ! A tonné Lucio. Quel cran !
- Ah ah ah ah ! Je reconnais bien là la trace d'un humour sarcastique plaisant ! Différent de celui de Lucio, mais il a son charme, a déclaré le vieil homme.
- Euh … Merci ! Ai-je répondu en hésitant.
- Installez- vous, la jeunesse. Vous voulez un peu de lait d'avoine ?
- Y a du lait, dans l'avoine ? Ai-je demandé.
- Si ce n'est pas du lait, alors c'est un liquide mystérieux, a dit AnMhort.
- Je n'en veux pas ! De l'eau, plutôt.
- Comme tu voudras. Sinon, pourquoi êtes vous venus ici ? Je ne reçois pas souvent de la visite. Surtout en pleine nuit.
- Nous venons de la part de Mhort. Il désire que tu nous donnes ton offrande pour qu'il puisse l'entreposer, en attendant la prochaine fête.
- Ah … sacré Mhort. Il est tellement solennel. Mon petit fils est un battant, vous savez ! Mais de vous à moi, il est un peu pataud quand même … et j'ai entendu dire qu'il se laisse un peu aller sur le gigot de Bison brume … ! S'est écrié le vieil homme en me faisant un rapide clin d'œil. Shin avait raison, il était vraiment extravagant.
- Si vous le dites, ai-je répondu en buvant mon verre d'eau, dans un récipient en bois.
- Tout de même … Chaque année c'est la même histoire. Offrande par ci, offrande par là … Vous ne venez jamais me voir par pur plaisir. Je m'ennuie, vous savez.
- Désolé, grand père, dit Lucio. Seulement tu habites vraiment trop loin.

Le vieil homme nous a proposé passer la nuit dans sa maison. Nous avons accepté avec plaisir. Il n'était pas question de marcher toute la nuit, dans ce froid hivernal et éternel.

Tout le monde s'est endormi rapidement. J'étais assis sur le lit. Je réfléchissais à quelque chose … qui me turlupinait. Cela penchait entre les ambitions inconnues de mon frère Harano, et le discours des jumeaux sur le déséquilibre du monde n'avait pas changé en mille ans. A la différence que dans mon présent, ils y croyaient dur comme fer. AnMhort a silencieusement ouvert la porte de ma chambre et m'a invité à venir dans le salon. Je l'ai suivi sans problème. Il avait visiblement autant de question à poser que moi.

Je me suis assis en face de lui. Il a toussé d'une voix rauque et m'a regardé intensément. Je me suis senti mal à l'aise. Il s'est levé, a fait quelques pas, est revenu s'asseoir, et a enfin dit :

- Je ne pensais pas que ce jour arriverait si vite.
- … Le déséquilibre du monde ?
- Oui. Quand tu es venu ici, tu devais déjà être au courant.
- Plus ou moins. Mais … est ce que c'est moi qui l'ai provoqué ?
- Non, rassure-toi. Ta venue, quelle qu'elle soit, est sûrement providentielle. Tu seras un acteur de ce déséquilibre, au même titre que les jumeaux, mais non l'auteur.
- Je suis rassuré alors ! Dois-je dire aux jumeaux que je viens du futur ?
- Je ne pense pas. J'essaie chaque année de les mettre en garde sur leur destin, mais bien évidemment, ils ne me croient pas. Alors que toi, tu leur dises que tu viens du futur …
- Oui, c'est certain.
- Gozen … j'aimerais connaître ton histoire. J'ai pu prédire ton arrivée, mais je ne sais rien de plus. J'ai besoin d'en savoir plus.
- D'accord. Alors voilà …

J'ai passé une bonne partie de la nuit à conter à AnMhort la raison de ma venue. Le futur des clés séparées, ma venue dans ce monde pour capter les traces krystoïdales des reliques, pour les réunir dans le futur, mes craintes sur le déséquilibre du monde si ma mission venait à échouer … AnMhort acquiesçait de temps en temps, s'étonnait quand je lui montrais des objets du futur, tels que le traceur ou une simple lampe torche …

Quand j'ai terminé mon récit, le vieil homme a toussé une fois de plus, comme si ses poumons étaient enfermés dans un sac. Il m'a expliqué quelque chose qui m'a troublé :

- J'ai vu dans les étoiles l'avenir du village … il y avait beaucoup de feu, et de sang. Le centenaire le plus sanglant à ce jour. J'ai vu plusieurs acteurs de cet évènement. Deux faux jumeaux, destinés à devenir les héros d'un futur lointain. Un être venu de ce même futur, qui les guidera vers leur destinée … Et un homme, entouré d'une aura maléfique tellement puissante que ma vue se brouille à la simple évocation de sa présence. Cet être, mauvais, vient lui aussi de ce même futur.
- … 2053. Ai-je murmuré.
- Ces deux époques sont étroitement liées. Toi, Gozen, tu es la passerelle entre ces deux époques. Tu dois y conduire Shin et Lucio, à tout prix. Sinon le futur s'en trouvera modifié.
- … C'est moche.
- Oh que oui ! Cependant, il faut partir d'un principe simple. Une loi d'Orion : La boucle infinie.
- … Boucle infinie ? Ai-je répété.
- Oui. La boucle infinie est le théorème expliquant que le temps est étroitement lié. Tout ce qui se passe dans le passé, se répercute dans le futur, et tout le monde voit son propre présent. De ce fait, nous pouvons considérer que dans une autre dimension, cette conversation à déjà eue lieu. Ces évènements … tout est lié. Si dans ton présent, tu connais Shin et Lucio, alors cela veut dire que dans ce présent, qui est, en quelque sorte, ton passé, tu as forcément réussi … Car si tu n'avais pas réussi dans le passé d'une dimension parallèle, tu n'aurais jamais connu les jumeaux dans ton présent actuel, qui est le futur de ce passé.
- … Je n'ai absolument rien compris, ai-je dit en me frottant le crâne. Tout ce qui compte, à priori, c'est que j'emmène Shin et Lucio avec moi au temple d'Orion ?
- Emmène-les, ou non. Garde juste en tête qu'absolument tout est lié. Ton avantage, dans ce passé est que tu peux deviner le futur en t'appuyant sur ce que tu considère comme ton présent actuel. Donc même si tu ne leur en parle pas, Shin, Lucio et toi vous retrouverez forcément à un moment où a un autre. Alors détends- toi. Tant que tu n'es pas mort, ton avenir est assuré.
- Et … si je meurs ?
- Alors ton présent, ton futur et ce passé seront rayés de la carte, et la tâche reviendra au Gozen d'une autre dimension. L'histoire s'en trouvera modifiée, et qui sait comment le monde sera né. Nous n'aurons aucune certitude que le Gozen d'une autre dimension aura autant de chance que toi.
- Ces notions sont vraiment vagues, ai-je murmuré.
- La relativité temporelle est extrêmement compliquée à comprendre. Moi-même je n'en connais pas toutes les facettes. Mais … si Orion n'a permis qu'à une légère poignée d'humains de voyager dans le temps, c'est uniquement pour que l'histoire soit faite sans le moindre accroc temporel. Le temps est une chose merveilleuse …
- Une ligne droite, continue, mais qui décrit pourtant une spirale ingénieuse, en se mélangeant avec les autres lignes droites, ai-je expliqué.
- Le parallèle temporel. Où la ligne droite qui peut se confondre. Gozen, tu es quelqu'un d'intelligent. Orion ne t'as pas choisi pour rien.
- Merci beaucoup !
- Dis-moi … dans ton futur. Utilises-tu la clé du temps ?
- Oui.
- N'y prends pas goût trop vite. Si ta mission est de réunir les clés dans le temple d'Orion du futur, alors ne commence pas à tirer des plans sur la comète. Les bonnes choses ne sont pas éternelles.
- … C'est en vous parlant que j'ai, pour la première fois, considéré la clé du temps comme quelque chose de bien.
- Va dormir, maintenant, Gozen. Demain vous devrez vous lever tôt. Et vous n'avez aucune chance de voir le soleil, d'où vous êtes.

Je suis allé me coucher sur cette autre journée dans le passé. Le déséquilibre du monde approchait dangereusement, et je ne savais pas comment y faire face.
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Invité a écrit :
Mer 4 Jan 2012 - 22:50
Que dire ? Ca me gène un peu mais je n'ai rien d'autre à dire que:

LA SUITE !! LA SUITE !!! ^^
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Gozen Arkaÿlis a écrit :
avatar
Quatuor Universel
Jeu 5 Jan 2012 - 8:24
Bon ... Préparez vous ... Voici ... Les deux derniers chapitres, concluant le tome 1 des Chroniques de l'A.R.K \o/

A MOUAH LE RANG ECRIVAIN YOHOHOHO 8D



IL EST CONSEILLE DE RELIRE LE CHAPITRE ZERO !

Sinon ... En espérant que la lecture vous ait plu jusqu'au bout, encore merci pour votre soutien, et n'hésitez pas à laisser des commentaires, constructifs ou non !

Mh euh ... Les "Tildes "~"" Devant les tirets ... Cest le forum qui fait du caca, ca ne vient pas de moi.


CHAPITRE 37 : J'appréhende le déséquilibre du monde.





Nous sommes partis le lendemain matin. Shin est venu me réveiller. J'ai eu du mal à partir. J'avais rarement aussi bien dormi. Ce qui comptait, à présent, était d'établir le plan de Shin pour réunir Lucio et Marion. Shin m'en avait parlé à la rivière, peu après être partis de chez AnMhort. Le plan était d'offrir un bouquet à Marion de la part de Lucio (soi disant.), avec une invitation à le rejoindre pour fêter le centenaire à deux, tandis que de son côté, Shin se chargerait d'expliquer à Lucio qu'il aurait besoin de lui pour le centenaire. Ainsi pendant que Shin retenait Lucio, je devais faire semblant d'agresser Marion, pour que Lucio, en retard, vole à son secours. « Romance garantie ! » m'avait assuré Shin.

Autant vous le dire, je n'ai pas du tout aimé ce plan. D'ailleurs, la vérité est que nous n'avons même pas pu le mettre en place. Shin n'avait pas changé, en mille ans niveau idées stupides. Cela m'avait fait tout de même rire.

Les jours ont suivi et se sont étonnement ressemblés. Le milieu de semaine n'était pas très important, sauf peut-être le moment où j'ai préparé mon offrande, constituée de fruits et de viande. Et peut-être aussi le moment où j'ai dit à Mhort, de la part de son grand-père, d'arrêter de grignoter entre les repas.

Je me suis réveillé sur la pensée angoissante que le centenaire, c'était ce soir. Cela signifiait-il la fin du village ? J'espérais bien avoir trouvé les clés avant de connaître la réponse. Je n'ai pas réussi à parler aux jumeaux de cette histoire, et ce durant toute la semaine. Pourtant j'ai essayé, mais rien n'y a fait. Comme si les dieux ne voulaient pas que je dévoile cette vérité trop vite. Ah ! Je ne vous ai pas dit ! Marion et Lucio ont commencé à sortir ensemble, hier. Lucio l'a invité au centenaire, sans même avoir besoin de notre aide, et cette dernière a accepté sans sourciller. Shin et moi étions heureux. Cependant, le lendemain, ma matinée a été égayée en cris en tout genre … Lucio et Marion s’étaient disputés dès l’aube :

Un jour ! Un jour de relation. Bien joué, petit démon. Mais à vrai dire, je ne pouvais pas le blâmer. Ce matin, Mhort a décidé qu'il était temps pour Marion d'entreprendre son voyage initiatique à travers la montagne, pour pouvoir devenir la future chef du village. C'est un voyage qui durait plusieurs années, et qui devait se faire seul. Cela servait à prouver la valeur des chefs, et à établir leurs relations avec les dieux. Marion a longuement protesté, mais elle n'a rien pu y faire … après tout, aujourd'hui était aussi le jour de son anniversaire. Elle fêtait ses dix sept ans. L'âge de raison Askaärien. Et cela était encore plus marqué chez les chefs de village. Lucio est parti. Pas un au revoir, ni rien. Le choc a été tel qu'il est retombé dans un profond état de déprime, avant de s'enfuir à toutes jambes dans la forêt. Marion, elle, a séché une larme et est parti chez elle, le pas lourd. Ce qui m'a révolté, cette fois, c'était que Lucio ait été assez immature pour en vouloir à Marion.

On ne peut pas en vouloir à quelqu'un d'avoir un destin contraignant. Enfin … la journée est passée lentement. Tout le monde, au village, s'activait pour mettre les quatre statues sur leurs socles, autour du puits principal. Les travaux ont duré quelques heures, et j'ai bien aidé. Seulement, quelque chose dans l'air me dérangeait. J'ai senti, sur les coups de quinze heures, une sensation étrange … comme si … comme si l'air s'était déchiré en deux, l'espace d'une seconde. J'en ai eu des frissons mais j'ai mis ça sur le compte du stress. La soirée est venue, tout de même, plus vite que je ne l'aurais imaginé. Bien trop vite, en vérité. Mhort nous a expliqué que le centenaire était une fête spéciale, car pendant deux heures, le bouclier d'Orion n'aurait plus aucun effet, donc le village serait totalement vulnérable. Bien entendu, cela n'a fait qu'augmenter mon taux de stress. De plus, Lucio n'était toujours pas revenu. Shin non plus.
J'étais tellement seul que même la neige me paraissait amicale. La soirée est arrivée rapidement. Marion n'avait pas donné signe de vie. Les torches commençaient à être allumées partout. Shin est revenu vers huit heures. Il m'a dit qu'il n'avait pas trouvé Lucio, mais que ce dernier réapparaitrait sûrement au moment de la distribution des offrandes. J'ai acquiescé. Même moi, je savais que ce n'était pas quelque chose à prendre à la légère.

La soirée s'est bien déroulée. Étonnement bien, d'ailleurs. Shin dansait avec les filles du village en buvant une boisson étrange. Pas du lait d'avoine, j'espère. Ça m'a traumatisé, ça.
Une fille m'a invité à danser. J'ai accepté avec plaisir, malgré le fait que je ne dansais franchement pas bien. J'ai surtout passé mon temps à écraser les pieds de la malheureuse. Pour ma part, je sentais que la soirée était de plus en plus tendue. Nous nous sommes réunis autour des statues, en file indienne, pour déposer nos offrandes. J'ai bien entendu choisi Orion. Ma prière était déjà prête. A vrai dire, je souhaitais que tout cela finisse vite. Shin, dans la file à côté de moi, commençait à s'énerver de l'absence de Lucio. Il m'avait expliqué qu'il l'avait retrouvé derrière une des maisons, et qu'il n'avait pas l'air d'avoir digéré la nouvelle. Le blond a décidé d'aller chercher son frère.

Au moment où il est parti, j'ai entendu une voix féminine m'appeler. C'était Marion. Elle était devant la porte de chez elle, et elle m'a fait signe. J'ai déposé mon offrande, fait ma prière, puis je l'ai rejoint. Elle semblait triste. Ses yeux étaient embrumés. Pourtant la fête battait son plein, bien que la musique ait cessé.

- Viens, s'il te plait.
- Ah, j'arrive. Un problème, Marion ?
- Oui … enfin … j'aimerais que tu donnes ceci à Lucio, s'il te plait.
- … Une lettre ?
- Oui. Elle décrit toute la profondeur de mes sentiments. Tout ce que je souhaite, c'est qu'il m'attende ! C'est tout ce que je désire …
- … Je lui dirai, ne t'en fais pas.
- Merci beaucoup, Gozen. C'est étrange, j'ai l'impression que toi et moi venons exactement du même monde.
- Surement parce que nous avons tout les deux un … rapport privilégié avec ces êtres, là haut dans le ciel.
- … Peut-être.

A ce moment-là, des cris ont résonné dans le village. La tranquillité (si l'on peut qualifier une fête du centenaire de « tranquille ».) a été perturbée par le bruit d'une explosion. Marion et moi sommes sortis en vitesse. Quoi qu'il se soit passé, cela s'est fait très vite. Nous sommes allés sur la place du village et ce que nous avons vu était tout simplement affreux. Il y avait un immense robot : une machine d’apparence humaine, très imposante, avec un œil bleu. Elle ne ressemblait en rien à Sakuro, mais ils provenaient certainement du même moule, car sur son torse métallique était écrit « A.R.K »

- … A.R.K ? Mais … comment ?
- Analyse, analyse … coordonnées temporelles : X : 1053 Y : 738 Z : 78520.
- Qui êtes-vous ? A tonné la voix de Mhort, qui était sorti de la foule.

Pour toute réponse, le robot, qui n'avait pas quitté Mhort du regard, a détruit la tête de la statue d'Orion : Une magnifique tête de chat, d'un seul coup de poing. La statue en or a valsé, avant de tomber dans un fracas assourdissant. Au même moment, le robot de l'A.R.K a envoyé une sorte de fusée de détresse, qui s'est envolée dans le ciel avant d'exploser dans un nuage de fumée jaunâtre. Mais que se passait-il, à la fin ? Suite à la fumée, une nuée d'avions de chasse a envahie l'air dans un bruit assourdissant. Rien de tout cela n'était normal. De ces avions de chasse sont tombés une dizaine de robots en forme de boule, munis de chaînes de tank ou de pattes de crabes.

Chacun d'eux a dévissé la partie supérieure de leur tête pour révéler deux grands yeux jaunes. Des côtés des sphères sont sorties des mitraillettes et autres armes de ce genre. Ni une, ni deux, j'ai pris la main de Marion et nous nous sommes enfuis. Les robots ont commencé leur carnage sans plus attendre. Les bruits d'explosifs et d'armes à feu ont fusé de partout. A chaque seconde, des vies étaient ôtées. Marion et moi sommes allés dans la maison des jumeaux. Elle était terrifiée. « … que … que se passe t-il ? » murmurait-elle, les yeux regardant le vide. « c'est le déséquilibre du monde … » ai-je répondu, anxieux. « AnMhort n'était pas aussi fou que ce que vous croyiez. » ai-je rajouté, en ouvrant le Gomme-bag.

J'ai extrait du sac le bâton de Miliana, remis le Gomme-bag sur mon dos et suis reparti à l’extérieur. Marion me suivait. Je lui ai demandé de se mettre à l'abri, mais elle ne m'a pas écouté. Quelques secondes plus tard, un explosif est tombé sur le toit de la hutte de Shin et Lucio. La maison s'est retrouvée prisonnière des flammes, en un instant. Inexplicablement, une larme à coulé et a parcourue ma joue. Je me suis dit à ce moment là que ceci annonçait un très mauvais présage.

La place centrale du village était à feu et à sang. Il y avait des morts, des dégâts matériels, et surtout un bruit étourdissant. Inhumain. Les guerriers d'Askaär, réputés pourtant, dans les livres d'histoires, tombaient comme des mouches, face aux robots.

Seul un robot sur dix avait été détruit par une femme du nom de Leila, qui était une experte en coup rapide. Nous n'étions en un instant plus qu'une poignée. Mhort, l'imposant chef, a donné un énorme coup de masse à un des robots. Celui-ci a vu en un instant sa tête enfoncée dans son corps. Je voulais aider, mais je ne comprenais rien à ce fichu bâton. « Allez ! Marche ! » Répétais-je sans cesse.

D'un seul coup, sans que je ne comprenne pourquoi, le topaze est devenu lumineux et a envoyé une gerbe de flammes jaune sur trois robots en même temps. Face à la magie de la topaze, les androïdes ne faisaient pas le poids.

La guerre a duré une bonne trentaine de minutes de cette façon. Le dernier robot a été détruit par Mhort, d'un coup plutôt sauvage. Mais il ne faut jamais sous-estimer A.R.K. D'autres androïdes sphériques sont tombés des avions de chasse qui passaient en rafale. En quelques minutes, le village d'Askaär n'était plus que ruine, chaos et désolation. Les derniers robots sphériques ont été décimés de la même manière que les autres, mais nous étions tous affaiblis. Les simples villageois mourraient tous tour à tour, sans que nous puissions faire quoi que ce soit, en grande partie à cause des multiples incendies et des balles perdues. Nous n'étions plus que sept debout : Mhort, moi, Marion et quatre autres guerriers, sans compter Shin et Lucio qui n'étaient pas présents. L'androïde de genre humain, le plus grand de tous, n'avait, lui, subi aucun dégât. Il déviait les ondes envoyées par la topaze très facilement, et les guerriers ne pouvaient tout simplement pas l'approcher. L'androïde s'est d'un coup déplacé à une vitesse fulgurante : Rien de comparable avec mes compétences. C'était juste … trop. Il a lancé un laser bleu assez puissant pour transpercer un rocher. La lumière approchait dangereusement. Un flash m'a aveuglé, et en un instant j'ai vu Mhort, étendu par terre, à la place où j'aurais dû être en pareille circonstance. Si Mhort n'avait pas stoppé l'attaque, j'aurais été tué sur le coup.

- M … Mhort ! Pourquoi !?
- Papa !! A crié Marion, en pleur.
- … Ah ah ah … ! Il le fallait. Je ne pouvais pas laisser … – Il a toussé puis craché du sang. – - … laisser le héros du temps … mourir de la sorte.
- Je ne suis pas un héros ! Je ne suis pas un héros !! Ai-je crié, tout en laissant jaillir les dernières larmes de mon corps. Je n'en pouvais plus.

Mhort a regardé le ciel et a souri. Cela a été sa dernière nuit. Les quatre autres guerriers n'ont pas mis longtemps à succomber, eux aussi. La vision était vraiment écœurante. En un instant, il ne restait que Marion et moi, autour d'un champ de bataille rempli de cadavres et de flammes. Marion, que la rage avait aveuglée, s'est saisie d'une épée, trouvée par terre, et s'est jetée sur le monstre, dans un dernier et vain espoir …

Le robot a pointé son canon sur elle et a fait feu. Le laser qui en est sorti l'a transpercée. Le temps a semblé s'arrêter à ce moment là. Dans un ultime effort, elle a tourné la tête. J'ai vu une larme perler et couler sur sa joue. Avant de s'éteindre à jamais, elle a prononcé ces quelques mots :

- Gozen … la lettre … pour Lucio … je … l'aime …

Marion est tombée. Le robot n'a même pas fait attention à moi. Il a pris les cadavres et les a empilés d'un côté. Par la suite, il m'a intensément fixé. La peur que j'ai ressentie à ce moment là était … indescriptible. Saisi de panique, j'ai voulu lancer un laser, grâce à la topaze, mais rien ne s'est produit. La peur me paralysait totalement. … A.R.K allait me battre … ici, et maintenant.

Alors je me suis souvenu des paroles d'AnMhort … AnMhort qui m'avait dit que si je mourrais, le destin du futur en serait totalement modifié. J'ai pensé à Vlad, Tomoe, Sakuro … Puis à Shin et Lucio, les Shin et Lucio de mon présent. J'ai hurlé, dans le ciel, pour que les dieux m'entendent … :

- Shiiiiin !! Luciooooo !!

Les jumeaux, pétrifiés d'horreur, sont rentrés dans le village à ce moment là, je me suis tourné vers eux, à genoux.

- … A l'aide … ai-je dit, paralysé par l'effroi, sans pouvoir contenir mes larmes.













CHAPITRE 38 : Je rencontre l'ennemi aux portes du temple.





Shin et Lucio ont littéralement été effondrés devant ce spectacle. Lucio a particulièrement été affecté par la mort de Marion. Une rage indescriptible s’est emparée de lui. Shin tentait de le maitriser, mais lui même ne se maitrisait pas. Les jumeaux ont essayé de se reprendre et ont couru vers moi, en boitant. Eux aussi avaient l'air d'avoir subis des épreuves. La présence d'A.R.K. dans cette époque m'inquiétait énormément … est ce que l'autre personne du futur était … Harano ?

Shin m'a relevé. Nous n'étions plus que trois survivants, dans ce village maudit, à présent. Nous nous sommes échappés au moment où l'androïde a tiré un missile, détruisant le puits, qui avait réussi à rester intact jusque là. Les jumeaux et moi avons couru pendant une courte durée, mais réellement douloureuse. Chacun d'entre nous était affaibli. C'est alors que j'ai aperçu un endroit familier : Une cavité lumineuse creusée dans la montagne … j'ai touché les jumeaux du doigt et leur ai montré la grotte.

C'était bien elle : La caverne qui menait à la forêt d'Orion. Ma mission … notre mission touchait presque à sa fin. La caverne s'est ouverte au moment précis où nous nous sommes enfuis pour survivre … les dieux l'auraient elle ouverte pour nous ?

L'androïde, d'un coup de missile, a détruit la seule porte d'entrée et de sortie de la caverne. D'un seul coup nous nous sommes retrouvés enfermés, mais peu importe …

En tout cas : cela m'avait fait comprendre la nature de l'éboulement, dans mon présent actuel. Si l'on considère que dans mon présent l'éboulement était déjà formé, alors d'une quelconque manière, ce que je faisais dans ce passé avait déjà été fait par un autre Gozen d'un autre passé d'une dimension relative à celle-ci. Sans quoi l'éboulement ne se serait jamais formé … je comprenais un peu mieux le théorème de la boucle infinie, en revanche j'avais sérieusement mal au crâne.

Nous nous sommes retrouvés en plein cœur de la forêt intemporelle d'Orion. Les jumeaux étaient étonnés, mais moi je ne l'étais pas. J'avais certes perdu tout repère à cause des récents évènements mais j'avais déjà vu la forêt d'Orion une fois. Chacun d'entre nous était harassé. Seulement, ce n'était pas l'heure de se reposer … le robot pouvait rentrer dans la forêt à tout moment.
Je n'avais aucun moyen de m'y retrouver dans cette immense forêt. Ils devraient mettre des panneaux de direction, par exemple « Temple d'Orion, dans trois cent mètres après le rocher moussu. Suivez le nord. ». Je me suis promis que j'en mettrai la prochaine fois que j'y retournerai.

Nos voix étaient amplifiées et se répercutaient en échos violents, un peu partout.

Nous évitions de parler pour ne pas nous donner mal à la tête. Les jumeaux s'étaient promis de ne plus jamais retourner dans un endroit pareil. J'ai eu envie de dire qu'ils seraient amenés à y retourner encore, mais je me suis abstenu. Shin était essoufflé, comme moi. Lucio, lui, ne se sentait vraiment pas bien. Il ne prononçait pas un mot et marchait d'un pas lourd. Étrangement, je me repérais assez facilement, cette fois, et après quelques minutes de marche, nous nous sommes retrouvés devant un immense bâtiment fait de roche et de métal précieux. Vous l'avez reconnu : Le temple d'Orion.

Nous nous sommes assis quelques instants, pour nous reposer. Gravir ces marches n'allait pas être chose aisée. Il était, en tout cas, bien plus beau que la première fois que je l'ai vu. Disons qu'il était aussi neuf, mais sans les plantes diverses, les escaliers cassés et, probablement, la porte détruite. Je me suis demandé si c'était moi qui avais causé tout cela, au final. C'était intéressant de constater tout ce que j'avais pu faire et tout ce que j'avais vu, sans jamais l'avoir su. Le temps est une chose complexe, je n'en démords pas.

Après quelques minutes de pause, où nous avons tous bu et mangé (merci les rations de secours de Hamed), nous avons décidé de monter les marches du temple. Moi, je savais pourquoi je le faisais … les jumeaux me suivaient uniquement parce qu'ils ne voulaient pas rester seuls ici … mais au fond ils étaient encore plus curieux que moi.

Il nous a fallu plusieurs minutes pour gravir les marches jusqu'au bout. Chacun d'entre nous haletait à sa manière, et exprimait son mécontentement.

Nous sommes arrivés devant une porte massive, en bronze. Je ne savais pas du tout comment l'ouvrir. J'ai cherché, en vain, une poignée, un mécanisme ou autre, mais n’ai rien trouvé. C'est au moment ou j'ai passé ma main sur le motif géant en forme de soleil que la porte s'est mise à rayonner. Elle s'est lentement soulevée, jusqu'à atteindre le plafond. Les jumeaux et moi sommes entrés, perplexes. La porte s'est violemment refermée derrière nous. Des torches se sont allumées tout autour de nous. Elles étaient posées sur les murs et semblaient être éternelles … vous savez … des flammes vieilles de plusieurs millénaires. C'était effrayant et magnifique à la fois. La pièce était aussi éclairée par autre chose : quatre objets qui rayonnaient de mille feux. Les jumeaux et moi-même avons prononcé le même « Woah. »

Les quatre clés de la légende étaient ici. Je n'en avais vu que trois sur quatre : La clé du temps, la mienne, la clé des dimensions, celle de Jake Distorsion, la clé de la nature : faite de cuivre, puissante et animale à la fois, et la clé du destin, qui était en possession de Vlad dans mon futur potentiel.

Fébrile, j'ai ouvert mon Gomme-bag et j'ai sorti le traceur krystoïdal. Je me suis approché des clés. La clé du temps a réagi à mon passage. J'ai allumé la machine selon les indications de Sakuro et cette dernière a commencé à enregistrer les données. Il y avait les dessins des quatre reliques, avec une barre de chargement. J'ai posé l'appareil au sol, en attendant que le chargement se termine. Shin et Lucio regardaient les hiéroglyphes présents sur les murs du temple. Shin était fasciné par l'histoire de ses ancêtres. Pareil pour Lucio. Moi, je n'y comprenais rien. Ils étaient tellement absorbés par leur lecture qu'ils n'ont même pas fait attention au traceur krystoïdal.

Je me suis dit à ce moment-là que mon aventure dans le passé était presque terminée.

Un bruit fracassant nous a détourné de nos pensés. La porte venait d'exploser comme un morceau de carton enroulant un pétard. Je venais de comprendre la dégradation du temple d'Orion. Une ombre était à la place de la porte. Une ombre terrifiante, et terriblement familière … Harano ? Non, il ne me semble pas. L'ombre a marché dans ma direction, faisant quelques pas, et a explosé le toit d'un coup de laser.
La lumière du soleil a éclairé son visage :

- … Marvick. C'était donc toi.
- Surprise-surprise, Gozen ! A tonné l'homme, amusé. Ksh ksh ksh … C'est vraiment amusant qu'en poursuivant les divinités de l'ombre et de la lumière, je tombe sur l'idiot qui essaie de contrecarrer les plans de mon patron. Ha ha ha ! Mais je suis plutôt heureux que tu sois là. Je vais pouvoir te tuer ici et maintenant, et rejoindre le présent sans que vous ne soyez là pour interférer dans les plans de A.R.K !
- Tu ne peux pas me tuer. Si tu me tue, le futur s'en trouvera altéré, et nous mourrons tous.
- … Le futur ? A murmuré Shin.
- Cela ne te rappelle pas … ? A répondu Lucio, silencieux.
- AnMhort. Il avait raison, a avoué le blond.
- Ksh ksh ksh. « Le futur, dis tu ? » Mais avec la clé du temps, je créerai mon futur comme je l'entends ! Le pouvoir des quatre clés me permettra de créer une mémoire du monde de notre époque, en vous écartant de manière radicale ! Ainsi toi et tes pitoyables amis n'aurez jamais existé ! Fwah ha ha ha ha !
- T'es complètement barré. Je ne te laisserai pas faire, ai-je répondu en m'armant du bâton de Miliana.
- Ksh … Tu ne sais même pas manier l'adrôme, et tu espères pouvoir me battre ?
- … Adrôme ? Ai-je dit, perplexe.
- … Ksh, ksh. Tu es de dix ans trop jeune pour espérer m'arrêter, gamin. Adrom Laser !

Une gerbe jaune est sortie de son appareil, qui était toujours accroché à son bras gauche. Je l'ai esquivée sans problème et j'ai répliqué en me ruant sur Marvick avec le bâton. Je ne savais pas tirer des lasers avec autant d'aisance. C'était surtout un coup de chance, tout à l'heure. Une série de coïncidence … parce que je me sentais en danger … en danger … la réponse m'est venue d'elle-même ! Je n'envoyais des lasers que lorsque je me sentais en danger !

Je me suis mis en face de Marvick et j'ai crié :

- Vas-y, le sbire, donne tout ce que tu as !
- Le … sbire ?

Mon adversaire a répondu à la provocation sans hésitation. Un laser est sorti de sa machine. Ma machine personnelle, toujours par terre, indiquait 60/100 de chargement. J'ai crié à mon tour « Adrom Laser ! » et une gerbe jaune est aussi sortie de la topaze. Les deux rayons se sont entrechoqués, et nous avons été propulsés. Je me suis cogné contre une grande statue en forme de chat. Je ne l'avais même pas vue. Je me suis relevé en même temps que Marvick. Celui-ci s'est mis à rire. Un rire long et prolongé … effrayant. Ce qu'il a dit par la suite m'a perturbé à vie, croyez moi.

- Gozen … et si tu voyais ta sœur ?
- Quoi ? Qu'est ce que tu me racontes, là !? Ai-je crié.
- Eh bien … je t'ai emmené une petite surprise. Non pas que je l’aie réellement prévue … mais je voulais te montrer notre toute nouvelle recrue. Une recrue de très haut niveau, d'ailleurs. Tomoe ? Tomoe, ma puce ! Viens là.
- Qu'est ce que … vous dites … ?
- Vous m'avez appelé, monsieur ? A demandé une petite voix angélique.

Mon cœur s'est déchiré en deux … non, en trois mille trois cents et un morceaux.

Devant moi se trouvait … Tomoe. Une Tomoe qui n'était pas timide, d'ailleurs. Elle me regardait d'une façon tellement glaciale qu'il semblait presque faire chaud, dans le temple. Ma sœur s'est approchée de moi et m'a dit :

- Alors, Gozen. Comment va Maman ?
- Elle est morte. Tu ne le savais pas ?
- Oh. Si. Je voulais juste l'entendre de ta bouche.
- Que … ?
- Aaah. Gozen. Les temps ont changé, tu sais ! Si seulement j'avais pu exprimer plus tôt ce que je ressentais à votre égard … à toi et Vlad … vous ne seriez pas aussi confiant.
- Qu'est ce que tu dis … ?
- Pauvre Gozen. Tout seul, désormais. Tu vas me faire pleurer. Enfin … j'ai été heureuse de te voir une dernière fois.
- … Tomoe …
- Tu n'as pas encore compris ? Je te déteste ! Je déteste Vlad, je déteste notre père qui nous a abandonné, et je déteste maman qui n'as pas réussi à survivre … Je vous déteste tous !!
- Tu étais si gentille, avant. Qu'est ce qu'ils t'ont fait … ?

Fébrilement, j'ai regardé Marvick. J'ai crié :

- Que lui avez vous fait !? Monstres ! Monstres sans cœur !!
- Marvick … débarrasse moi de ce faux frère.
Tout de suite, ma puce.
- C'est toi la fausse sœur, ici, ai-je craché. Adrom Laser !
- Adrom Laser ! A crié Marvick en même temps que moi.


« Chargement terminé. » a déclaré la machine, totalement en dehors du contexte.

C’est à ce moment là que tout s'est passé très vite. Nos deux lasers se sont entrechoqués une nouvelle fois, mais avec une puissance supplémentaire. La clé du temps est devenue extrêmement lumineuse, et la statue de chat s'est mise, d'un seul coup, entre Marvick et moi. Cette dernière a claqué des doigts … enfin des coussinets, et le temps s'est complètement arrêté. J'étais la seule personne qui pouvait encore bouger. Le traceur Krystoïdal n'avait pas été piégé non plus. J'ai regardé la statue … celle ci m'observait en souriant. Ses grands yeux jaunes pétillaient de malice. Je l'ai remercié du fond du cœur, et je me suis empressé de ramasser le traceur Krystoïdal, puis de toucher la clé.

Cette dernière m'a aveuglé.

D'un seul coup, j'étais devant mon arbre. Il y avait un petit chat, blanc et doré, qui dormait devant, niché entre deux racines. Je me suis lentement approché de lui. Ce dernier m'a regardé. Il avait de beaux yeux rouges et une queue angora. Elle était belle, et soyeuse. Le chat était lui-même magnifique. Il s'est étiré et s'est assis devant moi. J'ai penché la tête. Lui aussi. J'ai approché mon doigt, il a approché sa patte. J'ai touché son coussinet, couleur or, et celui-ci s'est dématérialisé, pour devenir une sorte de feu follet blanc et or. Ce dernier est rentré dans mon cœur, et j'ai vu la clé du temps reprendre lentement sa place autour de mon cou. Un léger miaulement a résonné dans ma tête. Min'Orion avait acquis une nouvelle forme. Quelque chose de nouveau m'accompagnait. Je savais Shin et Lucio en lieu sûr … pour mille ans à venir, tant que je n'étais pas retourné dans le présent.

J'ai soupiré. Cette aventure dans le passé ne m'avait pas apporté que des bonnes choses. Le Gomme-bag sur le dos, je suis rentré dans la seule faille temporelle disponible sur le tronc de l'arbre. On y voyait Hamed, puis Vlad. Un morceau de Lucio aussi. Les voir ainsi m'a fait sourire. J'étais vraiment heureux. Une semaine sans eux, c'était moins tenable que ce que je pensais. J'ai pris mon élan et je suis rentré en courant dans la faille. Dans le passage entre les dimensions, une voix grave a semblé me murmurer quelque chose … dans mon esprit. Cette voix m'a dit :

- Gozen … je n'en attendais pas moins de toi. Ton père serait fier de toi, s’il savait que son vœu s'exauçait à mesure de ta progression dans ce monde impitoyable. N'oublie pas que moi aussi, je suis ton ami.
- Je ne suis pas un héros … je ne suis pas un héros … je ne peux pas être un héros ! Ai-je pensé.

En un instant, je suis tombé par terre. Une main m'a relevé. Sakuro me regardait en souriant. Le temple d'Orion, lumineux, reflétait la douceur du soleil de printemps qui réchauffait quelque peu la forêt intemporelle. Saisi d'émotion, j'ai fait un câlin à tout le monde. Passage obligé, ils m'avaient réellement manqué.

- Ta disparition à duré exactement quatre secondes et vingt trois centièmes ! A dit Sakuro fièrement, avant de le noter quelque part.
- … Seulement quatre secondes ? Ai-je murmuré.
- C'était les quatre secondes vingt trois centièmes les plus stressantes de ma vie. a avoué Vlad, en tremblant.
- Le bâton de Miliana t’a servi ? A demandé Hamed.
- Il a eu son utilité, effectivement. Encore merci, Hamed. … Lucio, j'ai quelque chose, pour toi.
- Quelque chose pour moi ? Quoi donc ?
- Tiens, prends cette lettre.
- … Une lettre de … Marion ?
- Elle l'a écrite avant la catastrophe, au village d'Askaär. J'étais censé te la remettre à ton retour, mais tu as trop tardé … Et les évènements de l'époque ne le permettaient pas.
- Lis-la ! A rajouté Shin, enthousiaste.
- … Très bien.

Cher Lucio.

C'est le cœur lourd et rempli d'émotions intenses que je rédige cette lettre avant mon long et douloureux voyage. Te rencontrer a été la meilleure des choses qu'il me soit arrivée, et ce dans toute ma vie. Si j'avais pu, j'aurais avec plaisir renié toutes ces traditions de chef de village pour rester auprès de toi. Lucio, je t'aime. Je t'aime d'un amour sans égal. S'il te plait, je veux que tu m'attendes. Où que je sois, peu importe le temps que je mettrai pour revenir … Je veux qu'à mon retour, tu sois la première personne à m'accueillir. Je n'imagine pas ma vie sans toi, et ma seule pensée à ton égard me donnera l'impression que cette initiation ne sera pas si douloureuse que ça.
Lucio. Je dois à présent te quitter sur ces mots. Gozen sera mon émissaire. J'aurais aimé te donner cette lettre moi-même, ou te dire ces mots en face, mais je crois que je n'en ai pas le courage. Mon sacre initiatique va commencer après la distribution des offrandes … je ne verrai pas le village pendant longtemps. J'espère qu'il se portera bien. Tu vas me manquer. Toi aussi, Shin. Mais surtout toi, mon petit démon !

Je t'aime, attends moi.
Marion.


A mesure que Lucio lisait la lettre, ses yeux ne cessaient de s'embrumer. Il ne pouvait pas retenir ses larmes et répétait en murmurant « Je t'attends … je t'attends … »

- Ça va, Lucio ? Ai-je demandé.
- … Je ne me suis jamais senti aussi bien. Merci de m'avoir montré cette lettre, Gozen.
- Mais … de rien.
- Gozen, le traceur … a demandé Sakuro.
- Oh, oui ! Le traceur, en effet ! Tiens, le voilà. Complètement chargé.
- Génial ! Je vais donc pouvoir configurer notre itinéraire … La clé la plus proche se trouve être la clé du destin. Elle se situe quelque part dans le royaume Élégant.
- Le royaume Élégant est en guerre, ne l'oubliez pas, a précisé Hamed.
- Ah ! Oui, c'est vrai ! Ai-je répondu. Bah … de toute façon, notre aventure ne fait que commencer, alors autant s'attendre au pire …
- Tiens, c'est étrange. Le capteur montre que la clé de la nature est comme … séparée en quatre, a murmuré Sakuro.
- Au fait, Vlad … ai-je dit.
- Oui, Zenzen ?
- Je sais où se trouve Tomoe.
- Sérieusement !? Où ça ?
- Tomoe … est notre ennemie, désormais.
- Notre … ennemie ? A répété Vlad d'une petite voix.
- Ne t'en fais pas. L'essentiel est qu'elle aille bien. Ce Marvick …
- Allons, Zenzen, dit Vlad en me serrant dans ses bras.

Nous sommes sortis des montagnes d'Askaär par le nord. Les distances en vol étant bien plus courtes qu'à pied, nous n’avons mis qu'un jour et demi.

Nous avions décidé de rejoindre Élégant Highway. La clé du destin se trouvait quelque part en ces terres inconnues … il fallait à tout prix la récupérer. Un vol d’Injustes fusait dans le ciel, au dessus de nos têtes, se dirigeant lui aussi vers le continent nord.












Et ceci conclut la fin des Chroniques de l'A.R.K- Le temple d'Orion.








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Jeu 5 Jan 2012 - 15:25
Oh tiens, la fin d'une magnifique fic ? (enfin, un tome plus exactement). Rang Ecrivain obtenu !

En tout cas, mémorable comme fin du premier tome, sur 7 pages de ce topic on a vraiment pas l'impression d'avoir en fait plus de 150 pages d'écriture. Félicitation de nouveau, j'espère que le tome sera bientot publié dans les librairies et tiens nous au courant =P.
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Invité a écrit :
Jeu 5 Jan 2012 - 19:04
Alors, j'ai lu la fin et au final c’était pas vraiment une fin donc j'attend impatiemment la suite (désolé de dire ça tout le Temp ^^)

Les deux chapitres étaient globalement super, mais il y a deux, trois truc qui me dérangent. Premièrement il y a les dialogues, je trouve que ça va un peu trop vite qu'on ne ressent pas assez les émotions des personnages dans leurs paroles.

exemple:
- Tomoe … est notre ennemie, désormais.

Je me demande comment il se sent à ce moment la, j'ai un peu l'impression qu'il s'en moque un peu après. enfin bref, je trouve que les dialogue manque d’émotion. Tu décris pas assez comment se sente les personnages je trouve. Ou alors s'est voulu, je sais pas.

Ensuite y a un autre truc qui me gène, c'est que les scène de description sont vraiment trop rapide, genre pour la scène de combat avec les robot t'as tout expédié assez vite en disant un truc du genre : "Ca a duré 30 minute comme ca." Et aussi des fois tu raconte certaine scène au passé. genre : " Lucio a particulièrement été affecté par la mort de Marion. Une rage indescriptible s’est emparée de lui. Shin tentait de le maitriser, mais lui même ne se maitrisait pas" Et tu t'attarde pas assez sur certain moment. En faites moi "lecteur" je ne vie pas assez l'instant que le personnage décrit parce que ça manque de détail. (C'est peut etre juste moi)

Bref je trouve que l'histoire est raconté trop vite et s'est un peu gênant quand t'as envie que le suspens dure :D

(Ce n'est qu'un opinion suggestif, je ne sais pas si des gens pense comme moi.)

En tout cas, j'attend la suite avec impatience, j'ai adoré le premier tome.

(Au passage, Tomoe on l'a pas assez vu, enfin on s'est pas assez interessé à elle. Même avec sa soeur Gozen reste blazé !!! grrr )

(Encore au passage, Whola j'ai fait le fou!! J'ai écris un petit pavé !!! awesome )
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Gozen Arkaÿlis a écrit :
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Jeu 5 Jan 2012 - 20:03
Alors !


Oui pour les dialogues, je pense que tu as raison ... Le fait étant que même pour sa sœur, Gozen a du mal a éprouver des sentiments (encore que plus tot dans le chapitre il a traité Marvick de MONSTRE SANS COEUR !!!)

Le "Tomoe ... est notre ennemie, désormais" ... Il y a une pointe de résignation, tout en gardant son style habituel totalement décontracté, ce qui donne une semi résignation laxiste. XD


Pour la scène du robot ... Y avait pas grand chose a décrire, tout le monde se fait latter ... Jai simplement décrit les coups qui ont réellement portés.


Pour les scènes au passé ... J'vois pas où est le blem ?_?

En revanche pour la notion de suspens je comprends ce que tu veux dire, mais comme Gozen raconte les Chroniques, c'est un peu dur de placer un suspens puisque techniquement il sait ce qu'il va se passer dans la narration, sans que le vrai personnage ne le sache ...



Je ne sais si ça t'as aidé mais bon XDD


Pour la suite bien ... Indéterminée. Je l'ai, mais je ne peux pas la donner ^o^"



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Invité a écrit :
Jeu 2 Fév 2012 - 9:40
Si tu ne trouva pas d'editeur. Edite toi toi même !! ^

http://autres-talents.fr/
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