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Invité a écrit:

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le Jeu 21 Avr 2011 - 20:20
Dans ce topic, j'écrirai plusieurs pavés qui expriment ma propre opinion d'une chose, je le ferai par les chapitres qui me viennent à l'esprit (oh l'autre il copie Montaigne et tout). Ce que j'attends de ce topic, c'est que l'on vienne remettre en cause mes idées, je n'aime pas vraiment l'idée de parler tout seul et de recevoir l'approbation de tout le monde sans avoir l'occasion de penser d'une autre façon. J'ai pas vraiment de "thème précis", je veux essayer de parler du plus de choses possibles.

Je fais ce topic avec l'unique prétention d'un exercice de la pensée, je ne me prends ni pour le nouveau penseur du siècle, ni pour un pédant. Mais j'avais bien besoin d'un endroit pour faire de l'exercice de ce genre de chose.

Thématiques que j'aborderai (en gras, celles que j'ai abordées) :
- Conscience et Vérité
- Le Bien et le Mal
- La doxa comme prédicat du devoir social (démarcation temporelle de l'humain devant son état animal d'origine.)
- Vie et Mort
- Les absolus
- Les religions de la morale / Dieu : réfutation de ses dogmes
- L'inconscient
- Catharsis et Art
- Les sophismes
- Les débats
- Faire la différence entre connaissances et raisonnement
- Le monstrueux

Conscience et Vérité
Si il existe une chose notable chez l'humain. C'est principalement le fait qu'il se démarque de tout autre être vivant terrestre par son intelligence ; sa conscience des éléments. Mais cette conscience a de fondamental qu'elle permet la propre connaissance de ses limites par la déduction des notions qu'elle n'arrive pas à saisir. L'entière analyse de la conscience portera donc sur le problème humain de la vérité et le fait qu'elle ne puisse pas être saisie dans son sens "pur" (c'est à dire dégagé du désordre que la conscience provoque).

Pour mettre en relief la question de limites de l'intelligence, j'aborderai donc ce problème d'impossible atteinte de la réalité. En réalité, c'est un problème si central que sa méconnaissance relève du défi : la vérité n'est pas envisageable. La conscience n'en permet pas une conception absolue parce qu'elle est incapable de deviner correctement n'importe quel aspect absolu des éléments qui lui viennent. Que la raison soit pour autant heuristique ne relève en rien du paradoxe, la seule difficulté qui s'opère est que les connaissances envisagées par l'interprétation de la vérité sont en tronquées et biaisées en conséquence de cette incapacité à l'absolu. Les acquis pratiques que cette intelligence induit sont en conclusion âpres et cette même raison ne peut reboucher ces aspérités par son incomplétion, cela ne veut pas dire qu'ils restent intégralement faux, donc. La progression des concepts non-scientifiques (car je ne parle pas de la science dans l'immédiat, sa base de pose sur des concepts présents par une méthode physique et, par conséquent, absolus) ne sont cependant pas cycliques car les idées ne reviennent pas en un même point après que leur étude aurait dépassé une certaine "limite humaine", ces mêmes idées changent ou progressent en conséquence avec le temps grâce à un empirisme imposant donc l'usage de ces dernières en tant que base dans une recherche de nouveauté. Car une chose est notable : Les "premières" idées, les plus anciennes ne peuvent pourtant pas être accusée d'une arriération comparé aux réflexions récentes et leur discernement démontre qu'il n'y a finalement pas de réel progrès, simplement des opinions et des débats s'ouvrant sur de nouveaux raisonnements.

Ce que donc l'intelligence offre est une prise de distance aux théories dont la réfutation n'a pas été déterminée par une logique ou des apports de connaissance indétournables. Car en définitive, toutes ces branches ne sont que des opinions déterminées par les préférences de la raison de chacun qui prend ses racines dans la superstructure : donc il n'y a pas le moindre dualisme à cette échelle, mais préalablement une évolution déterministe qui s'applique à la personnalité de la logique de chacun.

La superstructure découlant elle-même de l'humain (et donc de l'intelligence) est une fois de plus un concept qui présente des particularités dont l'universalité est impossible alors même que c'est cette dernière qui régit les règles éthiques et, par extension, législatives. Règles qui malgré leur nature absolue ne le sont pas pour autant dans leur application (car elle touche la réalité) et encore moins incontestables pour certaines.
À partir de là, une première conclusion se montre : La logique au sein des humains n'est pas proprement objective : c'est une subjectivité par le manque de consistance, de complétion et d'absolu de la raison qui se veut objective.

D'ailleurs, si l'humain doit se former des règles dans sa société, c'est bien parce qu'il est incapable de vivre en collectivité sans en placer de précises car il ne peut connaître les individus qu'il n'a pas côtoyés : il y a une nécessité législative.
Si nous avons des lois, c'est parce que l'être humain est inapte à la vie en société, si ce n'était pas le cas, il ne pourrait pas l'améliorer et cette dernière serait unanimement acceptée, ce qui n'a jamais été la réalité. De fait, c'est notre perception de la réalité qui nous empêche de vivre en groupe sans qu'il y aie pour autant des dysfonctionnements, des irrégularités, des contestations, etc. et ce pour une raison très simple : La civilisation est le fruit de notre intelligence qui elle-même est pleine d'aspérités, elle est donc à l'image de la conscience humaine. Ces règles sont donc là pour instaurer la stabilité qui manque au comportement humain, qui ne lui sont pas innées. Il y a une volonté d'intégrer des principes conscients à l'inconscient humain de sorte à ce qu'ils soient innés.

En réalité, ce n'est pas la civilisation en elle-même qui pose problème, c'est l'impossibilité pour l'homme de vivre trop nombreux en restant à un stade véritablement stable. À une époque où il vivait encore en troupe, où chacun était "solidaire", les liens étaient bien plus solides, il n'y avait pas de réel problème d'ordre politique, chacun faisait "comme ça" et lorsqu'il y avait un vol ou un meurtre, l'unanimité était contre lui. Bien entendu, ce genre d'ordre se paie contre une réflexion avancée d'ordre civilisateur (et ce non pas grâce à une intelligence plus grande, mais aux praxis et à la superstructure qui a pu lui permettre de développer des réflexions et ainsi de profiter de l'étendue de l'intelligence), les aspérités d'un gouvernement datent donc de l'intelligence les ayant fondés et pas d'un mode de vie hérité de la "nature" qui lui était a priori sans réel problème. Bien entendu, en tant qu'être humain, on ne peut vouloir sortir du système sociétal actuel pour revenir à un état où la réflexion était portée à un stade animal, et dans un sens, cela signifie qu'un "Gouvernement parfait" se paie contre de l'ignorance et d'une mise à niveau de nos limites régressive, ce qui est hautement fasciste et déclinatoire.

Qu'en conclure ? Que pouvoir réfléchir serait donc un privilège de l'homme civilisé dont le prix est un environnement à apories ? C'est un peu ça : Si tout est idéal et absolu (j'entends par là que rien de supérieur n'est envisageable), la réflexion n'est dès lors plus nécessaire dans l'explication des phénomènes.

Attention tout de même à ne pas me mettre en parallèle avec Rousseau (que je déteste) qui affirmait que l'homme naissait bon et que la société le pervertissait. Au contraire. Les notions de bon et de mauvais sont absolument surfaites et réservées au mieux, aux fictions, au pire, aux religions. Je dis que la société ici est aussi variable qu'immobile, extrémiste que neutre simplement parce qu'elle est à l'image de ses fondateurs et leaders (en démocratie, ça compte pour le peuple), de l'éducation qu'ils ont reçu, un homme ne naît ni bon ni mauvais, ce ne sont que des facteurs subjectifs que seuls des axiomes peuvent déterminer réellement (et encore, hein) sur ce qu'il fait, mais jamais sur ce qu'il est. L'erreur de Rousseau, c'est qu'il considère la société comme «frelatante», qui fait donc naître un "mal". Mais d'où vient ce mal ? De l'incroyable invention de la société ? Or, la société reflète l'homme, car c'est l'Homme lui-même qui l'a créée, ce qui voudrait dire que l'homme est mauvais ? Impossible : il naît bon. Et à l'époque où la société n'existait pas (le "bon sauvage"), il ne pouvait pas la faire venir ex nihilo sans même en avoir conscience.

J'ai parlé de la science tout à l'heure, parce qu'elle se centralise autour d'une vérité qui a pour trait la nature et l'univers, n'étant pas des fruits de l'être humain mais bien l'environnement dans lequel il est immergé avec une méthode physique et mathématique. Cependant, comment aborder un milieu par anticipation absolu et parfait (par anticipation, car si tel était le cas en réalité, l'intelligence n'en serait pas sorti) avec une intelligence à trous a posteriori contingente ? Tout d'abord, il y a les chiffres, unités absolues qui permettent d'appliquer les formules de l'univers à une interprétation humaine qui elle-même ne pourra pas totalement les saisir ni les comprendre (d'où l'usage de démonstrations afin de mettre en application ces lois numériques pour les prouver), de même que tous ces chiffres ne lui permettront jamais à sa conscience d'interpréter les lois macrocosmiques. Sans vouloir cependant sombrer dans l'acosmie (soit, la négation du cosmos), il me paraît évident que la raison ne sait pas y faire avec l'espace, la seule façon possible pour l'homme de l'explorer et le comprendre étant en ayant recours à des calculs et appareils capables de les appréhender pour les concrétiser.

Donc, bien que ce soit la même intelligence qui entre en jeu, la conclusion numérique est différente de la théorique car la première n'a rien d'humain, ou du moins, l'interprétation de l'humain y est très limitée. De même, si les chiffres et les paramètres naturels/cosmiques étaient pour l'Homme quelque chose de naturel qui entre en consonance avec l'intégralité de sa raison, il aurait crée une mesure si adaptée à l'espace que le nombre pi et le nombre d'or seraient résumés en une simple unité sur cette graduation.

Voilà donc ma conclusion : L'intelligence est une erreur de la nature, fruit d'une anomalie qui ne peut pas elle même se doter d'un automatisme absolu à cause de sa nature irrégulière. C'est une sorte d'emmental, de sphère imparfaite qui force l'homme à approcher le monde par le paradigme de cette même intelligence sans pouvoir se placer au-delà, enfermée dans les limites de sa superstructure et de son propre empirisme.

Invité a écrit:

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le Jeu 5 Mai 2011 - 21:23
Le Bien et le Mal
Il ne sera pas question d'une axiologie du bien et du mal ici mais d'un déterminisme afin de comprendre le "Quid" de toute la question manichéenne.

Le bien tout comme le mal viennent de l'homme. Abstraction faite de tout agissement sur lesquels on pourrait forger un jugement, ces notions même de blanc et de noir sont issues d'une conclusion déduite du jugement cognitif d'un individu : ils sont un objet de jugement spontané qui prend ses racines dans la subjectivité. Bien évidemment, l'idée même du bien ou du mal est strictement personnelle et qu'un individu applique automatiquement un jugement tel est légitime car sans ce dernier il n'aurait pas de critique personnelle à apposer, voire aucune critique car les formes telles qu'on les perçoit sont toutes soumises à notre faculté de juger, voulue ou non. La considération manichéenne de chaque objet est donc le fondement même de la pensée de chacun : "cela me plaît" / "cela ne me plaît pas" etc c'est ainsi un codage binaire et schématique qui détermine la simple subjectivité et son essence subjective est indivisible de la simple faculté de juger, ou plutôt, elle est l'indice du mode de détermination de la faculté de tel ou tel individu, car la considération de bien ou de mal n'explique pas pour autant l'intégralité de la méthode schématique qu'engage le cerveau d'une personne comme une autre.

L'on peut considérer ainsi que chaque être humain a son mode de définition subjective dont ces deux idées antinomiques proviennent de la seule origine de l'expérience (je parle bien évidemment du mode de détermination et non pas de l'essence du mode en lui-même, l'expérience n'est qu'un "degré" de modification mais ce n'est pas de là que vient notre capacité de juger). Chaque homme traitera comme bon et mauvais les informations reçues selon son propre vécu (ce qui implique bien autant l'éducation que la propre observation ne dépendant pas d'une autorité - et par autorité j'entends, toute opinion émise qui est imposée non pas par l'émetteur mais que l'individu percepteur s'impose - mais c'est un autre sujet) et ce sera l'unique chose qui influencera tout l'ordre moral d'un individu sujet. Il ne faut pas faire l'erreur de considérer l'ordre moral comme transcendantal (et ainsi, dogmatique, puisqu'il serait à partir de là une noumène) et non pas forgé de bout en bout par l'être humain car la morale aussi nécessaire qu'elle est a d'inaliénable qu'elle peut et doit toujours être re-discutée selon une remise en question de ses préceptes. Le fait qu'elle soit issue d'une fonction innée de la perception ne rend pas son contenu aussi inattaquable justement parce qu'elle est issue de tout un réseau de conclusions issues d'observations empiriques. En bref qu'elle ne soit pas transcendantale annule toute possibilité dogmatique.

Ainsi, par exemple considérer la sexualité comme condamnable est simplement un acte issu d'une morale et peut être discuté. Considérer l'application de la mort en tant que punition est tout aussi discutable. Et il serait fallacieux de considérer que le moindre écart à sa morale n'est que le fruit d'une forme de "mal" au sein de l'individu immoral ou d'assimiler cet acte à de la folie car cela dépend justement d'une forme morale (donc empirique) différente. Il n'existe donc pas d'homme bon ou d'homme mauvais, juste un ressentiment sensible que la forme morale de cet homme révèle. Il faut donc nécessairement faire preuve de neutralité devant les actes motivés par le rapport déontologique d'un homme. De cette façon, en connaissant la morale de la personne que je juge, il est toujours à questionner le rapport à l'éthique (de ce que j'appelle "morale collective", c'est à dire imposée dans la culture d'un pays, d'un région, d'une famille) de la personne que l'on rencontre, car l'on n'est pas apte à juger correctement ses actes, cela relèverait de l'absurde de partir de la prémisse que chaque humain a la même morale que nous car les conclusions où cette dernière nous mènera seront pour une bonne partie fallacieuses.

Jusqu'ici, j'ai expliqué que la vision du monde de chacun dépend de ce qu'il a déjà vécu et reçu, mais je ne vous apprends rien.

En revanche, l'être humain est capable d'irrationalité et de contradiction devant ce qu'il pense et peut faire. Je vais donc parler du cas d'un acte par opposition aux principes moraux de l'individu en question, ou plus simplement, de la contradiction par l'action. C'est le cas lorsque la nécessité émotionnelle dépasse la raison formatée par la morale, l'âme humaine a évidemment des sentiments et ces derniers sont capables d'occulter toute possibilité de réflexion à cause d'une trop forte conséquence personnelle. Car quand bien même l'humain est forgé de principes, il n'est pas dénué de toute sentimentalité et ce malgré la discipline avec laquelle il a été élevé. De fait, il y a une certaine énergie émotionnelle qui doit être dépensée et cette dernière peut parfaitement éclipser pendant le moment où la catharsis est exécutée de la façon la plus minimale possible (par "catharsis minimale", je veux dire : " expulsion contenue le plus fort possible par l'individu dans l'attente d'une purgation future"), si cette dernière a pour objet d'expression - par exemple - la violence sur un autre individu, un objet, une idée, cette purgation devra se faire d'une façon ou d'une autre peu importe les idées morales de l'individu. Bien évidemment, la nécessité qui pousse l'être à agir contre sa morale ne dépend pas intrinsèquement des sentiments, en dehors de l'émotion, l'impératif peut parfaitement découler d'une stratégie, d'une raison afin de combattre un malaise vécu à partir de la sensibilité (et donc, un équilibre sentimental à réétablir).

De cette façon, des scènes de violence ou de meurtre pour des raisons passionnelles, cupides, stratégiques, etc arrivent chaque jour partout dans le monde. L'acte de contradiction ne doit pas être réduit à une action immorale, mais à une distorsion des principes moraux sur le moment de l'action contradictoire de façon à ce que, une fois l'équilibre émotionnel établi et selon son ordre personnel, la personne se mette alors à regretter son acte, ou pas (l'absence de regret ou de chagrin devant l'acte immoral signifie que les valeurs de cette personne n'excluent pas la nécessité de tuer mais ce cas est un simple titre d'exemple parmi d'autre car il ne touche pas à l'essence de ce principe et des actions en conséquence mais d'une configuration propre à cette personne dans l'infinité de celles possibles). Il est à préciser que lorsque l'on pense que la distorsion morale a pour unique objet la raison, cette distorsion ne provient pas de l'individu mais bien de l'image morale que l'on avait de lui.

Cette distorsion peut aussi s'opérer par une catharsis qui a pour cause la folie ou le désordre mental. De même, l'absence de moralité ou l'indifférence totale devant l'éthique de référence est probablement le témoin du fait que l'ordre moral de l'individu en question ne provient pas de sa propre expérience mais bien d'une cause qui n'a pas pour source le monde extérieur mais une anomalie psychologique (cependant, il n'est pas à exclure l'hypothèse que la source de cette anomalie provienne d'une accumulation de facteurs qui aie eu une influence aussi forte qu'elle aie pu toucher le mode de pensée originel de l'individu). La détermination quant à la morale d'un individu dépendante de sa folie ou de son expérience reste cependant sous le diagnostic d'un psychologue qualifié, les limites pour déterminer la cause d'une anomalie - si cause il y a - tiennent d'avantage à la psychologie qu'à la philosophie.

En conclusion, il n'existe pas de morale transcendantale et omnipotente car elle n'est forgée que selon des observations humaines et les actes dits immoraux ne le sont qu'à partir d'une référence, qu'elle soit personnelle ou collective. Car l'on ne saurait apposer un jugement sans soubassement, construire sans fondation.

Invité a écrit:

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le Lun 23 Mai 2011 - 13:32
La doxa comme postulat des tâches sociales
À la base, j'avais pas le projet direct de me lancer sur le thème des apparences, probablement parce que je n'y avais pas pensé, ça renvoie à une discussion récente que j'ai eue avec un ami sur le fait d'être métrosexuel et que l'on pouvait l'être sans avoir à être influencé par qui que ce soit et que l'on pouvait faire cela pour soi-même en se détachant des préjugés sociaux. Justement, je n'étais pas d'accord, en tout cas, pas au sens auquel il l'entendait (bon, tout de suite, on tombe plus dans des sciences sociales que de la philosophie, mais ce n'est pas grave, le titre de ce topic est juste une vitrine parce que j'aime bien le mot), de cette façon j'ai fait le rapport avec une autre thèse dont je voulais parler ici, ce sujet sera long.
L'homme ne peut pas échapper à l'être social qu'il engendre quand il se soumet au hasard du regard des autres en travaillant dans son bureau ou en allant chercher le pain, par exemple . Il est toujours soumis, d'abord à l'environnement social, puis aux individus : c'est l'héritage culturel qui donne aux personnes ces axiomes de jugement en collectivité pour se permettre de juger un homme ou une femme sur son apparence et ceci est la source même du malêtre de millions d'adolescents torturés par l'intégration et la peur du rejet. Bon. La question qui se pose est alors "Pourquoi sommes-nous jugés par les autres ?".

Commençons d'abord par le simple phénomène de jugement, si l'être humain est jugé par les autres, il juge aussi les autres. Sans avoir échangé un mot, il a déjà sa propre opinion d'une personne sur les vêtements, coupe de cheveux, apparence physique, degré maquillage etc que cette dernière a - chose encore plus hasardeuse, l'opinion obtenue depuis ces informations est complètement changeante selon le propre point de vue de la personne (avec tout ce que cela englobe : classe sociale, expérience...). L'on a besoin de tout de suite juger une personne car c'est de l'analyse pure, motivée par une simple volonté d'identifier quoique ce soit au même titre qu'un objet sans vouloir tout de suite rentrer dans les détails ou même le vouloir tout court. De même que l'opinion sur l'apparence obéit également au contexte dans lequel il est donné : une tête de mort sur un flacon ? Du poison ! Sur un drapeau ? Des pirates ! Dans une peinture ? Vanité ! ; C'est exactement pareil chez tout et n'importe quoi, donc les humains. Un homme en uniforme noir dans un centre commercial passera pour un vigile alors qu'on le prendra plutôt pour un cadre quand il est dans un bureau, bref, le jugement selon le contexte donné est hautement versatile puisque l'on prend d'abord les informations que le contexte engendre et adapte le jugement selon ce contexte pour mettre du sens, comme si les choses avaient un chemin précalculé d'explication.

Bien évidemment, ce mode de pensée ne garantit pas une conclusion sûre, mais par question rationnelle, c'est ce que l'on fera, c'est ce qui produit de l'étonnement lorsque quelque chose d'inattendu se produit dans un environnement sur lequel on avait déjà posé des règles. Quel est le rapport avec ce que je veux dire sur l'apparence que l'on se donne en société ?

Parce qu'elle dépend du Persona, c'est un peu l'apposition de règles sur le rapport objet/environnement dans le Moi. Ce n'est pas moi qui l'ai inventé, mais Carl Jung, pionnier de la psychologie analytique : notre propre façon d'agir dépend tout le temps du contexte dans lequel on est plongé et plus précisément du rôle que l'on pense que les autres nous accordent selon ce contexte. Nous agissons alors par rapport au rôle que les autres nous donnent, qui ne convient probablement pas à notre personnalité, mais auquel on se suffit puisqu'il permet l'intégration (vous avez dit "hypocrisie" ? On pourrait considérer que c'en est une forme). Sauf que voilà : Le risque du Persona est justement la perte de sa propre identité au nom du regard des autres. Que faire alors pour y remédier ? Essayer d'être soi-même n'est pas aussi simple, s'habiller pour soi-même et pas pour les autres est en fait une seconde forme de la prise d'apparence pour ce qui nous jugera. C'est une méthode de prise d'apparence indirecte, une sorte de carapace du moi qui occulte ce qu'il a de faible pour mettre en évidence ce qu'il a de fort - ce que l'on considère de représentatif en nous. Comment s'assurer que cette considération n'aie pas été influencée par les autres ? Naturellement, s'obséder à un tel point pour savoir ce que les autres, innocents, ont pu nous faire est inutile, puisqu'il n'y a aucun moyen d'y échapper.

Alors nous allons probablement nous exposer pour montrer une partie de soi, s'habiller discrètement, de façon extravagante, ou "banale", ou très marquée. Nos agissements en conséquence permettent de faire du sens dans la société. Que je sois différent selon la personne avec qui je parle est donc normal étant donné que je lui parle selon comment cette dernière me voit histoire de faciliter le contact, bien évidemment que plus cette personne nous est proche, moins ce masque sera présent puisqu'il n'est là que pour rendre le contact plus facile.

Quel est dans ce cas le fondement du jugement archaïque que nous avons les uns sur les autres ? En faisant une énorme abstraction pour trouver les fondements, l'on peut en arriver à deux notions dualistes : la virilité, la féminité. Elles vont de pair avec le progrès moral de la société mais j'expliquerai par la suite. Nous sommes nés avec directement un préjugé normatif sur notre personne, empiriquement transcendantal car hérité de nos origines animales et intégré à notre mode de fonctionnement métempirique : les garçons doivent être virils, les filles doivent être féminines, et gares à leur sort si ils sortent de ce moule, ils choqueront les moeurs, feront rire, auront le péchéd'être différents. Bien entendu, cet a-priori préhistorique a plusieures méthodes d'application suivant le milieu car ça a une influence directe sur la mentalité qui y règne. On connait tous les origines de ce "rôle pré-établi" : chez les mammifères animaux, le mâle par à la chasse et entreprend tout pour la "survie de la famille", la femelle s'occupe des petits et du "foyer". Bon. Je simplifie. C'est la base principale.

Comme je l'ai dit tout à l'heure, cela dépend de l'environnement et d'un certain progrès moral : notre doxa d'aujourd'hui n'est pas celle d'il y a un siècle, époque bien plus accrochée aux valeurs patriarcales et bien plus simplificatrices au point où cela touchait les manuels d'écoles : la femme doit s'occuper de la maison et être une bonne cuisinière, réconforter son mari, être obéissante et se subsumer à lui au point où l'on fera abstraction de son être social (les sujets de conversations féminins considérés alors comme moins important que celui de leur mari), l'homme doit être fort et travailler beaucoup pour rapporter de l'argent, avoir le pouvoir, bref : comme il a l'avantage physique sur son état animal, il doit commander, il doit avoir le pouvoir. On peut remarquer d'ailleurs que selon des sources statistiques actuelles, le genre d'occupation qui est populaire dans le milieu masculin est celui qui exerce une certaine rivalité avec le monde (les MMORPG, le sport, les belles voitures (allégorie presque de l'image sociale et de la personnalité dans un état de réduction du propriétaire à l'objet matériel comme c'est le cas dans les milieux bourgeois)...) alors que celui que l'on peut considérer comme populaire dans le milieu féminin est plutôt ce qui se rattache à garder un certain ordre dans les choses (Farmville, Animal Crossing, le jardinage, à titre d'exemple).

En fait.
L'idée même du renversement des rivalités de l'autorité masculine est sujet à malaise, même encore aujourd'hui (l'homosexualité est si mal vue parce qu'elle suscite une double soumission de l'homme contre son partenaire, et ça, ça ne plaît pas aux religions), puisque chaque homme a des activités plus centrées sur la rivalité car ils ont cet inconscient désir de montrer "qui est le plus fort", et d'affirmer son autorité en dehors du cadre familial, la limitation et sujétion d'un homme devant quoi que ce soit (ce qui passe aussi par la non-participation à des occasions de montrer cette masculinité, l'allégorie des testicules et l'expression "t'as pas de couille" est également une chose assez révélatrice) est finalement vu comme un manque de virilité, une preuve de féminité. Les esclaves de l'antiquité grecque, vus comme une autre classe d'hommes, n'avaient pas le droit de sodomiser leur maître quand bien même ce dernier pouvait les sodomiser, car l'idée de renversement de l'ordre social par la domination du sexe sur un autre dans le phénomène de pénétration qui affirme par rapport au statut physique le masculin sur le féminin (l'autorité sur... le dominé ?) engendrait l'idée d'un malaise sociétal (au point même où le paradigme religieux l'a repris, c'est dire si la gravité du simple acte de retourner cette autorité pour passer à la soumission, à cette idée d'humiliation faisait peur).

Bien évidemment, en tant que donnée sur la collectivité, pour revenir à ce que j'ai dit sur les différences de comportement, cela ne sert qu'à établir un absolu, une norme. Car qu'est-ce qui est plus banal qu'une femme qui s'occupe à faire de l'ordre dans ses affaires ou un homme mordu de foot ou de tennis, ou de course de voitures ? Les mouvements féministes (qui ne datent pas d'hier) ont fini par exploser de popularité pour une raison : il devait y avoir un progrès des morales, progrès engendré à la fin de la seconde guerre mondiale dans le fond de la chose : on a arrêté de se tenir à des préjugés aussi stricts et avons étendu notre panorama à de nouveaux horizons. La tolérance du tout est venue s'instaurer comme nouvelle religion et cela n'a de cesse de progresser, il persiste évidemment toujours et de façon assez marquée la nécessité de coller au stéréotype mais cela n'est plus rattaché à une forme de "devoir" mais plus à un "rôle" à jouer dans l'énorme jeu d'échec de la société dans lequel n'importe quel mouvement est à la fois susceptible de provoquer du désagréable et d'être "toléré". Étonnant, non ? C'est loin d'être simple de cadrer ce que pense réellement la foule.

Si il y a eu ce progrès, si l'on considère que les gens rattachés au patriarche sont par la collectivité fustigés parce qu'ils ne conviennent pas au changement du paradigme culturel, c'est pour la raison que l'homme n'a de cesse de se séparer de son ancien état animal. Il dépasse progressivement les conditionnements rattachés aux qualités héritées des "animaux" pour devenir un être civilisé. Organisation familiale avec chef unique ? L'organisation change et la famille devient moins hiérarchisée. Le machisme ? De plus en plus vieillot. L'humour machiste ? De plus en plus lourd. Les "stéréotypes" masculins deviennent critiqué par le nouveau dogme moral. En réalité, c'est une simple opposition de doxas, que telle ou telle personne prenne la morale de son prochain pair comme "normative" n'est que de la pure subjectivité et il y a autant de conceptions de la norme que de personnes puisque c'est une opinion provenant d'une observation, d'où - probablement - la difficulté à essayer de résumer le paradigme culturel qui est "en place" actuellement, malgré nombre de facteurs assez normatifs, ils sont hétérodoxes, à plusieures facettes, il n'y a pas d'unité synthétique de doxa.

Vu que mes derniers posts sont à fond sur la morale, j'irai probablement parler de l'héritage religieux dans mon prochain post, je verrai, en tout cas ça me fait une belle ouverture pour embrayer là-dessus puisque je parle de ce qu'il régit nos normes éducatives.

Kokiri a écrit:

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Pu-Pu-Puissance
le Lun 23 Mai 2011 - 17:08
Juste, une connerie comme ça pour le thème des absolus:

"Tout est relatif, donc la relativité est relative, donc il existe un absolu"

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Invité a écrit:

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le Lun 23 Mai 2011 - 17:19
Un absolu est une chose qui ne peut être changée et qui donc existe par lui-même. Le fait que les choses soient relatives est elle-même un absolu : celui de l'existence de la relativité.

Invité a écrit:

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le Dim 29 Mai 2011 - 23:57
Les religions de la morale / Dieu
Je sais à quel point notre société athéiste encourage un peu plus chaque jour la croyance en un dogme nihiliste, car les religions deviennent progressivement une chose marginale et assimilée à un mode de vie - notre environnement socio-culturel mondial est depuis un siècle dans l'entretien d'un vaste praxis où l'athéisme prend progressivement place à la foi avec pour preuve statistique le nombre toujours croissant d'athées, le phénomène est encore trop dispersé pour que je puisse en faire une analyse correcte de l'opinion publique car elle y est encore infiniment variable, si ce n'est que la "norme" considère les extrêmes religieux comme particulièrement pernicieux, mais bien sûr, c'est le cas de la norme et pas de tout le monde, enfin bref je ne veux pas m'attarder sur une analyse des raisons de ce changement : c'était juste une constatation. Ici, il sera d'abord question des origines de la religion, puis de la question éternelle des dogmes sur lesquels cet instrument moral s'est appuyé (car les religions monothéistes reposent principalement sur le même système). Je ne vais pas fustiger, diaboliser ce qu'on appelle religion, ce que je fais est juste un appel à la neutralité, que ça soit dans un camp comme pour un autre, je ne veux qu'invalider tous les axiomes hérités de cette certitude divine dont l'athéisme est pour une bonne partie symétrique.

Bien, allons droit au but.

I/ De l'origine monothéiste
À la base, toute l'origine de la morale chrétienne naît d'une période de mortification philosophique sur l'après-mort auxquelles les religions polythéistes n'apportaient pas une réponse assez satisfaisante. Le succès rencontré est proportionnel à la demande de réponse que les peuples réclamaient à ce moment là, bien évidemment, la popularité du monothéisme a rapidement crû jusqu'à totalement renverser la culture de la mythologie romaine (je ne critiquerai pas la façon dont cela a été entrepris, ça ne serait qu'un argument ad hominem et tous les changements ne se sont pas faits dans la plus grande douceur, pour le bien ou pour le mal, avec pour exemple parmi d'autres : la Révolution française). Avec le temps, il a fini par se multiplier des interprétations et des divisions différentes de ce point de départ biblique pour au final se confondre avec la culture du milieu sur lequel il était appliqué, je ne parle pas de syncrétisme, simplement d'une succession naturelle d'événements dans le milieu culturel qui pousse à différencier la culture "locale" des voisines.

Bref, tout ce résumé historique très simplifié pour réduire la notion religieuse à un phénomène moral, alors apparu par nécessité plutôt que par intégration divine, les préceptes bibliques viendront peu après, en tant que manifeste du catholicisme que les praxis finiront par transformer en des dogmes à possibilités interprétatives. Soit. Ce qu'aura apporté la Bible est une base en tant qu'élément indissociable des religions et du noumène que cette dernière a alors conceptualisé de sorte à rendre Dieu comme prédicat de la morale. De là en a découlé toutes sortes de traditions morales (messe, confirmation, extrême-onction, baptême, etc) qu'il ne faudrait cependant pas confondre avec le pur concept de Dieu dont je veux parler ici dégagé de toute considération qui provient de la doxa. Séparer le concept de ce qu'il a engendré, qui est accidentel (en philosophie, un accident est une entité liée sans pour autant participer à l'essence de l'objet dont il est question) de ce que je veux, en bref.

II/ De l'argumentation du dogme
Pour simplifier, Dieu est la base même de tout le fondement monothéiste, ce qui paraît évident à première vue nécessite tout de même énonciation car c'est ce qui permet de faire cohésion de chaque précepte religieux inculqué par la religion. Démystifier Dieu, c'est attaquer les fondements et remettre alors en question la simple moralité inculquée par cette dernière. Je préviens que je ne tiens pas à prouver l'inexistence d'un Dieu (ce qui est impossible) mais pousser à une remise en question philosophique de ce que le Dieu monothéiste est vraiment.

Pour se protéger et prouver la rationalité de l'existence d'un être omnipotent, le monothéisme s'est fondé un vaste argumentaire que l'on pourra diviser en trois sections : la prémisse cosmologique, la prémisse physico-théologique et la prémisse ontologique.

1) Argument physico-théologique
Je vais commencer par l'argumentation physico-théologique car c'est la plus simple à réfuter. Le syllogisme se déroule comme suit :
1. tout ce qui contient des fins est l'œuvre d'une intelligence ;
2. or le monde contient des fins : êtres organisés, beauté de la nature, fait que les produits de la nature soient destinés à l'homme ;
3. donc il existe une intelligence supérieure à l'origine du monde (Dieu).


Soit : "Le monde a été fait pour l'homme, donc Dieu en est la cause car sans lui, le monde ne serait pas fait pour l'homme"
Plusieures choses. D'abord ; cet argument fait une double anthropomorphose du résultat de l'action de la "première cause" sur la nature : "cette cause a rendu le monde fait pour l'homme" Il y a tout d'abord lieu ici une inversion des valeurs argumentatives : le monde n'est pas fait pour l'homme, mais l'homme s'est bien adapté au monde qui l'entourait afin de pouvoir mieux l'utiliser (et pas seulement l'homme, mais tous les animaux, tout le monde connaît les bases de la théorie de l'évolution Darwinienne) et c'est une propriété apodictique : l'homme s'est fait pour le monde.

Et la conceptualisation du monde comme objet d'espace avec pour but les possibilités d'action de l'homme ne peut être accepté que comme prémisse divine seulement si l'on a d'abord accepté la condition théologique du monde, en d'autres termes, cet argument illustre le sophisme nommé "Petitio Principii" : L'argument qui supporte la prémisse implique d'abord l'intégration de cette prémisse comme vraie afin de considérer l'argumentation comme valide. En termes plus simples : il faut considérer que Dieu a fait le monde pour accepter l'évidence que le monde a été fait pour l'humain et donc par Dieu. Mais pour reconnaître cette "perfection naturelle destinée à l'homme", il faut tout d'abord la conscience pour pouvoir considérer que cette chose est telle qu'on l'a considérée ; finalement, la perfection naturelle est loin d'être objective, car l'on considère parfait que ce que l'on ne connait pas suffisamment pour y voir ses "erreurs" : une sphère nous paraîtra parfaite jusqu'à ce que l'on s'intéresse plus précisément à sa structure microscopique afin de conclure son état imparfait par le nombre d'aspérités présentes et dont l'existence est prouvée par le microscope.

Ensuite, j'aimerais m'attaquer à la majeure de ce syllogisme : "tout ce qui contient des fins est l'œuvre d'une intelligence ;" C'est la seconde anthropomorphose que cette argumentation implique. Elle prend l'intelligence comme source de toute chose contenant des fins car l'humain lui-même ne peut créer quoi que ce soit destiné à des fins personnelles sans intelligence et ingénierie. La faute de cette majeure est de ne pas laisser de place au hasard, veut à tout prix remplir ce questionnement de l'existence par un raccourci en prenant les actions de l'homme même comme base afin de donner à ce syllogisme un air de logique. Et c'est en lui appliquant cette fin de "fait pour l'homme" que cette crédibilité divine s'affirme (un second petitio principii : il faut d'abord accepter que la nature soit faite pour l'homme pour considérer qu'elle a été faite à cette fin) ; essentiellement, cela renvoie à une indispensabilité de Dieu : il faut un être pour créer ce genre de chose.

2) Argument cosmologique
Le second argument qui vient est l'argument cosmologique qui se développe comme suit :
1. Tout ce qui est a une cause ;
2. or il existe un monde, qui ne peut être cause de lui-même ;
3. donc il doit avoir pour cause un être qui soit cause de lui-même (Dieu).

Ce syllogisme a le mérite d'apporter une question primordiale en philosophie : Quelle est la cause première de l'existence du monde ? Est-ce que l'univers et le monde tel que nous le connaissons a bien été apporté par une cause qui est cause d'elle-même ou est-ce que ce dernier fait partie d'un phénomène encore plus grand qui aurait ses propres conditions et qui aurait ainsi rendu cette cause d'existence de notre univers possible sans que cette cause soit causée par elle-même ? Dans ce cas, est-ce que le phénomène qui a engendré notre cause est causé par lui-même ? Pour répondre à cette infinie boucle, mon opinion personnelle de la chose est que notre univers a bien eu un commencement et aura une fin, ce qui implique qu'il a une cause. En revanche, je considère que cet univers est une simple goutte dans l'océan des multivers dans lequel il baigne - un peu comme de l'écume - et ce multivers aurait, lui, toujours existé, il n'a pas de commencement, ni de fin. Portant le niveau de réflexion à l'origine même de l'espace dans lequel nous vivons a quelque chose de grisant et j'en parlerai dans mon billet sur la vie et la mort. Revenons à nos moutons.

La mineure du syllogisme est toute la faiblesse de ce raisonnement : Ce que cet argument n'explique pas, c'est "en quoi cette première cause peut-elle être Dieu" ? Le monde est considéré comme incapable d'être cause de lui-même sans explication future, or, l'on remarque que c'est bien la même chose sur l'existence possible d'un Dieu : il est fourni sans aucune explication, alors que la possibilité de mettre le monde "au monde" n'insinue nulle part qu'en plus de la possibilité d'avoir crée ce monde, ce créateur aurait tous les contrôles dessus : Lorsque nous créons un lingot d'or par exemple, ses atomes et la forme exacte de ce lingot ne nous est pas totalement sous contrôle ; cependant cette analogie insinue que notre monde serait crée à partir de la matière d'un autre monde, chose qui est autant prouvée que le fait que le monde soit cause de lui-même ou que Dieu le soit ; En réalité, l'implication divine omniprésente dans cet argument a une cause très simple : Dieu est impliqué par nécessité de sa propre existence, ce qui est la prémisse même de l'argument ontologique.

3) Argument ontologique
Nous rencontrons donc un problème dans ces deux réfutations : la majeure de chacun de ces syllogismes n'est pas invalidée dans ses racines et la base même de chacun de ces fondements est la possibilité du phénomène que la majeure traite et que le résultat final est Dieu. Il n'y a finalement pas d'autre base que la spéculation. C'est là que l'argument ontologique, à laquelle la preuve cosmologique et physico-théologique se subsument, entre en jeu.

1. quelque chose de nécessaire ne peut pas ne pas exister (sinon il serait contingent) ;
2. or Dieu est un être nécessaire (c'est une propriété comprise dans son concept) ;
3. donc Dieu existe.


On prend les même et on recommence : Qu'est-ce qui rend Dieu si nécessaire ? Sa nécessité. Je sens le nouveau petitio principii pointer le bout de son nez. Mais cet argument apporte quelque chose de nouveau : Dieu existe car nous pouvons nous le représenter comme plus haute représentation du pouvoir alors même que nous ne l'avons jamais vu. La preuve est que lorsque je vais parler à un étranger du concept de Dieu, il saura de quoi je parle dans le concept pur de l'entendement qu'il peut faire de Dieu : quelque chose de parfait, de tout-puissant, etc etc. Vraiment ?

En vérité, là où cet argument est censé tout expliquer, il ne développe en fait rien du tout. Comme disait Kant : "Être n'est pas un prédicat réel" : L'existence n'a aucune influence sur les modalités de tel ou tel concept pour peu que cette dernière ne soit pas réelle - De même que si chacun peut s'imaginer la plus haute expression de l'ordre et de l'omnipotence, ça n'est en fait que l'illustration de propriétés poussées à leur paroxysme de la même façon que je peux tenter de m'imaginer le goût le plus sucré possible ou l'être le plus mauvais possibles. Pouvoir se représenter Dieu n'est pas suffisant pour affirmer son existence : Je peux m'imaginer la plus haute expression de l'ordre, ça ne veut pas dire pour autant que le monde est en un ordre parfait ; bien évidemment que ma représentation de l'ordre vaut autant qu'un ordre réel, mais le fait que je ne puisse que m'imaginer un parfait ordre réel est la preuve que ce dernier n'existe pas. spontanément.

Ce qui annule l'argument ontologique et la réponse à la question "pourquoi les athéistes sont ils aussi obsédés par Dieu si ils le rejettent ?" par "Parce que Dieu vit aussi en eux - donc il existe" : Que je déteste les cafards et soit obsédé par leur présence ne prouve pas que j'ai en fait les cafards à l'intérieur de moi, cela est juste la preuve de l'ignorance de la cause qui provoque chez moi cette "obsession", ici la peur. Pourquoi les athéistes alors sont si obstinés par Dieu ? Parce que l'incompréhension devant l'existence irréductible de croyants provoque en eux un lourd questionnement, qu'il soit mêlé d'exaspération ou d'indifférence, peu importe. La croyance en la Bible et en ce qui est écrit fait revenir le problème de petitio principii : Il faut d'abord considérer que la Bible soit vraie pour se dire que, par exemple, Jésus Christ a fait des miracles et en déduire donc que la Bible dit vrai, c'est un argument circulaire impitoyable.

En conclusion il n'y a rien qui ne peut prouver l'existence de Dieu, car là où Dieu pourrait être, n'importe quoi d'autre pourrait y être et que la présence de l'omnipotence dans les causes exprimées n'a aucun fondement à cause du fait que cette omnipotence peut être simplement la puissance de créer un monde. Cela n'invalide pas pour autant la possibilité de l'existence d'un quelconque Dieu puisque l'on ne peut présenter aucun argument qui prouve sans faille que notre monde n'aie pas été crée par qui que ce soit : car notre origine nous est nous-même inconnue. Ce serait un appel à l'ignorance (un sophisme) de considérer que, comme l'on ne peut pas prouver que Dieu existe, ce dernier n'existe pas, et c'est même ce sophisme qui est utilisé pour impliquer Dieu dans chaque part de mystère de l'univers : "Un mystère ? Ne vous inquiétez pas, on sait que Dieu est là".

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le Jeu 9 Juin 2011 - 16:40
La violence dans les lycées
Je dérive un peu du sujet initial qu'est la philosophie pour parler d'un sujet sur lequel j'ai l'urgence de m'exprimer après avoir visionné un débat franchement penaud sur la violence au lycée entre Victor Colombani et Cyprien Feilhès (après tout, je l'ai dit, le titre du topic va finir par n'être plus qu'une vitrine, ça va être un endroit d'expression puisque, à la différence de V. Colombani, on ne m'écoute pas à la télé et je dis des choses intelligentes). Le lien est ici : http://lcp.fr/15391

Tout d'abord, petite introduction sur ces deux individus, Cyprien Feilhès est le porte parole d'UNI-Lycée et Victor Colombani est le président de l'UNL (Union Nationale des Lycéens), l'un est de droite, l'autre de gauche, mais Colombani est un peu plus intéressant. Son statut à l'UNL lui fait faire plusieures apparitions télévisées - le problème est qu'il y apparaît pour balancer une bonne partie du temps, des aberrations franchement grossières qu'on a tendance à entendre un petit peu partout dans les médias, et ça, ça ne passe pas.
Si je parle de ce débat sur LCP, c'est parce qu'il abrite un syndrome assez récurrent quand on oppose deux personnes aux opinions totalement antinomiques : ils arrivent à avoir tous les deux torts en plein face à face. C'est quelque chose de quand même remarquable, l'un est pour l'augmentation de la surveillance dans les établissements, l'autre préfère privilégier le dialogue et la prévention. Soit. Mais à mesure que le débat progresse, on les voit lancer des idées, mais on a jamais l'impression que l'un des deux a raison. En fait, l'un est tellement ancré dans son étiquette "de droite", et l'autre, tellement intégré l'idée qu'il était "à gauche" que le débat perd toute neutralité (j'ai pas dit que dans les deux camps, il y avait toujours du faux, mais leurs opinions sont tellement chaotiques à certains moments que je ne peux pas avoir d'autre réaction qu'un peu de révolte).

Bref.

C'est inutile de chercher une cause événementielle à ce qu'on appelle en général la violence dans la scolarité, c'est quelque chose de nébuleux avant tout, car n'importe quoi est susceptible de déclencher de la violence, d'une histoire personnelle aux rackets. Donc il faut déjà déterminer de quelle violence il est question, et en l'occurrence, ici, on parle de sécurité. Du risque de se faire attaquer, racketter par une personne que l'on ne connait pas (car cela concerne par extension tous les risques de violence). Je pourrais aussi parler des brimades car ça recouvre une autre partie des problèmes de violence et c'est un cas probablement plus pernicieux car il peut mener à des conséquences sur le long terme. Bref, ce que je veux dire c'est qu'il y a plusieurs types de violence et plusieures stratégies pour les contrer chacune, généraliser ça pour l'abaisser à la qualité de "violence", c'est bien trop diffus.
Le milieu social joue beaucoup sur la sécurité, bien sûr, statistiquement, plus les résultats du lycée sont mauvais, plus il y aura de la violence (et j'ai bien dit statistiquement donc ça ne vaut pas en tant que règle universelle), il existe une tonne de raisons possibles pour un "mauvais élève" de s'attaquer à d'autres : les problèmes sociaux et scolaires en sont responsables pour une bonne partie, c'est souvent une action désespérée ou une marque de détresse, de s'attaquer à un autre élève, on ne se décide pas à ennuyer le monde sans raison - je reviendrai sur certaines causes quand cela sera plus important. La violence dépend de l'établissement, donc, chose évidente, mais je me dois de le préciser car justement, on n'en parle pas pareil suivant que l'on parle d'un lycée privée et un lycée public de banlieue, par exemple (moi par exemple, je suis dans un lycée de banlieue et il n'y a pas tant de problèmes que cela).

Dans ce cas, maintenant que l'on a déterminé ce dont on parlait, que faire pour le contrer ? C'est à ce moment là que le débat devient vraiment brouillon, tous les deux voient leurs types de solution comme capables de vraiment résoudre les problèmes. Mais ces solutions ont elles-même leur part d'efficacité qui diverge selon l'établissement dans lequel elles sont adoptées, un établissement correct qui accueille les caméras de surveillance verra son taux de violence baisser, mais dans un lycée très mauvais, cela fera empirer les choses : Trop de répression tue la répression et engendre encore plus de violence, c'est comme approcher un aimant de la même polarité qu'un aimant collé au sol, plus il sera proche, plus la force de l'autre aimant va le repousser fortement, jusqu'au moment où l'aimant que l'on tient va s'en aller de notre main parce que la force de l'aimant sur la table aura été trop forte et l'aura repoussé.
Organiser des réunions pour discuter de la violence, pourquoi pas, et ça existe déjà, mais ce n'est pas ça qui empêchera notre cher caïd de racketter le plus chétif de la classe, ça ne prend pas le mal à sa source, ça vaporise de l'herbicide pour un peu affaiblir la mauvaise herbe, sans la tuer. C'est presque comme tirer à blanc. La vraie solution serait déjà d'encourager fortement tous ceux qui ont des problèmes à aller voir quelqu'un pour dialoguer, peu importe la "tête du client", à partir d'un certain point, les sanctions comme les colles ne servent à rien (et franchement, vous considérez l'expulsion d'un type qui n'a rien à faire des cours comme une sanction ? Faudrait au contraire faire l'inverse, quitte à le priver d'une journée de cours, autant faire le nécessaire pour que ça soit efficace et le convoquer chez une assistante sociale) passé un certain cap, ça a, au mieux, qu'une petite efficacité pour les gens qui songent à faire quelque chose qui dépasse un peu les bornes, mais ça va pas plus loin. C'est pas la menace d'une heure de colle qui va changer les choses pour un cas de violence pareil, c'est de la répression pure et simple, il faut passer au-dessus de ça et arracher les racines plutôt que de bêtement couper la tige en se plaignant que ça repousse à chaque fois.

Les violences inter-établissements concernent un problème totalement différent et pour le coup ça concerne plus l'environnement social qui englobe le lycée que l'établissement scolaire en tant que tel.
(bon, après, c'est pas par rapport au sujet, mais l'avis de Colombani sur une éventuelle ghettoïsation des lycées suite à l'assouplissement de la carte scolaire est franchement caricatural, ça a provoqué une sorte de triage social mais de là à tout de suite placer des valeurs absolues, il y a un monde, on est pas encore à cet état de problématique à conséquences aussi monstrueuses)

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le Ven 10 Juin 2011 - 5:27
Petites considérations ontologiques sur le nihilisme
Le nihilisme, c'est la conséquence cosmologique du rationalisme, la seule solution viable au problème théologique. Je considère l'existence divine comme un anthropomorphisme de la condition empiriquement première du monde - parce que l'homme est un créateur, il a aussi pensé que le monde était la fondation d'un créateur. Pour moi, c'est simple, la conception du monde comme oeuvre d'une entité créatrice est un phénomène axiologique. Ce qui n'annule pas directement l'argument de l'existence possible d'un dieu, simplement, pour ma part, je prends l'homme en tant que centre de ses propres intérêts : si en tant qu'homme, je considère que Dieu n'existe que par ce que j'en fais, alors il n'existe pas, concrètement.

Au final, que Dieu existe ou pas, ce n'est qu'une conjecture. Si l'on suit la logique que le monde est Dieu lui-même, c'est un axiome : un simple petit décalage et hop, le problème change totalement de face. Parler de Dieu en lui-même n'est pas chose aisée, car il faut en premier lieu le définir : en tant qu'humains, nous pouvons nous le représenter que sous un paradigme humain, donc si l'on réfute la possibilité d'existence de Dieu pour nous en tant qu'homme, est-ce que cela prouve qu'il n'existe pas ? Assurément : non. C'est pour ça que j'aime les personnes qui doutent, parce qu'elles savent que le problème de la conscience humaine s'arrête à sa propre rationalité.

Et c'est encore ce problème d'enfermement dans le rationnel, en dessous du surrationnel, de l'omnipotence, qu'en tant qu'homme, je me rends impossible toute reproduction d'un éventuel créateur, incapable de prouver ou réfuter son existence, dans ma propre réalité des choses, comme Dieu n'existe que parce que je peux en penser, il n'existe pas en tant que concept réel, il peut être table, espace, temps, créateur ou l'univers tout entier, ça ne change rien : il reste objet de ma pensée et même l'abstraire à un concept pur de l'entendement ne change rien au problème, qu'est-il réellement ? Omnipotent ? Simplement créateur ? Son sens nouménal est donc l'essentiel du problème : au sein de ma raison, Dieu n'existant qu'en dehors de ma perception, je ne peux pas me le figurer proprement. Rien ne me prouve que la chose en soi que je me constitue soit vraie. Il est donc à considérer la cause première du monde, qui selon moi, n'existe pas. Notre univers a un début, mais la cause du phénomène d'existence dont l'être est l'univers n'est pas divine, elle est et a toujours été, et notre dimension quantique appartient à un multivers qui lui n'a pas une existence événementielle, mais continue. C'est de ce multivers que provient notre espace, qui est comme une bulle dans un vaste écume. Mais ça n'est que mon opinion et je n'ai sûrement pas raison en affirmant de telles choses.

Je reviens à mon nihilisme.

L'homme et sa conscience ne sont pas une cause voulue mais une production aléatoire de la nature, c'est par un raisonnement issu de la recherche scientifique que je tire ce postulat : notre espèce s'est démarquée par le fait qu'elle aie gagné en intelligence et cette dernière a évolué. La biologie terrestre en elle-même est un hasard savamment calculé, car la biologie terrestre n'est sûrement pas comparable avec celle d'une autre planète où peuvent "germer" d'autres êtres vivants et nous aurions pu exister comme nous aurions pu ne pas exister, comparer cela à de la chance serait peut être trop anthropomorpher la situation mais d'une certaine façon, si cela n'était pas arrivé, nous n'aurions pu être.

Notre existence, le fait que nous sommes né est un hasard : nous sommes, mais nous ne pouvons pas ne pas être. Il faut comprendre que la venue de l'existence de notre être, de notre condition consciente de notre existence qui est un enchaînement de phénomène d'interactions biologique. La neurologie est la preuve que notre conscience se place sur un support dont les actions dépendent de ce que l'on en fait, et un simple décalage sur ce support cérébral modifie probablement à jamais notre conscience ou une partie. Qu'en tirer ? Que si le hasard de naissance est un hasard, nous dépendons intégralement des corps matériels qui nous composent, nous sommes dans notre existence réduits à un postulat physique. Mais le cas d'état avant la naissance est plus intéressant. Je ne vais pas faire d'épistémologie sur notre état en tant que spermatozoïde, mais de ce qui précède l'existence peu importe le moment où le phénomène existentiel gagne alors son être, donc que je sois devenu être au moment où j'étais spermatozoïde ou fœtus m'intéresse guère, je veux me tourner vers le moment où notre existence survient abstraction faite de toute manifestation physique.

Cette pré-existence (ce qui est absurde car nous ne pouvons pas être avant d'avoir existé) C'est un état strictement intemporel (car sinon, nous aurons un état d'être à ce moment là). Nous ne pouvons pas ne pas être, logiquement, notre âme (ce que nous sommes en tant qu'être, j'entends) est venue au monde et d'autres viendront au monde par ce même procédé de mouvement du néant vers l'être. Donc la pré-existence est une chose en soi. Ce hasard qui est le point de départ de mon âme n'est du à aucune raison : en tant qu'âme, je suis et je me résume à mon existence. J'aurais pu ne pas être, et pourtant je suis. Je n'aurais pas pu être conscient de cela si alors je n'étais pas né, mais venir à la conclusion que nous sommes tous ou serons tous dans tous les cas de configuration de conscience n'est scientifiquement pas correct, puisque l'espèce humaine peut s'éteindre d'un moment à un autre. Il ne faut pas considérer l'âme comme individuelle mais bien nouménale - et pourtant due à un phénomène malgré cela ! c'est ce qui la rend si étrange.

Rien de concret, de logique, de rationnel, de scientifique ne pourra étayer le moindre postulat de ma propre existence, c'est la contingence de l'origine : j'aurais pu ne pas naître, mais je suis né et inversement : j'aurais pu naître, mais je ne suis pas né. (la naissance étant pour moi le phénomène de l'être en tant que condition première de son état). Nous n'existons qu'à partir du moment où le temps enveloppe notre existence, voilà la naissance. Car rien n'existerait sans le temps et l'espace : tout être, à partir du moment où il est intemporel, n'a aucune existence peu importe l'espace qui demeure. Le mystère de l'origine de notre âme comme existence unique (j'entends qu'elle n'existe qu'en tant qu'elle même et que rien de similaire ne peut subsister) ne peut provenir que d'un déterminisme physique, en d'autres mots, toutes les empreintes physiques à laquelle se réduit l'existence et par lesquels l'existence prend son essence dépendent de chaque atome et détail moléculaire, génétique qui ont fait de nous ce que nous sommes (oui, c'est de l'épistémologie, je reviens dessus). Mais cela implique une problématique encore plus intéressante.

Commençons tout d'abord par cela : prenons dans ce cas l'ontologie au degré de la première personne. J'existe, c'est un fait, mais les autres pourraient eux aussi exister ou ne pas exister, cela ne changerait rien pour moi, leur existence est pour moi la manifestation de leurs phénomènes physiques, rien de plus, rien de moins. Là est la force de l'égo : Le Moi est la seule réalité tangible. Mais si le moi n'avait pas été, rien n'aurait pu être pour moi, car je n'aurais pas existé. Il faut donc s'élever au-dessus de sa condition d'être pour essayer de réfléchir sur l'être : aucune âme n'est attribuée à un corps. Chaque âme est dans un corps parce qu'il y avait nécessité pour ce corps d'avoir une âme et tout ce qui en découle. Mais le Moi est là pour y ajouter une seconde profondeur qui est la clé de voûte de ce que je veux expliquer :
Si l'on reproduit mon corps strictement à l'identique, cette seconde personne aura la même âme, mais elle sera pourtant différente de ma personne. Simplement parce qu'à partir du moment où elle sera née, elle aura une expérience des choses différentes de moi : pour la simple raison qu'elle n'est pas au même espace où je suis et au même moment, parce qu'il y a déjà une existence à ce moment là : la mienne. Mais l'essence même de son âme, au moment même où elle a été crée, ne présentait aucune différence par rapport à moi. Aux yeux d'un tiers, j'étais deux fois, mais aux yeux de ce clone et de moi-même, nous étions chacun un individu différent. Que la même existence soit rigoureusement la même ne change rien car chaque âme est individuelle car réduite à sa cause physique. Ce qui veut dire que si je meurs et que l'on trouve un moyen pour recréer à l'exacte réplique mon âme, tant que cela ne proviendra pas de mon cerveau, je n'existerai pas à proprement parler. Mais prenons cet exemple à un niveau supérieur.

J'ai deux corps strictement similaires sont synchronisés : ce qui arrive à l'un arrive à l'autre, peu importe le phénomène auquel ils peuvent être soumis : ils ont chacun strictement la même expérience, quand j'active la "conscience" de l'un, cela désactive celle chez l'autre, ce qui veut dire qu'il y a toujours un des deux qui est fonctionnel pendant que l'autre est dans un état statique (mais en train de se modifier malgré tout). La question est : le postulat empirico-originel (du corps physique) est-il suffisant pour tacler cette individualité du corps maintenant que j'ai le même être physique ? En théorie, oui. Si je transfère mon âme dans l'autre corps, cet autre corps vivra, avec simplement l'illusion d'âme similaire. À la première personne, j'aurai l'illusion d'avoir été dans l'autre corps, car j'aurais eu le même vécu et ce dernier aura agi de la façon exacte dont j'aurais agi (puisqu'ils sont strictement similaires avec la même expérience), mais en réalité, pendant tout le temps où cet autre corps aura agi, j'aurais été engourdi et inconscient jusqu'à ce que je sois "réactivé". Ce qui signifie que je suis dans un état proche de la contingence de cette pré-existence : si jamais cet autre corps venait à être activé pour toujours, je n'existerais plus à la première personne.

Ce second Moi extérieur a donc une dimension introspective qui ne dépend que de son existant physique : qu'il soit unique ou pas n'a pas d'importance, sa présence spatio-temporelle à déterminisme physico-biologique est le premier postulat de la modalité de ma propre âme.

L'occasion d'existence n'arrive donc qu'une seule fois, c'est ce qui justifie le nihilisme selon moi. Et si le monde nous paraît absurde, dénué de sens, de signification, c'est parce que notre raison le conçoit tel quel. Le monde n'a en premier lieu pas à avoir de vérité compréhensible ou être fait pour l'être humain, simplement, ce dernier y cherche un sens qu'il ne trouve pas - l'incompréhension déontologique humaine de son monde et l'impossibilité d'y trouver toute finalité pour l'homme, c'est le nihilisme . Ce n'est pas le monde qui est absurde, c'est l'homme.
Visons encore plus haut, plutôt que d'interroger l'existence de l'être par le hasard, faisons-le pour l'univers tout entier, nous atterrissons à une question insoluble : Pourquoi l'univers ? Là se révèle toute l'atacalepsie de l'être humain et son incapacité devant la chose en soi précédant phénomène de l'existence. Cette question est sans réponse pour l'être humain, simplement la voie vers une infinie réflexion qui n'aura pas de sortie. Pourquoi ? Parce que je le redis : L'homme est atacalepse.

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le Lun 27 Juin 2011 - 18:25
Je pense qu'il existe un genre de personnes avec qui je dois m'interdire toute discussion. Ce sont ceux qui seront capables de me dire "ouais mais moi j'ai pas la science infuse je suis pas parfait comme toi". Parce qu'ils prouvent en une phrase qu'ils me prennent totalement à l'inverse polaire de ce que je suis (car je suis sûrement la personne qui supporte le moins ces petits intello-bourgeois de mes deux). Parce qu'avec ce genre de personne la conversation est absolument impossible, ils s'arrêtent aux apparences et refusent de t'écouter. La conversation va partir complètement en vrille avec le type qui va continuer à faire de la satire sans se préoccuper de la moindre chose que tu puisses dire. (et surtout parce qu'il pense presque à s'aveugler que tu ne lui parles que pour lui nuire et le rabaisser plus bas que terre, car cette personne te prend vraiment pour quelqu'un qui se croit "supérieur")

C'est discuter avec quelqu'un qui s'est fait une idée complètement fausse, qui a pensé que tu n'as jamais fait la moindre remise en question sur toi-même et que tu n'as pas déjà passé par plusieurs passages finalement assez difficiles à cause de cette remise en question.

Ce genre de personne dévoile de l'aversion par cette phrase, et surtout, la preuve qu'il se repose trop sur la rhétorique et qu'il ne doit pas savoir proprement faire la différence entre sophisme et logique (à moins qu'il le fasse délibérément exprès et dans ce cas c'est encore pire). C'est quelqu'un qui a intégré l'insupportable "Art d'avoir toujours raison" de Schopenhauer sans l'avoir lu une seule fois. Cette personne prouve en une phrase qu'elle n'a absolument rien suivi ce qui a été dit de toute la conversation en en tirant une conclusion faciliste de la personne à qui elle parle, c'est un raccourci, et un raccourci qu'elle prend parce qu'elle est énervée, elle est énervée parce qu'elle n'a pas compris ta démarche.

C'est quelqu'un d'encore plus intolérant que l'intolérance fictive qu'il dépeint de la personne qu'il a pensé croire avoir la "science infuse".
Et ce genre de personne me déprime.

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